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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 07:49
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

POITIERS - Etudiants, lycéens et syndicats unis pour un deuxième blocus de la ville

 

Blocus, et de deux

 

Les étudiants et les lycéens ont de nouveau procédé à un blocus du centre-ville de Poitiers, hier. Pour cette deuxième édition chox, les syndicats se sont joints au mouvement durant lequel la Porte de Paris a servi de QG improvisé.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

DEUX semaines après le premier blocus de Poitiers le 22 mars, bis repetita hier matin. Cette fois, même les syndicats ont décidé de se joindre à l'action initialement menée par les étudiants et les lycéens.

6h30. Heure du rassemblement. Le parking de l'amphi J sur le campus et la place Leclerc du centre-ville sont envahis par plusieurs centaines d'étudiants, lycéens et syndicalistes motivés bravant la pluie et le froid.

Le succès de la manif de la veille a renforcé leurs positions.

 

Les chats et les souris

7h. En moins d'une demi-heure, les principales voies d'accès au coeur de la ville sont obstruées. Pénétrante, Porte de Ville, Pointe à Miteau, Pont-Neuf, avenue Kennedy, Porte de Paris et même les Portes du Futur à Chasseneuil-du-Poitou. Mais à la différenc du mouvement précédent, les forces de l'ordre avaient, semble-t-il, reçu le mot d'ordre de débloquer rapidement la situation...

A peine une heure plus tard, dans les différentes zones de blocage, un inévitable jeu du chat et de la souris s'installe entre les CRS (de Poitiers) et les manifestants. Tu me débloques, je te bloque..." Un petit jeu - le plus souvent bon enfant- qui a duré toute la matinée.

 

Porte de Paris, le QG

Dans le même temps, un petit village d'irreductibles du CPE goûte aux joies d'un blocus frileux et pluvieux. Où? A la Porte de Paris...Dès l'aube, une centaine d'étudiants et de lycéens, des dizaines de syndicalistes ont investi cette place stratégique. Les palettes de bois apportées par le camion FO, les barrières et les grosses pièces du chantier voisin servent à l'installation de barricades filtrantes. 8h, le carrefour est totalement fermé.

Sur place, Alain Barreau, de FO 86, ne cache pas sa satisfaction. "Opération réussie, clame-t-il. Les syndicats ne sont là qu'en soutien des étudiants et lycéens. Il faut les féliciter pour l'organistation et pour leur pacifisme. FO a été plus loin en apportant un soutien technique et logistique".

Au micro, les leaders étudiants donnent les premières informations: "Blossac repris. Pénétrante évacuée." La Porte de Paris se transforme en quartier général de l'état-major.

 

Le dernier bastion

11h. Après plusieurs informations contradictoires sur une possible intervention des CRS, les manifestants décident de faire une cagnotte pour un barbecue improvisé. 12h, les premières merguez et saucisses grillent sur les grill. 12h, on mange!

13h, la coordination étudiante reprend le mico pour mettre en place l'évacuation et de possibles blocus d'autres rues. Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. Selon les dernières informations, à 14h15, la Porte de Paris est le dernier bastion. 14h30 les CRS arrivent...et repartent.Une poche de résistance est annoncée avenue Kennedy. 15h30 les CRS reviennent et...avancent sur la Porte de Paris.

A 15h45, la Porte de Paris est libérée. Le blocus est officiellement terminé à 17h.

Samy Magnant

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

EDUCATION

CPE

Blocus des lycées, plus de 20 plaintes déposées

 

Le recteur demande "le respect de la liberté d'étudier"

 

LE recteur de l'académie de Poitiers a demandé hier que "la liberté d'accès des établissements soit respectée", face aux perturbations engendrée dans les lycées de son académie par le mouvement anti-CPE. Dans un communiqué, Frédéric Cadet indique que sur l'ensemble des quatre départements de la région, depuis le début des manifestations, plus de 20 plaintes ont été déposées pour dégradations ou pour violences aux personnes. "Des altercations entre des personnes bloquant les accès aux établissements d'enseignement et d'autres souhaitant une libre cireculation ont eu lieu ces derniers jours. Grâce au sens du dialogue des chefs d'établissement comme de leurs équipes, aucun accident portant atteinte de manière grave aux personnes n'est à déplorer à ce jour" précise-t-il.

 

Dans l'intérêt des élèves

Il souhaite que "la raison prévale et que tous les établissements scolaires de l'académie puissent retrouver rapidement la sérénité nécessaire à l'exercice de leur mission d'éducation. Les établissements doivent être accessibles à tous ceux ui souhaitent assister aux cours". Il rappelle en effet qu'alors que se profilent, avec la fin de l'année scolaire, les périodes de l'orientation et des examens, l'intérêt des élèves est avant tout d'assister aux cours. Le recteur demande que "la liberté d'étudier soit respectée par chacun, adultes et lycéens".

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Centre Presse, Jeudi 6 Avril 2006.

Et c'est à Poitiers qu'a été immortalisé le premier selfie...

Et c'est à Poitiers qu'a été immortalisé le premier selfie...

Centre Presse, Samedi 7 Avril 2006.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Toute la journée,

étudiants et CRS ont joué au chat et à la souris

 

Entamé hier au petit matin en huit points stratégiques, le second blocus de Poitiers tenu par quelque cinq cents anti-CPE s'est poursuivi jusque vers 17h.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Pour la seconde fois en quinze jours, les étudiants anti-CPE, aidés cette fois de représentants de plusieurs synidcats (CFTC, CGT, CNT et FO) se sont rendus maîtres, hier matin, des principales entrées de Poitiers. Si le 22 mars dernier, l'ultime rassemblement au Pont-Neuf avait été dispersé par les gendarmes mobiles en fin de matinée, hier, les étudiants ont tenu jusqu'à près de 17h. Essentiellement grâce à un incessant jeu du chat et de la souris qui s'est poursuivi tout au long de la journée.

 

Entre 7h et 7h30 la ville bloquée en huit endroits

 

Une journée débutée à 6h45 sur place d'Armes et au même moment sur le parvis de l'amphi J au coeur du campus. Malgré une pluie battante et un froid glacial, environ cinq cents personnes étaient réparties sur les deux sites. Beaucoup d'étudiants mais aussi des lycéens et des syndicalistes qui en quelques minutes ont formé des groupes chargés d'aller prendre position sur huit lieux stratégiques donnant accès à la ville. Entre 7 et 7h30, la ville s'est ainsi retrouvée bloquée.

Utilisant des balles de paille livrées par les paysans de la Coordination rurale (lire par ailleurs), des palettes de bois, des barrières métalliques, des palissades ou, comme à la Porte de Paris, d'énormes tuyaux d'adduction d'eau trouvés sur le chantier voisin, les étudiants ont confectionné d'infranchissables obstacles. Laissant toutefois circuler les véhicules d'urgence et dégageant au coup par coup un passage. Ici pour un véhicule de la Poste, là pour un fourgon de denrées périssables. Plusieurs automobilistes ont néanmoins fort peu apprécié ce nouveau blocage et l'ont fait savoir de manière parfois extrêment vive.

Après une heure de paralysie, des CRS ont entamé de réduire chacun des barrages. Prmier lieu d'intervention, la Pénétrante libérée avant d'être reprise plus tard. Scénario identique sur les autres poins de blocage où, comme à la porte de ville à Blossac, les anti-CPE se sont laissés chasser pacifiquement avant de s'éparpillerr et de revenir une fois les CRS partis. Une stratégie qui s'est poursuivie jusqu'à la fin de la matinée.

En début d'après-midi alors que la circulation était partout redevenue normale, le barrage de la Porte de Paris, en place sans discontinuer depuis 7h25, était le seul encore en place.

Peu avant 15h, une soixantaine de CRS ont alors démonté les barricades et ont repoussé les anti-CPE vers le boulevard Chasseigne. Sur plusieurs dizaines de mètres, les étudiants ont tranquillement reculé en réclamant "des bisous et des câlins" ou bien en lançant ironiquement: "CRS en colère, le pastis il est trop cher". Atteignant l'église Montierneuf, les manifestants ont cavalé par les derrières vers la Porte de Paris qu'ils ont repris sans difficulté avant d'en être chassés sans incident. Au bout d'une heure de face à face sur le boulevard du Grand-Cerf, les étudiants ont finalement décidé de filer tranquillement vers la voie Malraulx où ils ont repris positon quelques instants. Avant d'être, là encore, délogés aux alentours de 17h.

Le temps de savourer place Notre-Dame "une mission réussie" et les moins fourbus des manifestants se sont dirigés place d'Armes pour participer à un rassemblement contre les lois Sarkozy.

 

Jean-Jacques ALLEVI

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

IMPACT

Les manifestants atteignent leur objectif

 

Poitiers s'était transformé en quasi-désert, le 22 mars, lors du premier blocus organisé par les étudiants opposés au mouvement anti-CPE. Tel n'a pas été le cas hier. Sauf aux premières heures de la matinée, la ville est restée accessible pour qui suivait, sur France Bleu Poitou, l'évolution des barrages mobiles.

Les manifestants n'en ont pas moins atteint leur objectif en perturbant sérieusement la vie économique de l'agglomération. Si nombre de salariés avaient pris leurs dispositions, les usagers des lignes de Vitalis ont souvent attendu en vain leur bus. Sortis normalement en début de matinée, ils ont été rappelés au dépôt dès 8h: "On les envoyait sur les barrages et on ne faisait qu'aggraver le blocage." Trois lignes ont été remises, en service en fin de matinée: la 9C qui dessert Notre-Dame et le campus, puis la 8, entre Saint-Eloi et Poitiers Ouest, et la 4 pour Les Couronneries. Le service Allo Bus a reçu une avalanche d'appels.

Morne journée, pour nombre de grandes surfaces des Portes du Futur, à Chasseneuil. De Conforama à Boulanger, beaucoup de commerce n'ont guère vu de clients, le matin. Le chiffre d'affaires de Leroy-Merlin a baissé de 15%. Mac Donald's, en revanche, n'a guère souffert du blocus: les manifestants sont venus s'y réchauffer et manger.

A.D.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

La Nouvelle République, Jeudi 6 Avril 2006.

Sujet sur Poitiers à partir de 4 minutes.

France 2, 20h, David Pujadas, Mercredi 5 Avril 2006.

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 07:23
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

20.000 manifestants déferlent sur Poitiers

 

Une semaine après la déferlante historique du 28 mars, les anti-CPE ont réussi la passe de deux. Près de 20.000 personnes otnt à nouveau défilé, hier, dans les rues de Poitiers.

 

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

14h: Dans le périmètre du stade Rébeilleau, hier, une seule question est sur toutes les lèvres: la mobilisation sera-t-elle à la hauteur de celle, qui, la semaine dernière, a valu au mouvement anti-CPE de devenir la plus importante manifestation sociale de toute l'histoire poitevine?

14h40: Comme la semaine passée, les étudiants ouvrent le cortège derrière deux imposantes banderoles. Ils chantent "On n'est pas fatigués". Le ton est donné.

15h: Le cortège s'étire et s'approche de la Pénétrante. Les membres de la coordination étudiante, aux porte-voix, lancent un appel à la mobilisation pour le blocus de ce matin. Les premiers observateurs, postés sur les ponts, sont optimistes: "La manifestation est géante. C'est comme la semaine dernière."

15h30: Le cortège glisse sur la Pénétrante. Les étudiants mènent la manifestation, au diapason. Les nez rouges, épaulés par le service d'ordre des syndicats, encadrent parfaitement le mouvement. Les policiers, eux, sont beaucoup plus nombreux que la semaine passée. Les étudiants aprennent que 85 CRS sont en ville. Les policers savent déjà depuis longtemps que la gare sera envahie en fin de manifestation. Ambiance détendue.

16h: L'immense cortège atteint le boulevard Chasseigne. Au loin, sur les hauteurs de la pénétrante, on aperçoit les drapeaux des syndicats. Slogans et chants ricchent sur les hauteurs poitevines: CPE, Chirac Villepin, précarité..Depuis une semaine et malgré l'intervention présidentielle, rien n'a changé. Les Poitevins sont toujours dans la rue. Toujours aussi nombreux. Toujours aussi déterminés. Leur nombre: 12.000 selon la police, 28.000 selon les syndicats. A 20.000, on se rapproche sans doute de la vérité.

16h30: Le cortège arrive Porte-de-Paris. Le signal est donné. Les étudiants quittent la manif en courant  et envahissent les voies de chemin de fer en passant par le pont, les syndicats ne suivent pas. Les policiers, eux, ne bougent pas.

16h50: Des centaines d'étudiants marchent sur les voies. A la gare, les attendent des CRS. Le commissaire Benoit Desmartin, du commissariat de Poitiers, va à la rencontre des étudiants. Ces derniers évacuent la gare sans l'occuper. Entre les "nez rouges", les CRS et les policiers, deux mots: respect et courtoisie (lire notre reportage en page d'information générale).

17h: Le cortège, pendant ce temps, a continué. Il se reforme à la gare et prend la direction du centre-ville. Les 20.000 Poitevins ne lâchent toujours rien. Prochain rendez-vous ce matin aux portes de Poitiers, pour un nouveau blocus.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à PoitiersMardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

POINT CHAUD

Un lien entre les générations

 

L'histoire se souviendra du 28 mars et du 4 avril 2006. Jamais la ville de Poitiers, hormis à la Libération, n'avait connu une telle mobilisation. Jamais un même mouvement, dailleurs, n'avait rassemblé, à une semaine d'intervalle, autant de personnes, soit à chaque fois environ 20.000 mécontents déterminés. Et jamais, sans doute, autant de générations, de professions, de mouvements différents, d'obédiences diverses s'étaienbt retrouvés unis ainsi. De la Confédération paysanne, présente hier pour soutenir les étudiants, à des délégations d'entreprises châtelleraudaises, le rassemblement a rassemblé bien au-delà des limites habituelles. Hier, le mouvement anti-CPE, anti-CNE, anti-pas assez de postes aux CAPES, anti-gouvernement et surtout anti-précarité n'avait pourtant pas la même allure que celui de la semaine passée. Il y avait autant d'étudiants, certes, de lycéens aussi, de syndicalistes, de partis politiques, mais il y avait surtout de nombreux, très nombreux "anciens". Des retraités, des grands-parents, des "cheveux blancs" venus soutenir une jeunesse "sacrifiée, condamnée à payer les dettes de l'Etat et toutes les erreurs passées et actuelles". Personne ne sait jusqu'où ira le mouvement anti-CPE. Personne ne se risque à pronostiquer un essoufflement. Les étudiants et les lycéens tiennent le rang. Ne le quittent pas et ne dévient pas du chemin qu'ils ont tracé. "Ils étaient tous sortis en mai 2002 pour dénoncer Le Pen et après, ils sont retournés chez eux, ce sera la même chose pour le CPE", estimait un observateur. Peut-être, mais à la différence qu'aujourd'hui, c'est de leur avenir et non de leur honneur qu'il s'agit. Et les "anciens", de plus en plus présents à leur côté, l'ont très bien compris: cette génération CPE n'est vraiement pas la mieux lotie.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Les étudiants bloquent la ville ce matin

 

Les huit principales entrées de la ville seront bloquées ce matin par la coordination étudiante épaulée par l'intersyndicale. Les anti-CPE entendent désormais paralyser l'activité économique de la cité.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Comme ils l'ont déjà fait le 23 mars dernier créant une belle pagaille aux abords de la ville, les étudiants de la coordination de Poitiers sont bien décidés à bloquer de nouveau ce mercredi matin les neuf principales entrées de la capitale régionale (voir notre infographie ci-contre). Pour cette seconde action de blocus qui s'incrit dans la cadre d'une journée nationale de blocage dans l'ouest et l'est du pays, les étudiants poitevins recevront le soutien de l'intersyndicale qui a appelé à participer à l'opération. Les étudiants pourront également compter sur l'aide matérielle de la Confédération paysanne qui, au cours de la nuit, leu livrera un chargement de plusieurs dizaine de bottes de paille.

"Il faut désormais empêcher les gens d'aller travailler et même de consommer. Nous n'avons plus d'autre choix. C'est en paralysant le pays, jusqu'à ce que les gens se plaignent, que l'on gagnera", explique Stéphane Nicolas, de la coordination.

 

"Plus d'autre choix que d'empêcher les gens d'aller travailler"

 

"On en est arrivé à un point où occuper des locaux officiels ne sert plus à rien. Depuis le discours de Chirac, nous n'avons plus d'autre alternative qu'un blocus radical des villes", poursuit Grégory Hamed, autre étudiant membre de la cordination.

Même sentiment pour Anthony, 19 ans, étudiant en première année d'histoire de l'art: "Le blocus des facs ne suffit pas. Cela fait six semaines que la fac est bloquée et rien ne se passe. Plus on emmerdera les gens, plus il y aura d'écho". Conscient du risque de cassure avec l'opinion publique, les étudiants ont distribué hier 16.000 tracts expliquant leur action.

Si l'arrivée en ville de CRS venus renforcer les policiers locaux n'entame pas la détermination des étudiants, elle inquiète en revanche davantage les syndicats, à l'image de la CGT qui a donné des consignes à ses "délégués, militants et salariés protégés pour qu'ils se rendent sur les blocus afin d'éviter les frictions".

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

La Nouvelle République, Mercredi 5 Avril 2006.

 

Un petit bonus: mes photos d'une journée pas comme les autres. Et pourtant depuis, le record a été battu, en Mars 2009.

Article en cours de réalisation.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

POITIERS - La mobilisation anti-CPE ne faiblit pas: 10000 selon la police, plus du double selon les manifestants

 

Manif hier, blocus ce matin

 

L'intransigeance syndicale ne faiblit pas, l'énergie des étudiants non plus. Hier les opposants au CPE ont fait une nouvelle démonstration de force à Poitiers. Ce matin, les syndicalistes vont se railler aux étudiants pour bloquer la circulation à Poitiers.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

"CHIRAC a reconnu que la loi n'était pas bonne puisqu'il veut la changer et en même temps, il la promulgue", résume René Pintureau, de la CGT territoriaux. "Il y a confusion dans la tête des gens." Dans l'esprit des manifestants qui avaient choisi hier encore de descendre dans la rue et parfois de sacrifier une journée de travail, il ne semblait pas y avoir de doute. Malgré l'intervention du Président de la République et les promesses de modifications, les responsables syndicaux poitevins campent sur leur position: le retrait du projet de loi avant toute négociation. "Il y a un refus profond. Aujourd'hui, on peut mobiliser comme jamais", affirme Alain Barreau de FO86. "Aujourd'hui, personne ne peut emêcher un employeur d'embaucher quelqu'un en CPE, puisque la loi le permet. On demande que la loi ne le permette plus."

Dans une charte, les partis de gauche (alternatifs, LCR, PC, PS, Verts et LO) ont apporté leur soutien au mouvement étudiant et contre "la précarisation généralisée des salariés et en particulier des jeunes". Marc Loubaud, pour les parents d'élèves de la FCPE, rappelle que la "loi est faite pour défendre les faibles contre les forts".

 

Bloquer la ville

La menace de bloquer la ville ce matin et tous les matins qui suivent tant que le gouvernement n'aura pas retiré la loi plane toujours. Hier, les étudiants ont commencé l'organisation du blocus sur le même air que le mercredi 22 mars. Rendez-vous place d'Armes et à l'amphi J à 6h45 pour que des petits groupes se répartissent les points de la rocade à paralyser. Le rond-point de la route de Gençay, la Porte de Paris et le rond-point de Chasseneuil-de-Poitou seront les points noirs de 7h30. L'épreuve de force a commencé, sans craindre de prendre en otage les Poitevins qui iront travailler. "Il est important de faire un rapport de forces. Bloquer une ville à un moment T, c'est possible si on ne porte pas atteinte aux biens et aux persones", menace Alain Barreau. Christophe Massé pour la CGT appelle le plus d'adultes possibles à être présents sur les barrages auprès des étudiants, de façon à s'interposer et à éviter les violances éventuelles avec les forces de l'ordre. La préfecture de Poitiers a promis de "faire respecter la liberté d'aller et venir et apportera une réponse adaptée au phénomène".

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

M. Echo...

...a vu hier à la manif à Poitiers un chien paré d'un joli petit manteau. Dessus, on pouvait lire: Chien Précaire Embauche.

 

...a reconnu son ancien prof de maths au milieu des manifestants. Il n'a pas pu lui parler car il soufflait joyeusement dans sa clarinette...comme autrefois lorsqu'il détendait ses élèves pendant les cours.

 

...s'est retrouvé en fin de cortège hier après-midi avec les partis politiques locaux. Contrairement aux manifestants parisiennes, ce n'est pas là que l'on retrouve les casseurs. Encore heureux!

 

...s'interroge aussi sur la position de ces mêmes partis en queue de manif. Sont-ils là pour pousser la foule en colère ou sont-ils mis à l'arrière car trop politisés? C'est à l'appréciation de chacun. Mais dans les deux cas, le soutien a l'air sincère.

 

...a observé Christian Dudognon, président de l'association poitevine l'Eveil, et militant CGT, compter les participants à la manifestation contre le CPE. Faisant preuve d'une honnêteté sans borne, le sémillant comptable d'un jour retranchait systématiquement tous ceux qui faisaient machine arrière pour retrouver un camarade. Entre les additions et les soustractions et les nombreuses pauses pour lancer quelques blagues, pas sûr que les comptes soient certifiés fiables.

 

...a constaté que les manifestations se suivent et se ressemblent. l'autre mardi, les élus communistes de la ville de Poitiers (Jean-Jacques Guérin, Michel Bodin et Jean-Paul Dampuré) se sont retrouvés au bar le Victor-Hugo en fin de manifestation pour prendre une bière. Et hier, les élus communistes se sont retrouvés au même endroit, au même moment, pour une sanction identique. Allez, encore une manif et ce sera la tournée du patron.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Centre Presse, Mercredi 5 Avril 2006.

France 2, 20h, David Pujadas, Mardi 4 Avril 2006.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 08:24
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

LE FAIT DU JOUR

 

Etudiants et salariés

de nouveau dans les rues cet après-midi

 

La nouvelle manifestation des anti-CPE démarrera à 14h30 du stade Rebeilleau à Poitiers. Des milliers d'étudiants, de lycéens, de salariés y sont attendus.

Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

Mardi dernier, les anti-CPE étaient au bas mot 20.000 dans les rues de Poitiers. Un chiffre colossal à l'échelle de la ville. Jamais atteint par la passé. Ni en mai 1968, ni en décembre 1995 lors du mouvement contre le plan Juppé. Seule la libérationde la cité intervenue en septembre 1944 - et c'était là un jour de joie - avait peut-être jeté dans les rues un nombre de Poitevins aussi impressionnant.

 

"Manifester autant sur le CPE que sur la réaction du président de la République"

 

Mais cet après-midi, combien seront-ils? A l'orée de la cinquième journée de manifestation anti-CPE qui démarrera cet après-midi à 14h30 du stade Rebeilleau, pas un étudiant, pas un syndicaliste ne se risque à faire un pronostic.

Mobilisés depuis douze semaines, les étudiants de la coordination affichent une confiance à toute épreuve. "On n'observe aucune faiblesse parmi nos troupes", jure Stéphane Séjourné, de la coordination. D'autres, investis dans le blocus de leur université depuis le 13 février, répètent qu'après autant de temps, ils n'ont plus rien à perdre. "C'est trop tard pour lâcher. On ira jusqu'au bout."

Pourtant, le spectre de l'essoufflement plane bel et bien sur le campus. Julien Vialard, l'un des leaders de la coordination poitevine, l'a reconnu jeudi dernier lors de la dernière AG en date qui a réuni au stade Rebeilleau un petit millier d'étudiants, moitié moins que d'habitude. Mais depuis, est venur l'intervention télévisée du président de la République vendredi soir. De nature à remobiliser certains.

"Beaucoup de gens sont écoeurés par l'intervention du président Chirac. Ca va être chaud", observe Laurent Caron, le secrétaire départemental de la CFDT. Alain Barrault, secrétaire départemental de FO confirme: "Nous sommes sollicités par des entreprises qui ne sont pas encore sorties et qui veulent manifester autant sur le CPE que sur la réaction du président de la République qui promulgue une loi refoulée par 3 millions de personnes dans les rues du pays."

Un sentiment qui inquiète Alain Barrault. Le syndicaliste redoute "la dérive progressive de la situation qui risque de quitter le terrain social et syndical pour arriver sur le terrain purement politique. Nous craignons que des actions beaucoup lus tranchées vienent éventuellement troubler l'ordre public. Et le gouvernement en portera la responsabilité." Laurent Caron ne cache pas qu'il "craint la casse". D'ailleurs en prévision d'éventules débordements, le patron de la CFDT confie avoir renforcé le service d'ordre de son syndicat. D'avantage de syndicalistes en chasubles aux armes de la CFDT mais aussi des militants anonymes placés au coeur du cortège prêts à intervenir si nécessaire.

 

J.-J. A.

Possible blocus de Poitiers mercredi

La coordination étudiante a adopté hier le principe du blocus de Poitiers pour mercredi matin, si le CPE n'est pas d'ici là purement et simplement retiré. Les étudiants annoncent qu'ils prendront position à différents points de la ville afin de rendre impossible l'entrée dans la capitale régionale ce matin-là.

Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

La Nouvelle République, Mardi 4 Avril 2006.

SOCIAL

MANIFESTATION ANTI-CPE -Comme mardi dernier, des milliers de manifestants sont encore attendus cet après-midi à Poitiers

 

Toujours déterminés

Malgré la promulgation de la loi sur l'égalité des chances, les lycéens, étudiants et salariés seront certainement nombreux à défiler aujourd'hui.

 

COMBIEN de manifestants défileront-ils aujourd'hui dans les rues de Poitiers? "Ce n'est pas le problème puisqu'il paraît que ce n'est pas la rue qui gouverne", lance Alain Barreau, secrétaire départemental de FO. Reste que lycéens, étudiants et syndicats de salariés ont battu le rappel. Des délégations de toute la Vienne devraient être présentes dans le cortège cet après-midi.

Dès 13h, les tribunes du stade Rébeilleau, à Poitiers, accueilleront l'assemblée générale lycéenne et étudiante à laquelle participeront les syndicats de salariés. Dans la foulée, les principaux partis de gauche - PS, PC, Verts, Alternatifs, MRC (Chevènement), la LCR (Besancenot) - signeront une charte anti-CPE. La manifestation en tant que telle partira ensuite à 14 h, toujours de Rébeilleau. L'itinéraire, rocade, Pénétrante, les boulevards extérieurs jusqu'à la Porte-de-Paris, puis direction la gare avant la dissolution du cortège à la préfecture.

Désormais, les anti-CPE comptent passer à la vitesse supérieure. Dans un tract distribué largement hier en ville, ils appellent "en l'absence de déclaration gouvernementale [ce soir] annonçant le retrait du CPE/CNE [...] à se mobiliser massivement à 8 h, Porte-de-Paris, avec blocus." Deux autres points de rendez-vous sont fixés, dès 6h45, place Leclerc et à l'amphi J, sur le campus. Et dans la foulée, les anti-CPE annoncent un blocus de la ville tous les jours jusqu'au retrait du texte par le gouvernement!

Mathias Aggoun

Les étudiants écrivent à la police

A la suite des incidents de vendredi soir entre forces de l'ordre et étudiants, ces derniers ont adressé une lettre au patron poitevin de la police. Ils y rappellent que toutes leurs actions ont jusqu'ici été pacifiques alors qu'ils ont déjà noté "le dérapage d'un policier de la BAC [ndlr: brigade anti-criminalité] pendant une manifestation", celui-ci ayant, selon les étudiants "le coup de matraque un peu "facile"". Au sujet des incidents de vendredi, les étudiants rappellent qu'ils ont eu des blessés dans leurs rangs avant d'ajouter: "Nous avons pour nous l'art. 9 du code de déontologie de la police qui dispose, en synthèse, que le policer ne doit faire qu'un usage strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre. A nos yeux, certains de vos hommes ont violé ce texte auxquels ils sont soumis, ce qui va nous permettre d'engager des poursuites."

CPE - Réaction du député socialiste

Claeys : "On ne louvoie pas avec la jeunesse"

 

PAS de manifestation aujourd'hui pour Alain Claeys. A l'heure où le cortège s'ébranlera, le député socialiste de la Vienne sera à l'Assemblée nationale. "Pour une réunion de groupe au cours de laquelle sera finalisée la proposition de loi que va déposer le PS et qui comportera un article unique qui réclamera l'abrogation pure et simple du CPE." La seule façon, selon lui, "d'apporter de l'apaisement, car on ne peut pas attendre des semaines" alors que la déclaration de Jacques Chirac "a rajouté une tension supplémentaire". Il faut "arrêter les contorsions" et éviter "de louvoyer avec la jeunesse" car celle-ci "attend un langage clair". Une seule solution: "Faire un geste fort dans l'intérêt de l'Etat et non louvoyer pour des convenances personnels". Bref, abroger.

 

Mitterrand en 1984

Un responsable politique peut faire un pas en arrière, estime Alain Claeys: "Ce n'est pas la rue qui gouverne, mais on peut, quand la situation l'exige, tenir compte de la réaction des citoyens. En 1984, quand un million de personnes défilait contre le projet de loi sur l'école libre, François Mitterrand avait retiré celui-ci..."

Selon lui, le conflit du CPE relève une crise plus profonde: "L'ascenceur social ne fonctionne plus. Aujourd'hui, parents et grands-parents craignent que leurs enfants soient plus malheureux qu'eux. Surtout ceux qui sortent de la formation initiale en situation d'échec." Pour eux, Alain Claeys propose...un CFE: "Un contrat formation emploi qui permettrait d'embaucher un jeune moyennant une formation au sein de l'entreprise dont le coût serait pris en charge par l'Etat." Le député rencontrera syndicats de salariés et étudiants sur ce sujet ce matin.

Centre Presse, Mardi 4 Avril 2006.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 10:04

SOCIAL

MANIFESTATION

 

Samedi, comme un air de monôme

Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin

Les étudiants se sont, samedi matin à Poitiers, rendus au marché Notre-Dame avant de terminer leur manifestation à l'Hôtel Fumé.

 

APRES l'occupation la veille de la cour du rectorat par les étudiants - évacués par les forces de l'ordre - , c'est un tout autre spectacle qu'offraient les anti-CPE, samedi matin à Poitiers. Rieurs et pour certains grimés en PDG de carnaval, une centaine d'entre eux ont défilé de la place du Palais de Justice jusqu'à l'Hôtel Fumé en s'accordant un petit détour par le marché Notre-Dame.

1er avril oblige, les étudiants avaient évidemment changé tous leurs slogans pour l'occasion. Au son de "On l'aime bien Gilles de Robien, sa politique est fantastique" et de "Il était des gauches qui voulaient contester le choix de leur ministre si beau et si bronzé", ce joyeux monôme s'est mis les rieurs de son côté dans une bonne partie de la ville.

Au moment où certains étudiants parlent de radicalisation du mouvement, les anti-CPE avaient décidé de s'offrir une petite pause "fraîcheur" avant la grande manifestation de mardi. Pas sûr que ce jour-là, les slogans soient aussi gracieux à l'oreille des ministres.

Mathias Aggoun

Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin
Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin

Jean-François Macaire:

"Amplifions la mobilisation"

 

DANS un communiqué, Jean-François Macaire, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de la Vienne, appelle à "amplifier la mobilisation". Il indique: "Mardi 4 avril, des millions de Français vont se mobiliser à l'occasion d'une nouvelle journée d'action organisée par les étudiants, les lycéens et les syndicats. Cette fois, au-delà des revendications portées par les journées précédentes, c'est la question de la démocratie et de la République qui est en jeu.

Le Président de la République promulgue une loi qu'il ne souhaite pas voir appliquer! Il passe en force contre tous les syndicats et prétend ouvrir une négociation! C'est ce déni de démocratie et cette mascarade institutionnelle que le peuple français dénoncera mardi.

Le CPE doit être retiré. C'est la seule voie possible pour permettre le retour d'un dialogiue social insidpensable au fonctionnement de notre pays. Les socialistes de la Vienne appellent toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie à manifester massivement et pacifiquement mardi à Poitiers et Châtellerault."

Centre Presse, Lundi 3 Avril 2006.

 

L'édition de la Nouvelle République du Lundi 3 Avril 2006 n'étant pas disponible aux Archives Départementales de la Vienne, il n'y aura pas un autre récit journalistique sur cette journée. Non, ce n'est pas une blague.

 

Par contre je vous propose un bonus avec quelques images du blog de Jules sur ce 1er avril très politique à Poitiers.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 08:08
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Les étudiants s'invitent au conseil

 

Faute de place, bon nombre des étudiants venus manifester hier soir devant le conseil municipal n'ont pas pu entrer. Une manifestation dans le calme - si ce n'est un agité - et qui a ravi la majorité municipale.

Les étudiants auraient voulu interpeller la représentante de l'UMP. En l'occurrence Jacqueline Daigre. Jacques Santrot a répondu qu'elle était ici en tant qu'élue municipale et non comme représentante d'un parti politique.

En fait, le débat sur le CPE a bien eu lieu. Mais au tout début du conseil à 18h. Jean-Jacques Guérin a exprimé le soutien du PC à la lutte des étudiants, son opposition "totale" au CPE comme au CNE, et exigé son retrait "immédiat" avant de demander "que le CDI reste la norme du contrat de travail et que les contrats précaires soient dument réglementés et limités aux cas exceptionnels."

 

Précarité pour les uns, rentes de situation pour les autres

 

Jean-Claude Bonnefon, adjoint au maire et président de la Mission Locale, s'est dit "effaré par la situation de précarité faite aux plus pauvres et les rentes de situation offertes aux plus riches."

Eric Joyaux, puis Robert Rochaud (les Verts) ont critiqué Jacques Chirac "qui casse tout ce qui a été mis en place depuis un demi-siècle dans le domaine de la protection sociale. Et généralise les coups de force permanents."

Pour Catherine Coutelle (PS) la situation actuelle est "ubuesque": "Il existe déjà 21 contrats pour les jeunes. pour un de plus, on met la nation en situation de blocage." Elle a même parlé de "situation révolutionnaire."

"Ce gouvernement cultive l'insécurité", a ajouté Maurice Monange. Et Jacques Santrot a carrément déclaré au sujet du gouvernement: "Si certains de ces gens-là avaient vécu en 1920, ils auraient envoyé les gosses de 14 ans à la mine." Il a réitéré son propos un peu plus tard.

Jacqueline Daigre (opposition) a invité les élus "à ne pas diaboliser le CPE". Michel Bodin (PC) a dénoncé la précarité grandissante: "Poitiers comptait 2.636 allocataires du RMI en 2004, 2.838 en 2005."

Le débat sur la politique gouvernementale a rebondi quand Michel Touchard, adjoint au maire, a évoqué la circulaire Sarkozy sur l'expulsion des étrangers. réaction du maire: "Si ce avait été écrit dans les années trente, celui qui l'a rédigé n'aurait pas été autorisé à entrer en France." Silence dans la salle.

Manifestations et blocus la semaine prochaine

 

Manifestations et présence aux portes ouvertes de l'université ce week-end, grève et blocus annoncés la semaine prochaine: les étudiants ne veulent pas relâcher la pression.

 

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Une manifestation et une action ce week-end, une autre manifestation et un blocus en prévision la semaine prochaine: la coordination d'hier a vu les étudiants déterminés à ne pas relâcher leur pression au moment où la question des examens de fon d'année se pose de façon accrue. Position maintenue, donc, mais le nombre de présents s'est réduit hier: beaucoup ayant préféré le barbecue installé fac de lettres à la réunion. "On a 9 jours pour changer la donne, le temps dont Chirac dispose pour faire un moratoire. Il va falloir taper très fort", résumait Julien Vialard. Action donc. De manière festive aujourd'hui: 1er avril oblige, les étudiants cont manifester en faisant passer leur revendications par le biais de déguisements caricaturaux, de paneaux pro-CPE, etc. Ils comptent également organiser une action lors des portes ouvertes de l'université.

La semaine qui s'annonce sera nettement moins ludique. Lundi, une charte de soutien du mouvement étudiant et lycéen sera signée par six partis de gauche (PS, MCR, LCR, PCF, Verts, Alternatifs). Mardi, un appel national à la grève a été lancé, par les étudiants et par les organisations syndicales et politiques. Tous veulebt que la journée soit d'ampleur aussi importante que celle du 28 mars (Des tracts vont être distribués ce week end).

Et mercredi, la coordination compte bloquer la ville. "Nous souhaitons rendre le blocus national. Nous avons déjà contacté certaines villes".

 

A.N.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Manifestations

Des réactions de colère

 

Des centaines de militants anti-CPE se sont réunis hier soir à Paris et en province pour écouter l'allocution de Jacques Chirac, conspuant le président lorsqu'il a annoncé la promulgation de la loi.

A Paris, plusieurs centaines de personnes, lycéens, étudiants et représentants de divers partis politiques (LCR, PCF) et syndicaux (FSU, CFDT) se sont rassemblées place de la Bastille et ont sifflé l'intervention présidentielle diffusée par un camion sono.

Au moment où le chef de l'Etat annonçait qu'il promulguait la loi égalité des chances, ils se sont mis à scander: "Chirac en prison, Villepin démission" et "retrait du CPE".

Les anti-CPE de Bastille se sont ensuite lancé dans des manifestations sauvages, cherchant à rejoindre la Concorde et à se diriger vers l'Elysée voisin en deux cortèges. Les premiers ont traversé la Sein en face de l'Assemblée nationale, mais en voyant d'importantes forces de l'ordre déployées à la Concorde, ils ont renoncé à leur projet initial.

Ces jeunes, dont certains portaient des drapeaux de la Confédération nationale du travail (CNT, anarchistes) et de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), ont pris la rue de Rivoli pour aller à la rencontre d'un second cortège arrivant de Bastille par cette voie. Ils se sont rejoints au niveau de la rue du Louvre puis se sont dirigés vers la place de la Bourse.

A Lyon, quelque 350 jeunes, selon la police, se sont rassemblées vendredi soir, place Bellecour à Lyon. A Rennes, bastion de la contestation anti-CPE mais où la plupart  des étudiants, venus de tout l'Ouest, rentrent chez eux le week-end, seuls quelque 150 étudiants s'étaient réunis devant la mairie de Rennes où ils ont crié leur déception. A Lille, une centaine de manifestants ont accueilli la promulgation de la loi par des huées et ont ensuite défilé dans les rues. A Strasbourg et Nancy, ils étaient une centaine sur les places Kléber et Stanislas, tandis que 250 manifestants étaient réunis à Grenoble, 500 à Bordeaux.

A Poitiers, une cinquantaine de jeunes ont lancé des poubelles contre le façade de la permanence UMP, certains crachant sur la façade. Très énervés, ils ont ensuite envahi le conseil municipal de Poitiers (PS).

La Nouvelle République, Samedi 1er Avril 2006.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

SOCIAL

POLITIQUE

Les réactions à la suite de l'annonce de Jacques Chirac

 

Le CPE continue, la colère gronde

 

Quelques heures après la décision de Jacques Chirac, leaders politiques et sundicaux du département ont réagi à la promulgation de la loi sur le CPE (Contrat première embauche). Chez les étudiants, le ton monte.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

20 HEURES. Local des Verts à Poitiers. Une trentaine d'étudiants écoutent l'allocution du président Chirac. A l'annonce de la promulgation de la loi sur le CPE, c'est l'incompréhension. Les pouces dirigés vers le sol, tous condamnent le discours. Puis, c'est la prise de parole. "Il reproduit les mêmes erreurs sans comprendre ce que veulent les autres, j'ai l'impression d'être incompris" s'insurge Thomas. "Moi, j'ai surtout le sentiment que l'on se fout de notre gueule!" monte d'un cran Stéphane. "Si le fait de bloquer les universités, les routes et les gares ne suffit pas, on sera obligé d'aller plus loin!" poursuit Jules. 20h30, direction la place du Leclerc. Quelques minutes plus tard, ils sont une cinquantaine à se diriger vers la permanence de l'UMP, rue Carnot. Ils crachant, ils jettent des poubelles contre la façade. Quinze minutes après, ils envahissent le conseil municipal de Poitiers.

22h30, une centaine de jeunes pénètrent dans le rectorat.

 

Les réactions

"La loi est promulguée et le président ment", réagit à chaud Christophe Massé, de la CGT 86. "J'ai ressenti cette intervention comme une provocation et une volonté de semer la confusion sur les aspects techniques de cette loi. La période d'essai est d'un mois. La période probatoire passe donc de deux à un an. Elle peut être interrompue à tout moment, non pas pour faute, mais car il pourrait apparaître que l'emploi n'est plus viable. Donc, il faut qu'on continue. On reçoit des coups de fil d'entreprises qui n'ont jamais fait grève et qui seront dans la rue mardi!"

 

Jean-Yves Chamard, député UMP reste persuadé qu'il fallait négocier avant. "Aujourd'hui on voit la crainte des jeunes devant l'avenir professionnel. Je suis pour une seconde délibération de la loi. Si le président de la République promulgue la loi, il doit ouvrir une négociation globale sur les jeunes en France."

La présidente du Conseil régional, Ségolène Royal interrogée par l'AFP: "Je voudrais appeler [le président] à son sens des responsabilités, lui faire comprendre qu'une crise profonde existe et qu'il y a maintenant un danger de montée des violences et que le rôle d'un chef de l'Etat c'est de faire la paix et d'apaiser les tensions. Ce n'est certainement pas de faire de la provocation pour des raisons d'amour-propre personnel."

Alain Fouché, président du Conseil général (UMP): "Je suis pour une grande concertation avec les partenaires sociaux. Il faut refaire ce texte qui n'est pas applicable. Il faut vraiment une nouvelle discussion."

Alain Claeys, député PS de la Vienne: "Notre pays a besoin d'apaisement. Le présidnet doit donner des signes pour que la démocratie fonctionne. On ne traite pas le chômage des jeunes sans débat et sans démocratie sociale. Et on ne réforme pas à la va-vite, sans la démocratie participative, non plus. Elu par 82% des Français, il doit tenir compte de l'opinion publique. La loi ne se fait pas dans la rue mais au parlement et avec les partenaires sociaux."

Jean-Pierre Abelin, député UDF, rappelle qu'il n'a pas voté le CPE et qu'il conteste depuis le début le fond et la méthode employée par le gouvernement. Sa position se résume en trois mots: "Suspension, dialogue et relecture. Il faut un geste sur le CPE avant toute chose. La promulgation ne sera pas un élément de dialogue social. On attend du président qu'il crée les conditions pour renouer ce dialogue."

 

En plein conseil municipal

L'intervention du président de la République a été suivie pendant le conseil municpal de Poitiers par trois conseillères (Magalie Barc, Laurence Valois-Rouet et Jacqueline Daigre), après un débat d'une heure sur le mouvement étudiant et la fronde anti-CPE. Dès l'intervention de Jacques Chirac terminée, Magalie Barc a interrompu le fil de la séance pour annoncer la promulgation de la loi avec les deux modifications (sur la motivation de la rupture du contrat et le passage de deux à un an sur la période d'essai). "Il n'y a plus de CPE, s'est réjoui Jacques Santrot, le maire de Poitiers." C'est une façon de la dire sans le dire, tout en le disant. On se retrouve face à un CDD ordinaire!"

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

PERMANENCE- Le standard téléphonique joignable à toute heure du jour

 

Et pendant ce temps au QG...

 

 

Ils se dévouent...Pendant que leurs collègues grévistes fréquentent les AG et autres manifestations, trois ou quatre étudiants assurent une permanence.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

JEUDI matin, l'AG bat son plein au stade Rébeilleau. Et pourtant le standard reçoit appel sur appel. Il faut bien quelqu'un pour répondre. Ce matin, ce sont Laurent (Musicologie), Sophie (Droit), Léa et Adrien (Sciences) qui s'y collent. Des permanents? Non point, mais des étudiants assurant une permanence. Nuance de taille.

Cela se passe à l'hôtel Fumé, site de la fac de Lettres à la mode des années soixante. A quelques mètres de la "corpo" de l'Unef en mai 68, siège de toutes les discussions préparatoires aux mouvements. Les étudiants d'aujourd'hui l'ignoraient...Pour eux la fac, c'est le campus et rien que le campus! A peine savent-ils que le lieu où ils officient est obligeamment prêté par "Volumen", l'association des étudiants en histoire de l'art.

 

Et la loi Fillon?

La référence avec mai 68 n'est d'ailleurs pas très judicieuse. La quatuor n'a rien de révolutionnaire, ni par le look ni dans le discours. Ces garçons et ces filles ne sont à l'évidence pas de dangereux anrchogauchistes. "On veut bien sûr le retrait du CPE et l'application du texte sur l'égalité des chances. Mais il faut que ce soit bien clair: nous nous battons aussi contre la loi Fillon et ses dérivés concernant les postes aux concours. Sans retrait de cette loi, le mouvement étudiant se poursuivra...pour autant que la majorité en décide ainsi", assure Laurent.

Ces bons Samaritains son là pour renseigner. Sur le résultat des votes, sur les animations et actions, sur les lieux des manifs. "On reçoit de nombreux appels d'étudiants (1), en principe de 7 heures à 20 heures, mais on se relaie." Sitôt dit sitôt fait, la relève arrive pour que les permanents du matin puissent aller aux nouvelles en espérant arriver à temps pour voter à Rébeilleau.

 

Débat sur débat

Ils justifient le blocage, "seulement un moyen de réaliser toutes nos actions". Par exemple les débat. "En ce moment, nous alertons les enseignants ou les parents des lycéens pour leur demander de nous rejoindre lors du débat que nous organisons la semaine prochaine", indique Léa, aussi motivée que modérée. En Sciences, la lourdeur des programmes va entraîner, après tous ces jours perdus, beaucoup de rattrapage...Ce qui ne fait pas rigoler cette studieuse jeune fille, mais on ne peut pas laisser passer "ça", cette loi votée par le biais du "49-3".

Au QG, la machine à café tourne à fond. Un vieux canapé sert parfois pour un petit somme, le "Canard Enchaîné" est grand ouvert près d'une urne, vestige de la quête pour la manif du 16 mars à Paris. Les murs, tapissés de libelles (slogans, professions de foi), rappellent l'état de crise. Au milieu de ce sympathique capharnaüm, le téléphone n'arrête pas de sonner. Le point névralgique de la constestation est bien ici dans ce vieil hôtel Fumé qu'a fréquenté un certain Rabelais.

René Paillat

(1) Téléphone de permanence: 05 49 45 45 52

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Centre Presse, Samedi 1er Avril 2006.

POITIERS - La cour du rectorat occupée pendant deux heures vendredi soir après l'allocution du président de la République

 

Fronde étudiante

 

La tension est montée d'un cran, vendredi dans les rues de Poitiers, après l'annonce de Jacques Chirac de promulguer la loi sur le CPE.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

LA pilule n'est pas passée. Pas du tout. Les heures qui ont suivi, vendredi soir, la décision du président Chirac de promulguer la loi sur le CPE ont fait sauter la soupape du mouvement étudiant.

 

20h30. Après avoir suivi l'intervention présidentielle au local des Vers, le collectif anti-CPE se retrouve sur la place Leclerc. Le conseil municipal qui se tient à deux pas est envahi, après un tour des manifestants en colère vers la permanence de l'UMP. En plein milieu d'une délibération sur la rémunération d'un stage étudiant, une centaine de jeune et quelques adultes interrompent les débats pour sommer les conseillers municipaux de se prononcer sur l'annonce faite par le président. L'intrusion est canalisée par le maire Jacques Santrot. Il explique que le conseil a déjà  débattu du mouvement étudiant pendant une heure auparavant et n'a pas pu écouter l'intervention présidentielle. Il donne la parole aux jeunes. Jacqueline Daigre, chef de file de l'opposition municipale, s'exprimant à titre personnel et non au nom de l'UMP, s'adresse aux étudiants sur un ton quasi maternel, leur souhaitant "bon courage", concluant par un "Et faites attention à vous dans les manifestations!"

22 heures. Après la mairie de Poitiers, la préfecture et la permanence de l'UMP, les étudiants se dirigent en ordre de dispersé rue Aliénor-d'Aquitaine, aux abords d'un accès inédit au rectorat. Se faufilant entre le grillage et le muret, une dizaine de manifestants investissent la cour. Queqlues policiers arrivent sur place, trop tard. Les étudiants infiltrés ouvrent les grilles du rectorat. Une petite centaine réussit à s'insérer avant l'intervention d'un camion de police. Les jeunes barrent la grille grâce un antivol de vélo. "Nous avons deux policiers en otage", lance en rigolant un occupant. Le siège va durer près de deux heures. Marseillaise, chants militants, slogans: "le recteur avec nous", "la bac de dehors".

23h35. Le commissaire Pascaud énonce les trois sommations d'usage avant l'intervention musclée des forces de l'ordre. Jets de canettes et provocations verbales, les esprits s'échauffent. Plusieurs "blocusards" sont traînés sur le sol. Les coups de matraques tombent, les gaz lacrymogènes dispersent la foule.

23h57. Le rectorat est évacué et les portes refermées par la police. Il n'y a pas de blessé, mais un étudiant est resté allongé sur le sol plusieurs minutes sous l'effet des gaz. Dans la rue Aliénor-dAquitaine, un dialogue de sourds s'installe entre étudiants et forces de l'ordre. "La police a montré toute sa détermination, nous allons nous aussi montrer la nôtre dans nos actions. On attendait un signal fort du président, une ouverture vers le dialogue, mais il a fait fi de deux mois de protestations", affirme Julien Vialard, de la coordination étudiante, suivi de Mathieu Chartier: "Si la police se met à taper, c'est les pavés qui vont voler!"

 

Centre Presse, Lundi 3 Avril 2006.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:30
Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

RENDEZ-VOUS RATE AVEC LE RECTEUR

 

Etudiants et lycéens ont investi l'IUFM

 

De 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi hier après-midi les locaux de l'IUFM. Ils espéraient s'inviter à un conseil d'administration, présidé par le recteur d'académie, qui n'avait pas lieu.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Une action d'envahissement chasse l'autre. Mercredi, les étudiants anti-CPE avaient investi le MEDEF. Hier après-midi, ils ont envahi l'IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), espérant bien s'inviter au conseil d'administration de l'établissement et ainsi se retrouver face à face avec le recteur. Si les quelques 500 à 600 manifestants dont une très forte proportion de lycéens, n'ont eu aucune difficulté à pénétrer dans les locaux situés Jules-Ferry à Poitiers, ils ont néanmoins déchanté en trouvant le lieu vide. Pas de CA à l'horizon et donc pas de recteur à la ronde. De quoi désappointer et décevoir une partie des lycéens en mal d'émotion fortes. "Il n'y a personne, ça sert à rien de venir ici" s'énerve une lycéenne approuvée par plusieurs de ses camarades. Gaétan, de la coordination essaye tant bien que mal de retenir les potaches: "On va vous organiser un autre truc. Ne vous cassez pas!" Pas vraiment entendu. Un groupe d'une quarantaine de lycéens emmené par une poignée d'étudiants décide même d'aller occuper la CCI (lire ci-dessous). Initiative immédiatement dénoncée par la coordination. "On ne soutient pas cette action qui est faite à titre personnelle mais pas au nom du mouvement", s'indigne Grégory Hamed. Pour tenter de reprendre la main, la coordination annonce qu'elle va adresser un courrier par fax au ministre Gilles de Robien. C'est chose faite à 16h20. Une heure plus tard, alors que les effectifs lycéens ont fondu, une autre lettre estfaxée: "Nous nous voyons dans l'obligation d'occuper jusqu'à nouvel ordre les locaux de l'IUFM." Un instant plane l'éventualité d'une évacuation policière. A19h30, les derniers étudiants lâchent de leur plein gré l'IUFM.

Jean-Jacques ALLEVI

 

La crainte de l'essoufflement

"On est en train de s'essouffler et c'est ce que attend le gouvernement. Je demande à tous de mobiliser l'ensemble de vos camarades pour venir aux AG. Si on s'essouffle maintenant on perdra tout!"

Au micro de l'AG réunie hier matin dans un stade Rebeilleau vide comme jamais, Julien Vialard, l'un des porte-parole de la coordination étudiante lance un appel au sursaut. Dans les travées, ils sont à peine un millier. Au moment de se prononcer sur le blocus, il y a 912 votants.

Le blocage est reconduit par 612 voix; 97 voix pour un blocus partiel; 194 voix contre et 9 abstentions. Julien Vialard ne cache pas une certaine crainte pour la suite du mouvement: "J'ai peur de la descente après le pic. Ce serait bien que les syndicats prennent le relais". Des syndicats désormais bienvenus.

Hier à 14 heures, les leaders départementaux étaient même au départ de la manifestation place d'Armes. Changement de stratégie de la coordination. "Non!" assure Tanguy Le Bolloc'h. "On a toujours travaillé avec les syndicats sans jamais l'officialiser. Maintenant, on a décodé de s'afficher avec eux."

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

La Nouvelle République, Vendredi 31 Mars 2006.

Photo Samy Magnant.

Photo Samy Magnant.

SOCIAL

POITIERS - 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) hier après-midi

 

Un petit mot au ministre

 

 

Les étudiants et les lycéens ont décidé de poursuivre leurs actions sur le terrain. Hier, après une courte manifestation en présence des leaders syndicaux, ils ont envahi l'IUFM et en ont profité pour écrire à Gilles de Robien, ministre de l'Education.

 

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

QU'IL pleuve ou qu'il vente, les étudiants - et les lycéens- sont dans la rue. Hier, les trombes d'eau ont réduit la distance de la manif mais n'ont pas empêché le déroulement d'une nouvelle action coup de poing. Comme toute bonne action qui se respecte la commission action - la bien nommée - a longtemps gardé le secret de la destination finale.

A 14h, tout le monde se dirige vers le lieu de ralliement, la place Leclerc de Poitiers. Aux côtés de 800 étudiants et lycéens, les principaux leaders syndicaux sont là pour apporter leur soutien. Ils en profitent pour glisser un appel à la grève générale (lire ci-contre). Une demie-heure plus tard, le cortège de parapluies bat le pavé.

 

Lettre à de Robien

A 15h15, les "nez rouges" jouent les starters d'un sprint effreiné. Quelle direction? L'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Le gardien a beau s'interposer, les étudiants pénètrent dans le bâtiment. "Nous avons choisi ce lieu public pour rappeler que nous nous battons aussi pour l'éducation. Contre la diminution des postes et la loi Fillon", explique Stéphane de la coordination étudiante. Les "envahisseurs" sont encore 500 environ.

Tranquillement installés, sans véritable actions à mener, les leaders étudiants décident de prendre la plume pour écrire un mot...à Gilles de Robien., le ministre de l'Education. Le fax part à 16h22. Morceaux choisis: "Entendu la surdité effective du gouvernement [...], nous occupons l'IUFM de Poitiers, gravement touché avec 50% de réductions de postes au professorat des écoles, jusqu'à l'obtention de nos revendications.[...] Notre mobilisation ne faiblira pas tant qu'un dialogue ne sera pas instauré et nos revendications entendues." Des étudiants ont exigé: "une entrevue, qu'elle sit privée ou médiatisée".

 

Pas de réponse

Une heure plus tard, Gilles de Robien ne répond toujours pas. "On occupe l'IUFM", hurlent les membres de la coordination qui sortent tables et chaises sous le préau. Une occupation bon enfant. Mais comme toujours, il fallait une fin à cette hsitoire...A 20h, les étudiants décident de quitter les lieux de leur plein gré avant d'être évacués par les forces de l'ordre. Sage décision.

Aujourd'hui, les étudiants n'ont pas prévu d'action particulière à moins que la décision du conseil constitutionnel de valider sans réserve la loi sur le CPE ne les décident à agir...

Samy Magnant

Nouvelles du front étudiant

 

Nouvelle AG:avant la manifestation, les étudiants ont procédé à une nouvelle assemblée générale, hier matin au Stade Rébeilleau. La participation a été assez faible avec un millier d'étudiants présents. A l'issue du vote, le blocus total a été reconduit (914 votant, 612 pour, 97 partiels, 194 contre, 9 absentions). Une assemblée qui a été l'occasion d'un appel à la mobilisation.

Manif samedi: les étudiants ont décidé de mener une nouvelle action symbolique samedi à 11h. Devant le palais de justice, ils afficheront des slogans pro-CPE et pro-Fillon. Samedi, nous serons le 1er avril...

Soutiens: présents à l'Institut, les enseignants du SNESUP, les étudiants et professeurs stagiaires de l'IUFM ont apporté leur soutien eux étudiants et lycéens de Poitiers en lutte.

Monsieur Echo...

 

...a pris connaissance du trajet de la manifestation anti-CPE. Pas moins de 5 kilomètres! Départ du stade Rébeilleau, comme toujours, puis arrivée vers le centre-ville par la Pénétrante avec possibilité de marcher dans les couloirs de bus...Petit tour par la Porte de Paris, puis remontée vers la préfecture en passant par la gare. Peut-on suggérer aux différentes organisations de penser à des ravitaillements, des petits goûters pour les plus jeunes et des coups à boire pour les marcheurs comme dans toute randonnée qui se respecte?

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

POITIERS - Après la déclaration faite mercredi par Gilles de Robien pour "débloquer les lycées"

 

Face au blocus, les proviseurs parlent

 

Après l'annonce de Gilles de Robien, ministre de l'Education, les proviseurs des lycées ont décidé de jouer le dialogue pour éviter le blocus de leur établissement. Et il semble que cela a porté ses fruits...

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

LA déclaration a fait du bruit. Lorsque Gilles de Robien,ministre de l'Education, annonce que "Demain (ndlr: hier jeudi), il faut que les lycéens rentrent vraiment dans leur lycée...", beaucoup se sont inquiétés. Quand ce même ministre donne "consigne orale" aux recteurs que le recours aux forces de l'ordre est possible, beaucoup ont craint que la situation dégénère.

Dans l'académie de Poitiers, Frédéric Cadet, le recteur, a décidé de jouer la carte du dialogue. Une réunion a été organisée à son initiative, mercredi soir, entre les différents proviseurs de la Vienne (principalement ceux concernés par les dégradations), la préfecture et la Direction départementale de la sécurité publique de la Vienne. Plus qu'une réaction aux déclarations ministérielles, une bonne occasion de se rencontrer et de croiser les doléances de chacun. Aucune consigne de "déblocage" n'a été donnée.

 

Paroles de proviseurs

Du côté des proviseurs, confontés depuis un mois par le mouvement de contestation, on s'est également appliqué à ouvrir le dialogue. "Les élèves ont mis en place un blocus partiel en laissant passer les prépas et les BTS. Hier (mercredi), nous avons décidé d'ouvrir le dialogue qui reste la bonne solution. Les élèves sont responsables dans le lycée et ils ont compris comment réagir. Tout est rentré dans l'ordre", expliquait Michel Barricault, le proviseur du lycée Louis-Armand à Poitiers. Dans cet établissement, les parents aussi ont fait savoir leur position sur le blocus...De toute façon plus ou moins virulente malheureusement. Une conseillère d'éducation a d'ailleurs été agressée verbalement par une mère d'élève anti-blocus mercredi matin.

Autre lycée, autre situation. Pour Gilles Adam, proviseur à Aliénor-d'Aquitaine à Poitiers, les mouvements de protestation se sont surtout exprimés par des envahissements de foule. "Nous n'avons pas été confrontés à un véritable blocus. Les seuls problèmes, auxquels nous avons été confrontés, ont été des entrées de manifestants. De toute façon, on privilégie toujours le dialogue", précisait le proviseur. L'établissement a tout de même porté plainte à la suite de dégradations.

Résultat hier matin, pas de blocus dans la Vienne. A une exeption près...

 

Blocus au Bois d'Amour

Les lycéens du Bois-d'Amour à Poiiters ont été les seuls à mettre en place un blocus hier matin devant les portes de leur établissement. "Nous voulons répondre à la provocation gratuite de Gilles de Robien, qui a annoncé que les lycées devaient reprendre le travail", prévenait Antoine Morisse. "A Poitiers, nous avons toujours été pacifistes. Nous avons donc bloqué ce matin pour demander le retrait de la loi Fillon, du CNE et de la loi sur légalité des chances, sans oublier les postes au Capes." Le mouvement s'est déroulé sans l'intervention des forces de l'ordre et sans violence.

Souhaitons maintenant que le dialogue reste l'arme première pour sortir de la crise.

Valérie Bridard et Samy Magnant

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

Centre Presse, Vendredi 31 Mars 2006.

Article en cours de réalisation.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:29
Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !
Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Après avoir laissé planer le doute sur un éventuel envahissement du Futuroscpe près de 300 étudiants anti-CPE ont investi hier après-midi le siège du MEDEF à Saint-Georges. Ils sont repartis à l'issue d'un dialogue d'une heure avec le délégué général du mouvement.

 

Finalement, les étudiants n'avaient hier nullement l'intention de bloquer "les grands axes commerciaux" comme ils l'avaient annoncé en assemblée générale (lire le NR d'hier). Mais simplement envie de brouiller les pistes et de se jouer des policiers des RG (renseignements généraux) qui ne les quittent plus. Et ils ont plutôt réussi leur coup!

Jusqu'à la dernière minute hier après-midi, ils ont laissé planer le doute, faisant croire qu'ils allaient profiter de la présentation à la presse française et européenne de la nouvelle saison du Futuroscope pour investir le parc et faire entendre une nouvelle fois très médiatiquement leurs revendications (1). Mais au final, après avoir quitté vers 14h20 le parking de l'amphi J et pris en cortège la liaison Nord (RN 147) en direction du Futuroscope, puis rattrapé la RN10, les soixante voitures étudiantes ont ignoré la bretelle d'accès du parc pour poursuivre en direction de Jaunay-Clan. Avant de bifurquer finalement vers Saint-Georges-les-Baillargeaux où se trouve le siège du Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

 

Défoulement collectif dans l'amphi

Un objectif symbolique plusieurs fois ciblé lors des manifestations de l'été 2003 mais jaais envahi depuis. En quelques miluntes, 200 à 250 étudiants ont donc pris la suite des intermittents du spectacle réussissant sans aucune difficulté à investir le parc puis l'amphithéâtre de l'organisation patronale. Un amphi archi-comble devant lequel Erwann, étudiant en histoire se livre à un one-man show délirant. Grossissant à l'extrême les traits supposés du chef d'entreprise, le voilà qui harangue la salle. "Pourquoi la période d'essai du CPE n'est-elle que de 2 ans? Pourquoi pas plus?" L'amphi joue évidemment le jeu et exulte. Le faux patron poursuit: "Y a trop de profs! Les profs, ça ne rapporte pas d'argent!" Le patron d'opérette est porté en triomphe. Le festival se prolonge dans les éclats de rire: "Les flics? Il en faut plus!"; "L'éducation doit être une entreprise comme les autres!"; "Il faut faire payer les pauvres!"

 

Une heure de questions-réponses

Passé ce savoureux moment de pur défoulement collectif, les étudiants de la coordination négocient à l'extérieur, avec le capitaine de gendarmerie Fabrice Jauffred, une entrevue avec un représentant du MEDEF. "Nous voulons obtenir une position claire de la part du MEDEF", explique Stéphane Nicolas, un des membres de la coordination. Mais pas question d'évacuer les lieux en échange de l'audience. De son côté, l'AG improvisée des étudiants réclame une séance de questions-réponses dans l'amphi. Laurent Desplat, délégué général du mouvement, craint évidemment le traquenard. "On s'engage clairement à ce qu'il n'y ait pas de débordement", assure Tanguy Le Bolloc'h, membre de la coordination. Après une ultime conversation téléphonqique avec le président du MEDEF Didier Georget, Laurent Desplat accepte le principe de la rencontre (lire ci-dessous).

A l'issue d'une heure d'échanges très courtois, Tanguy Le Bolloc'h donne "comme promis" le signal du départ. Alors que les étudiants repartent dans le calme de ce débat qu'ils considèrent "sans surprise", Laurent Desplat juge en aparté que beaucoup de ses interlocuteurs sont "prisonniers de leur idéologie". "Les interrogations des étudiants démontrent une incompréhension du monde économique et une réelle anxiété pour leur avenir", soulignera plus tard un communiqué du MEDEF. Condamnant la méthode utilisée pour pénétrer dans les lieux, l'organisation patronale qui n'a relevé que "des dégâts mineurs" a annoncé qu'elle allait déposer une plainte "pour le principe".

Jean-Jacques ALLEVI

 

(1) Les revendications étudantes portent non seulement sur la suppression des contrats CNE et CPE mais aussi sur l'abrogation de la loi Fillon et sur la réduction des postes aux CAPES.

Une nouvelle manifestation sera organisée aujourd'hui à partir de 14h sur la place d'Armes à Poitiers.

MEDEF : "Le CPE ne répond pas aux besoins des entreprises"

 

"Bonjour et bienvenue dans la maison...même si la manière est un peu cavalière." Laurent Desplat, délégué général du MEDEF, vient de s'asseoir sur le rebord d'une table face aux étudiants. La première question fuse: "Pouvez-vous clarifier la position du MEDEF sur le CPE?" lance Stéphane, étudiant d'AES. La première réponse du représentant des patrons ne tarde pas: "Sur l'affaire du CPE, la difficulté est que les partenaires sociaux n'ont pas été consultés. La méthode n'est pas très astucieuse". Dans un communiqué transmis plus tard aux rédactions, Laurent Desplat parlera même "de méthode inacceptable et peu propice à un dialogie constructif".

Par la suite, au fil des question posées par les étudiants, Laurent Desplat le répète: "Nous ne sommes pas à l'origine du CPE. Nous aurions préféré l'extension du CNE. Le CPE n'est pas adapté aux enjeux. Le CPE créera peut-être 10 à 15.000 emplois par an. Ce n'est pas la panacée." Gaétan inscrit en première année de sociologie, veut une réponse plus claire. "Vous êtes pour ou contre?" demande-t-il. "On aurait préféré autre chose car le CPE ne répond pas aux besoins des entreprises..."

Les questions se succèdent. Les réponses aussi.

Sur les relations entre les entreprises et l'éducation, le délégué général du MEDEF, estime: "On a vraiment envie d'avoir des relations beaucoup plus étroites avec les universités. Il faudra que nos mondes arrivent un jour à se parler."

Sur la flexibilité, Laurent Desplat indique: "Plus on rigidifiera la sorte (de l'emploi NDLR), plus on suscitera les craintes des chefs d'entreprises...On a besoin de souplesse. La France ne pourra pas devenir une exception économique en dehors de toute règle d'économie de marché."

Sur le code du travail, il reconnaît: "On préférerait remettre à plat un certain nombre de disposition du code du travail. Le code du travail doit être adapté et il faut que ce soit les partenaires sociaux qui le fassent."

Sur la précarité et le chômage, le représentant du MEDEF poursuit: "On ne dit pas que la solution au chômage passe par la facilitation des licenciements. C'est la croissance qui crée les emplois. La question est de savoir comment faire our que la France connaisse une forte croissance."

En toute fin de séance, Laurent Desplat lance: "Il ne faut pas faire un procès d'intention aux chefs d'entreprises. Penser que tous les patrons sont des voyous c'est un peu comme si moi je pensais que tous les jeunes sont des casseurs!" Un peu surpris que les étudiants respectent leur promesse de quitter les lieux, Laurent Desplat se laisse même aller à lancer une invitation: "Si vous revenez, prévenez-nous à l'avance, on préparera quelque chose et on vous recevra."

ENSEIGNEMENT

Lycées: assurer le libre accès des élèves

 

Hier mercredi, Frédéric Cadet, le recteur de l'académie, en compagnie de Ludovic Guillaume, le directeur de cabinet du préfet, de Patrick Courtade, le directeur départemental de la sécurité publique de la Vienne et de Jean-Louis Baglan, l'inspecteur d'académie, a rencontré des proviseurs de la Vienne "particulièrement concernés par des incidents liés aux manifestations de ces dernières semaines".

La préoccupation du recteur et du préfet "est d'assurer la sécurité des élèves et des personnels des établissements" et de permettre "le libre exercice de la mission d'éducation. En effet le principe de liberté d'accès des élèves et des personnels aux établissements doit impérativement prévaloir".

Hier, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a en effet donné des consignes pour que dès aujourd'hui, jeudi, les blocus des lycées soient levés.

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

La Nouvelle République, Jeudi 30 Mars 2006.

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

UNIVERSITE

MANIFESTATION

 

Les étudiants chez les patrons

 

Ils entament le dialogue avec le MEDEF au sujet du CPE après avoir investi les locaux

Mercredi 29 Mars 2006 : au MEDEF 86, ce sont les étudiants les patrons !

Au lendemain de la manifestation monstre contre le CPE, les étudiants ont logiquement poursuivi leur démarche en se rendant dans les locaux du Medef (syndicat du patronat), Saint-Georges-lès-Baillargeaux. Où leur dialogie avec le délégué général les a laissés sur leur faim.

 

S'IL restait quelques doutes, ils sont levés...Entre le monde des entrepreneurs et celui des étudiants, il y a comme un hiatus. Conclusion de l'un des leaders du mouvement étudiant poitevin, Jules Aimé: "Il ne fallait pas s'attendre à grand-chose, mais au moins on leur a filé les chocottes."

 

C'est où le Medef?

Après l'hötel des Impots, la gare de Poitiers ou le rectorat, les étudiants ont ciblé un lieu symbolique de leur courroux. uelques heures après la gros succès de la manifestation unitaire contre le CPE, une action dans l'antre des employeurs semblait couler de source. Et pourtant quand le cortège d'une centaine de voiture s'ébranla tous warnings allumés, à partir du campus, ils n'étaient pas nombreux, ceux qui connaissaient le but du voyage. Le péage de l'autoroute? Le Futuroscope? Perdu! A Jaunay-Clan, direction Saint-Georges-les-Baillargeaux et la jolie propriété qui abrite le syndicat des patrons de la Vienne.

 

Le CPE? Bof...

"Vous êtes en situation de violation de domicile": Laurent Desplat, le délégué général du Mouvement des entreprises de la Vienne, a ainsi froidement accueilli les étudiants escaladeurs. Après consultation auprès du président, Didier Georget, il a néanmoins répondu favorablement à la demande de dialogue de ses "hôtes". Cela après que ces derniers eurent promis qu'ils seraient bien sages..."On a toujours été exemplaire depuis le début."

Persuadés, comme Stéphane Nicolas (Histoire-Géo) que "les mesures comme le CPE sont dictées par les actionnaires", les étudiants sont tombés, dans l'amphi (mais oui...), sur un représentant du patronat qui n'épouse pas franchement la ligne de Matignon. Résumé du délégué: "On n'a pas été consulté. Le législateur a un peu trop tendance à nous laisser de côté. La méthode n'est pas très habile."

 

Echangé décalé

Dans la salle, l'échange sera courtois mais décalé. "Le mouvement que je représente a la culture de la négociation, ce n'est pas le cas de tout le monde", indique M. Desplat. Une pierre dans le jardin de Villepin. Quant au fond, faut voir..."Dans la Vienne, où les entreprises sont à 80% des PME ou des TPE, on pense que deux ans d'observation c'est trop". Et puis "on préférerait des mesures moins segmentantes en fonction des catégories d'âge." Cela dit, poursuit le délégué aux patrons, "ceux-ci ne sont pas tous méchants au point de licencier pour le plaisir et le CPE, qui n'est pas la panacée, est une piste à inventorier."

Calmement, les étudiants encaissent. Leur vision des choses, à eux qui ont tout à craindre de l'avenir, à eux qui englobent dans un même lot flexibilité et précarité, ne saurait cohabiter avec des incantations du genre "la France ne peut être une exception économique" ou "la souplesse sans précarité, c'est possible". A cela, Angèle (Staps) répond: "Je ne veux pas du smic culturel que prépare la loi Fillon." Mais la loi Fillon et ses incidences sur l'emploi dans l'Education nationale, donc sur l'accès à la culture, Laurent Desplat avoue ne pas bien connaître. Dialogue de sourds...

René Paillat

 

Le Medef précise

Dans un communiqué adressé à la rédaction hier soir, après l'intervention des étudiants au siège de Saint-Georges-les-Baillargeaux, le président du Medef, Dider Georget, a tenu à régir à cet évènement: "Le Medef Vienne et ses entrepreneurs sont ouverts au dialogue et convaincus de la nécessité d'échanger avec une jeunesse en mal de repères. Cependant, je condamne fermement la méthode utilisée. Le dialogue ne peut s'établir que dans le respect du droit, de la démocratie et de la liberté individuelle." C'est pourquoi, "malgré la méthode inacceptable et peu propice à un dialogue constructif", le président du Medef a demandé au délégué général, Laurent Desplat, "de rencontrer les étudiants dans l'amphithéâtre où ils étaient installés de fait".

Monsieur Echo...

 

...a noté le gros succès obtenu par Erwann sur la scène de l'amphi du Medef. Pendant les tractations pour obtenir un échange de vues avec un représentant du patronat, cet étudiant s'est fait plébisciter par des slogans du genre "trop de profs, il ne rapportent pas assez d'argent", ou "l'apprentissage dès l'âge de 14 ans".

SOCIAL

POITIERS

Avec le rectorat

 

Incidents lors des manifs: la police rencontre les proviseurs

 

FREDERIC CADET, recteur de l'académie de Poitiers, Ludovic Guillaume, directeur de cabinet du préfet, Patrick Courtade, directeur départemental de la sécurité publique de la Vienne, Jean-Louis Baglan, inspecteur d'académie ont rencontré hier des proviseurs de la Vienne particulièrement concernés par des dégradations et des violences liés aux manifestations de ces dernières semaines.

L'objectif de cette rencontre, explique un communiqué de l'académie de Poitiers, est de "les soutenir dans les difficultés quotidiennes auxquelles ils sont confrontés, de faire un point sur la situation dans leurs établissements et d'évaluer plus précisément l'aide et les mesures d'accompagnement qui peuvent leur être apportées lorsqu'ils sont au coeur de situations difficiles et conflictuelles propices aux dérapages".

La préoccupation du Recteur et du Préfet est "d'assurer la sécurité des élèves et des personnels des établissements et de permettre le libre exercice de la mission d'éducation"."Le principe de liberté d'accès des élèves et des personnels aux établissements doit impérativement prévaloir."

Des rencontres similaires seront organisées dans les autres départements.

Centre Presse, Jeudi 30 Mars 2006.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 07:45
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

POITIERS - 10000 selon la Préfecture, 35000 selon les syndicats, la manifestation contre le CPE a connu un énorme succès

 

A plusieurs milliers dans la rue

 

 

Hier à Poitiers, plusieurs dizaines de milliers de poitevins son descendus dans la rue. Un mouvement de masse qui a impressionné les observateurs.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

14 heures. Une grosse averse tombe aux abors du stade Rebeilleau. Mais il en faut plus pour décourager les premiers manifestants réunis pour donner le top départ de cette grande journée de mobilisation. Ils sont déjà plus de 10000. Tous veulent le retrait du CPE (Contrat première embauche). "Le CPE est le signe du mépris pour toute une jeunesse, c'est l'annonce de la mort progressive du code du travail" a accroché dans son dos une jeune femme.

15h30. Un millier de personnes attendent au Pont-Neuf. Le cortège gonfle et grosit plus tourne à gauche sur le boulevard Anatole-France. A l'angle de la rue, une petite banda met l'ambiance. Derrière les étudiants, les sonos des syndicats lancent des solgans. On entend même une cornemuse à côté d'un accordéon. Plus loin, une "rave ambulante" crache des rthmes binaires aux oreilles d'une poignée de jeunes qui sautillent en cadence.

16h50. Le soleil pousse les nuages boulevard Pont-Achard. Le cortège s'étire alors sur 1 km. La tête approche le tunnel de la gare tandis que la queue est à la hauteur de la Tour à l'Oiseau sous les remparts de Blossac.

17h30. Les manifestants se tassent autour de la place Leclerc. La mobilisation impressionne. "On a plus que doublé par rapport à la manif du 18 mars", lâche Marc Laprie de la CGT.

18h. Fin des prises de paroles des syndicats. La manifestation se disperse dans le calme. Le CPE n'est toujours pas retiré.

Bruno Delion

 

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Monsieur Echo...

...salue l'élégance vestimentaire d'Aurélien Tricot qu'il a croisé dans la manif anti-CPE hier. Le costume bien coupé du directeur du cabinet du maire de Poitiers tranchait avec les blousons de pluie que portait la majorité du cortège. Lutte des classes oui, mais classe quand même...

SECURITE - Les étudiants, comme les syndicalistes, ont un service d'ordre lors des manifestations

 

Les "nez rouges" en première ligne

 

Les milliers de manifestants réunis hier après-midi à Poitiers n'ont pas défilé sans être encadrés. Chaque organisation syndicale a assuré la surveillance de son groupe. Pour la CGT, c'était 25 personnes. Mais le gros du travail est revenu aux "nez rouges" de la coordination des étudiants.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

DEPUIS le début du mouvement de revendications des étudiants à Poitiers, les "nez rouges" surveillent le déroulement des manifestations. Avec un peu de rouge à lèvres sur le bout du nez comme signe de reconnaissance, il s'agit d'étudiants volontaires pour serir de service d'ordre de la coordination. Hier, ils étaient une trentaine à arpenter les rues de chaque côté du défilé, à guider par une chaîne humaine les manifestants vers la bonne direction, pour notamment éviter toute tentative de débordement en direction de la gare ou de la préfecture (par exemple).

Ils ont également tenu à distance les petits groupes de casseurs venus se mêler à la manifestation muni de barre de fer ou de bouteilles d'essence...

 

S'interposer pour protéger

Les "nez rouges" comprennent autant de filles que de garçons. Loïc Fieux, 22 ans, étudiant à Poitiers en Lettres modernes est l'un de ces derniers. Il évoque cette expérience. "Je suis dans le mouvement depuis le début, lors des premières protestations contre la réduction des postes. J'ai bien vécu cette responsabilité jusqu'aux récents incidents avec certains membres des forces de l'ordre." Rappelons que lors d'une tentative d'occupation du rectorat à Poitiers, craignants d'être débordés, les forces de l'ordre ont fait usage de leurs matraques.

"Jusqu'alors on avait des rapports tout à fait corrects voire cordiaux avec la police. Avec les étudiants, le message que nous passons est simple: pas de provocation, pas de violence qui ternirait l'image des manifestants." Il explique: "Lorsque nous voyons des gens avec des bouteilles, nous leur demandons de les boire rapidement et ensuite de les jeter dans les poubelles. Nous restons à proximité pour vérifer qu'ils font bien ce que nous leur avons demandé. Nous soulignons en permanence que c'est pour assurer leur sécurité. Notre rôle est de nous interposer en cas de besoin entre les manifestants et les forces de l'ordre", comme lors des débordements évoqués.

Stéphane Delannoy

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

ECONOMIE - Bilan mitigé de l'activité commercial dans le centre-ville

 

L'effet "manif" chez les commerçants

 

 

2000, 10000 ou 20000 manifestants. Du côté des commerçants du centre-ville de Poitiers, on estime que les manifestations ont peu d'impact sur les ventes. Sauf peut-être hier.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

SI d'un côté les sandwicheries se frottent les mains, les cafetiers trouvent le petit noir un peu serré. Dans le centre-ville, et particulièrement place Leclerc, les commerçants dressent un bilan mitigé de leur activité depuis l'accélération du mouvement social, il y a maintenant près de deux mois. Pour le gérant du bar-pizzeria Lorenzo, la sanction est lourde. "C'est difficilement chiffrable mais depuis le début on a dû perdre 10 à 15% du chiffre. Les manifestations en elles-mêmes ne sont pas génantes, mais c'est le contre-coup, les gens craignent d'aller en centre-ville." Ce qui est valable pour l'un ne l'est pas forcément chez l'autre. Le bar Le Dauphin, ne se plaint pas lui, au contraire. "Le jour du blocus de la ville, ce n'était pas une bonne journée, mais à côté de ça la tendance est à la hausse. cela crée un flux de personnes", explique Christophe Pflier.

 

Météo ou manif

Constat de neutralité au Bar du Théâtre. L'impact météo semble important pour juger de l'activité et de toute façon "une clientèle chasse l'autre". Même topo pour le Café de la Paix. Le blocus de Poitiers du mercredi 22 a empêché la clientèle du midi d'accéder au centre-ville. Pour les autres jours de mobilisations, difficile de dégager une tendance. C'est quand les salariés gagnent la rue, que les tiroirs-caisses sonnent. La population estudiantine n'est pas une adepte du "déjeuner en ville". Leurs porte-monnaie penchant plys pour le jambon beurre que pour le "pavé d'agneau et sa purée". A ce régime c'est donc les terminaux de cuissons que se frottent les mains. L'effet "enseigne" fonctionne par exemple très bien à la Mie Câline. "Comme lors du mouvement de mai 2002, on n'a pas à se plaindre, concède Eddy Mitard l'un des gérants. Le surplus de monde lié aux manifestations suscite du grignotage. Les gens se retrouvent place Leclerc d'une manière ou d'une autre et notre devanture se voit plus que le fournil du boulanger." +2% environ, le soleil reste un critère plus fiable.

 

Sens de circulation

Pour la Briocherie du boulevard Victor-Hugo, ce n'est pas le chiffre global qui est en cause, mais le rythme d'activité. "Le matin, j'ai moins de monde, je me rattrape l'après-midi. Par exemple le jour où le lycée a bloqué la rue, on a dû vendre 195 pains au chocolats dans la journée." Quid du sens de circulation de la manifestation? Difficile de juger de l'impact pour la Café de Paris à la porte du même nom. "Ce qui est bon c'est quand ils partent de la Porte de Paris, mais mercredi avec le blocus c'était une catastrophe." Pour la patron du Victor Hugo, "si la manifestation vient de la place Leclerc c'est très bon, si c'est l'inverse, ça m'enlève des clients. Lors de la manifestation de samedi, j'ai fait 5 clients alors qu'ils étaient 8000 dans les rues! J'avais pris un extra pensant qu'on serait débordé et du coup même les habitués ne sont pas venus de peur d'être coincé".

Avec le raz-de-marée hier après-midi, regroupant salariés, étudiants et retraités, c'est tout le monde qui a pu se réjouir de la manifestation, les syndicats comme les commerçants.

Antoine Victot

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Centre Presse, Mercredi 29 Mars 2006.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Une déferlante de 20.000 manifestants

 

Mobilisation record, hier après-midi, à Poitiers. Bien plus forte encore qu'en 1995, la référence historique, la manifestation anti-CPE du 28 mars a jeté aux alentours de 20.000 personnes dans les rues de la capitale régionale.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Un geste. Un simple geste qui en dit long sur l'état d'esprit qui anime et guide les étudiants poitevins depuis onze semaines. Hier, au fur et à mesure que progressait l'impressionnant cortège des manifestants, les "nez rouges" devançaient la foule pour rabattre avec précautions les rétroviseurs des véhicules stationnés le long du parcours. "Autant éviter les désagréments", expliquait en toute simplicité l'un de ces étudiants chargés de la sécurité.

Car c'est une nouvelle fois les étudiants qui ont ouvert le cortège. Au nom de leur désir d'indépendance et tout simplement parce qu'ils incarnent plus que tout, à Poitiers, le mouvement anti-CPE. Un souhait respecté par les syndicats qui, dès le départ à 14h30 du stade Rebeilleau de Poitiers, ont emboîté le pas à la jeunesse libre et militante.

 

Un cortège d'un kilomètre de long, ouvert par les étudiants

Le cortège s'est ensuite glissé dans les rues de Poitiers, bifurquant au Pont-Neuf pour rejoindre le centre-ville. Impressionnant. "Je ne suis pas près d'oublier cette vision", reconnaissait une vieille militante de la CGT.

En fin d'après-midi, aux alentours de 17h, la tête de la manifestation qui n'avait cessé de s'amplifier sous les regards de policiers décontractés et protecteurs, pointait ses banderoles au niveau de la gare alors que la queue de cortège était toujours aux pieds des jardins de Blossac, sous la Tour-à-l'oiseau. Un bon kilomètre. Et des milliers de personnes. 10.000 selon la police. 25.000 selon les syndicats. Bref au final, ils étaient sans doute aux alentours de 20.000 à avoir repoussé le CPE, "la précarité", le Premier ministre, le gouvernement et toute "la Chiraquie" comme il l'était écrit sur un panneau dans ses retranchements. Etudiants, syndicalistes, politiques de gauche (PS, PC, LCR, Verts...), retraités, salariés du privé, de Poitiers, de Chauvigny, Montmorillon et Châtellerault...c'était le cortège de toutes les générations. C'est le cortège d'un jour historique. Tout simplement.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Lycées

Certains bloquent, d'autres pas

 

Plusieurs lycées ont été bloqués mardi par les élèves. A Poitiers: Auguste-Perret et Louis-Armand, Camille-Guérin plus ou moins selon les parties.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

Le lycée professionnel Auguste-Perret est bloqué jusqu'à jeudi inclus, et ne laisse passer que les BTS. A Louis-Armand, "le blocus assuré par une trentaine de personnes, a duré une partie de la matinée, de 7h30 à 10h, et a continué durant la manifestation. Seules les filières post-bac et le personnel peuvent rentrer", mentionne-t-on à la direction.

A Camille-Guérin, si la proviseure affirme qu'il n'y a pas eu blocus, les lycéens assurent le contraire: "De 8h à 10h, en laissant passer les prépas". Lesquels confirment la version des élèves.

Les autres établissements étaient calmes, organisant des assemblées générales et préparant la manifestation de l'après-midi. Au Bois-d'Amour, au Lycée pilote innovant, à Aliénor-d'Aquitaine, au lycée hôtelier, pas de blocage car "on n'en a pas eu besoin, il n'y avait pas d'élèves!" sourit Pierre Oudin. Effectivement, l'absentéisme militant était de mise. Au lycée Victor-Hugo, les élèves ont organisé une assemblée générale avec leurs professeurs pour discuter principalement des modalités de la manifestation de l'après-midi.

A Loudun, il y a eu une tentative de blocage au lycée Guy-Chauvet, et un fort absentéisme, de même qu'à Marc-Godrie. A Montmorillon, aucun blocage signalé. A Châtellerault, plus de la moitié des enseignants et tous les surveillants du lycée Berthelot étaient en grève.

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE
Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

La manifestation monstre d'hier s'est terminée sans action coup-de-poing de la coordination. Mais, dès cet après-midi, les étudiants ambitionnent de bloquer "les grands axes commerciaux" des villes de l'Ouest.

 

L'action s'arrête là, ça suffit. Si le gouvernement ne cède pas on continuera! Il est 17h10, la tête de l'impressionnant cortège des anti-CPE vient d'arriver à l'angle de la rue Victor-Hugo et de la place d'Armes de Poitiers.

Au mégaphone, Stéphane Nicolas, l'un des membres de la coordination, annonce aux milliers d'étudiants et de lycéens massés derrière une immense banderole blanche que l'action coup-de-poing, dans l'esprit de celles qui ont émaillé les précédentes manifestations, n'aura pas lieu. Pas de tentative d'envahissement du rectorat ni de la gare pour cette fois.

Eux-mêmes surpris par l'ampleur du cortège poitevin, les tréès organisés et toujours très réfléchis membres de la coordination ne veulent pas tenter le diable. "C'est une trop belle fête. Ce n'est pas la peine de prendre des risques. Ca gâcherait tout", justifie Romain Pathé, autre membre de la coordination étudiante.

 

Une journée historique

Sur la place d'Armes, Julien Vialard, l'un des porte-parole du mouvement, jubile: "C'est une journée historique!"

L'étudiant en master d'histoire médiévale poursuit: "Cette journée n'est pas un aboutissement. Ce n'est pas parce qu'on a réuni 35.000 personnes (Note de la rédaction: chiffre de la manifestation revendiqué par les étudiants ainsi que par les organisation syndicales) qu'on a gagné. Les étudiants ne vont pas s'arrêter là alors qu'ils ont mis en péril leur année universitaire! La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Il faut qu'il réponde à nos revendication sur le CNE, sur le CPE, sur la loi Fillon et sur la réduction des postes aux concours."

 

Actions dans tout l'Ouest

Avant la manifestation, les étudiants réunis en AG au stade Rebeilleau avaient reconduit le blocus de l'université (867 voix pour un blocus total; 143 pour un blocus partiel; 296 contre; 7 abstentions). Au cours de cette AG, J. Vialard a annoncé la mise en place d'un réseau regroupant les universités du Grand Ouest de Caen à Bordeaux en passant par Le Mans, Rennes et Nantes. Si ce réseau n'a rien de formel il est néanmoins destiné "à coordonner des actions dans les villes universitaires de tout l'Ouest, explique J. Vialard. Nous ne voulons pas nous perdre dans des débats sans fin, nous voulons mener des actions chocs". La première pourrait avoir lieu cet après-midi avec une tentative de blocage "des grands axes commerciaux."

Mardi 28 Mars 2006 : une marée humaine historique à Poitiers contre le CPE

La Nouvelle République, Mercredi 29 Mars 2006.

France 2, 20 heures, Mardi 28 Mars 2006, présentation David Pujadas.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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