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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 07:31

Le modèle poitevin

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

Photo Dominique Bordier, La Nouvelle République, 8 Mars 2006.

Photo Dominique Bordier, La Nouvelle République, 8 Mars 2006.

Lorsqu'ils sont arrivés à hauteur de la préfecture de la Vienne, samedi 18 mars, les étudiants de Poitiers ont entonné l'un des airs préférés de leur répertoire - un couplet gnangnan à souhait, inventé par l'un d'eux, qui dit à peu près : "On est très méchants, on mange des enfants/On est très vilains, on mange des doyens/On est immatures, on bloque des voitures..." Les quelques fonctionnaires de police présents derrière les grilles ont souri de manière un peu lasse, avant de regarder le cortège poursuivre tranquillement son chemin vers le centre-ville. L'humour potache plutôt que la rengaine syndicale ; l'ironie plutôt que la provocation : voilà à quoi ressemble le mouvement anti-CPE à Poitiers, paisible ville de province devenue, en un mois, un des hauts lieux de la contestation estudiantine.
 

Entre 7 000 et 10 000 manifestants ont défilé, ce 18 mars, dans les rues de la capitale du Poitou. Ils étaient entre 6 000 et 8 000 deux jours plus tôt, lors du précédent rassemblement. Du jamais-vu dans cette agglomération de 100 000 habitants, peu habituée à faire parler d'elle sur le plan social. Du jamais-vu, non plus, ces assemblées générales d'étudiants réunissant jusqu'à 4 000 personnes. Comme aucun amphithéâtre ne peut accueillir autant de monde, un stade de rugby a été réquisitionné pour organiser les débats, chaque orateur devant prendre son tour pour parler au micro dans la cabine de sonorisation.

Utilisé à environ dix reprises depuis le début du mouvement, l'équipement a été rendu à la mairie en parfait état, à chaque fois. Aucune dégradation n'a par ailleurs été enregistrée dans les locaux universitaires malgré quatre semaines et demie de blocus (exceptions faites de quelques portes et fenêtres endommagées par des lycéens de passage ayant un peu trop bu). "Je reconnais, admet Jean-Pierre Gesson, le président de l'université, que les étudiants ont su gérer le mouvement de façon propre."

Est-elle si surprenante que cela, cette forte mobilisation poitevine ? Avec ses 25 000 étudiants (dont 4 000 étrangers), Poitiers n'est-elle pas, comme le rappelle Catherine Coutelle (PS), adjointe au maire chargée de la vie universitaire, "la ville la plus étudiante de France par rapport au nombre de ses habitants, devant Aix-en-Provence" ? Créée en 1432 par Charles VII, l'université est aujourd'hui le métronome de l'agglomération. C'est elle qui donne le tempo à la vie associative et culturelle locale. Elle qui remplit les cafés et anime les week-ends, toute l'année ou presque. L'été, quand ferme le campus, la ville sombre dans "un ennui mortel", de l'avis de nombreux Poitevins.

Cela n'explique pas pourquoi la mobilisation anti-CPE est ici plus importante que dans des grandes villes comptant autant d'étudiants, si ce n'est plus, comme Strasbourg, Dijon ou Tours. L'épiphénomène poitevin serait-il aussi l'expression d'un mal-être local ? "Nous sommes dans une région qui n'a pas un poids économique fort, répond Jean-Pierre Gesson, sous les ors de son bureau de la présidence de l'université. Poitiers a toujours été privée d'entreprises importantes. Il s'agit d'une ville du secteur tertiaire située au milieu d'une zone très rurale. Beaucoup de jeunes vont devoir quitter la région après leurs études pour aller travailler ailleurs. Cette angoisse s'ajoute-t-elle à celles que fait naître le CPE ? C'est possible."

L'angoisse de la recherche d'emploi, Tangui Le Bolloc'h l'a déjà endurée, malgré ses 22 ans. Un BTS de production animale en poche, ce grand barbu de 1,96 m s'était lancé il y a deux ans sur le marché du travail. Après une série de stages et de jobs sous-payés (animation dans un centre social, distribution de journaux, intérim dans un élevage intensif de poulets...), Tangui a décidé de reprendre ses études. L'étudiant en lettres modernes fait aujourd'hui partie des chefs de file du mouvement poitevin. Le CPE ? "Une aberration, dit-il. La précarisation existe déjà dans le monde du travail, j'en ai fait l'expérience. Le gouvernement ferait mieux de régler ce problème plutôt que de rajouter une couche de précarité à la précarité. Cette période de deux ans n'est pas défendable. On est en train de passer à un modèle du travail à l'anglo-saxonne par un procédé de copier-coller."

Tangui n'est pourtant pas contre la notion de flexibilité du travail, qui apparaît en filigrane derrière le CPE. "Je suis d'accord pour changer quatre ou cinq fois de métier dans ma vie, dit-il, mais à condition qu'on ne sacrifie pas la sécurité du travail. Le problème, c'est que, lors des entretiens d'embauche, d'un côté, on nous demande d'être flexibles et, de l'autre, on nous reproche d'être instables, parce qu'on a accumulé les expériences." Le jeune homme a hésité avant de rejoindre le mouvement anti-CPE de Poitiers. Ce qui l'a convaincu ? Un principe érigé en règle d'or : le non-affichage des sensibilités politiques et syndicales.

La coordination poitevine ressemble en fait à une petite "tribu" d'une cinquantaine d'étudiants au look similaire : cheveux longs, queue de cheval, pull et barbe pour les garçons (majoritaires). "Toutes les composantes de la gauche y sont représentées, du Parti socialiste aux anarchistes, en passant par les Verts et les altermondialistes, souligne le sociologue Bertrand Geay, qui accompagne et observe le mouvement depuis ses débuts. Mais personne ne met en avant son étiquette, ni ne prononce de discours qui ressemblerait de près ou de loin à ceux des appareils. Il y a comme une espèce d'interdit à s'afficher. A l'arrivée, on se retrouve avec un type de pratique oecuménique où tout le monde s'aligne. C'est la démocratie à tous les étages. Même les anti-blocus ont le droit de s'exprimer pendant les débats."

Au cours de ces débats, les applaudissements et les huées sont proscrits et remplacés par des gestes silencieux empruntés aux forums altermondialistes : rotation des mains tournées vers le haut en signe de satisfaction, pouces vers le bas pour montrer son désaccord. "Cela permet d'écouter tout le monde. Notre mot d'ordre, c'est de respecter le mouvement que nous avons créé", souligne Tangui Le Bolloc'h.

"Nous servons tous une même cause qui est la nôtre et non celle d'un syndicat ou d'un parti politique", abonde Stéphane Séjourné, 20 ans, en expliquant avoir mis entre parenthèses son activité de militant au sein du Mouvement des jeunes socialistes. "Il faut bien faire des concessions si on veut être cohérent", ajoute cet élève de première année d'AES (administration économique et sociale).

Cette peur de la récupération, les étudiants poitevins l'ont chevillée au corps. Au début de la contestation, Ségolène Royal a fait savoir aux représentants du mouvement qu'elle aimerait bien participer à l'une des AG organisées au stade Paul-Rebeilleau. La coordination l'a poliment éconduite, invitant la présidente socialiste du conseil régional région Poitou-Charentes à envoyer un communiqué de soutien. "Ils n'ont pas envie de nous voir, nous les politiques, mais alors pas du tout !", confie en souriant Catherine Coutelle, dans son bureau de la mairie de Poitiers.

"Le système syndical et politique français est totalement sclérosé et vieillissant, à l'image de notre président, qui est l'un des plus âgés du monde occidental, déplore le "grand" Tangui. Nos représentants n'ont pas grandi dans le monde où nous vivons. Il faut trouver d'autres solutions. Nous avons une carte à jouer."

Plus récemment, la coordination poitevine a fait une autre démonstration de son indépendance en décidant de quitter la coordination nationale, la jugeant "incapable de coordonner le mouvement". Absents de la dernière réunion nationale du mouvement anti-CPE, à Dijon, le 19 mars, les délégués poitevins ont estimé, dans un communiqué, que "ces coordinations sont une perte de temps, d'argent et d'énergie qui n'aboutit à rien". Ils avaient pu s'en rendre compte, le 11 mars, lorsque Poitiers avait accueilli le précédent rassemblement national des étudiants en colère.

Derrière cette scission se cache surtout une méfiance profonde à l'encontre des centrales syndicales, soupçonnées de manipuler les masses de leurs bureaux parisiens. Hasard ou pas, les syndicats sont quasi inexistants sur le campus poitevin. "Cela fait dix ans qu'il n'y a plus de pratique syndicale militante ici. A la place s'est constituée une forme d'engagement associatif. Si le mouvement anti-CPE a pris si facilement à Poitiers, c'est parce qu'il s'est appuyé sur quelques associations, comme celles des étudiants d'histoire et de sociologie. Cette spécificité a permis aux leaders du mouvement de convaincre les autres qu'ils ne roulaient pas pour eux", indique Bertrand Geay, le sociologue, en décrivant "un mouvement groupal, générationnel, fusionnel".

"Si on a rassemblé 4 000 personnes en AG, c'est que les étudiants ont confiance en nous, appuie Julien Vialard, vice-président de Volumen, l'association des étudiants d'histoire. Les syndicats n'ont pas le monopole de l'engagement politique. Nous, on est d'abord des associatifs." Fin janvier, Julien s'est fait élire au conseil d'administration de deux UFR (unités de formation et de recherche) en créant un "Collectif alternatif universitaire", tout droit sorti de son imagination. Son slogan paraphrasait la formule célèbre de Clemenceau sur la guerre : "La bureaucratie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls bureaucrates."

Railler l'ordre établi, se distinguer des appareils nationaux, inventer une nouvelle forme de contestation : tels sont les trois piliers du mouvement. En témoignent ces nez rouges de clown dont s'affublent les membres du service d'ordre lors des manifs. Ou ces débats au long cours sur l'avenir de l'éducation, organisés par les grévistes, dans les amphis, en lieu et place des cours annulés. Pas question de se mettre en vacances pendant le blocus.

Des films sont également projetés, comme le documentaire de Canal+ Facs : carton rouge, ou Pas vu pas pris, un reportage du journaliste Pierre Carles dénonçant la connivence entre le pouvoir et les médias. "Il n'est pas question de faire le blocus pour faire le blocus, explique Julien Vialard. L'information est tout aussi importante que l'action. On sait bien qu'à chaque fois que se crée un mouvement comme celui-ci, beaucoup d'étudiants ne savent pas toujours pourquoi ils luttent."

C'est une question que se pose aussi Catherine Coutelle. "On peut se demander si tous ces jeunes ont une réelle conscience politique, dit l'élue socialiste. Ils sont capables d'organiser un vote à bulletin secret avec utilisation de la carte d'étudiant comme une carte d'électeur pour décider ou non de la poursuite du blocus, ce qui est très bien, et de négliger, en même temps, d'élire leurs représentants à l'université. Il n'y a eu que 79 votants aux élections pour le conseil de l'UFR de sciences qui ont eu lieu récemment, ce qui est très peu."

L'apprentissage de la démocratie passe également par la question de la représentativité médiatique. Quelques remous ont secoué la coordination de Poitiers après l'invitation lancée par "A vous de juger", l'émission d'Arlette Chabot sur France 2. Pour son direct du 16 mars, celle-ci souhaitait absolument que Julien Vialard soit invité en raison de sa facilité à s'exprimer devant les caméras.

Branle-bas de combat au sein de la coordination, pour qui le mouvement ne doit pas être représenté par le même individu. Le mot "leader" est d'ailleurs banni du langage interne, qui préfère que soit utilisé le terme de "référent", bien plus consensuel.

Un autre étudiant - Tangui Le Bolloc'h, en l'occurrence - fut finalement désigné par le collectif pour parler à la télévision. Colère d'Arlette Chabot..., "qui m'a traité de gauchiste", s'amuse aujourd'hui Tangui. Il aimerait bien, plus tard, devenir journaliste ou travailler dans l'édition. Aucun étudiant de Poitiers n'était finalement présent sur le plateau de France 2 ce soir-là. "Tant pis ! dit Julien. On n'aurait eu droit qu'à cinq minutes."

Comme lui, tous aimeraient que leur "modèle" s'exporte ailleurs, sur d'autres campus. Le 16 mars, Tangui Le Bolloc'h est "monté" à Paris avec 400 autres Poitevins pour participer à la grande manifestation nationale organisée dans la capitale. Les slogans "décalés" et les gestes silencieux de la délégation poitevine ont quelque peu étonné, ce jour-là, au sein du long cortège polyphonique de 100 000 personnes. "Vous êtes qui, vous ? De quel syndicat ?", s'entendit demander Tangui. "Ben, on est de Poitiers", répondit-il.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 07:32
Photo Patrick Lavaud

Photo Patrick Lavaud

Poitiers paralysée par le blocus

 

Bloquant la ville en sept points névralgiques, un millier d'étudiants anti-CPE a totalement désorganisé hier la vie matinale de Poitiers.

Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée

Alors que le campus universitaire est bloqué depuis près de cinq semaines, les étudiants mobilisés contre la loi Fillon, contre la réduction des postes au CAPES et naturellement contre le CPE, n'en finissent pas de surprendre par l'exceptionnelle, et totalement inédite jusqu'alors, vitalité du mouvement. Comme annoncé la veille au cours d'une assemblée générale tenue au stade Rebeilleau, sept des accès principaux de la ville de Poitiers ont été totalement paralysées une bonne partie de la matinée par 800 à 1.000 étudiants.

L'opération, très minutieusement préparée depuis plusieurs jours par les cinq membres de la commission action de la coordination étudiante, a amplement désorganisé la vie matinale de la capitale régionale. L'hypercentre avait des allures de ville fantôme. Sans circulation automobile, sans autobus et avec une présence humaine digne d'un dimanche matin de long week end. Contraignant les salariés à abandonner leur voiture dans des parkings de fortune et à finir, pour les plus courageux, le trajet à pieds, les manifestants ont perturbé l'activité et le fonctionnement normal des services publics et des entreprises privées.

Les étudiants avaient entamé leur action au petit matin sur le campus et sur la place d'Armes. 6h45, devant l'amphi J, ils sont 200 les traits tirés par le manque de sommeil à écouter les ultimes consignes pour le blocage. Une cinquantaine gagne à pied le stade Rebeilleau tout priche. Les autres partent en covoiturage vers la Pointe-à-Miteau et la porte de Paris. Au même moment le scénario est identique sur la place d'Armes où 300 étudiants se répartissent les entrées à occuper: Pont Saint-Cyprien, Pont-Neuf, et encore Porte de Ville. Il est à peine 7h30, des barrières métalliques rapprochées durant la nuit font leur apparition au carrefour Pineau-Kenedy.

 

"Comment fait-on maintenant pour aller bosser, vous pourriez laisser une voie libre!"

 

Instantanément la circulation est stoppée. Ce qui n'empêche pas certains automobilistes comme les chauffeurs de deux bus de tenter deangereusement de forcer le passage. "Comment fait-on maintenant pour aller bosser, vous pourriez laisser une voie libre", s'énerve un autre automobiliste. A Saint-Cyprien, des palettes, des grilles, des rubans de chantier empêchent toute circulation. Rue Jean-Jaurès, dix bus sont à la queue-leu-leu.

Un peu plus de 8h: la rue du Faubourg-du-Pont-Neuf et les rues adjacentes sont totalement embouteillées et bloquées en amont par la police. Seuls les piétons et les cylcistes peuvent circuler.

A la porte de Paris, les étudiants quadrillent le carrefour. Dans le chantier tout proche, ils ont pris des sacs de ciment, des gros tuyaux plastiques rouge et des parpaings. Ils ne tardent pas à être rejoints par des escouades de lycéens d'Aliénor d'Aquitaine et d'Auguste-Perret. La pluie commence à tomber sur le barrage. A 10h20, alors que les autres barrages ont cédé un à un devant les gendarmes mobiles, les militaires font leur apparition. "Dispersez-vous!," tonne un officier. "Laissez-nous le temps de tout ranger si non on vous laisse tout en bordel", réplique un étudiant pendant que d'autres rapportent dans l'enceinte du chantier le matériel emprunté. "Dernière sommation, on va faire usage de la force". Les étudiants reculent dans le calme avant de reformer un cordon sur le pont de Rochereuil. Au même rythme, ils reculent sur le boulevard de Chasseigne. A 11h25, arrivé sur le Pont-Neuf le cortège des anti-CPE se disperse. "C'est formidable d'avoir passé le cap des 10h", lance radieux Gregory Hamed, étudiant en lettres. La plus grosse action revendicative jamais organisée par des étudiants à Poitiers vient de se terminer sans incident.

Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée

Echos de manif

 

Bienveillance, interpellation, débrouille, reproche et analyse

 

Sans doute pas de PV

Les automobilistes contraints d'abandonner leur véhicule un peu n'importe où hier, ne devraient pas avoir de mauvaise surprise. La mairie a donné consigne à sa police d'observer avec "bienveillance les voitures mal garées".

 

Trois étudiants interpellés durant la nuit

Trois étudiants qui étaient en train de préarer le blocus de la ville ont été interpellés dans a nuit de mardi à mercredi aux abords du stade Rebeilleau alors qu'ils manipulaient des barrières métalliques. Menottés sur place et emmenés au commissariat de police de Poitiers ils ont été entendus pendant près de trois heures avant d'être relâchés aux alentours de 3h du matin.

 

L'étudiant prête son vélo au journaliste

Empêché par deux policiers postés sur le pont Saint-Cyprien de se rendre à bord d'une voiture de son journal sur les barrages étudiants, un rédacteur de la NR a pu néanmoins rejoindre les points de blocage grâce à un étudiant en lettres qui a mis à sa disposition son vélo une bonne partie de la matinée.

 

Mal informée

"C'est un comble: je travaille à la préfecture et je suppose qu'il y avait chez nous des gens au courant des projets de blocus. Nos responsables auraient pu au moins nous avertir ce mardi soir au lieu de nous laisser arriver sur Poitiers sans rien nous dire", rouspétait une fonctionnaire qui a terminé son trajet à pied.

 

L'UMP et la négociation

"Je condamne avec fermeté le blocage de Poitiers organisé ce mercredi matin par les étudiants en grève. Chacun est libre de manifester mais il est inadmissible d'empêcher toute une ville de rendre normalement au travail", analyse Jean-Yves Chamard dans un communiqué. A propos de la période de consolidation du CPE et de la motivation du licenciement, le très sarkozyste député UMP appelle toutefois "les partenaires sociaux à négocier et à proposer aux politiques des solutions raisonnables".

 

Témoignages sur le pont

Grosse affluence vers 9h sur la passerelle surplombant la gare. "Bien sûr qu'ils n'ont rien dit les étudiants. Ils ne voulaient pas voir les policiers venir les déloger ou même les empêcher de faire leur barrage ce matin", analyse en expert un collégien. "Moi, j'ai appris ce qui se passait en écoutant de bonne heure France Bleu Poitou", confie plus loin une maman.

 

NdPPP: si ce collégien était un lecteur fidèle de la presse locale, il aurait su que "les étudiants menaçaient de bloquer Poitiers", avec notamment, dans la Nouvelle République, un plan de Poitiers à l'appui.

Opération "Poitiers portes closes"

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

De notre rédaction de Poitiers

 

C'est à une véritable opération "portes closes" qu'ont procédé les étudiants de Poitiers hier matin, en bloquant tous les accès à la ville.

Depuis cinq semaines, le campus universitaire de Poitiers est bloqué par les étudiants mobilisés contre le CPE, bien sûr, mais aussi contre la loi Fillon et la réduction des postes au CAPES. Cinq semaines ponctuées régulièrement par des actions spectaculaires. La plus importante fut certainement celle menée à bien hier, et pensée déjà depuis plusieurs jours. Les étudiants ont en effet réussi à transformer la capitale de la région Poitou-Cahrentes en ville fantôme une matinée durant. Dès 6h45, les traites tirés par le manque de sommeil, des équipes ont été formées sur le campus universitaire de Poitiers pour bloquer sept points névralgiques de la ville, dont le carrefour de Rebeilleau, la Pointe-à-Miteau ou la très emblématique porte de Paris.

Voitures et bus se sont entassés derrière les barrages, provoquant des embouteillages monstres, tandis que que l'hypercentre de Poitiers affichait un calme très dominical.

A la porte de Paris, les étudiants, rejoints par les lycéens d'Aliénor d'Aquitiane et d'Auguste-Perret, ont été les derniers à être délogés par les gendarmes mobiles. Une dispersion qui s'est effectuée dans le calme aux alentours de 11h30.

Textes

Jean-Jacques ALLEVI, Agnès NOEL

Photos

Patrick LAVAUD, Agnès NOEL

 

La Nouvelle République, Jeudi 23 Mars 2006.

Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée

SOCIAL

POITIERS

Un millier d'étudiants anti-CPE ont procédé, hier matin, à une action coup de poing

 

Les étudiants bloquent la ville

Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée

Ils l'avaient annoncé, ils l'ont fait. Hier matin, un millier d'étudiants anti-CPE -et quelques lycéens- ont installé des barrages  sur les principales voies d'accès au centre-ville. Les forces de l'ordre ont rétabli la circulation en fin de matinée.

 

LE bazar....pour ne pas dire plus. Hier matin, le centre-ville de Poitiers semblait plongé dans le chaos le plus profond. Pratiquement aucune voiture, pas un bus. Seule une fourmilière de piétons entretenait un semblant de vie. La faute à qui? Aux étudiants anti-CPE;

Comme ils l'avaient annoncé la veille en assemblée générale, les étudiants poitevins sont donc passés à l'action hier à l'aube. Objectif: bloquer sept artères de circulation autour de Poitiers. Et ainsi toucher le coeur économique de la ville. De l'Etat. "On nous a longtemps reproché de ne pas prévenir de nos actions. C'est pour cela que, ce matin, nous jouons la transparence. C'est également une question de sécurité pour nous et les automobilistes. Nous sommes là pour faire passer un message, pas pour le plaisir", explique Mathieu, étudiant en Archéologie et membre de la coordination "comme les autres".

 

7h place à l'action

L'organisation commence à être rôdée à l'exercice du rassemblement. Dès 6h45, les étudiants affluent vers les deux poins de rendez-vous. Amphi J sur le campus. Place Leclerc en centre-ville. Comme convenu, ils sont environ un millier matinaux et motivés. 7h, l'heure des consignes. "Comme depuis le début, nous sommes là pour une opération pacifique. Nous bloquons la circulation mais nous laissons passer les urgences et les professionnels de santé. Nous devons à tout prix éviter les altercations avec les automobilistes. Nous ne sommes pas là pour bloquer ls gens mais l'économie", explique Stéphane. Dix minutes plus tard, le coup d'envoi de l'opération est donné.

7h30, les premiers barrages sont dressés. Pont-Neuf tout d'abord puis stade de la Madelain, Pont-Achard, Porte-de-Paris, Pont Saint-Cyprien, Pointe-à-Miteau et carrefour Kennedy. Les files de voitures s'allongent. Certains automobilistes tentent de forcer les barrages. Les forces de l'ordre interviennent et évitent les débordements. La seule solution pour atteindre le centre-ville: la marche. Les bus Vitalis rentrent au dépôt. 8h30, le centre-ville de Poitiers est bloqué.

 

10h40 : place aux gendarmes

Après plus d'une heure de blocus et de distribution de tracts, le temps est aux premiers bilans. "Je ne sais pas comment se sont déroulés ls autres barrages mais ici (Porte-de-Paris), j'ai l'impression que nous avons réussi notre coup. Les manifestations et les blocus ne suffisent pas pour nous faire entendre. Nous avons besoin d'opération comme celle-ci pour faire passer notre message. Même si certains automobilistes se sont énervés, beaucoup nous comprennent mais d'avantage sur le fond que sur la forme", analyse Annie, étudiante en Arts du spectacle. Autour d'elle, les sourires s'affichent sur les visages étudiants.

Mais il fallait bien une fin à cette histoire. 9h30, les gendarmes mobiles venus en renfort dans la nuit, ont procédé aux premiers débloquages. D'abord au stade de la Madeleine, puis à Pont-Achard vers 10h20. 20 minutes plus tard, c'est au tour de la Porte-de-Paris d'être évacuée. Dans tous les cas, aucun affrontement. Le mouvement étudiant de Poiiters est-et restera- un mouvement pacifique.

Une manif Boulevard Chasseigne et le coup de siffet final retentit. 11h, Poitiers est libérée.

Samy Magnant

Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée
Mercredi 22 Mars 2006 : Poitiers, ville bloquée...le temps d'une matinée

M. Echo...

...n'a jamais vu autant de véhicules Vitalis à un arrêt de bus à Poitiers. Hier, pas loin d'une dizaine étaient soigneusement rangés, rue Jean-Jaurès, à l'arrêt Baptistère Saint-Jean en raison du blocage du Pont-Neuf par les étudiants anti-CPE. Les manifestants avaient ainsi une possibilité idéale de rentrer au campus.

 

...s'est branché sur 87.6 et a écouté hier matin à Poitiers son confrère France Bleu Poitou. La radio était bien utile pour suivre minute après minute le blocus de la ville par les étudiants en lutte contre le CPE. Un point d'information complet toutes les 5 à 7 minutes, deux reporters en permanence sur le terrain, des témoignages à chaud (un chauffeur de taxi, un pompier, un étudiant...): pas de doute, France Bleu Poitou a été au coeur de l'évènement jusqu'à 10h30.

 

...a noté le commentaire ironique d'un étudiant présent aux barrages, dès 7h20 hier matin, aux entrées du centre-ville de Poitiers: "On a montré que tous les étudiants ne font pas la grasse matinée!

 

...se demande si le 4e Forum international de la mobilité urbain et les transports avancés (les 5 et 6 avril au Futuroscope) travaillera aussi sur la question du blocage de l'accès des centres-villes par des étudiants qui généralement se déplacent...à pied.

 

... a écouté les excuses présentées hier au tribunal administratif de Poitiers par une avocate qui a plaidé sans avoir son dossier sous les yeux. La faute aux..."étudiants poitevins qui ne m'ont pas laissé passer pour rejoindre mon cabinet ce matin et récupérer mon dossier".

Centre Presse, Jeudi 23 Mars 2006.

 

En bonus, un lien vers le blog de Jules sur ce premier blocus de ville.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:05

Cette nuit, certains risquent d'être en retard d'une heure, d'autres seront en avance malgré eux, quelques uns seront à l'heure.

Et l'immense majorité qui ronflera ne se rendra compte de rien...

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 09:22
Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers

UNIVERSITE

POITIERS

Après cinq semaines de grève contre le CPE, le président de l'université de Poitiers le bilan

 

"Un geste est nécessaire"

Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers

JEAN-PIERRE GESSON est un peu énervé.Dans les mains, il tient un article de notre confrère Libération. Son titre: "Universités, usines à précarité". Le président de l'université constate que "Poitiers est très médiatisée", mais cette médiatisation "conduit à des exagérations".

Face à ce constat, Jean-Pierre Gesson a tenu à faire le point. Avec lui, les doyens des facultés de Sciences Humaines, de Sciences, de Lettres et langues, de Sciences économiques, de Droit, de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) et le directeur de l'IUT de Poitiers.

 

Ne pas brader les diplômes

"On tombe dans la caricature" s'insurge Jean-Pierre Gesson, "l'université n'est pas responsable de la tenue de l'emploi en France". Et d'ajouter: "Nous avons des formations généralistes qui préparent à des emplois. Chaque année, l'université de Poitiers envoie 6000 étudiants en stages dans les entreprises!"

La colère passée, le président de l'université a souhaité faire le point sur le mouvement de grève à Poitiers et répondre à l'inquiétude de certains étudiants pour les cours et les examens. "L'université de Poitiers ne va pas brader ses diplômes. Et que ceux qui disent que nous traiterons nos étudiants différement ont tort."

 

Assurer les heures

Le premier objectif des responsables des facultés est d'assurer toutes les heures. Partant de l'hypothèse que le mouvement de grève s'arrête dans quelques jours, ils affirmentque le programme peut-être bouclé. Mais pour rattraper le retard, les étudiants devront faire des concessions: rogner une semaine de vacances à Pâques, décaler des sessions, travailler ou passer des examens le samedi et le dimanche....

 

Vers plus de sérénité

"Ils vont avoir une année plus longue"- confirme Jean-Pierre Gesson, "mais la situation est différente d'une UFR (Unité de formation et de recherche) à l'autre, d'un diplôme à l'autre" (lire ci-dessous). Plutôt proche des préoccupations des étudiants, mais défavorable au blocus, le président de l'université veut tout faire pour que les étudiants passent, malgré tout, leurs examens dans de bonnes conditions. Il pense aussi aux "problèmes de jobs d'été" et aux "problèmes de locations de studio". Bref, pas question de donner des cours en pleine été. Question de logistique.

En revanche, si le mouvement se poursuit trop longtemps, la situation deviendra très problématique. Pour Jean-Pierre Gesson, "un geste est nécessaire (ndlr: du gouvernement) pour que la sérénité revienne et pour que la fin de l'année se déroule correctement".

Bruno Delion

 

EXAMEN- Les facultés de Poitiers s'adaptent et changent le calendrier des cours

 

Des cours le samedi et peut-être le dimanche

Faculté des Sciences Humaines: Pour Jean-Michel Passerault, le doyen, le "message est clair: toutes les heures seront assurées mais ça va être assez compliqué". Des cours seront certainement décalés. J-M Passerault promet "d'accompagner les étudiants pour que les diplômes de 2006 soient les mêmes que 2005".

Faculté des Sciences: "Toutes les heures prévues seront effectuées" affrime Gilles Raby, le doyen. Selon lui, si les cours reprennent la semaine prochaine, "c'est jouable". Durant cette conférence de presse, il a affirmé que "le Futuroscope est un îlot de traquillité". Dans l'après-midi, les grévistes étaient sur le site pour rendre visite aux étudiants en sciences physique, mathématique, mécanique et informatique (SP2MI).

Lettres et langues: Jean-Louis Duchet, le doyen, a fait des calculs. "Il nous faut 19 demi-journées pour les examens. Avec 14 demi-journées, ça passe". La deuxième session est prévue début juillet pour ne "pas trop mordre sur les vacances d'été". En revanche, Jean-Louis Duchet estime "envisageable de passer les examens le samedi ou le dimanche".

Sciences économiques: Christian Aubin, le doyen, s'est fixé deux objectifs: "assurer l'intégralité des programmes et essayer de terminer la première session d'examen au 31 mai". En sciences-éco, il reste cinq semaines d'enseignements. Si le mouvement prend fin mardi, les vacances de Pâques seront amputées d'une semaine. Si le mouvement se poursuit...

Droit: "Nous ne toucherons pas aux vacances d'avril, ni à juillet et août" a affirmé le doyen Eric Gojosso. Les mois de mai et juin seront dédiés au rattrapage des cours et à l'organistation des examens.

STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives): Pour François Le Minor, le doyen des STAPS, "le choix a été fait de déplacer les trois ou quatre séances d'activités physiques sur le mois de mai", soit après les examens qui sont maintenus, ainsi que la 2e session de juin".

IUT: les étudiants sont entrés en grève ce lundi. Alain Texier, le directeur de l'institut prévient: "Avec 37h par semaine, les étudiants ont des semaines denses. Ils ne pourront pas être en grève trop longtemps, car il y aura trop de décalage".

Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers

SOCIAL

VIENNE

Forum social

 

Collectif pour le retrait du CPE

 

REUNI lundi soir à la Maison du peuple à Poitiers, le Collectif 86 pour le retrait du CPE s'est félicité du développement de,la mobilisation les 16 et 18 mars, de la détermination du mouvement étudiant et lycéen et de l'entrée dans l'action des étudiants de l'IUT et de nombreux établissements secondaires.

Il dénonce "les occasions manquées par l'intersyndicale interprofessionnelle nationale. Le 23 mars aurait dû constituer la prochaine échéance commune aux salériés et à la jeunesse", tout en prenant acte des deux grands rendez-vous fixés pour les jours à venir, notamment les 23 et 28 mars. Il appelle l'ensemble des organisations départementales et l'ensemble de la population à en faire des outils pour le développement de la mobilisation.

Le mardi 28 mars, le collectif appelle l'ensemble des structures syndicales à développer des grèves et des arrêts de travail dans tous les secteurs professionnels "pour assurer un "Tous ensemble", privé-public, salariés-étudiants-lycéens-chômeurs-précaires, qui permette au mouvement de franchir une nouvelle étape".

Centre Presse, Mercredi 22 Mars 2006.

MANIFESTATIONS ANTI-CPE

 

Les étudiants lancent ce matin

une opération "blocus" de Poitiers

Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers

Les étudiants anti-CPE ont décidé de bloquer dès ce matin sept des entrées de la ville de Poitiers. A moins d'une semaine de la nouvelle journée nationale d'action à laquelle appellent pour mardi prochain toutes les centrales syndicales, le ton monte sur le campus.

 

En décidant de bloquer dès 7 heures ce matin sept des principales entrées de Poitiers, la coordination étudiante anti-CPE a choisi, à moins d'une semaine de la journée nationale d'action de mardi prochain, de montrer une nouvelle facette de sa détermination. Cette nouvelle action, qui illustre un durcissement de ton, attribué dans les rangs à la surdité du Premier ministre, a été annoncée hier à la mi-journée à l'occasion d'une nouvelle assemblée générale qui a réuni près de 3.000 étudiants dans les deux tribunes du stade Rebeilleau.

"Nous avons décidé de changer de mode d'action. Nous allons opter pour des actions plus radicales mais toujours pacifiques? nous avons décidé de bloquer le centre économique de Poitiers. Seuls pourront passer les ambulances et les véhicules de pompiers. Le blocus ne durera pas toute la journée mais seulement le temps d'empêcher les gens d'aller travailler", a détaillé Stéphane Nicolas, l'un des étudiants en charge des actions au sein de la coordination.

 

"Les étudiants en ont marre d'être en blocus et de ne rien obtenir"

 

"Les étudiants en ont marre d'être en blocus et de ne rien obtenir. Nous avons décidé de montrer que nous n'étions plus de gentils étudiants. Nous sommes des étudiants motivés et notre but est de gagner, quelle que soit la manière", a poursuivi l'étudiant en histoire.

Toujours aussi suivie l'assemblée générale, qui a laissé, selon une règle toujours strictement observée, les antiblocages développer leur point de vue, a très largement reconduit le blocus: 1.395 voix pour le blocus total, 269 pour le blocus partiel; 545 contre tout blocus et 31 abstentions sur un total de 2.240 votants.

A l'issue de l'annonce des résultats proclamés sur le parvis de l'amphi J, une centaine d'étudiants a rejoint le site universitaire du Futuroscope pour tenter de rallier les étudiants de SP2MI (sciences, physique, mathématiques, mécanique et informatique), le seul établissement universitaire de Poitiers pas encore touché par le mouvement. Après avoir investi pacifiquement l'établissement sous les yeux de quelques gendarmes, puis pénétré dans les salles de cours, les étudiants ont improvisé une réunion d'information dans le hall. "On est venu pour vous expliquer pourquoi on se mobilise et pourquoi il faut que, vous aussi, vous vous mobilisiez, enchaîne Jules Aimé, de la coordination étudiante.

Le spectre du blocus est au couer de toutes les interventions. "Le blocus va réduire mes chances d'avoir mon concours", s'émeut un élève. Egalement membre de la coordination Tanguy le Bolloc'h tente de mobiliser: "Le blocus est un mal nécessaire. plus vite on sera dans la rue, plus vite on obtiendra ce que l'on veut et plus vite on pourra retourner en cours." Les étudiants venus du campus sont repartis vers 17h sans avoir réellement convaincu ni entraîné leurs camarades du SP2MI.

Jean-Jacques ALLEVI

Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers
Mardi 21 Mars 2006 : menace de blocus de la ville de Poitiers

La Nouvelle République, Mercredi 22 Mars 2006.

 

Sur le blog de Jules, la journée du Mardi 21 Mars 2006.

7 Février 2006 : 3000 personnes dans les rues de Poitiers.

13 Février 2006, avis de blocus sur le campus de Poitiers.

14 Février 2006, une Saint-Valentin dans la rue à Poitiers.

15 Février 2006: la fac de droit tombe sous la charme du blocus.

16 Février 2006: les étudiants à l'assaut de la CCI et du Rectorat.

17 Février 2006: un dernier blocus avant les vacances

27 Février 2006 :le blocus étudiant fait sa rentrée.

28 Février 2006: le carnaval de la précarité

1er Mars 2006, la difficile préparation du grand vote du blocus.

2 Mars 2006: dans les urnes, la victoire du blocus

3 Mars 2006: divergences chez les étudiants à Poitiers

7 Mars 2006: la grande mobilisation de Poitiers et l'invasion de la gare.

8 Mars 2006: le stade Rebeilleau à guichets fermés

9 Mars 2006: le mouvement étudiant à la recherche d'un second souffle

10 Mars 2006: avant la coordination nationale de Poitiers, le blocus est revoté

11 Mars 2006: la coordination nationale étudiante se déroule à Poitiers

13 Mars 2006: les étudiants s'invitent au CA de l'université

14 Mars 2006: opération "escargot qui décolle", sous le soleil

15 Mars 2006 : une pause pédagogique pour le mouvement

16 Mars 2006: la belle action du jour, une manifestation réussie

17 Mars 2006: l'IUT de Poitiers rejoint à son tour le blocus

18 Mars 2006: pas de répit contre la politique du gouvernement

La veille:  20 Mars 2006: McDo paye l'addition de la colère étudiante

Le lendemain : 22 Mars 2006: Poitiers bloquée le temps...d'une matinée

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:00
Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Les étudiants se font un Mco

 

Avant leur nouvelle AG aujourd'hui au stade Rebeilleau, les étudiants anti-CPE ont rendu visite hier matin au casting de la Star Academy. L'après-midi, ils ont bombardé d'oeufs et de papier toilette un restaurant McDonald's proche du campus de Poitiers.

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Après les actions et les manifestations qui ont rythmé la semine dernière, et avant la nouvelle assemblée générale qui se déoulera aujourd'hui à 13h au stade Rebeilleau les étudiants poitevins opposés au CPE se sont offerts hier deux visites symboliques.

Le matin, une vingtaine d'entre eux s'est ainsi invitée quelques instants au casting de la Star Academy qui se déroulait sur le site du Futuroscope. Puis l'après-midi, 200 à 250 étudiants se sont retrouvés sur le parvis de l'amphi J, au coeur du campus, prêts à ejoindre à pied le restaurant McDonald's distant de quelques dizaines de mètres.

Pour cette nouvelle opération, les anti-CPE avaient fait le plein de sacs de farine, de barquettes d'oeufs, de papier hygiénique et de sirop de grenadine.

 

"C'est le symbole de la main d'oeuvre jetable et consommable à merci!"

 

De quoi confectionner des munitions en prévision d'un pilonnage en règle de l'établissement.

A 15h15, la tête de la cohorte arrive en vue de l'objectif. Donnant le signal de l'offensive Julien Vialard, l'une des figues marquantes de la cordination, déploie une banderole de fortune: "McDo et CPE: futures bons amis". Le bombardement du McDo peut débuter. Feu à volonté sur Ronaldland. Les sacs de farines et les oeufs pleuvent sur les vitrines. Les rouleaux de papier toilette gorgés de sirop sucré prennent le relais et s'abattent sur le bâtiment. Durant une quinzaine de minutes, le fast-food subit la mitraille de l'armada estudiantine. Une enseigne dédiée au nouveau jeu McDo fait les frais de l'offensive. Sa maigre capacité de plastique n'a pas résisté à deux des obus.

"Les étudiants, c'est du pain béni pour McDo. McDo c'est le symbole de la main d'oeuvre jetable et consommable à merci! Si demain le CPE n'est pas retiré McDo sera le premier utilisateur du CPE", explique Julien Vialard à l'issue de cette "petite dédicace".

"Je ne comprends pas pourquoi les étudiants s'en sont pris à nous alors que les trois quarts de nos employés sont des étudiants en CDI", commente de son côté José Gomes, le patron du restaurant. "C'est sans doute leur façon à eux de montrer leur désarroi", poursuit le "superviseur" à son retour du commissariat de police de Poitiers où il vient de déposer une plainte.

Après l'AG qui se prononcera aujourd'hui sur la poursuite du blocus de l'université, les étudiants mèneront sans nul doute une nouvelle action symbolique. lors que les IUT de Poitiers viennent de rejoindre le mouvement de blocus Julien Vialard estime que "ce n'est pas le moment de relâcher l'effort car on sent que le gouvernement commence à fléchir et cherche une porte de sortie". Un sentiment largement partagé chez les anti-CPE.

Jean-Jacques ALLEVI

L'IUT installé dans le blocus

 

Réunis en assemblée générale dans deux amphithéâtres archibondés, les étudiants de l'institut universitaire de technologie (IUT) de Poitiers ont confirmé hier matin leur entrée dans le mouvement anti-CPE. Adopté vendredi matin en AG, le principe du blocus de l'IUT a été massivement reconduit hier en fin de matinée: 319 étudiants se sont ainsi prononcés pour le blocus total; 42 pour le blocus partiel; 94 contre le blocus alors que 9 des 464 votants se sont abstenus.

Auparavant, durant une bonne heure, les "iutiens" avaient débattu de l'opportunité du blocage. Une question d'autant plus aiguë que le régime des IUT est, à la différence de celui des unités de formations et de recherches (UFR) essentiellement fondé sur un très scolaire contrôle continu. "A l'IUT, on n'a le droit de redoubler qu'une fois. Qu'est-ce qui va se passer si le blocus dure", s'inquiète un étudiant. Réponse d'un membre de la coordination: "Avec le mouvement actuel, vous croyez qu'ils vont faire redoubler tout le monde?"

Inscrit en 1ère année de génie mécanique, David Guignon qui, du bas l'amphi anime l'une des deux AG, se démène pour convaincre. "Ce n'est pas maitenant qu'il faut se démobiliser. on fera tout pour vous pénaliser le moins possible. Le gouvernement va finir par lâcher. Le blocus ne durera pas longtemps". Présent depuis le matin, Thomas Regdosz, un des membres de la coordination étudiante exhorte à son tour les "iutiens": "Ca vaut le coup de se battre pour notre avenir proche, pour celui de nos enfants et pour celui de nos petits enfants". Peu avant l'organisation du vote, David Guignon rassure encore: "le blocus sera filtrant pour les 2èmes années pour aller en TP et en partiels."

Le blocus voté hier matin sera à nouveau discuté en AG mercredi matin.

 

J-J. A.

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

La Nouvelle République, Mardi 21 Mars 2006.

Lundi 20 Mars 2006 : McDo Poitiers paye l'addition de la colère étudiante

SOCIAL

POITIERS

Nouvelle action des étudiants anti-CPE

 

Le McDo pris pour cible

Lundi 20 Mars 2006 : McDo Poitiers paye l'addition de la colère étudiante

Les étudiants hostiles au CPE ne décolèrent pas. Un McDo a été bombardé hier d'oeufs et de farine.

PLUSIEURS centaines de rouleaux de papiers toilette, une cinquantaine de paquets de farine, une centaine d'oeufs, une dizaine de bouteille de sirop et un dizaine de bouteilles d'eau.

Non, les 250 étudiants n'ont pas l'intention d'inscrire leurs noms au livre des records du plus grand nombre de crêpes jamais réalisées. L'objectif est tout autre: bombarder le McDo, avenue du 11-Novembre à Poitiers, devenu au fil des manifestations hexagonales le symbole des récriminations et du travail précaire pour les étudiants.

Partis depuis le campus à coups de solgans ("Partage des richesses, partage du temps de travail, sinon ça va péter!"), le cortège descend l'avenue du Recteur-Pineau puis se positionnent devant le fast-food. Deux étudiants déroulent une banderole: "McDo et CPE, futurs bons amis." S'en suit un bombardement en rangs serrés. A 15h15, le fast-food est littéralement mitraillé d'oeufs, arrosée de mélange d'eau et de sirop de grenadine et recouvert de farine.

Cinq motards de la police, postés à proximité depuis la route, observent sans intervenir. Des consignes? Les tuiles du toit sont maculées de poudre blanche et de jaunes d'oeufs, le sol est jonché de dizaines de rouleaux et les vitres sont souillées de papiers toilette mouillés avec lesquels il a été écrit: "Non à la loi Fillon et à la réduction des postes au CAPES". Une étudiante s'exclame au téléphone: "Tu devrais voir ça, c'est énorme!"

Tellement énorme qu'un responsable du fast-food vient à la rencontre des jeunes assaillants sous les jets incessants de projectiles: "Ce que vous faites là, n'est ni plus ni moins que de la dégradation, peste-il. McDo n'est pas concerné par le CPE. Nous sommes une grosse entreprise qui avons plus de vingt salariés." En aparté, un porte-parole du mouvement explique cette action symbolique: "Nous ne sommes pas là pour dégrader. Nous ne sommes pas des casseurs. Le McDo est un symbole de la précarité. Si le gouvernement persiste, la France pourrait alors plonger dans une crise grave."

Denys Frétier

 

Le fast-food porte plaine

 

La direction de McDo a annoncé déposer plainte: "S'il n'y avait pas eu de casse, nous n'aurions pas porté plaine. Mais l'enseigne "Ronaldland" (figurine) a reçu trois impacts et a été trouée", explique une responsable. Le fast-food a fait appel à une entreprise privée pour nettoyer ce qui a été souillé.

 

 

POITIERS- Pour la reprise des cours

 

Lettre ouverte au président de l'université

 

"LE mouvement étudiant pour la reprise des cours" a rédugé hier une lettre ouverte au président de l'université de Poitiers.

Ce mouvement, qui jusqu'à présent n'a pas été reçu par le président Gesson, regroupe des étudiants excédés par le blocus de leurs facultés "liberticide et inacceptable". Fort de près de 700 signatures pour la reprise des cours, ce collectif s'adresse à Jean-Pierre Gesson: "Nous vous demandons de prendre vos responsabilités et de déclarer l'urgence de la reprise des cours". Reprise des cours et du dialogue car ces étudiants ne sont pas contre le CPE pour autant. "En tant qu'étudiants, nous comprenons leurs revendications et respectons leur droit de faire la grève, mais nous n'acceptions pas qu'ils nous empêchent d'étudier dans des conditions sereines".

Ce mouvement né en droit touche plusieurs autres facultés. Indépendant et apolitique, "nous n'avons rien à voir avec l'UNI," se défend Maxime Rolland, un des porte-parole. Une assemblée générale des anti-blocus est même prévue en faculté de géographie ce matin, et pas question d'y participer explique-t-il si elle est noyautée par un parti ou un syndicat pro-CPE. "Nous dénonçons également le nombre dérisoire de participants aux AG par rapport à la totalité des étudiants inscrits à l'université."

Beaucoup d'étudiants privés de cours sont rentrés chez eux et craignent que ce mois de grève les pénalise gravement. Si les examens de fin d'année sont reportés en juin et le rattrapge fin août, la poursuite de la grève posera des problèmes à ceux qui ont des contrats de travail pour financer leurs études, ceux qui ont résilié leur bail. Sans oublier, les concours de la fonction publique, les dossiers d'étude pour l'étranger et les étudiants étrangers venus dans le cadre d'Erasmus.

Les étudiants contre le blocus refusent le recours à la violence et l'appel aux forces de l'ordre pour régler le conflit.

 

Nouvelle AG à Rébeilleau

Aujourd'hui à 13 heures aura lieu une nouvelle assemblée générale du mouvement étudiant au stade Rébeilleau. Les débats devraient être suivi d'un vote pour ou contre le blocus des cours.

 

 

Lundi 20 Mars 2006 : McDo Poitiers paye l'addition de la colère étudiante

Centre Presse, Mardi 21 Mars 2006.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 08:44
La Une de La Nouvelle République, Lundi 20 Mars 2006.

La Une de La Nouvelle République, Lundi 20 Mars 2006.

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Poitiers s'est retrouvée, samedi matin, envahie par plusieurs milliers de personnes, appartenant à des milieux socioprofessionnels très différents, pour un dernier avertissement....

 

Dominique de Villepin vient de faire la démonstration qu'il est capable de mobiliser. Contre lui. Samedi matin, à Poitiers, près de 10.000 manifestants ont battu le pavé pour que le chef du gouvernment retire le contrat premier embauche (CPE) et le contrat nouvelle embauche (CNE) sous peine de sanctions immédiates. Economiques, d'abord, avec la menace d'une grève générale sur l'ensemble du pays; électorales ensuite avec l'échéance de 2007.

Dans ce long cortège parti de la porte de Paris à destination de la place Leclerc, via la préfecture, on pouvait lire la détermination sur les visages des manifestants qui sont restés cependant calmes. Sans un regard pour la quarantaine (visible) de fonctionnaires de police en faction en tenue de combat, devant la gare. Sans une halte devant le symbole du pouvoir concentré que représente la préfecture.

 

Le message que Villepin doit entendre

 

Qu'ils soient avocats, médecins, ouvriers, fonctionnaires, étudiants - ce sont d'ailleurs eux (environ un millier) qui ont conduit la manifestation - , ils sont venus, le plus souvent en famille, défendre l'avenir de leurs enfants: "C'est pour eux que nous sommes là, et aussi pour tous les autres, témoigne Gloria, enseignante, c'est un sentiment de solidarité."

La force de la rue, la force des masses: c'est le message que Villepin "doit entendre", lance un syndicaliste. Remontés jusqu'au prochain rendez-vous, les manifestants de samedi ne "lâcheront pas", assure ce père de quatre enfants. A Poitiers, la machine à mobiliser s'est mise en route pour défendre "un choix de société".

Sans désordre, sans casse et avec dignité les milliers de citoyens qui ont répondu, samedi au mot d'ordre de l'intersyndicale (1), viennent de rappeler que la "rue peut décider ce qui est bien pour le peuple".

Didier MONTEIL

 

(1) FO, CFDT, CFTC, CGT, CNT, FSU, Solidaires, UNSA, UNEF, le syndicat des avocats de France.

La Nouvelle République, Lundi 20 Mars 2006.

Samedi 18 Mars 2006 : pas de répit contre la politique du gouvernement

SOCIAL

MOUVEMENT ANTI-CPE - Nouvelle démonstration de force samedi matin où plusieurs milliers de personnes ont défilé de la Porte de Paris à la place Leclerc à Poitiers.

 

8000 à 10000 samedi !

Samedi 18 Mars 2006 : pas de répit contre la politique du gouvernement
Samedi 18 Mars 2006 : pas de répit contre la politique du gouvernement

SOCIAL

Retrait du CPE: réunion publique

 

Le collectif 86 pour le retrait du CPE invite dans un communiqué, tous les citoyens intéressés, les syndicats, associations et partis politiques à une réunion publique ce lundi soir à la Maison du Peuple, salle Timbaud (rue Saint-Paul) à 20h30 à Poitiers, "pour renforcer la mobilisation pour le retrait du CPE, pour la restitution des postes aux concours de l'enseignement et contre le loi Fillon". Engagé depuis plusieurs semaines aux côtés de la coordination étudiante et lycéenne et des syndicats de salariés, le collectif entend contribuer "à l'amplification de la dynamique unitaire qui s'est progressivement mise en place et offrir aux personnes isolées la possibilité d'apporter leur propre contribution. Au démarrage d'une semaine décisive pour la réussite du mouvement, il s'agit de mettre partout en débat la question d'une grève interprofessionnelle associant étudiants, lycéens et salariés".

 

Parti socialiste: "Retirer le CPE-CNE"

Dans un communiqué, les socialistes de la Vienne se félicitent de l'ampleur de la manifestation de samedi, à laquelle ils ont été nombreux à prendre part. "Des milliers d'habitants de la Vienne, salariés, professions libérales, parents d'élèves, ont rejoint les jeunes dans leur mouvement contre le CPE et le CNE" souligne son 1er secrétaire fédéral Jean-François Macaire. "L'immense majorité des Français souhaite ce retrait. Face au mépris gouvernemental, la résistance opposée par les jeunes Poitevins est remarquable. Il appartient aux organisations syndicales et aux coordinations étudiantes, qui ont montré leur maturité, de décider des modalités de la poursuite du mouvement." Le PS met en garde "la droite contre la tentation de laisser les tensions s'exacerber, au risque de susciter des violences. Si cétait le cas, le gouvernement porterait là une lourde responsabilité. La seule solution est de retirer immédiatement le CPE et le CNE et d'ouvrir un débat sur les questions de l'emploi, notament celui des jeunes, de la lutte contre la précarité et de la juste redistribution des richesses dans le pays".

 

Centre Presse, Lundi 20 Mars 2006.

France 2, 20H, Béatrice Schonberg, Samedi 18 Mars 2006.

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 08:51
Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Pour ou contre:

ébauche de dialogue entre étudiants?

 

Une dizaine de membres des jeunes populaires (UMP) et de l'UNI, ont donné une conférence de presse vendredi pour affirmer leur soutien au CPE et leur opposition au blocus des facs. Thomas Porchet, responsable départemental des jeunes populaires, déclarait: "Le CPE correspond aux attentes des jeunes. Je pense que cette mesure est positive pour l'emploi. De toute façon, il faut l'essayer avant de le juger. Pourquoi vouloir le tuer dans l'oeuf?" Quand au blocus, il précisait: "Nous comptons défendre notre droit d'étudier. Une minorité d'étudiants ne doit pas empêcher les autres de suivre les cours." Aussi les jeunes comptent t-ils lancer un référé liberté dans les jours qui viennent. La conférence a pris tournure de débat quand une quinzaine de membres du mouvement de grève sont arrivés. Tout le monde a pris place autour d'un café. Chacun a campé sur ses positions, avec amorce de dialogue pour certains, prises de parole plus enflammées pour d'autres. Les Jeunes populaires défendaient leur liberté d'étudier, les étudiants en grève leur proposaient de s'exprimer lors des assemblées. A 21h, ils y étaient encore. "Au moins le dialogue est instauré", a résumé Pierre-Antoine Laguna, de la coordination étudiante.

Vendredi 17 Mars 2006 : l'IUT bascule à son tour dans le blocus

La Nouvelle République, Samedi 18 Mars 2006.

Vendredi 17 Mars 2006 : l'IUT bascule à son tour dans le blocus

MOUVEMENT ETUDIANT - Les anti et pro CPE ont entammé le dialogue

 

Rabibochés autour d'un verre?

Vendredi 17 Mars 2006 : l'IUT bascule à son tour dans le blocus

HIER, place de la Liberté à Poitiers, les jeunes UMP tiennent conférence de presse. Soutien du CPE et dénonciation du blocus au programme. "Il nous est imposé par des étudiants qui ne tiennent pas compte du droit à l'éducation. C'est illégal et anti-démocratique", commente Thomas Porchet, leur chef de file. "Nous déposerons, lundi au plus tard, un référé-liberté devant le tribunal administratif", poursuit le jeune populaire.

Deuxième étape: défense et illustration du CPE. Thomas Porchet explique: "c'est un contrat qui correspond à nos attentes, mais nous ne sommes pas sourds à ce qui se passe. Il ne serait pas opportun que le gouvernement le retire, mais il faut bien se situer sur le terrain du dialogue".

Dialogue? Les jeunes UMP ne croient pas si bien dire. A quelques mètres d'eux, une dizaine d'étudiants grévistes. On s'observe du coin de l'oeil. "On aimerait bien un jour leur parler", soufle Tanguy, l'un des leaders du mouvement. Prise de contact hésitante, mais finalement tout le monde s'engouffre au Pilori, bar étudiant s'il en est. A peine assis, les bonnes habitudes prennent le dessus. "Bon on va essayer d'éviter au maximum les débats à la con qui mènent nulle part", prévient Tanguy. Les prises de parole, c'est chacun son tour et en levant la main s'il vous plaît.

Arguments, contre arguments, les propos sont déterminés, mais chacun arrondit les angles.

- Les UMP: "si les assemblées générales se passaient comme ça, on serait prêt à y participer".

- "Venez, des anti-blocus participent et on essaie d'avancer avec eux", encouragent les grévistes.

Convaincre l'autre camp reste illusoire, mais tous se donnent du mal. Seul point d'accord: la présidence de l'université aurait dû organiser une consultation des étudiants à bulletin secret. Il fallait bien un coupable...

Mathias Aggoun

Centre Presse, Samedi 18 Mars 2006.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:04
Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

SOCIAL

MANIFESTATION - Plus de 6000 personnes ont défilé hier dans les rues de Poitiers pour demander le retrait du Contrat Première Embauche

 

Une journée sans occupation!

 

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

Ils étaient encore 6.000, peut-être plus, hier dans les rues de Poitiers à demander le retrait des CNE/CPE. C'est désormais rituel, le matin, les lycéens de la ville se rassemblent à la préfecture ou place Laclerc. 14h45: tout le monde est en place. Le cortège s'ébranle. Au cours de la manifestation, les étudiants vont superbement ignorer deux de leurs cibles jusqu'ici favorites: faculté de médecine et gare de Poitiers. Même les CRS n'en revenaient pas! Arrivé vers 17h à la préfecture, le cortège s'est doucement dispersé sous le soleil de mars. Prochain temps fort: l'assemblée générale étudiante de ce matin et surtout la manofestation de samedi.

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !
Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !
Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

DEBAT - Polémique autour des nouveaux contrats dits "précaires"

 

Et si le CPE était une bonne mesure?

 

Les nouveaux contrats CPE et CNE accroissent-ils l'insécurité sociale? Avec 70% des français de moins de 30 ans estimant que le CPE risque de marginaliser le CDI*, on peut le penser. Le CNE ou "contrat gagnant-gagnant", selon le site internet du ministère des Affaires sociales, et le projet de loi sur le CPE, suscitent une mobilisation chez les étudiants et les lycéens jamais constatée depuis le Smic jeunes de Balladur. Pourtant, avec un taux de chômage qui avoisine les 10% (8.6% dans la Vienne), difficile pour le gouvernement de rester les bras croisés. "L'intégration des jeunes est un vrai problème, autant en quantité qu'en qualité", constate Jean-Pierre Castelain le directeur de l'Ecole de commerce européenne post-bac de Poitiers, et ancien chef d'entreprise, interrogé par téléphone. "Cela justifie que l'on trouve des olsutions, quitte à marcher sur certaines plates-bandes. Mais avec déjà 270 formes d'aides à l'emploi, les CNE et CPE s'ajoutent à un droit du travail lourd et complexe." Le principal grief reste donc la manière. "Il n'y a pas eu de concertation, c'est cela qui ne passe pas", explique Benjamin Gennequin étudiant en Biologie. Néanmoins, entre un CPE et rien, le choix est vite fait. Et pour les jeunes non diplômés c'est encore plus vrai. "Les diplômes sont de plus en plus dévalorisés, précise Benjamin. Moi j'en appelle à une manifestation citoyene, pas uniquement contre le CPE. Salariés, chômeurs, citoyens, jeunes des quartiers, tout le monde doit se regrouper!" Et le débat de rebondir lorsqu'on constate ces deux n'on pas été expressement demandés par le patronnat. L'heure de la flexibilité à outrance, n'est peut-être pas encore arrivée. Il faut regarder pour cela vers le droit du travail. L'ordonnance du 2 août 2005 est-elle conforme à la convention n°158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la France? Non selon l'article 4 - qui interdit le licenciement sans motif et l'article 7- qui impose l'existence d'une procédure contradictoire en cas de licenciement pour des motifs liés à la conduite ou au travail du salarié - de la convention de l'OIT. Un recours judiciaire qui n'a pas encore été utilisé devant le conseil des prud'hommes du département, mais qui dénie l'existence d'une catégorie de salariés corvéables à merci.

A.V.

 

* sondage CSA réalisée entre le 17 et 18 janvier 2006

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

Centre Presse, Vendredi 17 Mars 2006.

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

La manifestation anti-CPE

fait le plein de lycéens

 

De 6.000 à 7.000 manifestants opposés au CPE ont défilé hier après-midi à Poitiers. Les lycéens ont très largement dominé ce cortège dans lequel avaient aussi pris des places des étudiants et des salariés bien moins nombreux.

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

Il y avait bien sûr plusieurs centaines d'étudiants et des salariés. Mais la grosse, la très grosse majorité des quelque 6.000 à 7.000 manifetsants anti-CPE présents hier après-midi sur la place d'Armes et dans les rues de Poitiers, était composée de lycéens parfois arrivés dès le matin de tout le département et même, pour certains d'entre eux, des Deux-Sèvres.

 

"Un régiment d'étudiants  et de lycéens déclare la guerre au ministère"

 

Une présence si massive que les étudiants chargés du service d'ordre, reconnaissables à leur nez rouge, ont rappelé à plusieurs reprises aux plus turbulents des potaches de fermes consignes. "Pas de bouteilles en verre, pas de pétard, pas d'alcool et pas de débordement. On n'est pas là pour casser!"

L'absence des principales figures du mouvement parties au petit matin pour manifester à Paris avec quatre cents autres étudiants poitevins n'est pas sans compliquer les choses. A 14h 45, le départ du cortège par l'arrière de l'hôtel de ville est d'ailleurs bien chaotique. A plusieurs reprises, les nez rouges préfèrent bloquer le défilé afin de ralentir le rythme et l'ardeur des lycéens. C'est le cas dès l'entrée de la rue Jean-Jaurès que le cortège a prévu de descendre jusqu'au Pont-Neuf. Mais que les lycéens abandonnent pour emprunter la rue Arsène-Orillard. "Un régiment d'étudiants et de lycéens déclare la guerre au ministère", reprend en choeur la colonne qui rejoint alors la fac de médecine puis le boulevard Chasseigne entièrement envahi. Une nouvelle fois, les nez rouges stoppent le défilé.

Parvenus porte de Paris, les lycéens font un sit-in géant. Une pose avec, au menu, de la bière, du vin rosé et des gâteaux. A l'arrière, les syndicats de salariés s'inquiètent d'un possible envahissement de la gare distante de quelques centaines de mètres. La CGT annonce au mégaphone qu'elle ne s'y associera pas. Pour éviter que ne se renouvelle le scénario de la semaine passée, des gendarmes mobiles sont déjà en position pour repousser d'éventuels assaillants. Le dispositif est dissuasif. Les lycéens remontent directement vers la préfecture. Une courte halte avant de retrouver la place d'Armes où les manifestants s'évaporent alors que le camion sono de FO s'offre un dernier tour. Quelques petits groupes de lycéens se forment. Assis en tailleur Lilya, 17 ans, lycéenne à Victor-Hugo, Céline, 17 ans, élève de première à Aliénor-d'Aquitaine, Simon, en bac pro au lycée Réaumur et Anthony, 16 ans, en première S à Aliénor-d'Aquitaine savourent leur manifestation. Les étudiants présents sont eux, bien plus amers. "Les lycéens sont trop festifs et pas assez militants!", soupire Guillaume Chiche, en première d'AES. Même sentiment pour David Audouit, étudiant en histoire: "Les lycéens, c'est comme un soufflé ça monte très vite et ça retombe aussi vite."

Jean-Jacques ALLEVI

Une manif au goût amer pour les étudiants

 

Les étudiants présents hier après-midi dans le cortège à très forte domination lycéenne ne cachaient pas leur déception. Ils regrettaient amèrement l'absecne de la plupart des leaders et des figures marquantes du mouvement poitevin qui, selon eux, auraient pu donner un autre ton la manif.

A quelques exceptions près, les étudiants les plus investis dans le uvement et ceux responsables de l'organisation avaient préféré partir le matin même pour prendre part à la manifestation parisienne. Au total, ce sont environ 400 étudiants qui ont rejoint en bus ou en voiture le pavé parisien. "La majorité voulait aller à Paris mais je pense que ce n'était pas une bonne idée. 400 étudiants de plus à Paris ça ne fait pas forcément la différence mais 400 de moins à Poitiers ça s'est ressenti aujourd'hui dans l'organisation", soupirait Valentine Dalançon.

"Les leaders pour un mouvement, c'est très important et aujourd'hui ils ne sont pas là, ils sont à Paris", déplorait de son côté Baptiste, étudiant en première année de droit.

"On avait prévu une action coup-de-poing pour s'inscrire dans la continuité de ce que l'on a fait jusqu'à présent. Mais on l'a annulé car il y a avait trop de lycéens et pas assez de nez rouges pour en assurer la réussite", confiait David Audouit, étudiant en histoire. Et le même de regretter la moindre mobilisation de ses camarades: "Après notre dernière action à l'aéroport l'info est assez mal passée. Lorsqu'il n'y a pas d'AG, la mobilisation est plus difficile."

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

Poitiers quitte la coordination nationale

 

La coordination de l'université de Poitiers, a décidé jeudi de quitter la coordination nationale, la jugeant "incapable de coordonner le mouvement".

"Nous avons décidé de ne pas participer à la prochaine coordination, le 19 mars à Dijon, et à toutes celles quisuivront. Ces coordinations sont une perte de temps, d'argent et d'énergie qui n'aboutissent à rien. Dès lors, il nous paraît inutile d'y participer", indique la coordination de Poitiers dans un commniqué.

"Cette décision prise par la coordination, pour être effective, devra être entérinée par l'assemblée générale de vendredi", a précisé à l'AFP Ludovic Bonneaud, l'un des porte-parole de la coordination de Poitiers. Lors de la dernière coordination nationale, qui s'est tenue le week-end dernier à Poitiers, "les syndicats d'étudiants ont essayé de s'approprier le mouvement. Nous ommes contre et voulons rester indépendants", a expliqué l'étudiant.

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !
Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

Julien Vialard a décliné l'invitation de France 2

 

Finalement l'étudiant en histoire Julien Vialard, l'une des figures de proue du mouvement étudiant poitevin, qui devait participer hier soir à "A vous de juger" l'émission d'Arlette Chabot consacrée au CPE, a décliné l'invitation de France 2. Fortement incité à la faire par ses camarades un peu marris de le voir prendre une place trop prépondérante dans les médias nationaux.

Julien Vialard qui, ces derniers jours avait enchaîné les passages en radio et en télévision, a subi mercredi les fourdre des autres membres de la coordination poitevine devant laquelle il a été sommé de s'expliquer et de faire machine arrière.

 

"La branlette intellectuelle à la télé"

"Nous avons considéré qu'il était inutile d'aller faire de la branlette intellectuelle sur un plateau de télé au milieu des politiques", a ainsi commenté Stéphane Séjourné, autre meMbre influent de la coordination.

J.-J. A.

Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !
Jeudi 16 Mars 2006 : la belle action du jour, une manifestation réussie !

La Nouvelle République, Vendredi 17 Mars 2006.

France 2, 20H, David Pujadas, Jeudi 16 Mars 2006. Où l'on voit des Poitevins à Paris

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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