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Spirit of the 1970's

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:11
La Nouvelle République, Décembre 1976.

La Nouvelle République, Décembre 1976.

"L'année 1976 n'a pas été brillante - déclare lui-même Pierre Viot, directeur général du Centre national de la cinématographie, ajoutant - nous savions tous que ce serait une année difficile."

Les premiers résultats statistiques confirment cette vue pessimiste de l'activité économique du cinéma en France durant l'année 1976. La fréquentation qui s'était élevée de plus de 2% de 1974 à 1975, a cette fois-ci diminué du même chiffre de 1975 à 1976, et la hausse des recettes n'atteint que 11% par rapport aux 18% de l'exercice précédent.

Et pourtant le cinéma donne l'apparence d'une grande vitalité. 238 salles nouvelles se sont ouvertes en France, dont 39 à Paris, au cours de l'année 1976, et 670 films - un chiffre record - sont sortis à Paris pendant cette même période.

France: causes d'un déclin

Cette "flambée" est en fait le signe d'une dangereuse inflation et la situation économique du cinéma français est aujourd'hui inquiétante. La hausse du prix de revient d'un film et les nouveaux systèmes de distribution rendent plus aléatoire que jamais la production. La "vie" d'un film, qui était il y une dizaine d'années de plus de sept ans, est aujourd'hui de quatorze mois. A l'ancien style de distribution (premières exclusivités, secondes exclusivités, grande salle de quartier, petite salle de quartier, périphérie, grandes villes de province, petites villes) a succédé un système horizontal de distribution. Le même film sort donc simultanément sur les Champs-Elysées, en banlieue et en province. Le principal intérêt d'une telle entreprise est évidemment de bénéficier au maximum de la campagne publicitaire du film, aujourd'hui de plus en plus onéreuse. Lorsque le film est promis au succès, ce style de lancement se révèle particulièrement profitable et on a pu voir Les Dents de la Mer (Jaws) de Steven Spielberg dépasser 1100000 entrées en seize semaines et King Kong atteindre 328762 spectateurs en deux semaines, ces chiffres déjà énormes n'étant pourtant que ceux de Paris et de sa périphérie.

Inversement, si le film n'est pas un succès immédiat, cette sortie "nationale" accélère sa chute, ne laissant plus au "bouche à oreille" le temps de fonctionner et le distributeur récupère ainsi, quelques semaines seulement après la sortie du film, parfois plusieurs dizaines de copies devenues inutiles, mais qui ont représenté un investissement financier considérable. Cette accélération de la circulation des films incite aujourd'hui des producteurs de plus en plus nombreux à vendre très rapidement leurs films à la télévision, puisque ceux-ci ne sont déjà plus exploités dans les salles de cinéma. La hausse du prix d'achat des films par la télévision française fait actuellement de celle-ci a posteriori un partenaire financier dont l'importance ne peut plus être négligée à partir du moment où certains films sont achetés par elle jusqu'à 800000F, ce qui correspond environ à la part producteur obtenue par 200000 entrées.

Le fait que la télévision soit, plus que jamais, un énorme diffuseur de films (plus de 500 par an) et que la plupart de ces films soient récents, a évidemment contribué à la désaffection du public français pour le cinéma.

A cette concurrence de la télévision s'ajoutent la hausse considérable des frais techniques, les salaires de plus en plus élevés exigés par les grandes vedettes françaises, les exigences syndicales et malheureusement, le fait que le cinéma français se vend mal à l'étranger. Incapable de s'amortir dans son propre pays et pratiquement privé des ressources de l'étranger, le cinéma français a rarement été dans une situation ausi mauvaise. Le succès de Cousin Cousine aux Etats-Unis ne doit pas être considéré comme l'indice d'une nouvelle passion du spectateur américain pour le cinéma français, mais tout simplement comme l'exception qui confirme la règle...

Alors que l'année 1975 avait vu le cinéma pornographique se tailler une place importante dans les recettes de l'année, 1976 voit au contraire, grâce aux mesures coercitives du gouvernement, ce type de cinéma ramené à une plus juste proportion et aucun film pornographique (ou classé X selon la nouvelle législation) ne dépasse les 200000 entrées parisiennes.

La mode du film pornographique a d'ailleurs incité plusieurs producteurs à parodier ce style de cinéma, tout en bénéficiant ainsi des licences morales permises par le sujet. Attention les Yeux de Gérard Pirès, Silence on tourne de Roger Coggio et On aura tout vu de Georges Lautner, ont ainsi tenter de démystifier ce style de films, la plupart du temps avec beaucoup de vulgarité et une certaine fascination pour l'objet dénoncé. De même, Sex O'Clock USA de François Reichenbach, un documentaire sur la vie sexuelle américaine, et Calmos de Bertrand Blier, riposte mysogine au féminisme de "l'Année de la femme", n'ont fait que profiter d'un climat propice auquel l'histoire du cinéma n'avait rien à gagner.

 

Quelques succès français

 

En ce qui concerne le cinéma français, la grande surprise de l'année a été le triomphal succès de A nous les petites Anglaises, le premier film de Michel Lang, joué par des acteurs inconnus et dont l'exclusivité parisienne atteindra presque un million d'entrées (980000). Le public français a plébiscité ces aventures chauvines de deux cancres bourgeois, condamnés, au lieu de passer leurs vacances comme d'habitude à St-Tropez, à aller en Angleterre...

En dehors de ce succès inattendu, ce sont évidemment les films joués par des vedettes confirmées qui ont encore une fois attiré le plus de spectateurs.Le Corps de mon Ennemi d'Henri Verneuil, d'après Félicien Marceau, et L'Alpagueur de Philippe Labro ont en commun d'avoir comme interprète Jean-Paul Belmondo dont la notoriété a assuré la réussite de ces deux films qui n'échappaient pourtant pas à la convention des genres. De même, Adieu Poulet, de Pierre Granier-Deferre, d'après le roman de Raf Vallet, choisit de décrire l'enquête de deux policiers à Rouen, confrontés avec une situation politique trouble. Malgré l'efficacité de Lino Ventura et de Patrick Dewaere, le film ne parvient jamais à retrouver le modernisme politique du cinéma italien que le cinéma français tente maladroitement d'imiter.

Quant à Alain Delon, devenu depuis plusieurs années son propre producteur, on a pu voir son nom au générique de trois films, deux films policiers de José Giovanni Le Gitan et Comme un Boomerang, et surtout Mr Klein. S'il n'y a rien à dire sur les deux premiers films, sinon qu'ils continuent à véhiculer la pire tradition du film policier "à la française", Mr Klein doit en revanche être mis tout aussi bien au crédit de Jospeh Losey, son réalisateur, que d'Alain Delon, son producteur-interprète. Situé en 1942, en France, Mr Klein, qui semble rendre hommage tout à la fois à Brecht et à Kafka, décrit la prise de conscience d'un jeune affairiste qui découvre qu'un Juif porte le même nom que lui. Un étrange rapport va s'établir entre ces deux hommes qui ne se sont jamais rencontrés et, à la fin, Robert Klein, l'affairiste noceur, partira en déportation en même temps que Robert Klein, l'Israëlite, comme si ces deux pôles opposés d'un même être se trouvaient pour la première fois réunis.

Au titre des succès, il serait injuste de ne pas citer Mado de Claude Sautet, avec Michel Piccoli, Romy Schneider et Ottavia Piccolo, et Police Python 357 d'Alain Corneau, avec Yves Montand, l'histoire d'un policier aux méthodes peu orthodoxes, Barocco, tourné par André Téchiné, avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani, a irrité les uns, fasciné les autres. Chacun a de toute façon signalé la splendeur des images, mais aussi l'abus des références cinématographiques. Sur ce point, André Téchiné s'est clairement expliqué: "Ma référence n'est pas gratuite, mais affective. Elle part d'un choix qui devient une méthode. J'interroge mon trouble devant certaines images."

Troisième film de Bertrand Tavernier, Le Juge et l'Assassin, avec Michel Galabru et Philippe Noiret, est l'histoire pleine de bruit et de fureur d'un "anarchiste de Dieu" au XIXè siècle. Le metteur en scène en a profité pour porter à partir de cette histoire un jugement sur la société d'aujourd'hui. Du côté de l'ancienne "nouvelle vague", deux films signés Claude Chabrol, Les Magiciens, d'après "Initiation au Meurtre" de Frédéric Dard, et Folies Bourgeoises avec Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Ann-Margret et Maria Schell, deux oeuvres sans grande personnalité qui n'apportent rien à la célébrité du réalisateur des Cousins et du Beau Serge.

François Truffaut a tenté de retrouver avec L'Argent de Poche le monde des enfants qui fut celui des Quatre Cent Coups, mais le film ne retrouve pas ce charme d'antan et une certaine complaisance a succédé à la sincérité des débuts. Roger Vadim a au contraire décrit dans Une Fidèle fidèle une passion tragique entre un comte cynique et une épouse fidèle, située dans la première partie, située dans la première partie du XIXe siècle. On devine ce qu'aurait pu donner un tel sujet revu par Luchino Visconti et faute de poésie et de lyrisme authentique, cette Femme fidèle n'a fasciné que les admirateurs fanatiques de Sylvia Kristel, héroïne marquée par le destin de ce mélodrame en costumes...

Claude Lelouch a brossé dans Le Bon et les Méchants un panorama d'une partie de la société française des années trente jusqu'à la Libération. On y parle tout à la fois de la Gestapo, de Lafont, de la première traction avant de la Résitance, et Lelouch se contente de porter un regard narquois et douvent très démagogique sur une des périodes les plus troubles de l'histoire de France. Dans Si c'était à refaire, Lelouh retrouve au contraire l'atmosphère d'Un Homme et Une Femme et de Vivre pour vivre, tout en décrivant avec une certaine acuité le drame d'une jeune femme condamnée à quinze ans de réclusion criminelle et qui découvre que la condition féminine qu'elle a connue rend très difficile sa réinsertion dans une société qui a évolé beaucoup moins vite qu'elle...

Pierre Garnier-Deferre a porté à l'écran dans Une Femme à sa Fenêtre, le roman de Drieu La Rochelle, mais cette histoire d'amour passionnée, dont le décor est la Grèce des années trente, n'est jamais parvenue à retrouver le climat du roman et seule Romy Schneider est fidèle à ce qu'aurait sans doute voulu Drieu La Rochelle...

Le dernier film de Jean Gabin, L'Année Sainte de Jean Girault, aura tristement été l'un de ses plus inintéressants et il aurait fallu beaucoup d'indulgence pour s'amuser des mésaventures de ce truand déguisé en prélat et mêlé à un détournement d'avion. De même, Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli, avec Annie Girardot, Jean-Pierre Cassel et Francois Périer, décrit à coup de poncifs la vie quotidienne d'une jeune femme médecin, incapable de mener de pair une vie professionnelle harassante, sa vie familiale et une liaison amoureuse.

L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, avec Louis de Funès et Coluche, et Un éléphant ça trompe énormément d'Yves Robert avec Jean Rochefort, Claude Brasseur et Victor Lanoux, se sont révélés, après A nous les Petites Anglaises et avant Cours après moi que je t'attrape de Robert Pouret, avec Annie Giradot et Jean-Pierre Marielle, les films français les plus populaires de l'année. Est-ce un hasard si tous ces films sont des comédies?

Parmi les films de jeunes auteurs, deux réussites: L'Affiche rouge de Frank Cassenti et la Meilleure Façon de marcher de Claude Miller sur la vie d'une colonie de vacances perdue dans la campagne. Leurs auteurs viennent tous les deux du court métrage qui semble avoir donc conservé sa qualité de banc d'essai.

Il serait injuste de terminer cette brève partie consacrée au cinéma français sans indiquer Comment Yukong déplaça les Montagnes de Joris Ivens et Marcelline Loridan, un remarquable ensemble de docuements de douze heures sur la Chine d'aujourd'hui.

 

Patrick Brion in Panorama Mondial 1976, publié en 1977.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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