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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

Sachez que...

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 10:16

A peu de choses près, on a échappé aux prix des cadeaux!

BFMTV-ourson-sarkozy.JPGPoitiers, BFM TV, Dimanche 23 Octobre 2011, 23H58.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Les petites infos
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 09:44

Une-NR-10-Decembre-1991.JPG

 

 

L'empire éclaté

 

Gorbatchev en appelle au peuple

 

Le numéro un soviétique, qui n'a pas l'intention de démissionner, veut saisir le Congrès des députés t envisage d'organiser un référendum.

Gorbatchev-apres-le-8-decembre-1991.JPG

 

 

Gorbatchev-1991.JPG

Six questions pour un document

 

Le document conjoint adopté par les présidents russe, ukrainien et bélarusse pose beaucoup de questions:

 

1 S'agit-il d'un coup d'Etat?

 

La Constitution de 1924, qui repose sur deux textes adoptés en 1922, prévoit que chacune des Républiques fédérées garde le droit de sortit librement de l'Union. Cependant, su la Bélarus, la Russie et l'Ukraine ont bien le droit de reprendre leur liberté, elle n'ont peut-être pas celui de déclarer que l'U.R.S.S. "n'existe plus en tant que sujet du droit international et réalité géopolitique".

 

2 Quels pouvoirs pour Mikhaïl Gorbatchev?

 

L'artisan de la perestroïka a démissionné, après le coup d'Etat conservateur du 19 août, de son poste de secrétaire-général du P.C.U.S., tout en répétant qu'il restait communiste. Il est encore président de l'U.R.S.S., à la tête de laquelle il n'a pas été élu au suffrage universel, mais en mars 1990 par le Congrès des députés du peuple soviétique.

Il est aussi commandant en chef des forces armées et, à ce titre, le maître du feu nucléaire.

 

3 Que représentent la Belarus, l'Ukraine et la Russie?

 

A l'exception de la partie oriental de la Russie, ces trois républiques slaves sont situées en Europe et leur peuplement est relativement homogène, mais comporte cependant des minorités. Elles abritent 210 millions d'habitants sr les 290 de l'U.R.S.S.

Au plan économique elles représentent 85% du produit national brut de l'U.R.S.S., la Russie comptant pour 60%, l'Ukraine pour 20% et la Belarus pour 5%.

 

4 Que représente une U.R.S.S. sans les trois républiques slaves?

 

L'U.R.S.S. ne semble pas viable sans elles. L'ensemble n'est homogène ni géographiquement, ni politiquement. Il est aussi déséquilibré ethniquement et dominé par des populations musulmanes partagées entre le monde turcophone et iranophone.

 

5 Que représente l'Armée Rouge?

 

L'Armée rouge, dont le commandant en chef reste Mikhaïl Gorbatchev, est l'armée numériquement la plus puissante du monde (avec environ 3,4 millions d'hommes, dont 280.000 affectés aux forces nucléaires stratégiques disposant de queque 11.000 armes nucléaires).

Le chef de l'état-major, le général Vladimir Lobov, a perdu son poste dimanche, officiellement pour raisons de santé, en fait, selon certains spécialistes, parce qu'il ne contrôlait pas suffisamment la grogne de ses officiers supérieurs.

 

6 Où se trouvent les armes nucléaires stratégiques?

 

Ces armements sont stationnés sur le terrtoire de quatre républiques, la Russie, l'Ukraine, la Belarus et le Kazakhstan. La majorité des têtes nucléaires est en Russie.

L'Ukraine posséderait, selon les experts occidentaux, 176 missiles nucléaires stratégiques sur un total d'environ 4.000 têtes, essentiellement des armes tactiques.

Les présidents russe, ukrainien et bélarusse ont affirmé leur intention de préserver "un contrôle unique" sur l'arme nucléaire. Ils ont aussi déclaré vouloir "conserver un commandement unique de l'espace militaire stratégique commun", sans préciser qui aurait la responsabilité d'appuyer sur le bouton nucléaire.

 

Commentaire-et-mort-annocee-de-l-URSS.JPG

 

Une gigantesque mosaïque

 

De loin le plus vaste pays au monde, l'U.R.S.S. est également l'un des plus diversifiés du point de vue de son peuplement. Ses 290 millions d'habitants se répartissent en une centaine de peuples et autant de cultures et de langues, depuis l'Ouest scandinave jusqu'à Vladivostock, en Extrême-Orient, depuis les déserts glacés de la Sibérie jusqu'à la méridionale mer Noire en passant par le Moyen-Orient iranien. Moscou est plus proche de New York que de Vladivostock...

C'est cet empire dont, pour l'essentiel, les révolutionnaires de 1917 ont hérité qui, aujourd'hui, implose sous la poussée de revendications nationales largement nourries d'anticommunisme.

Face à cette extraordinaire diversité, Lénine, Staline et leurs successeurs, tout en assurant au "centre" Moscou une autorité non partagée, avaient construit un système dont ils espéraient qu'il serait suffisamment souple pour éviter les crises nationalistes, et suffisamment rigoureux pour que, progressivement, ces nationalismes se diluent et s'éteignent au profit d'un homme nouveau: le Soviétique.

En U.R.S.S., on est citoyen soviétique de nationalité géorgienne, ouzbek ou lettone, etc.

L'U.R.S.S. est un Etat fédéral. l'Union est constituée par quinze Républiques socialistes soviétiques (R.S.S.) avec chacune leur parlement leur gouvernement et leur parti communiste: la Russie (elle-même république fédérative), l'Ukraine, la Bélarus (ex-Biélorussie); la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie; la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan; la Turkménie, l'Ouzbékie, le Tadjikie, la Kirghizie, la Kazakhie et la Moldavie.

S'y ajoutent vingt Républiques autonomes (R.S.S.A.) chacune rattachée à l'une des quinze Républiques fédérées: seize à la Russie, deux à la Géorgie, une à l'Azerbaïdjan et une autre à l'Ouzbékie.

Il existe également huit régions autonomes dont cinq rattachées à la Russie, une à l'Azerbaïdjan, une à la Géorgie et une autre à la Tadjikie ainsi que dix arrondissements nationaux, tous rattachés à la Russie.

Le russe est la langue officielle de l'Union. Mais les cultures nationales sont demeurées à ce point vivaces, que les langues locales sont largement utilisées dans les actes officiels des républiques.

Dominée par les chrétiens orthodoxes, l'U.R.S.S. compte une très forte minorité musulmane (70 millions de peronnes) en forte croissance, contrairement à la majorité slave de la population.

Géographiquement, l'U.R.S.S. peut être partagée en cinq grands ensembles sans réelle unité nationale, politique, religieuse ou ethnique: les trois républiques Blates, les trois républiques Slaves, les trois républiques du Caucase, les deux républiques d'Asie centrale, les trois républiques d'Extrême-Orient asiatique, la république de Moldavie n'étant rien d'autre qu'une province arrachée par Staline à la Roumanie après la Seconde Guerre mondiale.

 

D.LI.

 

Probleme-des-armes-nucleaires.JPG


Dessin-Gorbatchev-fin-URSS.JPGLa Nouvelle République, Mardi 10 Décembre 1991.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:48

20 ans après, les Britanniques ont gardé la Livre sterling, l'Europe se divise sur fond de désir hégémonique franco-allemand

Rien sur les évènements à l'Est...

FR3, 19/20, Dimanche 8 Décembre 1991, par Eric Cachart.
Grand Témoin: Bernard Bosson (CDS)
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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 09:50

Logo-NR-1971.jpg

 

UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE

 

Un écu aussi fort que le mark

 

Mitterrand-Maastricht-et-les-dossiers-caches-1991.JPG

Les pays de la C.E.E., à l'exception de la Grande-Bretagne, vont s'efforcer de remplacer, avant la fin du siècle, leurs devises nationales par une monnaie unique: l'écu. Leur projet d'union économique et monétaire (U.E.M.) est, de loin, le dossier le plus avancé.

Depuis la signature du traité de Rome, en 1957 les progrès de la construction européenne et les modifications du contexte international ont mis en évidence la nécessite de définir et d'affirmer une identité monétaire de l'Europe. La mise en place, 1979, d'un système de taux de change stables, mais ajustable, entre les monnaies des pays de la Communauté (le système monétaire européen) a été le premier jalon concret vers l'U.E.M. Mais c'est le conseil européen de juin 1988 qui a pris la décision majeure, en chargeant un groupe de travail présidé par Jacques Delors d'étudier et de proposer les étapes devant mener à l'union économique.

Le rapport du "comité Delors" déposé en avril 1989 a été déterminant. Il a permis à onze Etats membres de la C.E.E. de se mettre rapidement d'accord sur les points essentiels d'un texte destiné à être intégré au traité de Rome. Soutenu par les milieux d'affaires, y compris britanniques, le projet d'U.E.M. prévoit trois étapes:

-La première, qui a commencé le 1er juillet 1990, permettra notamment la libéralisation des mouvements de capitaux;

-la deuxième débutera le 1er janvier 1994. C'est à cette date que les économies des Douze devront commencer à se rapprocher, en évitant les déficits publics excessifs. En même temps sera crée un institut monétaire européen, une institution à mi-chemin de l'actuel comité des gouverneurs des banques centrales et de la future banque centrale européenne, qui ne verra le jour qu'au début de la phase finale de l'U.E.M.

-Le 1er janvier 1997, au plus tôt, les Douze devront décider si les résultats acquis ont suffisamment préparé la Communauté à la création d'une monnaie unique, que l'Allemagne veut aussi fort que son deutschemark.

Des dérogations sont prévues pour les retardataires et une exemption a été accordée à la Grande-Bretagne. Celle-ci ne rejette pas la perspective de la monnaie unique, mais elle veut que la décision de l'adopter appartienne le moment venu, à son Parlement.

 

La Nouvelle République, Vendredi 6 Décembre 1991.

 

A titre informatif, sachez qu'en 1991, la France avait un déficit budgétaire représentant alors environ 2,5% de son PIB, ainsi qu'un dette publique d'environ 400 milliards d'euros 2010, soit 40% de son PIB. Etonnament, dans l'Allemagne fraîchement réunifiée de 1991, les pourcentages sont identiques. Les critères du Pacte de Stabilité et de Croissance ont cependant été rapidement bafouée par le couple franco-allemand, s'autorisant ainsi à dépasser le seuil de 3% de déficit budgétaire (rapporté au PIB), ainsi que la barre des 60% de dette publique.

Ainsi, selon Eurostat, en 2010, le déficit budgétaire français était de 7,9% et de 4,3% en Allemagne, tandis que les dettes publiques sont quasi identiques: 83,2% du PIB de l'Allemagne en 2010, contre contre 82,3% en France.

L'instabilité économique et monétaire du moment laisse à penser qu'un retour aux limites évoquées ci-dessus sera difficilement réalisable pour l'horizon 2015, d'autant plus si la croissance, l'un des buts du Marché Commun, ne revient pas en Europe.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 09:08

LOGO NR JUIN 1980

 

UNION POLITIQUE

 

Eviter un "quatrième Reich"

 

"La CEE est un géant économique, un nain diplomatique et une larve militaire", constatait le ministre belge des affaires étrangères, Mark Eyskens, au début de la crise du Golfe. A Maastricht, les Douze vont tenter de se forger un rôle politique à la mesure de leur poids dans l'économie mondiale.

Après s'être mis d'accord pour réaliser un marché unique sans frontières permettant, dès le 1er janvier 1993, la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et des hommes, ils se préparent à coordonner leurs diplomaties et à jeter les bases d'une défense européenne, en utilisant l'U.E.O. (Union de l'Europe Occidentale).

Ce sommet ne donnera pas naissance du jour au lendemain à une "politique étrangère et de sécurité commune". Dans le meilleur des cas, il s'engagera sur un objectif et un calendrier. Les vraies décisions seront prises dans quelques années. Mais l'impulsion sera - ou ne sera pas - donnée.

Si la C.E.E. a pour origine le rêve d'Etats unis d'Europe, c'est la réalité de l'histoire - l'unification allemande et l'effondrement du communisme en Europe de l'Est - qui a incité les chefs d'Etat et de gouvernement à ouvrir des négociations sur l'union politique, au printemps 1990. Le chancelier Helmut Kohl a reconnu lui-même que ses partenaires avaient ressenti le besoin de resserrer les rangs et de "coiffer" son pays au sein d'une Union européenne afin d'éviter à l'Allemagne réunifiée la tentation de faire cavalier seul et de constituer un "quatrième Reich" à tendance hégémonique.

En allant dans le sens de la diplomatie commune et de l'armée européenne, les Douze cherchent aussi à faire contrepoids à la puissance américaine. Mais ils devront surmonter beaucoup d'obstacle avant de pouvoir parler d'une seule voix. Leurs intérêts sont parfois divergents et leurs zones d'influence différentes.

Selon le projet de traité, le conseil des ministres de la Communauté définirait à l'unanimité - chaque pays gardant une possibilité de veto - les problèmes à traiter en commun. La mise en oeuvre de cette politique serait ensuite décidée à la majorité. On ferait ainsi passer au niveau communautaire ce qui a toujours été du ressort national ou inter-gouvernemental. Une mutation fondamentale.

 

La Nouvelle République, Vendredi 6 Décembre 1991.

 

Et histoire de se mettre à l'heure de Berlin, l'hymne de la République Fédérale d'Allemagne.

 
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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 12:24

PPP à l'heure de la légende olympique le 18 Décembre prochain

Pub-flamme-olympique-Poitiers-18-Decembre-1991-copie-1.JPGLa Nouvelle République, 17 Décembre 1991.

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:02

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Légende - Socrates

04/12/2011

La mort de Socrates

C’était hélas écrit. Socrates, bouffé par l’alcool et opéré à plusieurs reprises ces derniers mois, est mort ce dimanche matin, à 57 ans. Grand frère de l’ancien joueur du PSG Raï, le milieu de terrain n’aura pas remporté beaucoup de trophées dans sa carrière. Mais il aura gagné bien plus : en défendant un football qui allait de paire avec une certaine vision du monde – en gros : “généreuse”-, Socrates s’est arrogé une place de choix dans la légende de son sport. Celle d’un diplômé de la fac de médecine au nom de philosophe, capable de peser sur la démocratisation de son pays via son équipe des Corinthians, de copiner avec un Lula alors simple militant, et d’enchanter le monde par ses passes justes et son jeu tête haute. Son époque fut celle du début des années 80. Socrates était alors ce Brésilien longiligne, barbu, bandana peace & love dans les cheveux, aussi indispensable aux Corinthians de Sao Paulo qu’à l’équipe nationale brésilienne, où il formait, avec Zico et Falcao, un triumvirat de rêve. Comme toute utopie, celle de Socrates finit par se fracasser sur le mur de la réalité. Cela s’est passé lors de la coupe du monde 82, où l’équipe dont il était capitaine, peut-être la plus belle sélection brésilienne de tous les temps, fut sortie par son exact contraire, l’Italie de Paolo Rossi et Claudio Gentile. Après cela, Socrates signe à la Fiorentina, puis rentre chez lui boire des coups et vociférer contre le Brésil réaliste qui gagnera les coupes du monde 94 et 2002. Au fond de lui, Socrates savait sans doute : s’il n’a jamais été champion du monde, c’est que le football ne le méritait pas.
Démocratie football club

Une équipe de football qui réveille les consciences politiques de tout un peuple? Voilà la démocratie corinthiane en marche avec à sa tête, poing et tête levés, torse bombé et barbe mal taillée, Socrates, dit “le Docteur”. Footballeur-médecin doté d’une conscience politique rare dans la sphère footballistique. – par Stéphane Régy et Chérif Ghemmour, à Sao Paulo.

Même au Brésil, les militaires n’entendent décidément rien à la musique. Au pouvoir depuis 1964, les généraux brisent dès leurs premières années l’élan que la bossa-nova avait pris sous la démocratie de Kubitschek, foutent les tropicalistes Caetano Veloso et Gilberto Gil en prison, puis les contraignent à l’exil. En ce qui concerne la musique des stades, même chose: si le Brésil de Pelé gagne la coupe du monde 70 en dansant la samba, la situation intérieure, elle, vire au cauchemar. Le pouvoir bâtit des stades avec pour seule logique la corruption immobilière, met en place un système de contrats qui inféode les joueurs à leurs clubs (le contrat à vie est imposé partout), et s’asseoit sur les conditions de vie des footballeurs, la plupart du temps nourris aux seuls fayots et payés en dessous du salaire minimum. Mise en place dès la fin des années 60, cette situation perdure encore lorsque les années 80 débutent. 1981: la confédération brésilienne de football est présidée par Helenio Nunez, militaire de son état ; le conseil national des Sports est dirigé par Geronimo Bastos, brigadier. Qu’attendre des joueurs de foot dans de telles conditions?

Socrates, Wladimir et Adilson
Les Corinthians, par exemple. En 1981, l’équipe, qui compte pourtant dans ses rangs des internationaux comme Socrates, Wladimir ou Zenon, est au fond du trou. Les joueurs sont en conflit avec leur présidence, ne foutent pas un pied devant l’autre sur le terrain, sont relégués en deuxième division: c’est la crise. “Comme souvent, la crise est alors montée du terrain jusqu’aux instances dirigeantes du club”, explique aujourd’hui le journaliste Ricardo Gozzi, auteur, avec Socrates, d’un livre consacré à la “démocratie corinthiane”. Vicente Matheus, l’ancien président du club omnisports, se retire alors au profit de Waldemar Pires. Lequel confie les reines de l’équipe de foot à un jeune dirigeant sans expérience du sport, sociologue de formation. Ce sociologue s’appelle Adilson, 35 ans, ancien leader étudiant qui a tâté de la prison. Logiquement, son premier réflexe est de se tourner vers les personnes les plus à même de dresser l’état des lieux: les joueurs. “Adilson a réuni tout le monde et leur a demandé quelles étaient leurs idées pour relancer le club, détaille Gozzi. Deux d’entre eux, Socrates et Wladimir, y ont vu l’occasion de changer le mode de fonctionnement de l’équipe de fond en comble”. Socrates se souvient: “Nous voulions dépasser notre condition de simple joueur-travailleur pour participer pleinement à la planification et à la stratégie d’ensemble du club. Cela nous a amené à revoir les rapports joueurs-dirigeants”. Et pour cause: les deux meneurs veulent purement et simplement installer la démocratie à l’échelle du club. Le courant passe avec Adilson, les réunions se multiplient, la démocratie corinthiane est en marche. Mais subsiste un écueil majeur: comment faire adhérer tous les joueurs à un projet aussi ambitieux? Gozzi: “ Le mot qui définit le mieux le footballeur, au Brésil comme ailleurs, est individualiste. Ajoutez à cela que le fait que le Brésil n’était plus une démocratie depuis plus de quinze ans, que chaque manifestation de liberté pouvait vous mener à la mort, et vous comprendrez aisément que la plupart des gars de l’effectif se soient d’abord montrés hésitants”. Et pourtant, à force de discussions nocturnes, de débats enflammés, tout le monde finit par adhérer –un véritable tour de force.

Du Football et de la Liberté
Quel est le mode de fonctionnement de cette démocratie au jour le jour? Très simple: “Les points d’intérêt collectif étaient soumis à la délibération puis au vote de tous”, affirme Socrates. Chaque décision –horaires d’entraînement, heures de départs au stade…– fait donc l’objet d’un mini-scrutin auquel prend part l’ensemble de l’encadrement de l’équipe première, joueurs, dirigeants, soigneurs, chauffeurs de bus, masseurs… Un homme, une voix. De l’autogestion pure et simple. Lorsque Travaglini, le coach, s’en va en 1982, l’équipe accomplit un geste symbolique en optant pour la solution interne: Ze Maria, démocrate, conseiller municipal et ex-champion du monde de 1970, prend en charge la fonction d’entraîneur-joueur. La décision est provisoire, mais l’image forte: comme les destinées du pays devraient appartenir à ses habitants, les Corinthians de Sao Paulo appartiennent désormais à ses joueurs. De fait, la démocratie corinthiane n’est pas qu’une secte isolée. Au contraire, elle prend des décisions réellement politiques qui commencent à faire grand bruit dans le football brésilien. Première décision d’importance, la suppression des mises au vert. Un pied de nez au pouvoir. En brésilien, elles s’appellent concentraçao, un terme militaire qui signifie rassemblement des troupes. Un passage obligé dans les clubs pour empêcher les virées sexuelles la veille des matchs. Pas vraiment du goût de Socrates, qui prône la responsabilité des joueurs. Autre sujet majeur: l’argent. Opposés aux primes de matchs, un mode de rémunération à la performance encore en vogue un peu partout aujourd’hui et toujours aussi dégueulasse, les membres des Corinthians optent pour une redistribution des richesses plus juste: chacun touche un pourcentage sur les recettes aux guichets du stade et sur le sponsoring. Surtout, les joueurs des Corinthians enterrent totalement le mythe du footballeur soumis à la discipline, au régime, à la musculation etc. Les joueurs prennent ainsi l’habitude de se retrouver après les matchs pour des barbecues géants. Sur des photos, on les voit taquiner la guitare ensemble, percer quelques bières. Loin du fumeur coupable que pouvait symboliser le pauvre Barthez, toujours à planquer son clope du champ des caméras, Socrates prouve qu’on peut mener de front génie footballistique, performances et tabagisme. Ces hommes-là sont libres, tout simplement. Et ils gagnent: alors que le club est soumis à la portion congrue depuis des décennies, l’équipe remporte deux championnats paulistes de suite en 1982 et 1983. “Ces victoires ont été fondamentales pour le mouvement”, se remémore Socrates. Car tout cela commence à faire réfléchir les collègues. “Des tentatives de démocratie footballistique ont failli réussir dans la foulée des Corinthians”, pointe Ricardo Gozzi. “Palmeiras et le Sao Paulo FC, le grand rival des Corinthians, se sont presque retrouvés dans une situation similaire. Mais les dirigeants n’ont pas suivi leurs joueurs”. Quant à l’équipe nationale, inutile d’y penser. “Les joueurs en seleçao évitaient de parler politique à tout prix”, tranche Socrates. Même Zico et Falcao, les deux autres stars de l’époque? “Même eux”. Triste football.

D’une équipe et de son enjeu national
Au fur et à mesure que leurs revendications sont satisfaites, les Corinthians quittent un peu plus le terrain du football pour poser de vraies questions nationales. Une évolution normale, selon Socrates: “Au départ, nous voulions changer nos conditions de travail ; puis la politique sportive du pays ; et enfin la politique tout court”. Lorsqu’en 1982 la publicité fait son apparition sur les maillots de foot au Brésil, Socrates et ses potes sautent sur l’occasion: ils dominent le championnat de Sao Paulo. Floqué dans le dos: “Democracia”. Tout un programme. Puis, pour la première élection au suffrage universel du gouverneur de Sao Paulo, le message est encore plus explicite: “Dia 15, vote” (“le 15 – jour de l’élection –, votez !”). Un peu plus tard, en 1983, le mouvement se trouve finalement le nom qui le fera passer à la postérité: démocratie corinthiane. À l’origine de l’expression, un homme, Washington Olivetto. “Olivetto était un publicitaire très connu. Sympathisant de la cause, il est devenu le responsable marketing officieux de l’équipe”, précise encore Ricardo Gozzi. Et Olivetto connaît son métier: il fait la promotion des Corinthians auprès des artistes brésiliens, assurant à son camp les soutiens de Chico Buarque ou Rita Lee (la délicieuse chanteuse d’OS Mutantes). Mieux, Gilberto Gil va même jusqu’à composer une chanson en l’honneur de la démocratie corinthiane. Une aubaine pour un Socrates producteur de théâtre, chanteur (en duo avec le grand Toquinho) et peintre dilettante. “Même Tom Jobim, l’idole nationale, était derrière nous”. Au même moment, le syndicaliste Lula fonde le Parti des Travailleurs. La rencontre entre les deux principaux pôles de résistance au Brésil est inévitable. “Quelques joueurs des Corinthians, Wladimir, Casagrande, Socrates et Luis Fernando, ont adhéré au Parti de travailleurs”, détaille Gozzi. “Mais rien n’était obligatoire: Zé Maria a rejoint le PMDB (centriste) et Biro-Biro le PDS (centre –droit). Les joueurs étaient aussi libres de n’adhérer à rien s’ils le souhaitaient”. Les Corinthians deviennent donc les porte-étendards de la contestation au Brésil. “Cette équipe est devenue un enjeu national”, éclaire Ricardo Gozzi. “Le Brésil s’est divisé en deux. D’un côté, les activistes pro-démocratie et les dirigeants de gauche ont pris position pour la démocratie corinthiane. Et de l’autre, tout ce que le pays comptait de conservateurs s’est mis à la vilipender. La presse, notamment, était très dure. Si certains journalistes soutenaient individuellement le mouvement, les journaux étaient à la botte du pouvoir”. Cette opposition culmine en décembre 1983, à l’occasion de la finale du championnat pauliste qui oppose les Corinthians à Sao Paulo. En déboulant sur la pelouse, et sachant que le match est retransmis à la télévision dans tout le pays, les joueurs des Corinthians déploient une banderole en forme de bras d’honneur au pouvoir en place: “Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie”. Un courage dont on chercherait en vain l’équivalent dans l’histoire du football. Quelque chose comme l’écho, 15 ans plus tard, de la provocation de Caetano Veloso au festival de la MPB (musique populaire brésilienne) 1967, lorsque face à un public siffleur et acquis aux généraux, il déclama le refrain de sa chanson Alegria, Alegria: “J’avance, j’avance, et pourquoi pas?” Pour la petite histoire, les Corinthians s’imposent sur un but de Socrates. Démocratie 1, dictature 0.

Des joueurs et de leurs responsabilités
En 1984, Socrates fait une promesse devant un million et demi de personnes: il reste au Brésil si le Congrès rétablit une élection présidentielle libre. La manœuvre échoue, le “Docteur” part à la Fiorentina. Le mouvement perd son leader le plus charismatique: c’est le début de la fin. Dans les mois qui suivent, les vieux dirigeants reprennent en effet le club en main, et foutent dehors tous les joueurs “subversifs”, dont le tout jeune Dunga. Paradoxalement, cette normalisation intervient pourtant au moment où l’arrivée au pouvoir de Tancredo Neves, dirigeant de l’opposition, met fin à la dictature militaire et ouvre une période de transition démocratique qui ne s’achèvera qu’au début des années 90. Un mal pour un bien, alors? “Au niveau national, les Corinthians ont montré aux gens ce que la démocratie pouvait signifier. Même si l’expérience s’est soldée par un échec, cette équipe a sans doute ouvert une brèche”, pointe Gozzi. Socrates confirme: “Peu de Brésiliens ont la possibilité de faire des études et donc d’acquérir des notions de politique. Nous leur avons inculqué cette culture en utilisant la langue du football”. Pour autant, Socrates refusera d’aller “plus loin” et de s’investir durablement dans la vie politique brésilienne. “Quand Lula est arrivé au pouvoir, il y a eu une liste de ‘ministrables’ qui a circulé, et j’étais dedans, mais j’ai pris les devants, et j’ai dit ‘non’. Je ne crois pas trop à la politique institutionnelle”. Au vrai, Socrates ne croit pas trop dans le football de son pays non plus. “Le Congrès brésilien, qui a enquêté sur le football, a déjà conclu que ce milieu était totalement pourri”. Et les Corinthians? “Je n’ai plus de contacts. Je ne suis plus leur genre, je crois.” Moche.
FRANCE - BRESIL
15 MAI 1981
(Paris, Parc des Princes)
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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Café des Sports
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:38

Lyon, Dimanche 1er Décembre 1991

 

 

Antenne 2, Le Monde est à Vous, Dimanche 29 Décembre 1991

 

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
PPP a reçu
depuis sa création
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

http://images.forum-auto.com/mesimages/518416/vignette81B.jpg

http://images.forum-auto.com/mesimages/64646/80.JPG
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