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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 08:02

Histoire.

L’étrange cas d’un ancien nazi qui a tué pour le compte du Mossad

Publié le

Pris sur BBC.com , vers 1946/1947.

Pris sur BBC.com , vers 1946/1947.

Ancien officier de la SS, considéré pendant la guerre comme l’un des hommes les plus dangereux d’Europe, Otto Skorzeny s’est retrouvé à collaborer pour Mossad au début des années 1960. Dans une enquête inédite, Ha’Aretz révèle comment cet ancien protégé d’Hitler a fini par traquer les scientifiques et officiers nazis en fuite pour le compte de l’Etat israélien.

 

L’histoire a tous les ingrédients du thriller d’espionnage. Il y a 54 ans, le scientifique allemand Heinz Krug disparaît sans laisser de trace. Très vite, on commence à soupçonner un assassinat. Krug avait collaboré au programme d’armement de l’Egypte, pays ennemi d’Israël. Raison pour laquelle à l’époque, de forts soupçons se portèrent sur le Mossad – les services secrets israéliens – dans la disparition de Krug.

Mais personne n’imaginait alors ce que le quotidien Ha’Aretz vient de révéler sur l’identité de l’assassin. Krug a effectivement été assassiné. Le meurtrier travaillait pour le Mossad. Mais c’est l’identité de l’homme fait sensation : Otto Skorzeny, ancien officier de la SS et un des plus fidèles d’Adolf Hitler, héros de guerre et qualifié par les alliés d’“homme le plus dangereux d’Europe”.  

 

Dans son article publié le 27 mars, le quotidien israélien se réfère à des témoignages d’anciens membres du Mossad et de personnes ayant eu accès aux archives de l’organisation. Voici comment, selon eux, est survenue la mort d’Heinz Krug, le 11 septembre 1962.

Krug, un scientifique qui a travaillé pendant le Troisième Reich pour la conception de roquettes en Allemagne, est approché par l’Egypte pour bâtir le programme d’armement du pays. Israël, en guerre avec Le Caire, mène des opérations secrètes pour enrayer ce programme d’armement, notamment “en intimidant des scientifiques allemands qui y étaient engagés”. Selon Ha’Aretz, le Mossad aurait d’abord eu recours à des menaces proférées par téléphone, puis à des lettres piégées. D’après le journal, le scientifique allemand, inquiet, s’est tourné vers son ancien camarade Skorzeny. 

Danse avec le diable

Sauf que celui-ci avait pris un chemin insoupçonné, et s’était fait débaucher par les services secrets israéliens. L’arrangement entre l’ancien héros nazi et Israël “est l’une des histoires les plus importantes jamais racontées sur le Mossad”, écrit Ha’Aretz. En contrepartie de ses services, Skorzeny cherchait à faire effacer son nom de la liste Simon-Wiesenthal, regroupant les criminels de guerre les plus recherchés. 

Le 11 septembre 1962, c’est donc avec Skorzeny que Krug est monté dans sa Mercedes 300 SE, suivi de trois autres hommes. Des “gardes de corps”, aurait expliqué l’ancien SS. Skorzeny aurait ensuite fusillé Krug dans une forêt près de Munich. Les trois autres hommes, des agents du Mossad eux aussi, auraient versé de l’acide sur le cadavre et enterré les restes.

Ha’Aretz écrit :  

Pour accéder à des situations inattendues au cours de ces missions improbables, le Mossad a parfois fait appel à des partenaires répugnants. Quand certaines alliances à court terme s’avéraient utiles, les Israéliens étaient prêts à danser avec le diable.”

Quant à la promesse faite à l’ancien SS de le retirer de la liste Simon-Wiesenthal, rapporte Ha’Aretz, elle n’a jamais été respectée.

 

Slate.fr

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 07:33
Les mosaïques de l'escalier d'Abboville
Les mosaïques de l'escalier d'Abboville
Les mosaïques de l'escalier d'Abboville

Poitiers, Vendredi 30 Octobre 2015.

Je ne sais pas qui les a réalisées, qui les a posées, de quand elles datent, mais voilà, toi le courageux promeneur qui ira t'aventurer dans les terribles escaliers d'Abboville, que tu montes ou tu descendes, lève la tête à mi-chemin dans l'espèce de faux-plat qui permet de reprendre son souffle à mi-chemin.

Ca n'a pas forcément d'intérêt (bon si on va par là, l'art n'a pas d'intérêt...), mais voilà je voulais vous faire profiter simplement de ces petites choses.

Ainsi dans la continuité de ces murs taggués, ces deux petits messages offrent une rupture, une respiration bienvenue.

A toi l'auteur, mes remerciements.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 09:47

Poitiers, Mars/Avril 2006.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 08:56

Que d'eau, que d'eau...

Vienne

 

Pluie : mars a battu des record

 

Après un démarrage dans la fraîcheur, avec un important épisode neigeux les tout premiers jours (5 à 15 cm de neige très lourde sur le département) le mois de mars a connu des cumuls de pluie très abondants.

Ainsi, selon les relevés effectués par Météo France, les cumuls à l'échelle du mois de mars 2006 sont très importants: avec 151 mm à Poitiers-Biard, il s'agit du mois de mars "le plus pluvieux depuis l'ouverture du centre météorologique à la sortie de la guerre".

A la Ferrière-Airoux, il a été relevé 180 mm.

Habituellement le département de la Vienne recueille 40 à 61 mm au cours d'un mois de mars qui se révèle comme étant le mois le plus sec après es mois estivaux. Ce mois de mars 2006 se distingue au contraire par "ses excès pluviométriques" constate Dominique Simon, délégué départemental de Météo France pour la Vienne, "la moitié recueille 2 à 3 fois la normale alors que les précipitations du Nord de la Vienne représentent environ 2 fois les valeurs habituelles".

Ces précipitatons qualifiées de "complètement atypiques" ont été "extrêmement bénéfiques" permettant la réhydratation des sols après un automne et un début d'hiver déficitaires en précipitations.

Retenues de surface et nappes superficielles ont elles aussi bénéficié de ces pluies abondantes.

 

La Nouvelle République, Lundi 3 Avril 2006.

En 2016, le record de Mars 2006 tient toujours...

En 2016, le record de Mars 2006 tient toujours...

Pris sur MétéoFrance.com, Vendredi 22 Avril 2016.

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 08:34
Jeudi 13 Avril 2006: tintamarre nocturne dans les rues de Poitiers

Les membres de la coordination étudiante ne chantent peut-être pas très juste, mais en tout cas, ils ont d'excellent poumons.

 

Avec le bruit des diverses poêles, casseroles et louches sortis des placards pour l'occasion, la manifestation d'hier soir jeudi a bien atteint son objectif, faire un tintamarre nocturne en centre-ville de Poitiers. "Le but de la mobilisation de ce soir est de montrer que, malgré la fin du blocus, nous sommes toujours présents, et que nous maintenons nos revendications: l'abrogation de la loi Fillon, de la loi sur l'égalité des chances, du CNE, et le rétablissement du nombre de postes au CAPES", précisait Julien Charretier.

Une centaine de jeunes, et quelques membres des syndicats, se sont donc retrouvés place d'Armes vers 21 heures équipés même pour certains de tambourins, de flûtes, et de sifflets. Plusieurs d'entre eux portaient des brassards jaunes, signe de mobilisation.

Le cortège a grossi au fur et à mesure pour atteindre environ 300 personnes. On est loin des chiffres des meilleures manifs mais "c'est le soir, c'est la fin d'un blocus, beaucoup pensaient que c'était la fin du mouvement. On veut montrer ce soir que celui-ci n'est pas mort. Ceux qui sont dans la rue ce soir, c'est le noyau dur. C'est un nouveau chapitre de la mobilisation qui commence", commentait Julien Vialard.

Les manifestants sont passés place Notre-Dame, ont dévalé les petites rues pour partir ensuite place de la Liberté, sont montés devant le palais de justice, et "ont fait un peu coucou" à la préfecture. Ils ont mis des poubelles devant la permanence de l'UMP avant de terminer la manifestation place d'Armes vers 23 heures.

 

A.N.

La Nouvelle République, Vendredi 14 Avril 2006.

Jeudi 13 Avril 2006: tintamarre nocturne dans les rues de Poitiers

Centre Presse, Vendredi 14 Avril 2006.

Petit complément personnel:

oui ce soir là, nous avions bien mis des poubelles devant désormais feu l'UMP (qui a pris cher pendant trois mois). Mais, les articles de presse étant bouclés, il n'en parlent donc pas, nous avons été faire un petit tour au rectorat. Où un comité d'accueil nous attendait. Où pour la dernière fois, nous avons goûté la savoureuse bombe au poivre.

Un véritable baroud d'honneur.

Jeudi 13 Avril 2006: tintamarre nocturne dans les rues de Poitiers
Jeudi 13 Avril 2006: tintamarre nocturne dans les rues de Poitiers
Jeudi 13 Avril 2006: tintamarre nocturne dans les rues de Poitiers

Poitiers, dans la soirée du Jeudi 13 Avril 2006.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 07:49

UNIVERSITE

POITIERS

Après le vote donnant une courte avance en faveur de la reprise des cours

 

Drôle de rentrée...en avril

 

 

Hier, un peu avant huit heures. Le parking de la fac de lettres se garnit doucement. L'appel à la fin du blocus et à la reprise des cours n'a pas encore vraiment produit son effet.

Mercredi 12 Avril 2006 : après 7 semaines de blocus, c'est la reprise des cours

Les étudiants sont encore ensommeillés, dirait-on. Mercredi matin, quelques heures après le vote ayant donné le feu vert à la reprise des cours, ils ont du mal à retrouver le chemin du campus. Gueule de bois après l'euphorie de la lutte. Du moins pour les étudiants présents, car bon nombre ont zappé la reprise.

Tandis que le hall de la fac de droit fait le plein (...d'étudiants en médecine) à peine sonnée la demie de sept heures, à quelques mètres de là, celui de lettres et langues reste quasi désert. A trois jours des vacances de Pâques, le mot d'ordre de reprise n'a pas atteint toutes les cibles. Parmi les signes avant-coureurs du déblocage, Yonnic attend...l'ouverture de la cafeteria. "Pour moi, le blocage n'a pas changé grand-chose étant donné que je suis en master", dit-elle.

 

"Il était temps"

Tiphaine - décidément, les filles sont les plus matinales...- s'apprête à suivre son premier cours depuis deux mois. Sans enthousiame. La jeune hispanisante professe que "le combat n'est pas terminé" et si elle avait voté la veille, elle aurait figuré dans le camp "contre le reprise". Pourtant, grâce aux polycopiés, elle a travaillé durant ces huit semaines, "tout en poursuivant le combat".

Marine, elle aussi linguiste, avoue un sentiment "bizarre". Avec son amie Virgine, elle se demande si le cours de phonétique va avoir lieu. Jean-Michel a eu du mal à se lever, "et à [se] motiver". Il reconnaît n'avoir rien fait depuis tout ce temps, passé chez son père. Roxane annonce sa satisfaction: "Il était temps que ça reprenne...même si j'ai soutenu à fond le mouvement pour l'abrogation du CPE et de la loi Fillon."

 

Vestiges du blocus

Pour la première fois depuis des semaines, l'accès aux salles de cours est libre. Au bout du hall, restent les vestiges du barrage: quelques tables, des urnes de doléances...C'est ici que Jean Sabiron, professeur d'anglais et chercheur, retrouve quelques-unes de ses ouailles. Il applique les consignes venues d'en haut: aujourd'hui, c'est accueil et préparation à la reprise. "Ce matin, je ne peux décemment pas faire cours au sens strict. Ce serait pénaliser les absents, majoritaires, qui n'ont pas forcément été prévenus."

Mais que les étudiants se rassurent: qu'il reste deux ou huit cours, "on les fera, de manière présente ou à distance, avec le même contenu". Même s'il faut prendre en compte les deux lundis et le jeudi fériés, les programmes seront assurés et les évaluations seront menées à bien. A lui aussi ça fait drôle d'être en face à des étudiants ce matin, "situation inédite depuis le vendredi 10 février", ce qui lui a permis de boucler son programme de recherche. Maintenant, il peut mettre les bouchées doubles en salles de cours.

 

René Paillat

Centre Presse, Jeudi 13 Avril 2006.

LE FAIT DU JOUR

 

Maeva: "C'est quand même bien

d'avoir cours normalement"

 

La vie normale reprend douvement sur le campus de Poitiers après 7 semaines et demi de blocus. Les étudiants ont retrouvé le chemin des amphis tout en restant mobilisés.

 

 

Photo Patrick Désert.

Photo Patrick Désert.

Parkings pleins, étudiants prenant le soleil tranquillement sur les pelouses, ou relisant des notes, le campus de Poitiers a repris ses airs d'avant blocus mercredi. Après sept semaines et demi de fermeture des facs, les étudiants ont repris le chemin des amphis, informés par mail dès mardi de la reprise des cours. Seule différence par rapport à un jour classique, nombre de jeunes portaient un brassard jaune indiquant "mobilisé" au bras. Trois mètres carrés de tissu n'ont pas suffi à la demande, il a fallu en commander d'autres.

Les situation varient un peu selon les facultés. Le calendrier définitif des cours ne sera établi de toute façon que début mai, après les vacances de Pâques (lire aussi page III).

A la faculté de lettres et langues, les cours ont repris, mais l'heure est peut-être plus à une prise de contacts qu'à une reprise effective. Les élèves étaient là, mais la mobilisation est toujours au goût du jour. Les brassards jaunes foisonnent, les chants de manifs résonnent encore dans les couloirs.

Plusieurs étudiants, comme Camille et Jennifer, en licence d'espagnol, n'ont pas pu assister à toutes leurs matères, "certains de nos professeurs étant absents. Le problème c'est qu'on ne sait pas trop comment ça se passe, on reçoit plein d'informations contradictoires". Les enseignants étaient cependant plus présents au fur et à mesure de l'après-midi. Une réunion va avoir lieu cet après-midi pour cadrer les choses et "un nouveau calendrier établi en tenant compte des contraintes des enseignants", explique le directeur, Jean-Louis Duchet. La première session d'examens aura lieu mi-juin, la deuxième en septembre.

 

En cours, oui, mais avec un brassard

Fac de droit et d'économie, finies les "vacances", tous les cours étaient assurés. Stéphane Séjournée, en première année d'AES, référant de la fac de droit, a pris le chemin de son amphi de mathématiques son brassard au bras. Normalement le semestre (TD et CM) se terminera e 10 juin. La première session d'examens aura lieu fin juin, la deuxième fin août, début septembre. Maeva Riquet et Myrtille Carenagh, en AES, sont plutôt contentes de cette reprise. "C'est quand même bien d'avoir cours normalement. Même si c'est dur de reprendre. D'autant plus que d'habitude à cette époque, on termine la fac, on n'en reprend pas le chemin."

Fac de sciences, presque personne dans les couloirs, beaucoup planchaient en travaux pratiques. Les examens auront lieu mi juin (autour du 20) et début septembre pour la seconde session. Pour ce faire, les scientifiques se rendront à la fac les samedis.

A l'Hôtel Fumé, faculté d'histoire, de sociologie...l'enseignement a recommencé également. Le défunt CP et la mobilisation se rappellent au souvenir des visiteurs sous le proche, via les plaques commémoratives ornées d'une étiquette CPE. Quelques élèves et professeurs, n'habitant pas Poitiers, étaient absents. "Il y a beaucoup plus d'étudiants aujourd'hui, mais la situation reviendra vraiment à la normale à la rentrée des vacances. Les cours jeudi vont dépendre de l'emploi du temps des professeurs, des salles disponibles. D'autant plus que certains professeurs partagent aussi nos opinions", commentait Matthieu Massignac.

Une réunion a lieu aujourd'hui également pour établir le programme. Sauf changement, "les examens vont être fixés autour du 15 juin et la session de rattrapage, en septembre" expliquait la directrice des services administratifs. Des cours seront assurés tous les samedis du mois de mai, ou en fin de journée, afin de rattraper l'intégralité du programme.

Agnès NOEL

Mercredi 12 Avril 2006 : après 7 semaines de blocus, c'est la reprise des cours

Manifestation étudiante ce soir à Poitiers

 

La coordination étudiante s'est retrouvée hier salons de Blossac à Poitiers pour décider des futures actions. Car si le blocus est levé, "la mobilisation continue" tiennent à préciser les têtes de files du mouvement. Une cinquantaine de personnes étaient présentes, portant toutes le brassard jaune. Un jeune homme en distribuait d'ailleurs à l'entrée.

Point a d'abord été fait de la situation dans les facultés. Avant de protester contre l'attitude de l'Université. "Nous allons dénoncer ce qui a été dit. On nous avait annoncé qu'on terminerait les cours en juillet, qu'on travaillerait tous les samedis, et ce dans toutes les facs. Or, ce n'est pas le cas", déclarait Jules Aimé.

La réunion s'est terminer par un spectacle pour fêter les cent jours de mobilisation.

Ce soir, la coordination étudiante et lycéenne appelle à une manifestation nocturne en compagnie des syndicats. Seront présent FSU, Solidaires, Attac, AC!, la FCPE, et des partis politiques de gauche, regroupés au sein du collectif 86. Rendez-vous est donné à 21 heures place d'Armes à Poitierspour un "tintamarre nocturne", puisqu'il est demandé aux participants de se munir de casseroles et de lampions.

L'objectif de la manifestation est de réaffirmer les revendications du mouvement: abrogation du CNE, de l'apprentissage à 14 ans, du travail de nuit à 15 ans, de la loi Fillon, et restitution du nombre de postes supprimés au CAPES.

Article en cours de réalisation.

 

La Nouvelle République, Jeudi 13 Avril 2006.

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 08:03
Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

LE FAIT DU JOUR

 

Les étudiants lèvent le blocus

et rêvent d'entretenir la flamme

 

Débuté le 13 février, le blocus de l'université de Poitiers a été levé, hier après-midi, après un ultime vote au Stade Rebeilleau. Les étudiants retrouveront le chemin des cours dès ce matin.

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

Ce mercredi matin, les étuidants poitevins reprendront le chemin de l'université. Hier, dès 16h, à l'issue du vote qui s'est déroulé au stade Rebeilleau, les membres de la coordination étudiante n'ont pas perdu de temps: malgré la déception, certains d'entre eux sont allés, sur le champ, enlever tous les obstacles qui encombraient les entrées des bâtiments universitaires depuis le 13 février dernier, premier jour du blocus. Un geste élégant, à l'image du mouvement qu'ils ont conduit deux mois durant.

Les étudiants, pourtant, ont choisi, hier, par la voie démocratique, de suspendre un mouvement qui était devenu un phénomène unique en France. Sur 2.878 participants au scrutin, hier, en début d'après-midi, 1.489 ont voté pour la reprise des cours, alors que 1.210 se pronconçaient pour un blocus total et 130 pour un blocus partiel. "C'est un choix que nous respectons, et dès demain (NDLR: ce matin), nous serons nous aussi de retour dans les couloirs de l'université, mais nous ne baissons pas les bras", disait hier, lors de la proclamation des votes, l'un des "pro-blocus".

 

"Nous devons continuer à exister"

Reste maintenant à savoir comment, justement, ces Poitevins qui sont grimpés jusqu'au sommet d'un engagement relayé par tous les médias nationaux, vont réussir à entretenir la flamme, à maintenir une pression totalement différente. "Nous allons créer des collectifs, continuer à mobiliser, à échanger. Un mouvement important est né, il faut l'entretenir..." expliquait hier Julien Vialard, de la coordination. En deux mois, une école d'étudiants citoyens est née à Poitiers. C'est une évidence. Saura-t-elle maintenant poursuivre sa croissance sur les cendres d'un mouvement? Exister et rebondir pour ne pas sombrer dans l'oubli, voilà le défi.

 

Jean-Yves LE NEZET

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers
Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers
Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers
Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers
Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

La Nouvelle République, Mercredi 12 Avril 2006.

SOCIAL

POITIERS - Après une heure et demie de débats et huit semaines de blocus les étudiants ont voté pour la reprise des cours

 

La fac débloque en douceur

 

Hier, le stade Rébeailleau a accueilli une nouvelle fois l'assemblée générale des étudiants poitevins. Les 2878 votants ont choisi la reprise de cours à près de 52%. C'est la fin d'un mouvement de mobilisation sociale, sans précédent.

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

"AUJOURD'HUI, c'est le moment de prendre ses responsabilités. S'il y a eu retrait du CPE, il n'y en aura pas d'autre [loi Fillon et sur l'égalité des chances]. Il ne faut plus de blocage du tout!" Ainsi s'exprime un étudiant au micro du stade Rébeilleau. Il est contre le blocus de l'université et contrairement à ce qui se passait jusque là aux assemblées générales, cette fois, il fait partie de la majorité. En une heure et demie, une vingtaine d'orateurs se sucèdent. Les porte-parole de la coordination étudiante ont vainement tenté de remobiliser les troupes. "L'heure est grave", affirme Pierre. "Trois des quatre revendications ont été oubliées par les médias. Si on arrête aujourd'hui, on aura fait ça pour rien!"

 

Mangez des nouilles!

Les autres aspects de la loi sur l'égalité des chances, l'apprentissage à 14 ans, le projet du ministre de l'Intérieur pour éviter les blocus à l'avenir, les lois anti-sociales, rien n'y a fait. "On sait ce que c'est de bouffer des nouilles tous les jours, pas les hommes politiques", souligne Julien. Ironie du soirt, e jour où les étudiants décident de reprendre les cours, Angèle, étudiante en sport vient d'apprendre qu'elle a été recalée au Capeps d'éducation physique. "Sur les 400 candidats de Poitiers, 17 sont pris à l'oral." Venu d'Angoulême depuis le matin, Johan Rougier est venu pour comprendre ce qui se passe: "Ma fille en troisième année de droit est destabilisée, très angoissée par ce qui se passe. Le CPE c'est une idiotie mais de là à laisser les étudiants bloquer les facs et les voir redoubler l'an prochain. C'est grave et irresonsable", souligne le papa inquiet. Au sortir du stade Rébeilleau, dans le calme, chacun vote en montrant sa carte d'étudiant. Sur les 2878 votants, 49 s'abstiennent, 130 étaient pour le blocus partiel, 1210 pour le blocus total et 1489 contre tout blocus. Sur les marches de l'amphi J, Stéphane prend le mégaphone entouré de caméras et d'appareils photo. Les larmes aux yeux, il salue "l'aventure humaine" qui se termine, et propose que les étudiants qui ne désarment pas portent des brassards indiquant qu'ils restent "mobilisés". L'heure est donc au ménage: il faut ranger les palettes et tout ce qui bloquait les portes. Et les étudiants poitevins de reprendre en coeur sur l'air de la Marseillaise: "Allons jeunesse de Poitiers, le jour de lutte est arrivée. Entendez-vous ce fameux ministres surgir avec leurs réformes...Aux armes, étudiants, marchez, chantez, manifestez votre mécontentement".

 

Valérie Bridard

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

MANIFESTATION - Malgré le vote en leur défaveur, la coordination étudiante a tenu à défilé de la fac à la place Leclerc

 

C'est la lutte finale?

 

 

La coordination étudiante de Poitiers a montré qu'elle restait mobilisée. Mais on a bien senti que le mouvement touchait à sa fin.

 

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

CA chantait un peu moins hier dans les rangs des étudiants. Le moral était en berne. Il faut dire que ceux qui défilaient avaient quelques minutes auparavant voté pour le blocus de l'université. La démocratie leur a donné tort. La majorité a voté contre.

Peu importe, les bloqueurs décident de "faire une action". La dernière? Peut-être pas. Mais une chose est certaine, la mobilisation est moindre. Il est 16h quand les étudiants se rassemblent derrière le camion du syndicat Sud. Ils sont moins de 300. On chante mais le coeur n'y est pas. Très vite, on comprend qu'il n'y aura pas d'action coup de poing. Ils suivent sagement les deux voitures de police.

 

Peu nombreux

Au Pont-Neuf, quelques-uns tentent un sit-in au carrefour. Mais Stéphane, un des leaders du mouvement leur demande de se lever. "On a rendez-vous à 17h avec l'intersyndicale". Les manifestants, plutôt calmes, arrivent sur la place Leclerc dix minutes avant le rendez-vous. Et c'est la deuxième claque de la journée. Personne! La place est vide. Les étudiants sont à peine réconfortés lorsqu'ils entendent les sonos des camions de FO et de la CGT. Tous les leaders syndicaux du département sont là.

La coordination décide malgré tout de faire une action. Direction le rectorat. Pas d'occupation. Un cordon de gendarmes mobiles est en place. Lucides, les étudiants décident de ne rien tenter. Ils sont trop peu nombreux. "Il faut continuer à s'informer, il y aura une mobilisation pendant les vacances", lance Gaëtan au mégaphone. 18 h: la petite manif retourne vers la place Leclerc, qui parait d'un seul coup trop grande.

 

Bruno Delion

Mardi 11 Avril 2006 : la chute du blocus universitaire de Poitiers

Centre Presse, Mercredi 12 Avril 2006.

Sujet sur Poitiers à partir de 10 minutes.

France 2, 20H, David Pujadas, Mardi 11 Avril 2006.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 07:41
Photo AFP.

Photo AFP.

SOCIAL

 

Manifestation maintenue à Poitiers

 

 

La coordination étudiante et les syndicats maintiennent leurs mots d'ordres à manifester, aujourd'hui à Poitiers. Les uns appellent à un débat de fond, les autres à une poursuite du mouvement.

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Pas question de baisser la garde. Du côté des syndicats comme de la coodination étudiante, le ton restait ferme et revendicatif, hier, après l'annonce du retrait du CPE. La coordination étudiante a annoncé dès le matin qu'elle maintenait son appel à la manifestation, aujourd'hui, à 14h30, au départ du stade Rebeilleau. Les syndicats ont eux aussi confirmé la manifestation départementale programmée à 17h sur la place d'Armes.

"Nous leur devons au moins ce mardi ce soutien-là. Un soutien qui est pour nous inconditionnel. L'appel à la manifestation est maintenu non pas pour sabler la victoire mais parce qu'il reste des revendications non satisfaites: le nombre de postes ouverts au CAPES, labrogation de la loi Fillon...Le CNE reste aussi sur la table", résume Alain Barreau (FO). Analyse partagée par Christophe Massé (CGT) : "Le CPE n'existe plus mais le CNE, c'est la même chose."

 

"Un exercice de citoyenneté"

 

Composé des coordinations étudiante et lycéenne, de la FSU, des Solidaires, l'Attac, d'AC! 86, de la FCPE, de Raison d'Agir, de Rénover Maintenant 86, des Alternatifs, de la LCR, du PCF et des Verts, le collectif 86 pour le retrait du CPE reste sur la logne dure: "3 millions de personnes dans la rue, est-ce que c'était juste pour le CPE ou pour un malaise plus profond?" Soutenue par le collectif, la coordination lycéenne devrait, pour sa part demande la tenue d'assemblées générales dans les lycées, en présence d'étudiants, de parents et d'enseignants. Un nécessaire "exercice de citoyenneté", commente Bertrand Geay.

Du côté des facultés poitevines et de la présidence de l'université, on attendait hier la décision de l'assemblée général des étudiants prévue aujourd'hui, à 13 h, au Stade Rebeilleau, pour décider d'une éventuelle reprise des cours. Le conseil d'administration de l'université s'est réuni hier après-midi mais n'a pas fait de déclaration publique.

Alain DEFAYE

Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE
Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE
Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE

Epilogue

 

Après plus de deux mois de crise

le CPE est enterré

 

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont effacé le CPE au profit de mesures pour les jeunes en difficulté. Les syndicats saluent une victoire. L'opposition savoure les dégâts politiques à droite.

Dessin de Deligne.

Dessin de Deligne.

Face à l'aggravation de la crise du CPE, Jacques Chirac est à nouveau monté en première ligne pour, tout en ménageant Dominique de Villepin, prononcer la mort du Contrat première embauche qu'il aura tenté de sauver jusqu'au bout.

Les respnsables du dossier, réunis autour du chef de l'Etat, n'avaient pas franchi le perron de l'Elysée que la présidence annonçait, dans un bref communiqué, l'abandon du contrat contesté et son remplacement par un dispositif pour jeunes en difficulté.

"Sur proposition du Premier ministre et après avoir entendu les présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le président de la République a décidé de remplacer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté", a indiqué l'Elysée.

Alors que les opposants au CPE ne désarmaient pas, Jacques Chirac a tranché en optant pour la disparition de la mesure, choix qu'il a pris soin de présenter comme émanant de Dominique de Villepin.

Il était vital que Jacques Chirac "arrête le chaos, car la crise sociale menaçait de devenir une vraie crise politique", juge Dominique Reynié, professeur à Sicences-Po. Pour lui, "l'affaire était devenue un objet de querelle démesurée et hors de contrôle entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy."

 

La chèvre et le chou n'allaient plus ensemble

Alors qu'il avait à plusieurs reprises plaidé pour le CPE, Jacques Chirac avait déjà dû faire machine arrière: le 31 mars, il annonçait la promulgation de la loi litigieuse, tout en demandant que son article créant le nouveau contrat  ne soit pas appliqué. "Le Président pensait alors qu'il fallait donner au maximum sa chance à cet instrument utile pour l'emploi", assure son entourage.

Mais l'ampleur des manifestations du 4 avril, puis les déclarations des partenaires sociaux aux parlementaires ont convaincu l'exécutif que le malaise dépassait largement le CPE et qu'il n'échapperait pas au retrait.

Pour Stéphane Rozès, de l'institut CSA, il était devenu "impossible pour le président de ménager la chèvre et le chou".

Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE

La Nouvelle République, Mardi 11 Avril 2006.

FR3 Poitou-Charentes, 19/20, Sophie Goux, Lundi 10 Avril 2006.

Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE
Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE
Lundi 10 Avril 2006 : rupture de contrat définitive pour le CPE

Centre Presse, Mardi 11 Avril 2006.

Récapitulatif de la crise à partir de 13 minutes.

France 2, 20h, David Pujadas, Lundi 10 Avril 2006.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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