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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:30
Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

RENDEZ-VOUS RATE AVEC LE RECTEUR

 

Etudiants et lycéens ont investi l'IUFM

 

De 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi hier après-midi les locaux de l'IUFM. Ils espéraient s'inviter à un conseil d'administration, présidé par le recteur d'académie, qui n'avait pas lieu.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Une action d'envahissement chasse l'autre. Mercredi, les étudiants anti-CPE avaient investi le MEDEF. Hier après-midi, ils ont envahi l'IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), espérant bien s'inviter au conseil d'administration de l'établissement et ainsi se retrouver face à face avec le recteur. Si les quelques 500 à 600 manifestants dont une très forte proportion de lycéens, n'ont eu aucune difficulté à pénétrer dans les locaux situés Jules-Ferry à Poitiers, ils ont néanmoins déchanté en trouvant le lieu vide. Pas de CA à l'horizon et donc pas de recteur à la ronde. De quoi désappointer et décevoir une partie des lycéens en mal d'émotion fortes. "Il n'y a personne, ça sert à rien de venir ici" s'énerve une lycéenne approuvée par plusieurs de ses camarades. Gaétan, de la coordination essaye tant bien que mal de retenir les potaches: "On va vous organiser un autre truc. Ne vous cassez pas!" Pas vraiment entendu. Un groupe d'une quarantaine de lycéens emmené par une poignée d'étudiants décide même d'aller occuper la CCI (lire ci-dessous). Initiative immédiatement dénoncée par la coordination. "On ne soutient pas cette action qui est faite à titre personnelle mais pas au nom du mouvement", s'indigne Grégory Hamed. Pour tenter de reprendre la main, la coordination annonce qu'elle va adresser un courrier par fax au ministre Gilles de Robien. C'est chose faite à 16h20. Une heure plus tard, alors que les effectifs lycéens ont fondu, une autre lettre estfaxée: "Nous nous voyons dans l'obligation d'occuper jusqu'à nouvel ordre les locaux de l'IUFM." Un instant plane l'éventualité d'une évacuation policière. A19h30, les derniers étudiants lâchent de leur plein gré l'IUFM.

Jean-Jacques ALLEVI

 

La crainte de l'essoufflement

"On est en train de s'essouffler et c'est ce que attend le gouvernement. Je demande à tous de mobiliser l'ensemble de vos camarades pour venir aux AG. Si on s'essouffle maintenant on perdra tout!"

Au micro de l'AG réunie hier matin dans un stade Rebeilleau vide comme jamais, Julien Vialard, l'un des porte-parole de la coordination étudiante lance un appel au sursaut. Dans les travées, ils sont à peine un millier. Au moment de se prononcer sur le blocus, il y a 912 votants.

Le blocage est reconduit par 612 voix; 97 voix pour un blocus partiel; 194 voix contre et 9 abstentions. Julien Vialard ne cache pas une certaine crainte pour la suite du mouvement: "J'ai peur de la descente après le pic. Ce serait bien que les syndicats prennent le relais". Des syndicats désormais bienvenus.

Hier à 14 heures, les leaders départementaux étaient même au départ de la manifestation place d'Armes. Changement de stratégie de la coordination. "Non!" assure Tanguy Le Bolloc'h. "On a toujours travaillé avec les syndicats sans jamais l'officialiser. Maintenant, on a décodé de s'afficher avec eux."

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

La Nouvelle République, Vendredi 31 Mars 2006.

Photo Samy Magnant.

Photo Samy Magnant.

SOCIAL

POITIERS - 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) hier après-midi

 

Un petit mot au ministre

 

 

Les étudiants et les lycéens ont décidé de poursuivre leurs actions sur le terrain. Hier, après une courte manifestation en présence des leaders syndicaux, ils ont envahi l'IUFM et en ont profité pour écrire à Gilles de Robien, ministre de l'Education.

 

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

QU'IL pleuve ou qu'il vente, les étudiants - et les lycéens- sont dans la rue. Hier, les trombes d'eau ont réduit la distance de la manif mais n'ont pas empêché le déroulement d'une nouvelle action coup de poing. Comme toute bonne action qui se respecte la commission action - la bien nommée - a longtemps gardé le secret de la destination finale.

A 14h, tout le monde se dirige vers le lieu de ralliement, la place Leclerc de Poitiers. Aux côtés de 800 étudiants et lycéens, les principaux leaders syndicaux sont là pour apporter leur soutien. Ils en profitent pour glisser un appel à la grève générale (lire ci-contre). Une demie-heure plus tard, le cortège de parapluies bat le pavé.

 

Lettre à de Robien

A 15h15, les "nez rouges" jouent les starters d'un sprint effreiné. Quelle direction? L'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Le gardien a beau s'interposer, les étudiants pénètrent dans le bâtiment. "Nous avons choisi ce lieu public pour rappeler que nous nous battons aussi pour l'éducation. Contre la diminution des postes et la loi Fillon", explique Stéphane de la coordination étudiante. Les "envahisseurs" sont encore 500 environ.

Tranquillement installés, sans véritable actions à mener, les leaders étudiants décident de prendre la plume pour écrire un mot...à Gilles de Robien., le ministre de l'Education. Le fax part à 16h22. Morceaux choisis: "Entendu la surdité effective du gouvernement [...], nous occupons l'IUFM de Poitiers, gravement touché avec 50% de réductions de postes au professorat des écoles, jusqu'à l'obtention de nos revendications.[...] Notre mobilisation ne faiblira pas tant qu'un dialogue ne sera pas instauré et nos revendications entendues." Des étudiants ont exigé: "une entrevue, qu'elle sit privée ou médiatisée".

 

Pas de réponse

Une heure plus tard, Gilles de Robien ne répond toujours pas. "On occupe l'IUFM", hurlent les membres de la coordination qui sortent tables et chaises sous le préau. Une occupation bon enfant. Mais comme toujours, il fallait une fin à cette hsitoire...A 20h, les étudiants décident de quitter les lieux de leur plein gré avant d'être évacués par les forces de l'ordre. Sage décision.

Aujourd'hui, les étudiants n'ont pas prévu d'action particulière à moins que la décision du conseil constitutionnel de valider sans réserve la loi sur le CPE ne les décident à agir...

Samy Magnant

Nouvelles du front étudiant

 

Nouvelle AG:avant la manifestation, les étudiants ont procédé à une nouvelle assemblée générale, hier matin au Stade Rébeilleau. La participation a été assez faible avec un millier d'étudiants présents. A l'issue du vote, le blocus total a été reconduit (914 votant, 612 pour, 97 partiels, 194 contre, 9 absentions). Une assemblée qui a été l'occasion d'un appel à la mobilisation.

Manif samedi: les étudiants ont décidé de mener une nouvelle action symbolique samedi à 11h. Devant le palais de justice, ils afficheront des slogans pro-CPE et pro-Fillon. Samedi, nous serons le 1er avril...

Soutiens: présents à l'Institut, les enseignants du SNESUP, les étudiants et professeurs stagiaires de l'IUFM ont apporté leur soutien eux étudiants et lycéens de Poitiers en lutte.

Monsieur Echo...

 

...a pris connaissance du trajet de la manifestation anti-CPE. Pas moins de 5 kilomètres! Départ du stade Rébeilleau, comme toujours, puis arrivée vers le centre-ville par la Pénétrante avec possibilité de marcher dans les couloirs de bus...Petit tour par la Porte de Paris, puis remontée vers la préfecture en passant par la gare. Peut-on suggérer aux différentes organisations de penser à des ravitaillements, des petits goûters pour les plus jeunes et des coups à boire pour les marcheurs comme dans toute randonnée qui se respecte?

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

POITIERS - Après la déclaration faite mercredi par Gilles de Robien pour "débloquer les lycées"

 

Face au blocus, les proviseurs parlent

 

Après l'annonce de Gilles de Robien, ministre de l'Education, les proviseurs des lycées ont décidé de jouer le dialogue pour éviter le blocus de leur établissement. Et il semble que cela a porté ses fruits...

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

LA déclaration a fait du bruit. Lorsque Gilles de Robien,ministre de l'Education, annonce que "Demain (ndlr: hier jeudi), il faut que les lycéens rentrent vraiment dans leur lycée...", beaucoup se sont inquiétés. Quand ce même ministre donne "consigne orale" aux recteurs que le recours aux forces de l'ordre est possible, beaucoup ont craint que la situation dégénère.

Dans l'académie de Poitiers, Frédéric Cadet, le recteur, a décidé de jouer la carte du dialogue. Une réunion a été organisée à son initiative, mercredi soir, entre les différents proviseurs de la Vienne (principalement ceux concernés par les dégradations), la préfecture et la Direction départementale de la sécurité publique de la Vienne. Plus qu'une réaction aux déclarations ministérielles, une bonne occasion de se rencontrer et de croiser les doléances de chacun. Aucune consigne de "déblocage" n'a été donnée.

 

Paroles de proviseurs

Du côté des proviseurs, confontés depuis un mois par le mouvement de contestation, on s'est également appliqué à ouvrir le dialogue. "Les élèves ont mis en place un blocus partiel en laissant passer les prépas et les BTS. Hier (mercredi), nous avons décidé d'ouvrir le dialogue qui reste la bonne solution. Les élèves sont responsables dans le lycée et ils ont compris comment réagir. Tout est rentré dans l'ordre", expliquait Michel Barricault, le proviseur du lycée Louis-Armand à Poitiers. Dans cet établissement, les parents aussi ont fait savoir leur position sur le blocus...De toute façon plus ou moins virulente malheureusement. Une conseillère d'éducation a d'ailleurs été agressée verbalement par une mère d'élève anti-blocus mercredi matin.

Autre lycée, autre situation. Pour Gilles Adam, proviseur à Aliénor-d'Aquitaine à Poitiers, les mouvements de protestation se sont surtout exprimés par des envahissements de foule. "Nous n'avons pas été confrontés à un véritable blocus. Les seuls problèmes, auxquels nous avons été confrontés, ont été des entrées de manifestants. De toute façon, on privilégie toujours le dialogue", précisait le proviseur. L'établissement a tout de même porté plainte à la suite de dégradations.

Résultat hier matin, pas de blocus dans la Vienne. A une exeption près...

 

Blocus au Bois d'Amour

Les lycéens du Bois-d'Amour à Poiiters ont été les seuls à mettre en place un blocus hier matin devant les portes de leur établissement. "Nous voulons répondre à la provocation gratuite de Gilles de Robien, qui a annoncé que les lycées devaient reprendre le travail", prévenait Antoine Morisse. "A Poitiers, nous avons toujours été pacifistes. Nous avons donc bloqué ce matin pour demander le retrait de la loi Fillon, du CNE et de la loi sur légalité des chances, sans oublier les postes au Capes." Le mouvement s'est déroulé sans l'intervention des forces de l'ordre et sans violence.

Souhaitons maintenant que le dialogue reste l'arme première pour sortir de la crise.

Valérie Bridard et Samy Magnant

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

Centre Presse, Vendredi 31 Mars 2006.

Article en cours de réalisation.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:29
Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !
Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Après avoir laissé planer le doute sur un éventuel envahissement du Futuroscpe près de 300 étudiants anti-CPE ont investi hier après-midi le siège du MEDEF à Saint-Georges. Ils sont repartis à l'issue d'un dialogue d'une heure avec le délégué général du mouvement.

 

Finalement, les étudiants n'avaient hier nullement l'intention de bloquer "les grands axes commerciaux" comme ils l'avaient annoncé en assemblée générale (lire le NR d'hier). Mais simplement envie de brouiller les pistes et de se jouer des policiers des RG (renseignements généraux) qui ne les quittent plus. Et ils ont plutôt réussi leur coup!

Jusqu'à la dernière minute hier après-midi, ils ont laissé planer le doute, faisant croire qu'ils allaient profiter de la présentation à la presse française et européenne de la nouvelle saison du Futuroscope pour investir le parc et faire entendre une nouvelle fois très médiatiquement leurs revendications (1). Mais au final, après avoir quitté vers 14h20 le parking de l'amphi J et pris en cortège la liaison Nord (RN 147) en direction du Futuroscope, puis rattrapé la RN10, les soixante voitures étudiantes ont ignoré la bretelle d'accès du parc pour poursuivre en direction de Jaunay-Clan. Avant de bifurquer finalement vers Saint-Georges-les-Baillargeaux où se trouve le siège du Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

 

Défoulement collectif dans l'amphi

Un objectif symbolique plusieurs fois ciblé lors des manifestations de l'été 2003 mais jaais envahi depuis. En quelques miluntes, 200 à 250 étudiants ont donc pris la suite des intermittents du spectacle réussissant sans aucune difficulté à investir le parc puis l'amphithéâtre de l'organisation patronale. Un amphi archi-comble devant lequel Erwann, étudiant en histoire se livre à un one-man show délirant. Grossissant à l'extrême les traits supposés du chef d'entreprise, le voilà qui harangue la salle. "Pourquoi la période d'essai du CPE n'est-elle que de 2 ans? Pourquoi pas plus?" L'amphi joue évidemment le jeu et exulte. Le faux patron poursuit: "Y a trop de profs! Les profs, ça ne rapporte pas d'argent!" Le patron d'opérette est porté en triomphe. Le festival se prolonge dans les éclats de rire: "Les flics? Il en faut plus!"; "L'éducation doit être une entreprise comme les autres!"; "Il faut faire payer les pauvres!"

 

Une heure de questions-réponses

Passé ce savoureux moment de pur défoulement collectif, les étudiants de la coordination négocient à l'extérieur, avec le capitaine de gendarmerie Fabrice Jauffred, une entrevue avec un représentant du MEDEF. "Nous voulons obtenir une position claire de la part du MEDEF", explique Stéphane Nicolas, un des membres de la coordination. Mais pas question d'évacuer les lieux en échange de l'audience. De son côté, l'AG improvisée des étudiants réclame une séance de questions-réponses dans l'amphi. Laurent Desplat, délégué général du mouvement, craint évidemment le traquenard. "On s'engage clairement à ce qu'il n'y ait pas de débordement", assure Tanguy Le Bolloc'h, membre de la coordination. Après une ultime conversation téléphonqique avec le président du MEDEF Didier Georget, Laurent Desplat accepte le principe de la rencontre (lire ci-dessous).

A l'issue d'une heure d'échanges très courtois, Tanguy Le Bolloc'h donne "comme promis" le signal du départ. Alors que les étudiants repartent dans le calme de ce débat qu'ils considèrent "sans surprise", Laurent Desplat juge en aparté que beaucoup de ses interlocuteurs sont "prisonniers de leur idéologie". "Les interrogations des étudiants démontrent une incompréhension du monde économique et une réelle anxiété pour leur avenir", soulignera plus tard un communiqué du MEDEF. Condamnant la méthode utilisée pour pénétrer dans les lieux, l'organisation patronale qui n'a relevé que "des dégâts mineurs" a annoncé qu'elle allait déposer une plainte "pour le principe".

Jean-Jacques ALLEVI

 

(1) Les revendications étudantes portent non seulement sur la suppression des contrats CNE et CPE mais aussi sur l'abrogation de la loi Fillon et sur la réduction des postes aux CAPES.

Une nouvelle manifestation sera organisée aujourd'hui à partir de 14h sur la place d'Armes à Poitiers.

MEDEF : "Le CPE ne répond pas aux besoins des entreprises"

 

"Bonjour et bienvenue dans la maison...même si la manière est un peu cavalière." Laurent Desplat, délégué général du MEDEF, vient de s'asseoir sur le rebord d'une table face aux étudiants. La première question fuse: "Pouvez-vous clarifier la position du MEDEF sur le CPE?" lance Stéphane, étudiant d'AES. La première réponse du représentant des patrons ne tarde pas: "Sur l'affaire du CPE, la difficulté est que les partenaires sociaux n'ont pas été consultés. La méthode n'est pas très astucieuse". Dans un communiqué transmis plus tard aux rédactions, Laurent Desplat parlera même "de méthode inacceptable et peu propice à un dialogie constructif".

Par la suite, au fil des question posées par les étudiants, Laurent Desplat le répète: "Nous ne sommes pas à l'origine du CPE. Nous aurions préféré l'extension du CNE. Le CPE n'est pas adapté aux enjeux. Le CPE créera peut-être 10 à 15.000 emplois par an. Ce n'est pas la panacée." Gaétan inscrit en première année de sociologie, veut une réponse plus claire. "Vous êtes pour ou contre?" demande-t-il. "On aurait préféré autre chose car le CPE ne répond pas aux besoins des entreprises..."

Les questions se succèdent. Les réponses aussi.

Sur les relations entre les entreprises et l'éducation, le délégué général du MEDEF, estime: "On a vraiment envie d'avoir des relations beaucoup plus étroites avec les universités. Il faudra que nos mondes arrivent un jour à se parler."

Sur la flexibilité, Laurent Desplat indique: "Plus on rigidifiera la sorte (de l'emploi NDLR), plus on suscitera les craintes des chefs d'entreprises...On a besoin de souplesse. La France ne pourra pas devenir une exception économique en dehors de toute règle d'économie de marché."

Sur le code du travail, il reconnaît: "On préférerait remettre à plat un certain nombre de disposition du code du travail. Le code du travail doit être adapté et il faut que ce soit les partenaires sociaux qui le fassent."

Sur la précarité et le chômage, le représentant du MEDEF poursuit: "On ne dit pas que la solution au chômage passe par la facilitation des licenciements. C'est la croissance qui crée les emplois. La question est de savoir comment faire our que la France connaisse une forte croissance."

En toute fin de séance, Laurent Desplat lance: "Il ne faut pas faire un procès d'intention aux chefs d'entreprises. Penser que tous les patrons sont des voyous c'est un peu comme si moi je pensais que tous les jeunes sont des casseurs!" Un peu surpris que les étudiants respectent leur promesse de quitter les lieux, Laurent Desplat se laisse même aller à lancer une invitation: "Si vous revenez, prévenez-nous à l'avance, on préparera quelque chose et on vous recevra."

ENSEIGNEMENT

Lycées: assurer le libre accès des élèves

 

Hier mercredi, Frédéric Cadet, le recteur de l'académie, en compagnie de Ludovic Guillaume, le directeur de cabinet du préfet, de Patrick Courtade, le directeur départemental de la sécurité publique de la Vienne et de Jean-Louis Baglan, l'inspecteur d'académie, a rencontré des proviseurs de la Vienne "particulièrement concernés par des incidents liés aux manifestations de ces dernières semaines".

La préoccupation du recteur et du préfet "est d'assurer la sécurité des élèves et des personnels des établissements" et de permettre "le libre exercice de la mission d'éducation. En effet le principe de liberté d'accès des élèves et des personnels aux établissements doit impérativement prévaloir".

Hier, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a en effet donné des consignes pour que dès aujourd'hui, jeudi, les blocus des lycées soient levés.

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

La Nouvelle République, Jeudi 30 Mars 2006.

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

UNIVERSITE

MANIFESTATION

 

Les étudiants chez les patrons

 

Ils entament le dialogue avec le MEDEF au sujet du CPE après avoir investi les locaux

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

Au lendemain de la manifestation monstre contre le CPE, les étudiants ont logiquement poursuivi leur démarche en se rendant dans les locaux du Medef (syndicat du patronat), Saint-Georges-lès-Baillargeaux. Où leur dialogie avec le délégué général les a laissés sur leur faim.

 

S'IL restait quelques doutes, ils sont levés...Entre le monde des entrepreneurs et celui des étudiants, il y a comme un hiatus. Conclusion de l'un des leaders du mouvement étudiant poitevin, Jules Aimé: "Il ne fallait pas s'attendre à grand-chose, mais au moins on leur a filé les chocottes."

 

C'est où le Medef?

Après l'hötel des Impots, la gare de Poitiers ou le rectorat, les étudiants ont ciblé un lieu symbolique de leur courroux. uelques heures après la gros succès de la manifestation unitaire contre le CPE, une action dans l'antre des employeurs semblait couler de source. Et pourtant quand le cortège d'une centaine de voiture s'ébranla tous warnings allumés, à partir du campus, ils n'étaient pas nombreux, ceux qui connaissaient le but du voyage. Le péage de l'autoroute? Le Futuroscope? Perdu! A Jaunay-Clan, direction Saint-Georges-les-Baillargeaux et la jolie propriété qui abrite le syndicat des patrons de la Vienne.

 

Le CPE? Bof...

"Vous êtes en situation de violation de domicile": Laurent Desplat, le délégué général du Mouvement des entreprises de la Vienne, a ainsi froidement accueilli les étudiants escaladeurs. Après consultation auprès du président, Didier Georget, il a néanmoins répondu favorablement à la demande de dialogue de ses "hôtes". Cela après que ces derniers eurent promis qu'ils seraient bien sages..."On a toujours été exemplaire depuis le début."

Persuadés, comme Stéphane Nicolas (Histoire-Géo) que "les mesures comme le CPE sont dictées par les actionnaires", les étudiants sont tombés, dans l'amphi (mais oui...), sur un représentant du patronat qui n'épouse pas franchement la ligne de Matignon. Résumé du délégué: "On n'a pas été consulté. Le législateur a un peu trop tendance à nous laisser de côté. La méthode n'est pas très habile."

 

Echangé décalé

Dans la salle, l'échange sera courtois mais décalé. "Le mouvement que je représente a la culture de la négociation, ce n'est pas le cas de tout le monde", indique M. Desplat. Une pierre dans le jardin de Villepin. Quant au fond, faut voir..."Dans la Vienne, où les entreprises sont à 80% des PME ou des TPE, on pense que deux ans d'observation c'est trop". Et puis "on préférerait des mesures moins segmentantes en fonction des catégories d'âge." Cela dit, poursuit le délégué aux patrons, "ceux-ci ne sont pas tous méchants au point de licencier pour le plaisir et le CPE, qui n'est pas la panacée, est une piste à inventorier."

Calmement, les étudiants encaissent. Leur vision des choses, à eux qui ont tout à craindre de l'avenir, à eux qui englobent dans un même lot flexibilité et précarité, ne saurait cohabiter avec des incantations du genre "la France ne peut être une exception économique" ou "la souplesse sans précarité, c'est possible". A cela, Angèle (Staps) répond: "Je ne veux pas du smic culturel que prépare la loi Fillon." Mais la loi Fillon et ses incidences sur l'emploi dans l'Education nationale, donc sur l'accès à la culture, Laurent Desplat avoue ne pas bien connaître. Dialogue de sourds...

René Paillat

 

Le Medef précise

Dans un communiqué adressé à la rédaction hier soir, après l'intervention des étudiants au siège de Saint-Georges-les-Baillargeaux, le président du Medef, Dider Georget, a tenu à régir à cet évènement: "Le Medef Vienne et ses entrepreneurs sont ouverts au dialogue et convaincus de la nécessité d'échanger avec une jeunesse en mal de repères. Cependant, je condamne fermement la méthode utilisée. Le dialogue ne peut s'établir que dans le respect du droit, de la démocratie et de la liberté individuelle." C'est pourquoi, "malgré la méthode inacceptable et peu propice à un dialogue constructif", le président du Medef a demandé au délégué général, Laurent Desplat, "de rencontrer les étudiants dans l'amphithéâtre où ils étaient installés de fait".

Monsieur Echo...

 

...a noté le gros succès obtenu par Erwann sur la scène de l'amphi du Medef. Pendant les tractations pour obtenir un échange de vues avec un représentant du patronat, cet étudiant s'est fait plébisciter par des slogans du genre "trop de profs, il ne rapportent pas assez d'argent", ou "l'apprentissage dès l'âge de 14 ans".

SOCIAL

POITIERS

Avec le rectorat

 

Incidents lors des manifs: la police rencontre les proviseurs

 

FREDERIC CADET, recteur de l'académie de Poitiers, Ludovic Guillaume, directeur de cabinet du préfet, Patrick Courtade, directeur départemental de la sécurité publique de la Vienne, Jean-Louis Baglan, inspecteur d'académie ont rencontré hier des proviseurs de la Vienne particulièrement concernés par des dégradations et des violences liés aux manifestations de ces dernières semaines.

L'objectif de cette rencontre, explique un communiqué de l'académie de Poitiers, est de "les soutenir dans les difficultés quotidiennes auxquelles ils sont confrontés, de faire un point sur la situation dans leurs établissements et d'évaluer plus précisément l'aide et les mesures d'accompagnement qui peuvent leur être apportées lorsqu'ils sont au coeur de situations difficiles et conflictuelles propices aux dérapages".

La préoccupation du Recteur et du Préfet est "d'assurer la sécurité des élèves et des personnels des établissements et de permettre le libre exercice de la mission d'éducation"."Le principe de liberté d'accès des élèves et des personnels aux établissements doit impérativement prévaloir."

Des rencontres similaires seront organisées dans les autres départements.

Centre Presse, Jeudi 30 Mars 2006.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 07:45
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

POITIERS - 10000 selon la Préfecture, 35000 selon les syndicats, la manifestation contre le CPE a connu un énorme succès

 

A plusieurs milliers dans la rue

 

 

Hier à Poitiers, plusieurs dizaines de milliers de poitevins son descendus dans la rue. Un mouvement de masse qui a impressionné les observateurs.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

14 heures. Une grosse averse tombe aux abors du stade Rebeilleau. Mais il en faut plus pour décourager les premiers manifestants réunis pour donner le top départ de cette grande journée de mobilisation. Ils sont déjà plus de 10000. Tous veulent le retrait du CPE (Contrat première embauche). "Le CPE est le signe du mépris pour toute une jeunesse, c'est l'annonce de la mort progressive du code du travail" a accroché dans son dos une jeune femme.

15h30. Un millier de personnes attendent au Pont-Neuf. Le cortège gonfle et grosit plus tourne à gauche sur le boulevard Anatole-France. A l'angle de la rue, une petite banda met l'ambiance. Derrière les étudiants, les sonos des syndicats lancent des solgans. On entend même une cornemuse à côté d'un accordéon. Plus loin, une "rave ambulante" crache des rthmes binaires aux oreilles d'une poignée de jeunes qui sautillent en cadence.

16h50. Le soleil pousse les nuages boulevard Pont-Achard. Le cortège s'étire alors sur 1 km. La tête approche le tunnel de la gare tandis que la queue est à la hauteur de la Tour à l'Oiseau sous les remparts de Blossac.

17h30. Les manifestants se tassent autour de la place Leclerc. La mobilisation impressionne. "On a plus que doublé par rapport à la manif du 18 mars", lâche Marc Laprie de la CGT.

18h. Fin des prises de paroles des syndicats. La manifestation se disperse dans le calme. Le CPE n'est toujours pas retiré.

Bruno Delion

 

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Monsieur Echo...

...salue l'élégance vestimentaire d'Aurélien Tricot qu'il a croisé dans la manif anti-CPE hier. Le costume bien coupé du directeur du cabinet du maire de Poitiers tranchait avec les blousons de pluie que portait la majorité du cortège. Lutte des classes oui, mais classe quand même...

SECURITE - Les étudiants, comme les syndicalistes, ont un service d'ordre lors des manifestations

 

Les "nez rouges" en première ligne

 

Les milliers de manifestants réunis hier après-midi à Poitiers n'ont pas défilé sans être encadrés. Chaque organisation syndicale a assuré la surveillance de son groupe. Pour la CGT, c'était 25 personnes. Mais le gros du travail est revenu aux "nez rouges" de la coordination des étudiants.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

DEPUIS le début du mouvement de revendications des étudiants à Poitiers, les "nez rouges" surveillent le déroulement des manifestations. Avec un peu de rouge à lèvres sur le bout du nez comme signe de reconnaissance, il s'agit d'étudiants volontaires pour serir de service d'ordre de la coordination. Hier, ils étaient une trentaine à arpenter les rues de chaque côté du défilé, à guider par une chaîne humaine les manifestants vers la bonne direction, pour notamment éviter toute tentative de débordement en direction de la gare ou de la préfecture (par exemple).

Ils ont également tenu à distance les petits groupes de casseurs venus se mêler à la manifestation muni de barre de fer ou de bouteilles d'essence...

 

S'interposer pour protéger

Les "nez rouges" comprennent autant de filles que de garçons. Loïc Fieux, 22 ans, étudiant à Poitiers en Lettres modernes est l'un de ces derniers. Il évoque cette expérience. "Je suis dans le mouvement depuis le début, lors des premières protestations contre la réduction des postes. J'ai bien vécu cette responsabilité jusqu'aux récents incidents avec certains membres des forces de l'ordre." Rappelons que lors d'une tentative d'occupation du rectorat à Poitiers, craignants d'être débordés, les forces de l'ordre ont fait usage de leurs matraques.

"Jusqu'alors on avait des rapports tout à fait corrects voire cordiaux avec la police. Avec les étudiants, le message que nous passons est simple: pas de provocation, pas de violence qui ternirait l'image des manifestants." Il explique: "Lorsque nous voyons des gens avec des bouteilles, nous leur demandons de les boire rapidement et ensuite de les jeter dans les poubelles. Nous restons à proximité pour vérifer qu'ils font bien ce que nous leur avons demandé. Nous soulignons en permanence que c'est pour assurer leur sécurité. Notre rôle est de nous interposer en cas de besoin entre les manifestants et les forces de l'ordre", comme lors des débordements évoqués.

Stéphane Delannoy

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

ECONOMIE - Bilan mitigé de l'activité commercial dans le centre-ville

 

L'effet "manif" chez les commerçants

 

 

2000, 10000 ou 20000 manifestants. Du côté des commerçants du centre-ville de Poitiers, on estime que les manifestations ont peu d'impact sur les ventes. Sauf peut-être hier.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

SI d'un côté les sandwicheries se frottent les mains, les cafetiers trouvent le petit noir un peu serré. Dans le centre-ville, et particulièrement place Leclerc, les commerçants dressent un bilan mitigé de leur activité depuis l'accélération du mouvement social, il y a maintenant près de deux mois. Pour le gérant du bar-pizzeria Lorenzo, la sanction est lourde. "C'est difficilement chiffrable mais depuis le début on a dû perdre 10 à 15% du chiffre. Les manifestations en elles-mêmes ne sont pas génantes, mais c'est le contre-coup, les gens craignent d'aller en centre-ville." Ce qui est valable pour l'un ne l'est pas forcément chez l'autre. Le bar Le Dauphin, ne se plaint pas lui, au contraire. "Le jour du blocus de la ville, ce n'était pas une bonne journée, mais à côté de ça la tendance est à la hausse. cela crée un flux de personnes", explique Christophe Pflier.

 

Météo ou manif

Constat de neutralité au Bar du Théâtre. L'impact météo semble important pour juger de l'activité et de toute façon "une clientèle chasse l'autre". Même topo pour le Café de la Paix. Le blocus de Poitiers du mercredi 22 a empêché la clientèle du midi d'accéder au centre-ville. Pour les autres jours de mobilisations, difficile de dégager une tendance. C'est quand les salariés gagnent la rue, que les tiroirs-caisses sonnent. La population estudiantine n'est pas une adepte du "déjeuner en ville". Leurs porte-monnaie penchant plys pour le jambon beurre que pour le "pavé d'agneau et sa purée". A ce régime c'est donc les terminaux de cuissons que se frottent les mains. L'effet "enseigne" fonctionne par exemple très bien à la Mie Câline. "Comme lors du mouvement de mai 2002, on n'a pas à se plaindre, concède Eddy Mitard l'un des gérants. Le surplus de monde lié aux manifestations suscite du grignotage. Les gens se retrouvent place Leclerc d'une manière ou d'une autre et notre devanture se voit plus que le fournil du boulanger." +2% environ, le soleil reste un critère plus fiable.

 

Sens de circulation

Pour la Briocherie du boulevard Victor-Hugo, ce n'est pas le chiffre global qui est en cause, mais le rythme d'activité. "Le matin, j'ai moins de monde, je me rattrape l'après-midi. Par exemple le jour où le lycée a bloqué la rue, on a dû vendre 195 pains au chocolats dans la journée." Quid du sens de circulation de la manifestation? Difficile de juger de l'impact pour la Café de Paris à la porte du même nom. "Ce qui est bon c'est quand ils partent de la Porte de Paris, mais mercredi avec le blocus c'était une catastrophe." Pour la patron du Victor Hugo, "si la manifestation vient de la place Leclerc c'est très bon, si c'est l'inverse, ça m'enlève des clients. Lors de la manifestation de samedi, j'ai fait 5 clients alors qu'ils étaient 8000 dans les rues! J'avais pris un extra pensant qu'on serait débordé et du coup même les habitués ne sont pas venus de peur d'être coincé".

Avec le raz-de-marée hier après-midi, regroupant salariés, étudiants et retraités, c'est tout le monde qui a pu se réjouir de la manifestation, les syndicats comme les commerçants.

Antoine Victot

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Centre Presse, Mercredi 29 Mars 2006.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Une déferlante de 20.000 manifestants

 

Mobilisation record, hier après-midi, à Poitiers. Bien plus forte encore qu'en 1995, la référence historique, la manifestation anti-CPE du 28 mars a jeté aux alentours de 20.000 personnes dans les rues de la capitale régionale.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Un geste. Un simple geste qui en dit long sur l'état d'esprit qui anime et guide les étudiants poitevins depuis onze semaines. Hier, au fur et à mesure que progressait l'impressionnant cortège des manifestants, les "nez rouges" devançaient la foule pour rabattre avec précautions les rétroviseurs des véhicules stationnés le long du parcours. "Autant éviter les désagréments", expliquait en toute simplicité l'un de ces étudiants chargés de la sécurité.

Car c'est une nouvelle fois les étudiants qui ont ouvert le cortège. Au nom de leur désir d'indépendance et tout simplement parce qu'ils incarnent plus que tout, à Poitiers, le mouvement anti-CPE. Un souhait respecté par les syndicats qui, dès le départ à 14h30 du stade Rebeilleau de Poitiers, ont emboîté le pas à la jeunesse libre et militante.

 

Un cortège d'un kilomètre de long, ouvert par les étudiants

Le cortège s'est ensuite glissé dans les rues de Poitiers, bifurquant au Pont-Neuf pour rejoindre le centre-ville. Impressionnant. "Je ne suis pas près d'oublier cette vision", reconnaissait une vieille militante de la CGT.

En fin d'après-midi, aux alentours de 17h, la tête de la manifestation qui n'avait cessé de s'amplifier sous les regards de policiers décontractés et protecteurs, pointait ses banderoles au niveau de la gare alors que la queue de cortège était toujours aux pieds des jardins de Blossac, sous la Tour-à-l'oiseau. Un bon kilomètre. Et des milliers de personnes. 10.000 selon la police. 25.000 selon les syndicats. Bref au final, ils étaient sans doute aux alentours de 20.000 à avoir repoussé le CPE, "la précarité", le Premier ministre, le gouvernement et toute "la Chiraquie" comme il l'était écrit sur un panneau dans ses retranchements. Etudiants, syndicalistes, politiques de gauche (PS, PC, LCR, Verts...), retraités, salariés du privé, de Poitiers, de Chauvigny, Montmorillon et Châtellerault...c'était le cortège de toutes les générations. C'est le cortège d'un jour historique. Tout simplement.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Lycées

Certains bloquent, d'autres pas

 

Plusieurs lycées ont été bloqués mardi par les élèves. A Poitiers: Auguste-Perret et Louis-Armand, Camille-Guérin plus ou moins selon les parties.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Le lycée professionnel Auguste-Perret est bloqué jusqu'à jeudi inclus, et ne laisse passer que les BTS. A Louis-Armand, "le blocus assuré par une trentaine de personnes, a duré une partie de la matinée, de 7h30 à 10h, et a continué durant la manifestation. Seules les filières post-bac et le personnel peuvent rentrer", mentionne-t-on à la direction.

A Camille-Guérin, si la proviseure affirme qu'il n'y a pas eu blocus, les lycéens assurent le contraire: "De 8h à 10h, en laissant passer les prépas". Lesquels confirment la version des élèves.

Les autres établissements étaient calmes, organisant des assemblées générales et préparant la manifestation de l'après-midi. Au Bois-d'Amour, au Lycée pilote innovant, à Aliénor-d'Aquitaine, au lycée hôtelier, pas de blocage car "on n'en a pas eu besoin, il n'y avait pas d'élèves!" sourit Pierre Oudin. Effectivement, l'absentéisme militant était de mise. Au lycée Victor-Hugo, les élèves ont organisé une assemblée générale avec leurs professeurs pour discuter principalement des modalités de la manifestation de l'après-midi.

A Loudun, il y a eu une tentative de blocage au lycée Guy-Chauvet, et un fort absentéisme, de même qu'à Marc-Godrie. A Montmorillon, aucun blocage signalé. A Châtellerault, plus de la moitié des enseignants et tous les surveillants du lycée Berthelot étaient en grève.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

La manifestation monstre d'hier s'est terminée sans action coup-de-poing de la coordination. Mais, dès cet après-midi, les étudiants ambitionnent de bloquer "les grands axes commerciaux" des villes de l'Ouest.

 

L'action s'arrête là, ça suffit. Si le gouvernement ne cède pas on continuera! Il est 17h10, la tête de l'impressionnant cortège des anti-CPE vient d'arriver à l'angle de la rue Victor-Hugo et de la place d'Armes de Poitiers.

Au mégaphone, Stéphane Nicolas, l'un des membres de la coordination, annonce aux milliers d'étudiants et de lycéens massés derrière une immense banderole blanche que l'action coup-de-poing, dans l'esprit de celles qui ont émaillé les précédentes manifestations, n'aura pas lieu. Pas de tentative d'envahissement du rectorat ni de la gare pour cette fois.

Eux-mêmes surpris par l'ampleur du cortège poitevin, les tréès organisés et toujours très réfléchis membres de la coordination ne veulent pas tenter le diable. "C'est une trop belle fête. Ce n'est pas la peine de prendre des risques. Ca gâcherait tout", justifie Romain Pathé, autre membre de la coordination étudiante.

 

Une journée historique

Sur la place d'Armes, Julien Vialard, l'un des porte-parole du mouvement, jubile: "C'est une journée historique!"

L'étudiant en master d'histoire médiévale poursuit: "Cette journée n'est pas un aboutissement. Ce n'est pas parce qu'on a réuni 35.000 personnes (Note de la rédaction: chiffre de la manifestation revendiqué par les étudiants ainsi que par les organisation syndicales) qu'on a gagné. Les étudiants ne vont pas s'arrêter là alors qu'ils ont mis en péril leur année universitaire! La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Il faut qu'il réponde à nos revendication sur le CNE, sur le CPE, sur la loi Fillon et sur la réduction des postes aux concours."

 

Actions dans tout l'Ouest

Avant la manifestation, les étudiants réunis en AG au stade Rebeilleau avaient reconduit le blocus de l'université (867 voix pour un blocus total; 143 pour un blocus partiel; 296 contre; 7 abstentions). Au cours de cette AG, J. Vialard a annoncé la mise en place d'un réseau regroupant les universités du Grand Ouest de Caen à Bordeaux en passant par Le Mans, Rennes et Nantes. Si ce réseau n'a rien de formel il est néanmoins destiné "à coordonner des actions dans les villes universitaires de tout l'Ouest, explique J. Vialard. Nous ne voulons pas nous perdre dans des débats sans fin, nous voulons mener des actions chocs". La première pourrait avoir lieu cet après-midi avec une tentative de blocage "des grands axes commerciaux."

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

La Nouvelle République, Mercredi 29 Mars 2006.

France 2, 20 heures, Mardi 28 Mars 2006, présentation David Pujadas.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 07:17
Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

Des milliers de manifestants

attendus aujourd'hui à Poitiers

 

Les organisations syndicales et étudiantes attendent une très forte participation pour la manifestation contre le CPE, ce mardi, à Poitiers.

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

La journée de lundi était étrangement calme, à Poitiers. Ses habitants vivent depuis des semaines, au ryhtme des manifestations et actions surprises des étudiants. Or, lundi, pas une banderole à l'horizon. Toutes les organisations, étudiante comme syndicales mettaient la dernière main à la préparation de la manifestation de ce mardi après-midi. Les manifestants ont rendez-vous, à 14h, au stade Rebeilleau.

Le mot d'ordre n'a pas changé: le retrait du contrat première embauche, du contrat nouvelle embauche et, globalement, de la loi "égalité des chances".

"Le CPE vient s'ajouter aux nombreux dispositifs destinés aux jeunes. Il vient encore ajouter de la confusion et contribue à mettre à mal la prédominance du contrat à durée indéterminée. Il semble évident que c'est le CDI qui est en ligne de mire puisque certains ministres et le MEDEF prônent déjà le CPE pour tous quel que soit l'âge. Il ne faut pas s'y tromper: nous sommes bien devant une attaque en règle, planifiée, du CDI et du droit du travail dans son ensemble", argumentent des syndicalistes.

Dans un contexte d'appel à la grève, aux débrayages dans les administrations, établissement scolaires et entreprises privées, la mobilisation risque être plus forte que lors de la journée d'action du 7 mars dernier qui avait rassemblé près de 8.000 opposants. FO, la FSU, laCNT et Solidaires avaient appelé, ce jour-là à la grève. L'appel aux arrêts de travail a été cette fois repris par dix organisations (1).

Elles annonçaient dès hier, une participation très importante. Nombre d'écoles seront fermées; les transports urbains circuleront au ralenti; la SNCF prévoyait, hier, d'importantes perturbations.

 

Salariés et étudiants veulent éviter tout débordement

La manifestation prendra une envergure départementale. La CGT de la Vienne a loué dix bus pour transporter des militants de Loudun, Châtellerault, Civray, Montmorillon jusqu'à la capitale régionale.

Les étudiants seront de nouveau en tête du cortège qui se veut pacifique. "On ne veut pas de débordement. On veut éviter le moindre incident. On ne souhaite pas qu'on ne parle que de ça dans la presse", remarque un cégétiste. Les étudiants ont le même souci. La réaction de policiers qui ont utilisé leurs matraques après une bousculade jeudi dernier, devant le rectorat, à Poitiers, a laissé des traces dans leurs esprits. "On ne se bat pas contre la police mais contre les mesures gouvernementales. Nous n'admettons pas les comportements violents qu'ils viennent du côté des casseurs ou des forces de l'ordre", insiste Julien Vialard. Les services d'ordre étudiant seront donc vigilants comme ceux des syndicats qui assureront la protection de leurs troupes.

A l'issue de la manifestation, une assemblée générale sera organisée à la salle Timbaud, rue Saint-Paul, à Poitiers. Salariés, chômeurs, étudiants, lycéens débattront "des moyens de renforcer le mouvement pour obtenir gain de cause". Si la manifestation d'aujourd'hui n'a pas eu les effets escomptés.

Marie-Catherine BERNARD

 

(1) Ont appelé à la grève interprofessionnelle: l'UNSA, la CFDT, la CFE/CGC, la CFTC, la CGT, la CNT, FO, la FSU, Solidaires, l'UNEF.

 

FO reçu par le préfet: le secrétaire générale de l'union départementale FO, Alain Barreau sera reçu, ce mardi, à 12h, à sa demande, par le préfet de région "pour le retrait du CPE et CNE; de la loi Fillon et pour la suppression de la réduction des postes au CAPES".

Du côté des étudiants

 

Assemblée générale au stade Rebeilleau

ce mardi matin à 10 heures

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

Les étudiants opposés au CPE ont consacré la journée d'hier à organiser la manifestation de ce mardi et à mobiliser leurs camarades et les salariés. Les piquets de grève ont été maintenus dans les facultés de sciences humaines, de droit, d'économie, de lettres et langues, à l'IUT et à la faculté des sciences du sport.

Des groupes ont distribué des tracts dans lequel étaient rappelés les raisons du mouvement (contestation des lois sur l'égalité des chances, de la loi Fillon, suppression de postes d'enseignanats). Les auteurs (1) constestent que de telles mesures soient prises au nom de la "mauvaise santé économique du pays car, pour les patrons, les actionnaires, l'économie se portent très bien au détriment des salariés".

Des représentants de la coordination étudiante ont également tenté d'entraîner d'autres sites universitaires dans le blocus. Une assemblée générale s'est déroulée en sciences physiques, mathématiques, mécanique et informatique, basée près du Futuroscope. Les grévistes n'ont pas rallié les étudiants à leurs arguments. 181 se sont prononcés contre le blocus, 85 pour un blocus partiel, 11 pour un blocus total.

Par contre, les étudiants de l'IUT de Châtellerault ont voté, lundi matin, pour la première fois, le blocage de l'établissement aujourd'hui, mardi.

La coordination étudiante attend une mobilisation très importante aujourd'hui. Elle est persuadée que de nouveaux incidents n'auront pas lieu avec la police. Des étudiants ont porté plainte le week-end dernier "après avoir reçu des coups de matraque ou été l'objet de menaces physiques et morales" lors de la manifestation de jeudi. "C'est un rappel à l'ordre pour que la police n'outrepasse pas ses droits", déclarait Julien Vialard, de la coordination.

Une assemblée générale se déroulera à 10h, ce mardi, au stade Rebeilleau pour préparer la journée et envisager la suite du mouvement.

M-C B.

(1): les auteurs du tract sont la coordination étudiante-lycéenne de Poitiers et l'intersyndicale de l'université.

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social
Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social
Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

POINT CHAUD

 

Portes ouvertes pendant le blocus

 

Il y aura portes ouvertes ce samedi 1er avril dans les facs. Les lycéens et leurs parents seront accueillis par l'administration, les enseignants et les étudiants. C'est ce qu'a annoncé hier la présidence de l'Université.

A la question de savoir si la journée sera maintenue dans le cas où les étudiants continueraient le blocus, Christian Genre, vice-président, et Christian Cormier, directeur du service communication, disent ne pas craindre une éventuelle prolongation du mouvement anti-CPE.

Christian Genre: "On a déjà connu des occupations il y a deux ans. La fac de sciences humaines et celle de lettres étaient bloquées le jour même des portes ouvertes. Cela n'a pas empêché les parents et les lycéens de s'informer."

Christian Cormier ajoute: "Après avoir été réel au début du mouvement anti-CPE, le blocage des facs est aujourd'hui en grande partie symbolique. La situation peut évoluer dans le sens du durcissement. mais aujourd'hui, les bibliothèques et les salles d'informatique fonctionnent. les étudiants poursuivent leur travail sur dossier. En droit, c'est vrai, les locaux ont connu des dégradations. Aujourd'hui, ils sont propres. Et s'il faut nettoyer pour les portes ouvertes, cela ne posera pas de problème."

La présidence de l'Université se montre donc tout à fait sereine. "Sans ne rien dévoiler de la stratégie des étudiants s'ils devaient poursuivre leur mouvement, les portes ouvertes de samedi seront pour eux une excellente tribune. Ils en profiteront."

Samedi donc, de 9h30 à 16 heures (voire 17 heures à l'IUT de Châtellerault), l'ensemble des sites de l'université de Poitiers (1) informeront donc sur les études, les diplômes, les métiers...

A ne manquer sous aucun prétexte quand il n'est question que de précarité.

Jean-Jacques BOISSONNEAU

(1) Poitiers centre-ville, campus et Futuroscope, Châtellerault, Niort et Angoulême.

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

La Nouvelle République, Mardi 28 Mars 2006.

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

SOCIAL

ANTI-CPE -Syndicats, étudiants et lycéens se préparent pour une manifestation qui s'annonce largement suivie

 

Aujourd'hui, Poitiers gronde

 

 

Après la réussite de la mobilisation du 18 mars, les syndicats et les étudiants veulent de nouveau frapper un grand coup contre le CPE. Visite dans les coulisses des préparatifs d'une manifestation qu'on annonce comme monstre.

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

BOITES de conserves, draps, pots de peintures....depuis le début du mouvement étudiant, les couloirs de la faculté de lettres et langues se sont un peu transformés en centre de loisirs. Les étudiants "blocusards" sont obligés de se rappeller aux bons souvenirs de leurs cours d'art palqtique et de technologie. En presque deux mois et demi, les progrès se ressentent...

Lundi, 14h, J-1 avec la grande mobilisation, la logistique est en marche. Après avoir récupéré tous les vieux draps chez leurs parents, les stocks des étudiants sont épuisés. Direction un magasin de tissus dans le faubourf du Pont-Neuf. "La dernière fois avec environ 40€ de tissus on avait pu faire neuf banderoles", explique Marina, membre de la coordination. les bombes aérosols viennent à manquer également. 40 en cinq semaines à raison de 3€ pièces. Faites le compte. Les sommes récoltés grâce aux quêtes et à la vente du "CD CPE" sont les bienvenues.

La nouveauté par rapport aux derniers préparatifs, c'est l'atelier d'expression libre. Maracasses, personnages en boîtes de conserves, poupées à l'effigie de Villepin vont venir égayer les rangs. Sur le fond, les slogans évoluent aussi. "Avant on se tournait vers des formules recherchées, analyse Marinae, maintenant, on va à l'essentiel avec l'expression claire de nos revendications comme le retrait de la loi sur l'égalité des chances, de la loi Fillon et l'augmentation des postes au concours."

 

Nouvelles chansons

Du côté des vieux briscards syndicalistes, déjà rôdés à l'exercice des manifestations, les préparatifs se limitent à la finition. Les banderoles étant rangées dans les cartons depuis la manif du 18 mars, hier, l'heure est donc à la chansonnette. "Nous sommes actuellement en train d'écrire des chanson. Nous avons beaucoup de créativité donc nous en auront des nouvelles demain (aujourd'hui)", répond Christophe Massé, de la CGT, qui se prépare à une forte mobilisation de la rue. Son homologue de la CFDT, Laurent Caron, confirme l'habitude: "On est rôdé, tout est prêt longtemps à l'avance. Pour cette nouvelle manifestation, nous avons simplement commandé 1500 autocllants "Retrait du CPE". Nous sommes également en relation avec Châtellerault pour préparer la manifestation".

Les banderoles et les slogans prêts pour la manif, les tracts et les autocollants prêts à être distribués, il ne reste plus que la sonorisation et la décolration des camions. Une tâche qui est réalisée quelques heures avant la départ. "Nous sommes dix dès 8h pour ça. Toujours les mêmes pour ne pas perdre de temps", confie Alain Barrault, de FO, qui promet que la mobilisation sera très importante.

 

Service d'ordre renforcé

Au-delà des petits détails matériels, les leaders syndicaux ont autre chose en tête. "Avec les incidents parisiens lors des manifestations, nous avons peur des débordements. Nous allons donc renforcer notre propre service d'ordre. Nous avons nous mettre en relation avec les "Nez rouges" étudiants. Si la manifestation tourne mal nous donnderons le signal de la dispersion", confirme Christophe Massé. "Nous serons une dizaine dans le service d'ordre avec des consignes précises", rebondit Laurent Caron. Souhaitons que ce dispositif reste uniquement préventif.

Une chose est sûre en tout cas, tout sera prêt à 14h, pour le départ de la grande manifestation.

Antoine Victot et Samy Magnant

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

UNIVERSITE

FUTUROSCOPE

400 étudiants du SP2MI réunis en assemblée générale

Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social
Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social
Lundi 27 Mars 2006: veillée d'armes avant le grand rendez-vous social

Centre Presse, Mardi 28 Mars 2006.

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 09:28

Le Petit Rapporteur, TF1, 1975.

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:05
Le parcours de la manifestation du Mardi 28 Mars.

Le parcours de la manifestation du Mardi 28 Mars.

REGION - En visite dans les Bouches-du-Rhône

 

S. Royal: "les jeunes n'ont pas été respectés"

 

SEGOLENE ROYAL a accusé le gouvernement de "jouer la carte de l'affrontement pour mieux faire oublier son arrogance et son incompétence" dans le dossier du CPE, samedi à la mairie de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) où elle était en déplacement. La présidente de la Région Poitou-Charentes a déclaré comprendre l'attitude des étudiants et lycéens qui ont refusé de rencontrer le Premier ministre.

"On ne peut pas faire venir les jeunes pour dire qu'il n'y a rien à discuter", a-t-elle dit appelant une nouvelle fois au retrait du contrat première embauche (CPE) ou à sa "suspension si le gouvernement ne veut pas totalement perdre la face". ? "Les jeunes n'ont pas été respectés, a-t-elle ajouté, mettant encore en garde le gouvernement contre "la montée des violences et contre la tentation de monter les jeunes les uns contre les autres" après avoir rencontré une cinquantaine de lycéens venus manifester devant la mairie de Salon pour la liberté de se rendre en cours et contre le blocage de leur lycée.

Samedi 25 Mars 2006 : les appels à la manifestation du 28 mars
Samedi 25 Mars 2006 : les appels à la manifestation du 28 mars

Centre Presse, Lundi 27 Mars 2006.

Samedi 25 Mars 2006 : les appels à la manifestation du 28 mars

SOCIAL

CPE : la grande mobilisation

 

Après les premiers appels  à la mobilisation du côté des syndicats (CGT, CFDT, FO...), l'engagement des étudiants et lycéens, de nouveaux "appels" à la mobilisation continuent de tomber. Mardi, le cortège des manifestants devraient s'élancer du stade Rebeilleau à Poitiers, à partir de 14h. Appel à la grève au CHU. - Mardi, le syndicat CGT de la Milétrie "appelle l'ensemble du personnel à une journée de grève et d'actions". Les hospitaliers, dénoncent la "montée grandissante de la précarité" qui touche "également le CHU avec la mise en place de plus de 100 CAE (contrat accompagnement pour l'emploi)". LDH et CNT dans le mouvement - La Ligue des droits de l'homme de la Vienne appelle, comme la Confédération nationale du travail, à manifester, demain, pour "obtenir le retrait du CPE". Les questions du PS départemental. - "Pourquoi M. de Villepin refuse-t-il de retirer le CPE, alors que tout le monde, ou presque, considère que c'est la seule solution pour avancer?" Les socialistes de la Vienne se font "le relais des Français". Et "face à ce déni de démocratie", appellent "tous les citoyens à manifester massivement et pacifiquement, à Poitiers et à Châtellerault".

La Nouvelle République, Lundi 27 Mars 2006.

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 07:54

POITIERS - Les étudiants ont envahi l'Inspection académique jeudi soir

 

Après les matraques, les plaintes

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

A la suite des incidents qui ont émaillé la manifestation de jeudi, des membres de la Coordination du mouvement de Poitiers ont l'intention de porter plainte contre la Brigade anti-criminalité de Poitiers. Des étudiants motivés qui poursuivront leurs action ce week-end et la semaine prochaine.

 

LA Coordination du mouvement étudiant a tenu, hier après-midi, une nouvelle réunion à la fac de Lettres et Langues sur le campus de Poitiers. A l'ordre du jour: le bilan des opérations de la veille.

Et la veille, la manifestation a tourné court. A proximité du rectorat, certains étudiants membres du service d'ordre, appelés "nez rouges", ont reçu quelques coups de matraques (lire notre édition de vendredi). A la suite de ces incidents, les étudiants victime ont annoncé, à la réunion, qu'ils avaient l'intention de porter plainte "pour coups et blessures volontaires et menaces" contre la Brigade anti-criminalité (BAC) de Poitiers. Selon les dernières informations, ces plaintes devraient être déposées lundi matin.

 

Bonnes relations

A travers un communiqué, la Coordiantion, a tenu à préciser: "De ces faits, la coordination condamne les agissements de la BAC, tout en déplorant l'image néfaste qu'elle a donné de la Polide de Poitiers qui s'est distinguée depuis le début du mouvement par le dialogue et le pacifisme. Les membres de la coordination violentés et menacés porteront plainte tout en espérant la continuité des bonnes relations avec les forces de l'ordre."

Hier matin, trois étudiants ont rencontré pendant une heure et demie Patrick Courtade. "La discussion a été transparente et de bon niveau, dans un esprit d'écoute, précise le patron de la police. Ils sont contents de leur modèle poitevin par rapport à d'autres villes où les choses se sont ternies. Ils ont la même volonté que nous: que tout se poursuive de la meilleure façon possible. On va d'ailleurs se revoir lundi pour parler de la problématique de la circulation en prévision de la manifestation de mardi."

 

Et maintenant?

Si l'intervention musclée des forces de l'ordre a quelque peu troublé les étudiants, principalement ceux du service d'ordre, la motivation reste la même. "Je suis le premier étonné de voir que le mouvement reste aussi fort. Notre premier succès est d'avoir su instaurer le débat entre nous. Nous avons mis en place une démocratie participative sachant tirer des leçons de l'histoire et des grands mouvements sociaux", précise Jules Aimé.

Ce week-end, les étudiants vont distribuer des tracts pour mobiliser avant la grande manifestation de mardi. Le blocus se poursuit jusqu'à mardi au moins, date de la prochaine assemblée générale. A moins que la rencontre entre Dominique De Villepin et les représentants étudiants, initialement prévue ce matin, ne permettent de sortir de la crise. On en sait jamais.

Samy Magnant

 

 

L'Inspection académique envahie jeudi soir

Environ 150 étudiants ont envahi et occupé l'inspection académique, à Poitiers, dans la nuit de jeudi à vendredi. Un lieu symbolique pour protester contre la diminution de postes aux concours de l'enseignement. Entrés dans les lieux vers 23h30, ils se sont dirigés vers le dernier étage. vers 00h30, une quarantaine de gendarmes et de policiers ont délogé les occupants dans le calme. Aucune arrestation a signalé du côté de la police.

Michèle Contal, secrétaire générale de l'Inspection académique, précise "qu'ils ont mis du désordre, mais il n'y a pas de casse". Une plainte pourrait être déposée pour effraction.

Une appartée de PPP

Et pendant le blocus de l'Université, la démocratie étudiante s'est poursuivie sous des formes plus institutionnelles. Mais les élections du CROUS du Mardi 21 Mars semblent avoir fait les frais de cette période...agitée.

UNIVERSITE

POITIERS - Les élections du Crous validées malgré les incidents qui ont perturbé la journée du vote de mardi dernier

 

Vols d'urnes et de listes

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

Mardi dernier, les étudiants poitevins étaient appelés à voter pour les oeuvres universitaires. Sept étudiants sont déclarés élus, mais des responsables étudiants crient au scandale après les vols d'urne et de listes d'émargement qui ont eu lieu durant la journée.

 

UNE course-poursuite en voiture, une attaque à la boule puante, une bousculade dans le sas de la faculté des Sciences de Poitiers pour sauver des listes d'émargement, une urne volée puis retrouvée dans une poubelle: la journée de mardi dernier est une longue liste d'incidents qui ont perturbé les élections des représentants étudiants aux oeuvres universitaires. "Un véritable comportement mafieux", selon Gilles Raby, le doyen de la faculté dont les locaux ont été le lieu d'un des incidents.

Fabien Buffeteau, vice-président étudiant de l'université, Sylvain Vaucher et Julien Vialard, élus au Conseil de l'université, sont encore sous le choc des évènements rapportés par leurs camarades lors de cette journée de vote.

"Nous avons des signalements de personnes, le numéro de la plaque d'immatriculation de la voiture avec laquelle ces personnes se sont échappées", annonce Fabien Buffeteau. Les étudiants demandent des poursuites pénales et administratives contre les étudiants qui, selon eux, ont été vus en train de s'emparer des listes d'émargement en sciences et à la cité universitaire Rabelais, et ont pris la fuite avec l'urne qui était installée au lycée Camille-Guérin (pour le vote des étudiants en classe prépa). Ils demandent que l'université prenne des sanctions disciplinaires pour trouble à l'ordre public, qui peuvent aller jusqu'à l'interdiction de s'inscrire dans une université. "Voler une urne, c'est grave!", s'indigne Fabien pour qui ce genre de comportement est du jamais vu à Poitiers. Consterné, Julien, un des porte-parole du mouvement étudiant qui se montre respectueux du vote de chacun, qualifie ces évènements de "bombe nucléaire": "ils pourissent notre combat. Nous n'avons aucun intérêt à bloquer les élections. Ce qui nous intéresse, c'est de bloquer les cours."

 

Plainte déposée

Selon les témoignages regroupés par Fabien, Sylvain et Julien, ces incidents sont les faits d'étudiants connus pour leur engagement en totale contradiction avec ces gestes. Catherine Miaux, la directrice du Crous, a décidé de porter plainte contre X pour tentative de vol de l'urne. Elle reconnaît qu'une petite bousculade a eu lieu avec un vaguemestre qui tenait le bureau de vote, mais affirme que le groupe d'individus qui est intervenu au bureau de vote de la faculté des Sciences n'était pas connu de son personnel.

 

Recours contre les élections

Joint au téléphone, un des étudiants incriminés nie totalement avoir participé à ces actions. Il affirme avoir prévenu que des incidents se produiraient car "nous ne sommes pas dans une situation de sérénité. Certaines assemblées générales du mouvement étudiant ont même voté le fait de créer des incidents dans les bureaux de vote".

Au final, "les urnes n'ont pas été bourrées, la sincérité du vote n'a pas été changée", se félicite Fabien. L'une dérobée au lycée Camille-Guérin vers midi a été rapidement retrouvée dans une poubelle à proximité avec un nombre d'enveloppes identique à celui de jeunes qui avaient déjà voté. Les élus ne souhaitent pas que les élections soient annulés et reprogrammées. "Cela coûte déjà très cher au Crous à organiser. le Crous a d'autres priorités, il gère les logements, les bourses et les restos U, il a d'autres choses à faire", reconnaît Sylvain.

L'Unef, organisation syndicale qui avait appelé au boycott des éléctions aux oeuvres universitaires, a annoncé son intention de déposer des recours contre ces élections.

 

Valérie Bridard

 

Sept élus

Officiellement, les élections, validées par le recteur hier matin, ont élu 3 jeunes de la liste Bouge ton Crous, 2 de l'Uni, 2 de l'Unef, avec un taux de participation de 8,3%, un peu moins élevé qu'il y a deux ans. A chaque fois, ces élections sont un enjeu pour les organisations étudiantes qui trouvent ressources financières et légitimité.

EDUCATION

POITIERS

Parents d'élèves

La PEEP veut de l'ordre

 

Dans un communiqué, Philippe Mahou, président de la PEEP de Poitiers, s'inquiète de voir les lycéens dans la rue et le mouvement contre le CPE se radicaliser. Au nom de l'association de parents, il dénonce le blocage des établissements scolaires, "inadmissible et nuisible au bon déroulement de l'année scolaire".

Le 14 mars, il a contacté les proviseurs des lycées de la ville pour leur demander "de mettre tout en oeuvre pour que les cours soient assurés et pour qu'il n'yait pas d'intrusion intempestive dans leurs établissements". Aujourd'hui, constatant que la situation se dégrade il en appelle au recteur et au préfet pour que l'ordre soit rétabli.

Les parents de la PEEP ne se positionnent pas pour ou contre le CPE et l'actuel mouvement social mais affirment être "très inquiets du chômage qui les touche". "Le nombre extrêmement important d'élèves et d'étudiants qui sortent du système scoalire sans formation ou avec une formation inadaptée à la réalité du monde du travail est insupportable". Les parents demandent une meilleure politique d'orientation des jeunes.

Centre Presse, Samedi 25 Mars 2006.

SYNDICATS

Les syndicats de salariés appellent demain à une manifestation

 

Fronde syndicale anti-CPE

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que syndicats et gouvernement ne sont pas sur la même longueur d'onde concernant les contrats CNE-CPE. Demain mardi, nouvelle journée d'action aux côtés des étudiants et lycéens. La grande manifestation demandera le retrait pur et simple du CPE avant de négocier quoi que ce soit.

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

MARDI sera une journée exceptionnelle à en croire les représentants de l'intersyndicale public-privé (CGT, CFTC, CFE-CGC, CFDT-Sgen, FO, FSU, Unsa et Sud) réunie vendredi dernier dans les locaux de la FSU à Poitiers. L'itinéraire de la manifestation dans la capitale régionale ressemble à celui d'une grande randonnée pédestre: départ du stade Paul-Rébeilleau, à partir de 14h puis avenue du Faubourg du Pont-Neuf, boulevard Anatole-France, boulevard sous Blossac, boulevard Solférino, boulevard du Grand-Cerf, boulevard Solférino, boulevard de Verdun, place Aristide-Briand, rue Victor-Hugo, pour finir par un meeting sur la place du Maréchal-Leclerc. Plusieurs kilomètres en perspective pour une revendication unique: le retrait du CPE.

Unique ou presque, car si le contrat première embauche cristallise les passions, les manifetsants ont aussi dans le collimateur le contrat nouvelle embauche, la loi Fillon, la réduction des nombres de postes au Capes et des contre-propositions à faire. "Comment enseigner aux jeunes dont l'avenir est fait de précarité", se demande Myriam Lieby de la FSU, syndicat d'enseignants.

"La colonne vertébrale du mouvement, ce sont les étudiants et lycéens. Les adultes que nous sommes avons le devoir et la responsabilité d'organiser la riposte en respectant leur indépendance et leur propre organisation", précise Alain Barrault, secrétaire général du syndicat FO Vienne qui espère rassembler mardi autant de personnes qu'en mai 2003 au moment du temps fort des manifestations contre la réforme des retraites. Face à la remise en cause du droit du travail à travers ces deux contrats, FO est la seule centrale à brandir la menace de la grève générale.

L'épreuve de force a donc commencé dans un contexte de tension de plus en plus forte sur le terrain entre les jeunes et les forces de l'ordre. Les syndicats condamnent les violences d'où qu'elles vienent et en particulier policières. Le mouvement étudiant poitevin est jugé citoyen et démocratique par les militants syndicaux. "La jeunesse est beaucoup plus adulte et responsable qu'on veut bien le croire", affirme Alain Barrault. Les jeunes dans la rue ont des parents et des grands parents qui ont connu la précarité. "Au coude à coude, ce sera le déferlement de la jeunesse et des salariés de ce pays", promet Christophe Massé de la CGT.

Valérie Bridard

Centre Presse, Lundi 27 Mars 2006.

SOCIETE

 

L'intersyndicale prête pour une grève générale "interpro"

 

L'intersyndicale a rappelé son analyse sur la situation dans la perspective d'une grève unitaire le 28 mars.

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

La colonne vertébrale du mouvement social, ce sont les étudiants et les lycéens. Sans eux, nous n'avons pas la capacité de faire reculer le Premier ministre. Les propos d'Alain Barreau, secréataire départemental de FO, ne laissent aucune place à l'ambiguïté. Ce syndicat (mais les autres aussi) soutient, sans réserve, le mouvement des jeunes: "Nous avons le devoir et la responsabilité, dit-il, d'organiser la risposte nécessaire auprès d'eux. Ils ont eu le mérite de créer les conditions..."

Lors d'une conférence de presse intersyndicale tenue, hier, dans les locaux de la FSU, avenue du Parc d'artillerie à Poitiers, chaque cellule syndicale s'est exprimée sur cette crise sociale qui va bien au-delà du retrait du CPE-CNE. Le mardi noir annoncé pourrait bien être une sale journée pour le gouvernement Villepin si celui-ci ne donne pas des signes d'apaisement. Dans le département de la Vienne, on parle de blocus jamais encore vu, d'une mobilisation exceptionnelle si le Premier ministre ne recule pas.

Pour les syndicats, le premier pas en arrière, avant même d'entamer la moindre négociation, est le retrait du contrat premier embauche (CPE). Rien ne pourra se construire sans cette condition sine qua non. La FSU parle "d'exemplarité de mouvement" et espère un "mardi pas comme les autres". La CFDT confesse sa "satisfaction" de la mobilisation, reconnaît une "vraie solidarité avec les jeunes". Le représentant du CFE-CGC s'interoge, lui, sur cette situation: "Pourquoi en sommes-nous là?" Parce que, analyse-t-il, "il y a une absence de concertation et de dialogue. C'est un constat d'échec."

La CFTC dénonce, elle, l'attaque "sournoise" du code du travail. Et défend le mouvement des étudiants à "150%". L'UNSA, qui s'inscrit dans l'intersyndicale locale et nationale, rappelle le retrait du CPE avant toute discussion, note que Villepin "joue la montre après avoir tenté le pourissement qui n'a pas marché". "La population, ajoute le syndicat, a mesuré le coup bas porté à la jeunesse avec le contrat premier embauche". L'UNSA annonce pour mardi une "journée exceptionnelle avec une mobilisation très forte". Quant au SGEN-CFDT, sa représentante a souligné "l'accélérateur de la prise de conscience politique par la crise".

Enfin la CGT, comme tous les autres syndicats, a condamné "toutes les formes de violences policières" qui ont été commises à l'encontre des manifestants.

Suites de la manifestation: des plaintes s'annoncent

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

Après la manifestation de jeudi, au moins cinq étudiants devraient porter plainte lundi, certains pour coups et blessures, d'autres pour menaces. Presque tous font partie des "nez rouges", les organisateurs des manifestations, dont le rôle ets d'encadrer les participants pour éviter es débordements. Parmi eux, Romain Pathé. "J'étais en tête de cortège, en première ligne devant les gendarmes et la BAC (brigade anti-criminalité). Je disais aux manifestants de ne pas pousser, mais ils l'ont quand même fait. Sous l'effet du mouvement, j'ai franchi la ligne des gendarmes. Les policiers m'ont donné plusieurs coups de matraque. J'étais à terre, ils m'ont encore donné des coups de tonfa. Ils savaient très bien qui ils tapaient. Il y a 3 ou 4 personnes sur qui ils se sont acharnés. Je leur ai demandé s'ils étaient conscients qu'ils outrepassaient leurs droits, ils m'ont répondu oui. Ils voulaient casser de l'étudiant."

Les filles étaient placées en tête de manifestation pour freiner les ardeurs policières. La précaution n'a pas été suffisante pour Clémence Riffault, autre "nez rouge", qui a "reçu des coups de matraque. Je me suis fait aussi tirer les cheveux". "En tout, une dizaine de personnes se sont fait taper dessus, dont 7 "nez rouges"", s'indigne Gaetan Caillat, lui aussi organisateur, qui recense les bleus. Même tombé à terre, il a été "frappé. En plus, on avait tous les mains levées pour montrer qu'on étéait non-violent. Et qu'on n'a pas donné un seul coup en réplique."

Après cet épisode, les étudiants ont chargé deux personnes du mouvement de dialoguer à leur place, par peur de s'énerver. L'une d'entre elles, Julien Vialard a également été pris à parti et souhaite porter plainte (pour menace).

Les étudiants se sont donc donné rendez-vous pour porter une action en justice au motif "que les policiers ont enfreint le code de déontologie de la police et le code pénal". Tous tiennent à préciser que l'attitude de la gendarmerie et de la police a été correcte, et mettent uniquement en cause la BAC.

 

Mardi, nouvelle manif

Hier matin, Patrick Courtade, le directeur départemental de la sécurité publique, a reçu quelques étudiants pour faire le point sur les incidents de jeudi soir. "Je les ai écoutés et j'ai répété que je faisais un débriefing de mon côté, en interne, pour voir ce qui s'était passé. Pour le reste, on va essayer de continuer à oeuvrer pour que ça se passe bien entre nous." C'est ainsi que dès lundi, le patron des policiers poitevins et les étudiants sont convenus de se retrouver "pour parler de mardi", où une nouvelle grande manifestation anti-CPE est annoncée.

Toujours dans le même registre, l'inspection d'académie a porté plainte contre les étudiants qui ont investi les lieux dans la nuit de jeudi pour "intrusion avec effraction". Vendredi matin, la secrétaire génrélae recensait les dégâts. "Quand des bâtiments sont occupés par 150 jeunes cela laisse des traces, mais il n'y a pas eu de gros dégâts: des chaises bougées, des extincteurs déplacés."

Agnès NOËL

Vendredi 24 Mars 2006 : l'heure de compter les mauvais coups

La Nouvelle République, Samedi 25 Mars 2006.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 08:21
Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

SOCIAL

POITIERS - Les étudiants anti-CPE ont joué hier après-midi à cache-cache avec les forces de l'ordre dans le centre-ville

 

Les manifestants expulsés de la gare par la police

 

 

En quête d'un bâtiment administratif symbolique à occuper, n'étant pas parvenus à pénétrer dans la préfecture ou le rectorat, les manifestants anti-CPE se sont finalement rués à la gare de Poitiers. Installés sur les rails pendant deux heures, ils en ont finalement été expulsés.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers
Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

APRES une assemblée générale à 10h à Rebeilleau, plus de 3000 étudiants rejoints par des lycéens parfois mobilisés dès le midi se sont retrouvés hier à 14h, place du Maréchal-Leclerc, dans le centre-ville de Poitiers. Le défilé était essentiellement axé sur le retrait du CPE et contre la baisse des postes ouverts pour le CAPES par l'Education nationale, avec quelques syndicats.

 

Dans le centre-ville

Sous escorte policière, le cortège se rendait dans le centre piétonnier de Poitiers pour longer la place Notre-Dame et revenir devant la préfecture via le boulevar de Verdun. La présence des forces de l'ordre incitait les manifestants à continuer leur chemin pour prendre leurs jambes à leur coup en direction du rectorat de l'académie, objectif qu'ils souhaitaient occuper une nouvelle fois pour se faire entendre des autorités, mais partout les gendarmes mobiles et les policiers en tenue "verouillaient" les accès.

 

Le rectorat, puis la gare

Des tentatives de passages en force aux abords du rectorat s'achevaient en échauffourées. Ler calme revenu, malgré de nouvelles tentatives en direction du rectorat en escaladant des murs, le cortège se reformait pour revenir place du Maréchal-Leclerc via la rue Carnot.

Revenant devant la préfecture, le cortège empruntait en sens inverse le boulevard Verdun. Au nouveau théâtre, plusieurs centaines de manifestants prenaient par surprise leur escorte policière pour entrer dans la gare et se réunir sur les rails.

Pendant deux heures, les étudiants, sous les regards des voyageurs attendant leur train, ont bloqué le trafic. Vers 18h45, les forces de l'ordre adressaient les sommations: "Libérer les lieux ou nous utiliserons la force!"

Par étape, le cordon policier évacuait les quelques 600 manifestants, avec parfois des gestes de colère et des "coups de gueule" de la part des étudiants expulsés dans douceur. A 19h30, la gare était vide de tout manifestant mais ls responsables de la coordination étudiante se réunissaient en soirée pour prévoir d'autres actions.

 

Stéphane Delannoy

 

Pas de cours le dimanche

 

L'université de Poitiers tient à préciser que devant la situation, il y aura des cours le samedi, mais pas le dimanche (contrairement à ce que nous avions annoncé dans Centre Presse du 22 mars). En revanche, il est très probable que des examens se déroulent exceptionnellement le dimanche.

EDUCATION - Des lycéens anti-CPE ont empêché l'entrée dans les établissements hier matin

 

Le blocus des lycéens tôt le matin

 

Personne en cours, tout le monde dans la rue. Hier matin, l'entrée de la quasi-totalité des lycées de Poitiers était bloquée par des élèves anti-CPE. Objectif: empêcher les cours pour rameuter le plus de monde possible à la manif.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à PoitiersJeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

IL ne faut pas grand chose pour bloquer l'accès au lycée Victor-Hugo à Poitiers, une demi-heure avant le début des cours, une quarantaine de lycéens s'est massée devant deux entrées principales de l'établissement. Dos à la porte, les grévistes ont gentiment repoussé les élèves qui venaient en cours, ne s'écartant que pour laisser entrer les professeurs. A la même heure, d'autres lycéens faisaient de même dans les autres établissements de la ville. Blocus total à Aliénor-d'Aquitaine, au Bois-d'Amour, à Louis-Armand, à Auguste-Perret: blocage partiel à Camille-Guérin et Réaumur. Seul le lycée du Dolmen était libre d'accès. Devant le lycée Victor-Hugo, à 8h, le proviseur Yves Debien et les conseillers principaux d'éducation font la circulation. Canaliser 6 à 700 lycéens sur un trottoir exigue, ce n'est pas une sinécure. Une voiture de police s'arrête devant le lycée, Yves Debien rassure les policiers, il gère le conflit tout seul..."Notre premier devoir, c'est d'assurer la sécurité des élèves", explique le proviseur. Son deuxième souci, c'est d'alerter le rectorat. Son troisième problème, c'est d'esayer d'entamer des négociations avec le piquet de grève. "Y a-t-il parmi vous des représentants qui veulent négocier?", demandent Yves Debien. Pas de réponse, juste des sourires. Regroupés dans la cour d'honneur, les lycéens sont ensuite harangués par un camarade muni d'un mégaphone. L'heure est à la démocratie. "On va voter pour ou contre le blocus", prévient le jeune homme. Dans un coin, un carton attend les bulletins de vote. En quelques minutes il est rempli. Le résultat du scrutin (525 pour, 100 contre, 14 blancs et 3 nuls), annoncé sur la place Leclerc, est accueilli par des clameurs. "Oui au blocus." La journée va être longue. 9h15, des rouleaux de papier hygiénique sont jetés sur les grilles de la préfecture. Plus tard, la rue Victor-Hugo est bloquée. Vers 10h, le lycée Réaumur arrive à son tour en centre-ville. Juchés sur des voitures, certains brandissent des panneaux anti-CPE. En fin de matinée, Rémi, Antonin, François et quelques autres "terminals" réaffirment leur positions. "Nous ne sommes pas seulement des suiveurs d'étudiants." Ils se disent "déterminés", tout en ajoutant que leur "intérêt n'est pas de sécher les cours".

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

LE service d'ordre étudiant, reconnaissable à leurs "nez-rouges", a été malmené hier en centre-ville de Poitiers, aux abords du rectorat, rue Aliénor-d'Aquitaine. certains ont reçu des coups de tonfa (matraque). Il est environ 16 heures, alors que le cortège de 3000 personnes emprunte la rue étroite Aliénor-d'Aquitaine, un mouvement de foule tasse les manifestants.

 

"On a reçu des coups"

Ce mouvement de foule va alors susciter une réaction de la part des policiers. "Tout d'un coup, ça a poussé fort. Certains policiers de la Bac (brigade anti-criminalité) ont mis en avant leurs matraques. Et à partir de ce moment-là, ils se sont fait plaisir. Une dizaine d'entre nous, les nez-rouges, avons reçu des coups. On était en première ligne. On avait les mains en l'air en criant qu'on était un mouvement pacifique. Résultat, je me suis pris deux coups à la tête et plusieurs dans le corps. J'ai mal à la tête et un gros bleu au coude", explique Romain Pathé, "nez rouge".

 

Réunion étudiants/police

Cet étudiant en Droit dit regretter ces incidents, d'autant qu'"avec la,plupart des policiers nous avons de bons rapports. Ils sont corrects. On les connaît, ils nous connaissent". Toutefois, il annonce qu'il a l'intention de se rendre ce matin au commissariat de police, muni d'un certificat médical, pour déposer plainte. Quatre de ses camarades envisagent de faire de même. Les étudiants qui se disent victimes de coups doivent être reçus ce matin, vers 11 heures, par le patron, en personne, de la police poitevine, le commissaire Patrick Courtade. Information confirmée par la direction de la police.

 

"Réponse adaptée"

Quelle est la version de la police? Le commissaire Benoît Desmartin, chef du service de sécurité et de proximité, parle d'un "non-évènement" et d'une réponse "adaptée et proportionnée". Il explique que si les policiers ont réagi ainsi, c'est en voyant des gendarmes mobiles tomber au sol à la suite du mouvement de foule et également par crainte de voir le rectorat investi. "On souhaite conserver de bons rapports avec les lycéens et étudiants, explique l'officer. Sur 32 jours de manifestation et une quinzaine d'évacuations, c'est facile de dire qu'un petit coup part. La situation n'est pas du tout conflictuelle. Et s'il y a des plaintes, on les prendra en compte."

 

Vers un apaisement

La consigne, on l'aura compris, est à l'apaisement. Police et étudiants ont fait hier, à l'issue de cette journée de manifestation, leur débriefing chacun de leur côté. Après environ un mois de tension et de mobilisation de part et d'autre ou tout le monde finit par être à cran, ces incidents peuvent apparaître comme "mineurs" si on les compare à ceux d'autres villes.

Centre Presse, Vendredi 24 Mars 2006.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

Mobilisation

 

Rectorat, gare et académie:

journée d'actions à rebondissements

 

 

La nouvelle manifetsation des anti-CPE a attiré, hier après-midi, près de 5.000 lycéens et étudiants dans les rues de Poitiers. Débutée dans la bonne humeur, la démonstration pacifique s'est heurtée à la détermination policière avant de se poursuivre du côté de la gare puis de l'inspection académique.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

Depuis bientôt cinq semaines, toutes les manifestations anti-CPE poitevines sont agrémentées de slogans mais aussi et surtout d'une pléaide chansons pârodiant de grands classiques de la variété. Etudiants et lycéens connaissent par coeur l'hymne "A la manif" ou "De Robien" ou "Un régilent d'étudiants". Hier après-midi, place d'Armes à Poitiers avant que ne commence la manifestation, le CD compilation de ces chansons s'est arraché dans une extrême bonne humeur

14h35: L'imposant cortège composé de très nombreux lycéens et étudiants mais aussi de quelques représentants syndicaux quitte la place d'Armes. En tête du cortège une immense banderole tonne "L'Education sacrifiée sur l'autel de la rentabilité". Une pancarte de fortune interroge. "Que seront les profs demain? Les flics?" Place du Marché, le défilé a nettement pris de l'ampleur. Ils sont sans doute désormais près de 5.000. L'ambiance est festive et très bon enfant.

15h35: Le défilé apparaît Place de la Préfecture. Quelques instants plus tard, les étudiants filent vers la rue Renaudot. Ils espèrent investir le rectorat solidement gardé par des gendarmes mobiles. Des incidents brefs et violents avec la police s'y déroulent (lire par ailleurs).

16h10: Les anti-CPE reprennent le chemin de la place d'Armes. Au n°52 de la rue Carnot, une centaine d'entre eux entre sous un porche espérant, en franchissant un mur latéral d'une résidence, atteindre le rectorat. En vain.

 

23h30: 150 étudiants envahissent l'inspection académique

 

16h45: Les manifestants se retrouvent place d'Armes. "La manif continue, nous allons nous diriger vers la préfecture", lance au micro un membre de la coordination. Bien des manifestants s'évaporent. "Ce n'est qu'un début continuons le combat", scandent les manifestants dans la rue Victor-Hugo.

16h55: Les étudiants quittent la place de la préfecture et empruntent le boulevard de Verdun vers la gare.

17h15: Un gendarme mobile rend compte par radio à sa hiérarchie de ce à quoi il insite impuissant: "300 étudiants sur les quais. Pour le moment, pacifiques. Actuellement, je ne tiens pas."

17h25: ce sont 5 à 600 étudiants et lycéens qui sont sur les voies. "Les policiers de la BAC nous insultent, nous provoquent, ce sont eux qui ont mis le feu, ce sont eux qui sont responsables de l'envahissement de la gare", justifie Grégory, membre de la coordination.

Au mégaphone, un autre membre de la coordination appelle au calme: "Pas de violence on ne se la joue pas 14-18!"

17h50: Les étudiants envoient un fax au ministre de l'Education pour exiger un RDV. "Nous ne partirons pas sans avoir eu gain de cause", jure Stéphane.

18h: Les policiers d'un côté et les gendarmes mobiles de l'autre entament le dégagement des voies.

18h40: Les derniers manifestants sont évacués des voies sans ménagement mais sans violence ni incident.

23h30: Un groupe d'étudiants est barricadé à l'intérieur de l'inspection académique. Ils seraient 150 à 200. En signant cette action, ils cherchent ainsi à symboliser leur lutte contre le manque de postes au CAPES. Ils promettent d'évacuer les lieux vers 0h30.

23h50: une dizaine de policiers pénètre dans les bâtiments pour en expulser les occupants.

Le premier dérapage

 

 

Un face à face tendu et des coups de matraque

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

Les premiers incidents depuis le début du mouvement anti-CPE se sont produits hier après-midi aux abord du rectorat de Poitiers lorsque des policiers appartenant à la brigade anti-criminalité (BAC) du commissariat ont fait usage de leurs matraques à l'encontre de plusieurs étudiants, parmi lesquels ceux appartenant au service d'ordre de la coordination.

Il était alors 15h40. Au sortir de place de la préfecture, dans la rue Victor-Hugo, un étudiant agite un drapeau blanc pour indiquer qu'une action d'éclat, comme aime à les mener la coordination, va se dérouler. A grandes enjambées, des centaines d'étudiants investissent la rue Renaudot. L'entrée du rectorat, cible des anti-CPE, est solidement protégée par des gendarmes mobiles. Les étudiants tentent de rejoindre une autre entrée du rectorat située plus loin. Dans la très étroite rue de la Cité-de-la-Traverse, rendue encore plus exiguë par des camions stationnés sur le côté, s'engouffrent des centaines d'étudiants et lycéens. A l'angle de la rue Aliénor d'Aquitaine et de la rue Cité-de-la-Traverse, le maigre cordon de huit gendarmes mobiles cède.

 

Le patron de la police prêt à recevoir les étudiants

 

Des policiers arborant sur leur blouson un macaron de la BAC font alors usage de leur matraque. Des étudiants au sol reçoivent des coups de pieds. L'incident est bref et très violent. Des coups pleuvent. Au sol des étudiants son frappés. Alors que les gendarmes repoussent sans porter de coups les étudiants, un policier s'appuie sur un militaire et asène un coup de matraque au hasard. Ulcérés, les étudiants, pas habitués à ces méthodes, réclament des comptes. Hier soir, Patrick Courtade, le directeur départemental de la sécurité publique, a réagi aux incidents. "Il n'y a pas de dérapage prouvé de la BAC. Je n'étais pas sur place. Je verrai en interne comment cela s'est passé. Il est trop tôt pour moi pour dire des choses sur le sujet", a-t-il expliqué à la NR. Le DDSP a par ailleurs indiqué: "Si des étudiants souhaitent me voir je les recevrai." Et le patron départemental de la police de poursuivre: "Cela s'est bien passé jusqu'à présent avec les étudiants qui ont salué l'efficacité de la police et son sens du discernement, j'espère que tout continuera de la même manière.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers
Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

ECHOS DE GARE BLOQUEE

 

Retards indéterminés

Le hall de la gare de Poitiers, hier après-midi, avait des allures de salle des pas perdus. Des centaines de personnes, venues attendre leur train, ont dû prendre leur mal en patience. Dès 17h15, le grand panneau d'annonce des horaires de départ des TGV avait laissé tomber, en face chaque destination, un très informatif et définitif "retard indéterminé". Lorsque la fin de l'occupation a sonné, la gare attendait toujours 15 TGV.

 

Des naufragés patients

"Nous sommes des naufragés", plaisantait hier après-midi, dans la hall de la gare, Janine, une grand-mère qui attendait que la situation se débloque. "Je vais à Paris chez mes enfants. Ce n'est pas la fin du monde. Et puis, disait-elle, en recevant la bénédiction de ses deux voisines de patience, ces gamins ont raison de se battre pour leur avenir. En luttant pour eux, ils luttent aussi pour mes petits enfants." Du côté de la SNCF, on relevait que les "naufragés" étaient plutôt philosophes. "Hormis quelques coups de colère de personnes ayant des rendez-vous professionnels, nos usagers sont compréhensifs. Beaucoup plus que lorsque ce sont les cheminots qui font grève!"

 

C'est bon pour les affaires

Les boutiques de la gare de Poitiers n'ont pas chômé, hier. Les naufragés, perdus dans un hall de gare, deviennent des consommateurs effrénés. "Excellent pour mon chiffre d'affaires du jour", disait l'employé d'une de ces boutiques.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

POINT DE VUE

 

Attention aux tensions gare aux débordements

 

Jusqu'à maintenant et à l'exception de quelques écarts sporadiques, le mouvement anti-CPE était parvenu à s'exprimer dans les deux principales villes de la Vienne sans notables débordements. Souvent jeunes, parfois mineurs, les opposants à la loi voule par Dominique de Villepin ont haussé le ton et multiplié les actions spectaculaires (aéroport, casting de la Star'Ac, McDo, blocus de Poitiers...) en faisant preuve le plus souvent d'un sens certain des responsabilités et de la mesure.

Face à eux, les forces de l'ordre dont l'un des rôles connus de tous est le maintien de la paix publique ont rempli leur mission en conservant leur sang-froid. Bien sûr, la situation demeure exceptionnellement et personne ne peut attendre d'une crise sociale qu'elle sécoule comme un long fleuve tranquille. La tension n'est plus latente. Elle s'exprime, s'amplifie, rebondit au risque d'échapper à ceux qui, de part et d'autre, veulent éviter les dérapages.

Hier à Poitiers et pour la première fois, des matraques se sont abattues sur les manifestants. La charge fut aussi brève qu'inutile. Peu après, à la gare SNCF cette fois, une journaliste de La NR qui, à son corps défendant, avait l'allure d'une étudiante, a été refoulée plus que séchement alors qu'elle souhaitait juste faire son travail. Ce "durcissement" de quelques fonctionnaires peut-être un peu trop zélés, restera, on l'espère une exception. Car rien ne serait pire qu'une escalade aux conséquences difficiles à maîtriser.

M.D.

Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers
Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers
Jeudi 23 Mars 2006 : pluie d'actions et de coups à Poitiers

De 17h15 à preque 19h, 5 à 600 anti-CPE ont occupé pacifiquement l'ensemble des voies de la gare SNCF de Poitiers.

"Eparpillez-vous le plus possible sur les voies pour empêcher les mobiles de vous dégager", conseille à tous au mégaphone un membre de la coordination étudiante.

A 18h, la première sommation est faite aux étudiants. Les policiers et les gendarmes mobiles évacuent les premiers anti-CPE. Qui instantanément se repositionnent plus loin. "Jusqu'à Paris", ironisent les manifestants. Policiers et gendarmes forment un infranchissable cordon à hauteur de la passerelle. "Attention aux débordements, il y a ici des gens de 15 ans", s'inquiète auprès des forces de l'ordre un autre responsable étudiant.

Les mains en l'air les anti-CPE affirment à plusieurs reprises leur non violence. Une demi-heure plus tard, les gendarmes mobiles plus rompus à ce genre d'opération que les policiers locaux encerclent petit à petit les derniers groupes. "Retrait du CPE" scandent encore les participants. Un à un, les derniers étudiants sont fermement délogés et ramenés sur les quais avant d'être vigoureusement invités à emprunter les escaliers de sortie de la passerelle.

18H55, le chef de la gare de Poitiers peut enfin annoncer aux voyageurs qu'un premier TGV va entrer en gare. Quartorze autres sont encore bloqués derrière. A l'extérieur de la gare, les étudiants se dispersent et reprennent le chemin du centre-ville.

 

Sit-in boulevard Solférino

Une soixantaine de jeunes, étudiants et lycéens confondus, ont fait un sit-in d'une vingtaine de minutes environ boulevard de Solférino vers 17 heures. But du jeu, bloquer la route au car de gendarmerie mobile et aux voitures de police qui suivaient la manifestation afin de permettre au gros du mouvement d'investir la gare. Les gendarmes, portant casque, ont anoncé: "On vous demande de dégager tranquillement". Les personnes assises ont été levées par les gendarmes sans qu'elles fassent de la résistance, levant les mains en signe de pacifisme.

Le sit-in s'est terminé quand les manifestants se sont rendus compte que le but était atteint, et que la gare étiat occupée, trop tard pour que les forces de l'ordre interviennent.

La Nouvelle République, Vendredi 24 Mars 2006.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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