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Les Dossiers D'antan...

18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 11:00

Le 18 Octobre 1982, ce dirigeant exemplaire mourrait à l'âge de 76 ans

 

 

 

 

HOMMAGE A PIERRE MENDES-FRANCE

 

Le prestige qui entourait Pierre Mendès-France de son vivant témoigne que celui-ci tenait sa place dans le Panthéon de la gauche française avant même de mourir, le 18 octobre 1982, à l'âge de soixante-seize ans. Cette déférence était aussi à la mesure de son éloignement des affaires. En le paralysant pour l'action, ses adversaires n'avaient sans doute pas mesuré à quel point ils libéraient du même coup sa légende.

Rares sont les hommes politiques qui ont, en effet, suscité autant d'admiration et autant de cris hostiles. Au reste, certains détracteurs de Pierre Mendès-France étaient incontestablement mus par l'antisémitisme. "Arrestation du député juif Mendès France", titrait en août 1940 un journal de la France occupée: l''ancien sous-secrétaire d'Etat au Trésor du gouvernement Léon Blum et député radical-socialiste de l'Eure, refusant la défaite et qui voulut rejoindre à Rabat, l'armée du Levant, apprit qu'aux yeux de ceux qui tenaient, en France, le haut du pavé, il n'était pas un Français comme les autres.

 


Pierre Mendès-France devait faire cette expérience à plusieurs reprises. Ainsi, lors de l'étape décisive de sa vie entre le 19 juin 1954 et le 5 février 1955. Président du Conseil pendant sept mois et dix-sept jours, il entreprit de dénouer les trois crises qui empoisonnaient la politique et la diplomatie: le conflit tunisien, la guerre d'Indochine et la communauté européenne de défense. Il y réussit en restant fidèle à sa devise: "Gouverner, c'est choisir".

En 1956, après la victoire du Front Républicain aux élections législatives, René Coty, alors président de la République, fit appel à Guy Mollet plutôt qu'à Pierre Mendès-France: on ne pouvait confier le règlement de l'affaire algérienne à un juif...qui était accusé d'avoir "bradé" la Tunisie et l'Indochine...

Président "l'hommage solennel" qui lui fut rendu dans la cour du Palais-Bourbon le 27 octobre, François Mitterrand dut de Pierre Mendès-France qu'il laissait "une foi, une méthode, un exemple".

Sa foi, ce fut la République. Son antigaullisme, ou plutôt son opposition à Charles de Gaulle à partir de 1959, s'explique essentiellement par son attachement à une forme de République battue en brèche, selon lui, par les conditions du retour au pouvoir du chef de la France Libre, puis en 1962, plus sûrement, par l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct. Au fond de lui-même, Pierre Mendès-France est toujours resté un élu de 1932 (date de sa première élection comme député de l'Eure), fidèle au scrutin d'arrondissement que Charles de Gaulle a restauré, mai fidèle aussi au parlementarisme, auquel le même Charles de Gaulle a mis fin. L'entreprise de Pierre Mendès-France restera, dans l'histoire, comme une tentative de rénovation de la gauche non communiste s'appuyant sur une version rénovée "moderne", de la République radicale. Il croyait, comme d'autres après lui, que cette modernité devait prendre devait prendre pour point de départ une gestion économique rigoureuse, faute de quoi le "socialisme" resterait une chimère. Au fond, il voulait concilier humanisme et technocratie.

Il mit, au service de cette ambition, une méthode: la vérité. De fait, ce qui a distingué sa politique étrangère de celle des dirigeants de la IVème République, ce fut la clarté. Alors que la France de l'été 1954 était prise à la gorge par la guerre d'Indochine (Diên Biên Phu était tombé), Pierre Mendès-France s'adressa directement au Viêtminh avec qui il signa l'accord du 20 juillet. cette même France voyait le feu de la rébellion s'étendre en Afrique du Nord. Sans mesurer parfaitement l'étendue du péril, Pierre Mendès-France indiqua néanmoins que le temps de la domination était révolu; enfin il mit fin aux atermoiements français à l'égard du réarmement allemand et soumit le traité de la C.E.D. au Parlement, qui le repoussa.

Dans l'ordre intérieur, il attacha son nom à la rigueur économique. Ce souci lui valut de quitter le Général de Gaulle en août 1945: refusant l'inflation, il remit sa démission en expliquant qu'en préférant les solutions prônées par M. René Pleven, on l'empêchait "de mener à bien l'assainissement monétaire".

Huit ans plus tard, il donna à la politique économique une impulsion décisive et s'illustra surtout dans la lutte qu'il engagea contre les bouilleurs de cru, mais sans emporter une victoire décisive. Sans doute le délai qui lui avait été consenti fut-il trop court. Force aussi est de reconnaître que ses craintes à l'égard de l'entrée de la France dans le Marché commun ne furent guère confirmées: contrairement à ce qu'il pensait, c'est en grande partie grâce à la construction européenne que la France a pu asseoir sa prospérité économique.

Pour mieux faire passer son message, Pierre Mendès-France prit l'habitude de s'adresser directement à la population par la radio nationale. Ce furent "les causeries du samedi soir" sur les ondes de Paris Inter. Elles lui furent vivement reprochées par une classe politique agacée par cette recherche d'un rapport direct, au-dessus des partis, entre le chef de gouvernement et l'opinion.

Cette même classe politique, qui s'était mal résignée à son arrivée au pouvoir, l'en chassa promptement, le plus dur, le "sale travail" en quelque sorte (la paix en Indochine) ayant été accomplie.

Devenu "ancien" président du Conseil, Pierre Mendès-France se contenta d'être, face au gaullisme, le défenseur d'un système parlementaire qu'il avait tenté d'obliger à se dépasser et qui pourtant avait eu raison de lui.Devenu la conscience de la gauche, il fut dès lors "un exemple". Ce rôle peut surprendre tant fut rapide l'échec du mendésisme. Tout fut, en fait, fini au mois de mai 1957 lorsque Pierre Mendès-France perdit la direction du parti radical, qu'il avait vainement tenté de rénover. Il y eut ensuite l'engagement au P.S.U., l'échec de Mai 1968 puis, l'année suivante, celui, plus grave encore, de la candidature de Gaston Defferre à l'élection présidentielle avec lequel il avait accepté de faire équipe.

Il n'en est pas moins vrai que la référence mendésiste constitue le cadre de référence à l'intérieur duquel beaucoup se sont affirmés progressistes, qu'ils soient socialistes ou plus simplement réformistes.

S'il n'y eut pas de "mendésisme", il y eut, il y a encore des mendésistes, qui témoignent d'une influence s'étendant, bien au-delà de la gauche, jusqu'à ce qui est aujourd'hui la droite. Celle-ci a d'ailleurs surtout retenu de son enseignement la rigueur économique et le refus de toute alliance ou compromis avec les communistes.

S'il n'a jamais trouvé de réelle assise populaire, le "mendésisme" a touché des universitaires, des hauts fonctionnaires (une promotion de l'E.N.A. porte son nom), des étudiants, des intellectuels chrétiens et, au fond, l'élite de ces nouvelles couches moyennes produites par l'industrialisation qui seront, plus tard, le pôle d'entraînement de l'électorat de la gauche non communiste.

Exemple pour plusieurs générations, Pierre Mendès-France fut pourtant un homme seul, sûr d'avoir raison envers et contre tous. Trop sûr, au point que cette solitude et ce refus du compromis firent de sa vie la traversée d'un désert. il revint à un autre, à la fois rival et compagnon, de porter la gauche au pouvoir pour sept ans et non plus seulement pour sept mois.

 

Mémorial de Notre Temps 1982, Article de Jean-Marie Colombani (1983).

 

 


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