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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 07:29
Vendredi 7 Avril 2006 : rien à Poitiers, enfin presque rien
Vendredi 7 Avril 2006 : rien à Poitiers, enfin presque rien
Vendredi 7 Avril 2006 : rien à Poitiers, enfin presque rien

La Nouvelle République, Samedi 8 Avril 2006.

Vendredi 7 Avril 2006 : rien à Poitiers, enfin presque rien

Centre Presse, Samedi 8 Avril 2006.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 07:37
Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil

SOCIAL

CHASSENEUIL-DU-POITOU

Les étudiants et les lycéens ont procédé, hier après-midi, de la zone économique

 

Les étudiants bloquent les Portes

 

Quatre cents étudiants et lycéens ont voulu s'attaquer symboliquement à l'économie en bloquant, hier, durant une partie de l'après-midi, la zone économique des Portes du Futur à Chasseneuil.

 

Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil

A chaque jour suffit sa peine. Après la grande manifestation de mardi, le blocus du centre-ville de Poitiers mercredi, hier les étudiants et les lycéens anti-Loi Fillon et anti-CPE voulaient de nouveau frapper un grand coup. Mais rien ne filtrait sur la forme et la destination finale.

15h30, alors que les résultats du vote de l'assemblée générale annoncent - de justesse - une poursuite du blocus total, les membres de la commission action de la coordination étudiante lancent l'action. En voiture. Direction la zone économique des Portes-du-Futur à Chasseneuil-du-Poitou.

 

Un mur sur la RN10

16h, le cortège rejoint les lycéens du LPI de Jaunay-Clan, du Bois-d'Amour, et quelques élèves d'Auguste-Perret et de Victor-Hugo, déjà sur place. Au total, ils sont quatre cents environ à se répartir sur les différentes voies d'accès à la zone. "Nous empêchons les véhicules d'entrer dans la zone, pas d'en sortir. Nous ne sommes pas là pour embêter les gens mais pour bloquer l'économie", explique Tanguy, memebre de la coordination, aux automobilistes.

16h30, la centaine de manifestations chargée de bloquer la RN10, du côté Futuroscope, décide d'utiliser les pierres du chantier voisin pour ériger un mur sur une partie de la chaussée. De l'autre côté, leurs homologues préfèrent procéder à un barrage filtrant. A 17h, plus un véhicule ne circule dans la zone. Seuls quelques automobilistes énervés tentent de forcer les barrages.

 

Visite politique

A 18h45, le blocus est levé. A 20h, les manifestants se donnent rendez-vous pour une nouvelle action à l'amphi J sur le campus...

Cette fois, la cible n'est pas économique mais politique. Le cortège décide de rendre visite à Thierry Breton, le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, qui termine sa visite poitevine au Bois de la Marche, à Fontaine-le-Comte, pour un dîner-débat. Une journée bien remplie...

 

Samy Magnant et Antoine Victot

Blocus reconduit de justesse

 

Pour la énième assemblée générale des étudiants, le ton semble---il est monté d'un cran, hier en début d'après-midi. Les débats entre les membres de la coordination et les anti-blocus (en majorité de Droit) se sont affrontés verbalement. Au coeur des discussions, la possibilité de l'invalidation des diplômes. A cette occasion, une délégation d'anti-blocus, plus nombreuses que d'habitude, s'est fait entendre dans les tribunes du stade Rébeilleau à grand renfort de banderoles. Résultat: sur 1430 votants, 12 abstentions, 132 pour le blocus partiel, 517 contre, 769 pour le blocus total. Les membres de la coordination semblaient soulagés.

Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil
Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil
Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil

Monsieur Echo...

 

...plaint le gendarme qui, sous les quolibets des manifestants, a dû sortir vérifier les dégâts sur son véhicule de service après avoir heurté un autre automobiliste durant le blocus de Poitiers, mercredi matin.

 

...remarque qu'il n'y a vraiment qu'à Poitiers que les choses se passent comme ça. Longtemps face à face près du stade Rébeilleau, manifestants et CRS ont fini par dialoguer cordialement. Tant et si bien qu'au moment de quitter les lieux, l'un des CRS a glissé à son interlocuteur manifestant: "Au plaisir, j'espère qu'on se reverra dans une autre occasion."

 

...a relevé dans Libération cette citation du député Jean-Yves Chamard lors d'une réunion du groupe parlementaire UMP: "Au jour d'aujourd'hui, s'il y avait des élections, on les perdrait!" C'est lui qui le dit.

Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil

Centre Presse, Vendredi 7 Avril 2006.

Photo Philippe Nominé.

Photo Philippe Nominé.

POINT CHAUD

 

Diplômes : la mise en garde du recteur

 

Alors que les étudiants ont à nouveau voté la poursuite du blocus, hier, le ton est monté d'un cran du côté des instances supérieures de l'Education nationale. Tour à tour, le recteur de l'académie, Frédéric Cadet, et les membres du Congrès de l'université de Poitiers, ont évoqué un sujet d'importance: la validation des diplômes universitaires. Si le Congrès de l'université évoque dans des termes très académiques "l'intensification de l'emploi du temps hebdomadaire et le déplacement des sessions d'examens" après la reprise des cours dans les campus, le recteur, lui, ne s'embarasse pas de diplomatie. Frédéric Cadet s'est fendu d'une mise en garde. "La qualité des diplômes ne peut être galvaudée" dit-il, en rappelant que les "évènements actuels sont de nature à compromettre gravement l'année universitaire s'ils ne prennent pas très rapidement fin". Il sera donc "vigilant sur la validation des diplômes universitaires délivrés cette année". Des diplômes insiste-t-il, "qui n'ont de valeur que si l'intégralité du programme est enseignée". Pas question donc d'espérer une distribution généreuse à la mode Mai 68. "Les modalités normales d'obtention et de contrôle des connaissances devront donc être organisées". En tout les cas, les étudiants poitevins sont prévenus: "les diplômes ne souffriront d'aucune suspicion". Un avertissement à une semaine des vacances de Pâques qui pèsera peut-être plus sur le moral des parents que sur la détermination des étudiants. Tout du moins de ceux qui sont pro blocus.

J-Y. LN.

Le campus de Poitiers est ouvert à tous les vents

 

Le blocus de l'université de Poitiers? Il est virtuel depuis quelques jours. En sciences éco, comme en sciences ou en droit, on circule en toute liberté.

Jeudi 6 Avril 2006 : le blocus se déplace aux Portes du Futur de Chasseneuil

La validation des examens était hier sur bien des lèvres (lire le Point chaud ci-contre). Malgré tout, sur le campus de l'université de Poitiers, la vie continue au rythme d'un blocus aujourd'hui plus psychologique qu'effectif. Hier après-midi, dans le bâtiment de sciences économiques, toutes les salles (vides) étaient accessibles. Même constat, à quelques détails près, en sciences et en droit. "A vrai dire, expliquaient hier trois enseignants de sciences éco, si les étudiants étaient là, on pourrait tenir nos cours. Rien ne nous empêcherait matériellement, de le faire."

En sciences humaines, des chaises et autres objets barrent toujours quelques portes. Mais certaines d'entre elles ont été délibérément libérées de toute entrave. Seule une grande table, tenue par quatre ou cinq étudiants, se dresse en obstacle au niveau de l'accès qui mène vers les étages. Un barrage plus symbolique qu'effectif. "De toute façon, expliquaient hier les étudiants en poste, nous laissons passer les étudiants Erasmus, tous ceux qui préparent des concours, et qui, dans le cadre de leur cursus, sont tenus de suivre des stages. Il n'est pas question de les pénaliser..." Sur une table voisine, les étudiants viennent récupérer des photocopies de cours laissées par les professeurs.

 

"Nous appliquons souplesse et courtoisie"

Quant aux enseignants, ils sont également présents. "Nous appliquons souplesse et courtoisie, disait hier Brigitte Buffard-Moret, directrice du département de philologie romane et de linguistique française. Personne n'a envie que les étudiants soient pénalisés. Nous sommes là pour les rassurer. Si les cours reprennent rapidement, le second semestre sera validé. Entre polycopiés et cours de rattrapage, nous réussirons à effacer le retard. Toutefois, su le mouvement dure, beaucoup d'enseignants ont ici des engagements professionnels à respecter dans des cadres imposés (NDLR: jurys de concours, colloques de recherche...) et nous les tiendrons, quoi qu'il arrive: c'est un principe de réalité."

En faculté de droit, le discours et la méthode sont quelque peu différents. Egalement dégagé, le campus a toutefois été le théâtre, hier matin, d'un rassemblement initié par son doyen: l'invitation avait été lancé par un courrier conclu par "la présence est obligatoire". Il y a été question des examens de fin d'année. Un écho aux propos tenus par le recteur. En attendant, chacun s'organise. Entre polycopiés, cours en ligne ou parfois "travaux dirigés sauvages" en droit, de nombreux étudiants planchent. Les salles de la bibliothèque universitaire en témoignent: elles étaient encore bien remplies.

Jean-Yves LE NEZET

La Nouvelle République, Vendredi 7 Avril 2006

 

Article en cours de réalisation.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 07:49
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

POITIERS - Etudiants, lycéens et syndicats unis pour un deuxième blocus de la ville

 

Blocus, et de deux

 

Les étudiants et les lycéens ont de nouveau procédé à un blocus du centre-ville de Poitiers, hier. Pour cette deuxième édition chox, les syndicats se sont joints au mouvement durant lequel la Porte de Paris a servi de QG improvisé.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

DEUX semaines après le premier blocus de Poitiers le 22 mars, bis repetita hier matin. Cette fois, même les syndicats ont décidé de se joindre à l'action initialement menée par les étudiants et les lycéens.

6h30. Heure du rassemblement. Le parking de l'amphi J sur le campus et la place Leclerc du centre-ville sont envahis par plusieurs centaines d'étudiants, lycéens et syndicalistes motivés bravant la pluie et le froid.

Le succès de la manif de la veille a renforcé leurs positions.

 

Les chats et les souris

7h. En moins d'une demi-heure, les principales voies d'accès au coeur de la ville sont obstruées. Pénétrante, Porte de Ville, Pointe à Miteau, Pont-Neuf, avenue Kennedy, Porte de Paris et même les Portes du Futur à Chasseneuil-du-Poitou. Mais à la différenc du mouvement précédent, les forces de l'ordre avaient, semble-t-il, reçu le mot d'ordre de débloquer rapidement la situation...

A peine une heure plus tard, dans les différentes zones de blocage, un inévitable jeu du chat et de la souris s'installe entre les CRS (de Poitiers) et les manifestants. Tu me débloques, je te bloque..." Un petit jeu - le plus souvent bon enfant- qui a duré toute la matinée.

 

Porte de Paris, le QG

Dans le même temps, un petit village d'irreductibles du CPE goûte aux joies d'un blocus frileux et pluvieux. Où? A la Porte de Paris...Dès l'aube, une centaine d'étudiants et de lycéens, des dizaines de syndicalistes ont investi cette place stratégique. Les palettes de bois apportées par le camion FO, les barrières et les grosses pièces du chantier voisin servent à l'installation de barricades filtrantes. 8h, le carrefour est totalement fermé.

Sur place, Alain Barreau, de FO 86, ne cache pas sa satisfaction. "Opération réussie, clame-t-il. Les syndicats ne sont là qu'en soutien des étudiants et lycéens. Il faut les féliciter pour l'organistation et pour leur pacifisme. FO a été plus loin en apportant un soutien technique et logistique".

Au micro, les leaders étudiants donnent les premières informations: "Blossac repris. Pénétrante évacuée." La Porte de Paris se transforme en quartier général de l'état-major.

 

Le dernier bastion

11h. Après plusieurs informations contradictoires sur une possible intervention des CRS, les manifestants décident de faire une cagnotte pour un barbecue improvisé. 12h, les premières merguez et saucisses grillent sur les grill. 12h, on mange!

13h, la coordination étudiante reprend le mico pour mettre en place l'évacuation et de possibles blocus d'autres rues. Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. Selon les dernières informations, à 14h15, la Porte de Paris est le dernier bastion. 14h30 les CRS arrivent...et repartent.Une poche de résistance est annoncée avenue Kennedy. 15h30 les CRS reviennent et...avancent sur la Porte de Paris.

A 15h45, la Porte de Paris est libérée. Le blocus est officiellement terminé à 17h.

Samy Magnant

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

EDUCATION

CPE

Blocus des lycées, plus de 20 plaintes déposées

 

Le recteur demande "le respect de la liberté d'étudier"

 

LE recteur de l'académie de Poitiers a demandé hier que "la liberté d'accès des établissements soit respectée", face aux perturbations engendrée dans les lycées de son académie par le mouvement anti-CPE. Dans un communiqué, Frédéric Cadet indique que sur l'ensemble des quatre départements de la région, depuis le début des manifestations, plus de 20 plaintes ont été déposées pour dégradations ou pour violences aux personnes. "Des altercations entre des personnes bloquant les accès aux établissements d'enseignement et d'autres souhaitant une libre cireculation ont eu lieu ces derniers jours. Grâce au sens du dialogue des chefs d'établissement comme de leurs équipes, aucun accident portant atteinte de manière grave aux personnes n'est à déplorer à ce jour" précise-t-il.

 

Dans l'intérêt des élèves

Il souhaite que "la raison prévale et que tous les établissements scolaires de l'académie puissent retrouver rapidement la sérénité nécessaire à l'exercice de leur mission d'éducation. Les établissements doivent être accessibles à tous ceux ui souhaitent assister aux cours". Il rappelle en effet qu'alors que se profilent, avec la fin de l'année scolaire, les périodes de l'orientation et des examens, l'intérêt des élèves est avant tout d'assister aux cours. Le recteur demande que "la liberté d'étudier soit respectée par chacun, adultes et lycéens".

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Centre Presse, Jeudi 6 Avril 2006.

Et c'est à Poitiers qu'a été immortalisé le premier selfie...

Et c'est à Poitiers qu'a été immortalisé le premier selfie...

Centre Presse, Samedi 7 Avril 2006.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Toute la journée,

étudiants et CRS ont joué au chat et à la souris

 

Entamé hier au petit matin en huit points stratégiques, le second blocus de Poitiers tenu par quelque cinq cents anti-CPE s'est poursuivi jusque vers 17h.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

Pour la seconde fois en quinze jours, les étudiants anti-CPE, aidés cette fois de représentants de plusieurs synidcats (CFTC, CGT, CNT et FO) se sont rendus maîtres, hier matin, des principales entrées de Poitiers. Si le 22 mars dernier, l'ultime rassemblement au Pont-Neuf avait été dispersé par les gendarmes mobiles en fin de matinée, hier, les étudiants ont tenu jusqu'à près de 17h. Essentiellement grâce à un incessant jeu du chat et de la souris qui s'est poursuivi tout au long de la journée.

 

Entre 7h et 7h30 la ville bloquée en huit endroits

 

Une journée débutée à 6h45 sur place d'Armes et au même moment sur le parvis de l'amphi J au coeur du campus. Malgré une pluie battante et un froid glacial, environ cinq cents personnes étaient réparties sur les deux sites. Beaucoup d'étudiants mais aussi des lycéens et des syndicalistes qui en quelques minutes ont formé des groupes chargés d'aller prendre position sur huit lieux stratégiques donnant accès à la ville. Entre 7 et 7h30, la ville s'est ainsi retrouvée bloquée.

Utilisant des balles de paille livrées par les paysans de la Coordination rurale (lire par ailleurs), des palettes de bois, des barrières métalliques, des palissades ou, comme à la Porte de Paris, d'énormes tuyaux d'adduction d'eau trouvés sur le chantier voisin, les étudiants ont confectionné d'infranchissables obstacles. Laissant toutefois circuler les véhicules d'urgence et dégageant au coup par coup un passage. Ici pour un véhicule de la Poste, là pour un fourgon de denrées périssables. Plusieurs automobilistes ont néanmoins fort peu apprécié ce nouveau blocage et l'ont fait savoir de manière parfois extrêment vive.

Après une heure de paralysie, des CRS ont entamé de réduire chacun des barrages. Prmier lieu d'intervention, la Pénétrante libérée avant d'être reprise plus tard. Scénario identique sur les autres poins de blocage où, comme à la porte de ville à Blossac, les anti-CPE se sont laissés chasser pacifiquement avant de s'éparpillerr et de revenir une fois les CRS partis. Une stratégie qui s'est poursuivie jusqu'à la fin de la matinée.

En début d'après-midi alors que la circulation était partout redevenue normale, le barrage de la Porte de Paris, en place sans discontinuer depuis 7h25, était le seul encore en place.

Peu avant 15h, une soixantaine de CRS ont alors démonté les barricades et ont repoussé les anti-CPE vers le boulevard Chasseigne. Sur plusieurs dizaines de mètres, les étudiants ont tranquillement reculé en réclamant "des bisous et des câlins" ou bien en lançant ironiquement: "CRS en colère, le pastis il est trop cher". Atteignant l'église Montierneuf, les manifestants ont cavalé par les derrières vers la Porte de Paris qu'ils ont repris sans difficulté avant d'en être chassés sans incident. Au bout d'une heure de face à face sur le boulevard du Grand-Cerf, les étudiants ont finalement décidé de filer tranquillement vers la voie Malraulx où ils ont repris positon quelques instants. Avant d'être, là encore, délogés aux alentours de 17h.

Le temps de savourer place Notre-Dame "une mission réussie" et les moins fourbus des manifestants se sont dirigés place d'Armes pour participer à un rassemblement contre les lois Sarkozy.

 

Jean-Jacques ALLEVI

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

IMPACT

Les manifestants atteignent leur objectif

 

Poitiers s'était transformé en quasi-désert, le 22 mars, lors du premier blocus organisé par les étudiants opposés au mouvement anti-CPE. Tel n'a pas été le cas hier. Sauf aux premières heures de la matinée, la ville est restée accessible pour qui suivait, sur France Bleu Poitou, l'évolution des barrages mobiles.

Les manifestants n'en ont pas moins atteint leur objectif en perturbant sérieusement la vie économique de l'agglomération. Si nombre de salariés avaient pris leurs dispositions, les usagers des lignes de Vitalis ont souvent attendu en vain leur bus. Sortis normalement en début de matinée, ils ont été rappelés au dépôt dès 8h: "On les envoyait sur les barrages et on ne faisait qu'aggraver le blocage." Trois lignes ont été remises, en service en fin de matinée: la 9C qui dessert Notre-Dame et le campus, puis la 8, entre Saint-Eloi et Poitiers Ouest, et la 4 pour Les Couronneries. Le service Allo Bus a reçu une avalanche d'appels.

Morne journée, pour nombre de grandes surfaces des Portes du Futur, à Chasseneuil. De Conforama à Boulanger, beaucoup de commerce n'ont guère vu de clients, le matin. Le chiffre d'affaires de Leroy-Merlin a baissé de 15%. Mac Donald's, en revanche, n'a guère souffert du blocus: les manifestants sont venus s'y réchauffer et manger.

A.D.

Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2
Mercredi 5 Avril 2006 : Poitiers bloquée, acte 2

La Nouvelle République, Jeudi 6 Avril 2006.

Sujet sur Poitiers à partir de 4 minutes.

France 2, 20h, David Pujadas, Mercredi 5 Avril 2006.

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 07:23
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

20.000 manifestants déferlent sur Poitiers

 

Une semaine après la déferlante historique du 28 mars, les anti-CPE ont réussi la passe de deux. Près de 20.000 personnes otnt à nouveau défilé, hier, dans les rues de Poitiers.

 

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

14h: Dans le périmètre du stade Rébeilleau, hier, une seule question est sur toutes les lèvres: la mobilisation sera-t-elle à la hauteur de celle, qui, la semaine dernière, a valu au mouvement anti-CPE de devenir la plus importante manifestation sociale de toute l'histoire poitevine?

14h40: Comme la semaine passée, les étudiants ouvrent le cortège derrière deux imposantes banderoles. Ils chantent "On n'est pas fatigués". Le ton est donné.

15h: Le cortège s'étire et s'approche de la Pénétrante. Les membres de la coordination étudiante, aux porte-voix, lancent un appel à la mobilisation pour le blocus de ce matin. Les premiers observateurs, postés sur les ponts, sont optimistes: "La manifestation est géante. C'est comme la semaine dernière."

15h30: Le cortège glisse sur la Pénétrante. Les étudiants mènent la manifestation, au diapason. Les nez rouges, épaulés par le service d'ordre des syndicats, encadrent parfaitement le mouvement. Les policiers, eux, sont beaucoup plus nombreux que la semaine passée. Les étudiants aprennent que 85 CRS sont en ville. Les policers savent déjà depuis longtemps que la gare sera envahie en fin de manifestation. Ambiance détendue.

16h: L'immense cortège atteint le boulevard Chasseigne. Au loin, sur les hauteurs de la pénétrante, on aperçoit les drapeaux des syndicats. Slogans et chants ricchent sur les hauteurs poitevines: CPE, Chirac Villepin, précarité..Depuis une semaine et malgré l'intervention présidentielle, rien n'a changé. Les Poitevins sont toujours dans la rue. Toujours aussi nombreux. Toujours aussi déterminés. Leur nombre: 12.000 selon la police, 28.000 selon les syndicats. A 20.000, on se rapproche sans doute de la vérité.

16h30: Le cortège arrive Porte-de-Paris. Le signal est donné. Les étudiants quittent la manif en courant  et envahissent les voies de chemin de fer en passant par le pont, les syndicats ne suivent pas. Les policiers, eux, ne bougent pas.

16h50: Des centaines d'étudiants marchent sur les voies. A la gare, les attendent des CRS. Le commissaire Benoit Desmartin, du commissariat de Poitiers, va à la rencontre des étudiants. Ces derniers évacuent la gare sans l'occuper. Entre les "nez rouges", les CRS et les policiers, deux mots: respect et courtoisie (lire notre reportage en page d'information générale).

17h: Le cortège, pendant ce temps, a continué. Il se reforme à la gare et prend la direction du centre-ville. Les 20.000 Poitevins ne lâchent toujours rien. Prochain rendez-vous ce matin aux portes de Poitiers, pour un nouveau blocus.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à PoitiersMardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

POINT CHAUD

Un lien entre les générations

 

L'histoire se souviendra du 28 mars et du 4 avril 2006. Jamais la ville de Poitiers, hormis à la Libération, n'avait connu une telle mobilisation. Jamais un même mouvement, dailleurs, n'avait rassemblé, à une semaine d'intervalle, autant de personnes, soit à chaque fois environ 20.000 mécontents déterminés. Et jamais, sans doute, autant de générations, de professions, de mouvements différents, d'obédiences diverses s'étaienbt retrouvés unis ainsi. De la Confédération paysanne, présente hier pour soutenir les étudiants, à des délégations d'entreprises châtelleraudaises, le rassemblement a rassemblé bien au-delà des limites habituelles. Hier, le mouvement anti-CPE, anti-CNE, anti-pas assez de postes aux CAPES, anti-gouvernement et surtout anti-précarité n'avait pourtant pas la même allure que celui de la semaine passée. Il y avait autant d'étudiants, certes, de lycéens aussi, de syndicalistes, de partis politiques, mais il y avait surtout de nombreux, très nombreux "anciens". Des retraités, des grands-parents, des "cheveux blancs" venus soutenir une jeunesse "sacrifiée, condamnée à payer les dettes de l'Etat et toutes les erreurs passées et actuelles". Personne ne sait jusqu'où ira le mouvement anti-CPE. Personne ne se risque à pronostiquer un essoufflement. Les étudiants et les lycéens tiennent le rang. Ne le quittent pas et ne dévient pas du chemin qu'ils ont tracé. "Ils étaient tous sortis en mai 2002 pour dénoncer Le Pen et après, ils sont retournés chez eux, ce sera la même chose pour le CPE", estimait un observateur. Peut-être, mais à la différence qu'aujourd'hui, c'est de leur avenir et non de leur honneur qu'il s'agit. Et les "anciens", de plus en plus présents à leur côté, l'ont très bien compris: cette génération CPE n'est vraiement pas la mieux lotie.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Les étudiants bloquent la ville ce matin

 

Les huit principales entrées de la ville seront bloquées ce matin par la coordination étudiante épaulée par l'intersyndicale. Les anti-CPE entendent désormais paralyser l'activité économique de la cité.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Comme ils l'ont déjà fait le 23 mars dernier créant une belle pagaille aux abords de la ville, les étudiants de la coordination de Poitiers sont bien décidés à bloquer de nouveau ce mercredi matin les neuf principales entrées de la capitale régionale (voir notre infographie ci-contre). Pour cette seconde action de blocus qui s'incrit dans la cadre d'une journée nationale de blocage dans l'ouest et l'est du pays, les étudiants poitevins recevront le soutien de l'intersyndicale qui a appelé à participer à l'opération. Les étudiants pourront également compter sur l'aide matérielle de la Confédération paysanne qui, au cours de la nuit, leu livrera un chargement de plusieurs dizaine de bottes de paille.

"Il faut désormais empêcher les gens d'aller travailler et même de consommer. Nous n'avons plus d'autre choix. C'est en paralysant le pays, jusqu'à ce que les gens se plaignent, que l'on gagnera", explique Stéphane Nicolas, de la coordination.

 

"Plus d'autre choix que d'empêcher les gens d'aller travailler"

 

"On en est arrivé à un point où occuper des locaux officiels ne sert plus à rien. Depuis le discours de Chirac, nous n'avons plus d'autre alternative qu'un blocus radical des villes", poursuit Grégory Hamed, autre étudiant membre de la cordination.

Même sentiment pour Anthony, 19 ans, étudiant en première année d'histoire de l'art: "Le blocus des facs ne suffit pas. Cela fait six semaines que la fac est bloquée et rien ne se passe. Plus on emmerdera les gens, plus il y aura d'écho". Conscient du risque de cassure avec l'opinion publique, les étudiants ont distribué hier 16.000 tracts expliquant leur action.

Si l'arrivée en ville de CRS venus renforcer les policiers locaux n'entame pas la détermination des étudiants, elle inquiète en revanche davantage les syndicats, à l'image de la CGT qui a donné des consignes à ses "délégués, militants et salariés protégés pour qu'ils se rendent sur les blocus afin d'éviter les frictions".

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

La Nouvelle République, Mercredi 5 Avril 2006.

 

Un petit bonus: mes photos d'une journée pas comme les autres. Et pourtant depuis, le record a été battu, en Mars 2009.

Article en cours de réalisation.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

POITIERS - La mobilisation anti-CPE ne faiblit pas: 10000 selon la police, plus du double selon les manifestants

 

Manif hier, blocus ce matin

 

L'intransigeance syndicale ne faiblit pas, l'énergie des étudiants non plus. Hier les opposants au CPE ont fait une nouvelle démonstration de force à Poitiers. Ce matin, les syndicalistes vont se railler aux étudiants pour bloquer la circulation à Poitiers.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

"CHIRAC a reconnu que la loi n'était pas bonne puisqu'il veut la changer et en même temps, il la promulgue", résume René Pintureau, de la CGT territoriaux. "Il y a confusion dans la tête des gens." Dans l'esprit des manifestants qui avaient choisi hier encore de descendre dans la rue et parfois de sacrifier une journée de travail, il ne semblait pas y avoir de doute. Malgré l'intervention du Président de la République et les promesses de modifications, les responsables syndicaux poitevins campent sur leur position: le retrait du projet de loi avant toute négociation. "Il y a un refus profond. Aujourd'hui, on peut mobiliser comme jamais", affirme Alain Barreau de FO86. "Aujourd'hui, personne ne peut emêcher un employeur d'embaucher quelqu'un en CPE, puisque la loi le permet. On demande que la loi ne le permette plus."

Dans une charte, les partis de gauche (alternatifs, LCR, PC, PS, Verts et LO) ont apporté leur soutien au mouvement étudiant et contre "la précarisation généralisée des salariés et en particulier des jeunes". Marc Loubaud, pour les parents d'élèves de la FCPE, rappelle que la "loi est faite pour défendre les faibles contre les forts".

 

Bloquer la ville

La menace de bloquer la ville ce matin et tous les matins qui suivent tant que le gouvernement n'aura pas retiré la loi plane toujours. Hier, les étudiants ont commencé l'organisation du blocus sur le même air que le mercredi 22 mars. Rendez-vous place d'Armes et à l'amphi J à 6h45 pour que des petits groupes se répartissent les points de la rocade à paralyser. Le rond-point de la route de Gençay, la Porte de Paris et le rond-point de Chasseneuil-de-Poitou seront les points noirs de 7h30. L'épreuve de force a commencé, sans craindre de prendre en otage les Poitevins qui iront travailler. "Il est important de faire un rapport de forces. Bloquer une ville à un moment T, c'est possible si on ne porte pas atteinte aux biens et aux persones", menace Alain Barreau. Christophe Massé pour la CGT appelle le plus d'adultes possibles à être présents sur les barrages auprès des étudiants, de façon à s'interposer et à éviter les violances éventuelles avec les forces de l'ordre. La préfecture de Poitiers a promis de "faire respecter la liberté d'aller et venir et apportera une réponse adaptée au phénomène".

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

M. Echo...

...a vu hier à la manif à Poitiers un chien paré d'un joli petit manteau. Dessus, on pouvait lire: Chien Précaire Embauche.

 

...a reconnu son ancien prof de maths au milieu des manifestants. Il n'a pas pu lui parler car il soufflait joyeusement dans sa clarinette...comme autrefois lorsqu'il détendait ses élèves pendant les cours.

 

...s'est retrouvé en fin de cortège hier après-midi avec les partis politiques locaux. Contrairement aux manifestants parisiennes, ce n'est pas là que l'on retrouve les casseurs. Encore heureux!

 

...s'interroge aussi sur la position de ces mêmes partis en queue de manif. Sont-ils là pour pousser la foule en colère ou sont-ils mis à l'arrière car trop politisés? C'est à l'appréciation de chacun. Mais dans les deux cas, le soutien a l'air sincère.

 

...a observé Christian Dudognon, président de l'association poitevine l'Eveil, et militant CGT, compter les participants à la manifestation contre le CPE. Faisant preuve d'une honnêteté sans borne, le sémillant comptable d'un jour retranchait systématiquement tous ceux qui faisaient machine arrière pour retrouver un camarade. Entre les additions et les soustractions et les nombreuses pauses pour lancer quelques blagues, pas sûr que les comptes soient certifiés fiables.

 

...a constaté que les manifestations se suivent et se ressemblent. l'autre mardi, les élus communistes de la ville de Poitiers (Jean-Jacques Guérin, Michel Bodin et Jean-Paul Dampuré) se sont retrouvés au bar le Victor-Hugo en fin de manifestation pour prendre une bière. Et hier, les élus communistes se sont retrouvés au même endroit, au même moment, pour une sanction identique. Allez, encore une manif et ce sera la tournée du patron.

Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers
Mardi 4 Avril 2006 : nouvelle marée humaine à Poitiers

Centre Presse, Mercredi 5 Avril 2006.

France 2, 20h, David Pujadas, Mardi 4 Avril 2006.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 08:24
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

LE FAIT DU JOUR

 

Etudiants et salariés

de nouveau dans les rues cet après-midi

 

La nouvelle manifestation des anti-CPE démarrera à 14h30 du stade Rebeilleau à Poitiers. Des milliers d'étudiants, de lycéens, de salariés y sont attendus.

Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

Mardi dernier, les anti-CPE étaient au bas mot 20.000 dans les rues de Poitiers. Un chiffre colossal à l'échelle de la ville. Jamais atteint par la passé. Ni en mai 1968, ni en décembre 1995 lors du mouvement contre le plan Juppé. Seule la libérationde la cité intervenue en septembre 1944 - et c'était là un jour de joie - avait peut-être jeté dans les rues un nombre de Poitevins aussi impressionnant.

 

"Manifester autant sur le CPE que sur la réaction du président de la République"

 

Mais cet après-midi, combien seront-ils? A l'orée de la cinquième journée de manifestation anti-CPE qui démarrera cet après-midi à 14h30 du stade Rebeilleau, pas un étudiant, pas un syndicaliste ne se risque à faire un pronostic.

Mobilisés depuis douze semaines, les étudiants de la coordination affichent une confiance à toute épreuve. "On n'observe aucune faiblesse parmi nos troupes", jure Stéphane Séjourné, de la coordination. D'autres, investis dans le blocus de leur université depuis le 13 février, répètent qu'après autant de temps, ils n'ont plus rien à perdre. "C'est trop tard pour lâcher. On ira jusqu'au bout."

Pourtant, le spectre de l'essoufflement plane bel et bien sur le campus. Julien Vialard, l'un des leaders de la coordination poitevine, l'a reconnu jeudi dernier lors de la dernière AG en date qui a réuni au stade Rebeilleau un petit millier d'étudiants, moitié moins que d'habitude. Mais depuis, est venur l'intervention télévisée du président de la République vendredi soir. De nature à remobiliser certains.

"Beaucoup de gens sont écoeurés par l'intervention du président Chirac. Ca va être chaud", observe Laurent Caron, le secrétaire départemental de la CFDT. Alain Barrault, secrétaire départemental de FO confirme: "Nous sommes sollicités par des entreprises qui ne sont pas encore sorties et qui veulent manifester autant sur le CPE que sur la réaction du président de la République qui promulgue une loi refoulée par 3 millions de personnes dans les rues du pays."

Un sentiment qui inquiète Alain Barrault. Le syndicaliste redoute "la dérive progressive de la situation qui risque de quitter le terrain social et syndical pour arriver sur le terrain purement politique. Nous craignons que des actions beaucoup lus tranchées vienent éventuellement troubler l'ordre public. Et le gouvernement en portera la responsabilité." Laurent Caron ne cache pas qu'il "craint la casse". D'ailleurs en prévision d'éventules débordements, le patron de la CFDT confie avoir renforcé le service d'ordre de son syndicat. D'avantage de syndicalistes en chasubles aux armes de la CFDT mais aussi des militants anonymes placés au coeur du cortège prêts à intervenir si nécessaire.

 

J.-J. A.

Possible blocus de Poitiers mercredi

La coordination étudiante a adopté hier le principe du blocus de Poitiers pour mercredi matin, si le CPE n'est pas d'ici là purement et simplement retiré. Les étudiants annoncent qu'ils prendront position à différents points de la ville afin de rendre impossible l'entrée dans la capitale régionale ce matin-là.

Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social
Lundi 3 Avril 2006 : dans l'attente du second round social

La Nouvelle République, Mardi 4 Avril 2006.

SOCIAL

MANIFESTATION ANTI-CPE -Comme mardi dernier, des milliers de manifestants sont encore attendus cet après-midi à Poitiers

 

Toujours déterminés

Malgré la promulgation de la loi sur l'égalité des chances, les lycéens, étudiants et salariés seront certainement nombreux à défiler aujourd'hui.

 

COMBIEN de manifestants défileront-ils aujourd'hui dans les rues de Poitiers? "Ce n'est pas le problème puisqu'il paraît que ce n'est pas la rue qui gouverne", lance Alain Barreau, secrétaire départemental de FO. Reste que lycéens, étudiants et syndicats de salariés ont battu le rappel. Des délégations de toute la Vienne devraient être présentes dans le cortège cet après-midi.

Dès 13h, les tribunes du stade Rébeilleau, à Poitiers, accueilleront l'assemblée générale lycéenne et étudiante à laquelle participeront les syndicats de salariés. Dans la foulée, les principaux partis de gauche - PS, PC, Verts, Alternatifs, MRC (Chevènement), la LCR (Besancenot) - signeront une charte anti-CPE. La manifestation en tant que telle partira ensuite à 14 h, toujours de Rébeilleau. L'itinéraire, rocade, Pénétrante, les boulevards extérieurs jusqu'à la Porte-de-Paris, puis direction la gare avant la dissolution du cortège à la préfecture.

Désormais, les anti-CPE comptent passer à la vitesse supérieure. Dans un tract distribué largement hier en ville, ils appellent "en l'absence de déclaration gouvernementale [ce soir] annonçant le retrait du CPE/CNE [...] à se mobiliser massivement à 8 h, Porte-de-Paris, avec blocus." Deux autres points de rendez-vous sont fixés, dès 6h45, place Leclerc et à l'amphi J, sur le campus. Et dans la foulée, les anti-CPE annoncent un blocus de la ville tous les jours jusqu'au retrait du texte par le gouvernement!

Mathias Aggoun

Les étudiants écrivent à la police

A la suite des incidents de vendredi soir entre forces de l'ordre et étudiants, ces derniers ont adressé une lettre au patron poitevin de la police. Ils y rappellent que toutes leurs actions ont jusqu'ici été pacifiques alors qu'ils ont déjà noté "le dérapage d'un policier de la BAC [ndlr: brigade anti-criminalité] pendant une manifestation", celui-ci ayant, selon les étudiants "le coup de matraque un peu "facile"". Au sujet des incidents de vendredi, les étudiants rappellent qu'ils ont eu des blessés dans leurs rangs avant d'ajouter: "Nous avons pour nous l'art. 9 du code de déontologie de la police qui dispose, en synthèse, que le policer ne doit faire qu'un usage strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre. A nos yeux, certains de vos hommes ont violé ce texte auxquels ils sont soumis, ce qui va nous permettre d'engager des poursuites."

CPE - Réaction du député socialiste

Claeys : "On ne louvoie pas avec la jeunesse"

 

PAS de manifestation aujourd'hui pour Alain Claeys. A l'heure où le cortège s'ébranlera, le député socialiste de la Vienne sera à l'Assemblée nationale. "Pour une réunion de groupe au cours de laquelle sera finalisée la proposition de loi que va déposer le PS et qui comportera un article unique qui réclamera l'abrogation pure et simple du CPE." La seule façon, selon lui, "d'apporter de l'apaisement, car on ne peut pas attendre des semaines" alors que la déclaration de Jacques Chirac "a rajouté une tension supplémentaire". Il faut "arrêter les contorsions" et éviter "de louvoyer avec la jeunesse" car celle-ci "attend un langage clair". Une seule solution: "Faire un geste fort dans l'intérêt de l'Etat et non louvoyer pour des convenances personnels". Bref, abroger.

 

Mitterrand en 1984

Un responsable politique peut faire un pas en arrière, estime Alain Claeys: "Ce n'est pas la rue qui gouverne, mais on peut, quand la situation l'exige, tenir compte de la réaction des citoyens. En 1984, quand un million de personnes défilait contre le projet de loi sur l'école libre, François Mitterrand avait retiré celui-ci..."

Selon lui, le conflit du CPE relève une crise plus profonde: "L'ascenceur social ne fonctionne plus. Aujourd'hui, parents et grands-parents craignent que leurs enfants soient plus malheureux qu'eux. Surtout ceux qui sortent de la formation initiale en situation d'échec." Pour eux, Alain Claeys propose...un CFE: "Un contrat formation emploi qui permettrait d'embaucher un jeune moyennant une formation au sein de l'entreprise dont le coût serait pris en charge par l'Etat." Le député rencontrera syndicats de salariés et étudiants sur ce sujet ce matin.

Centre Presse, Mardi 4 Avril 2006.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 10:04

SOCIAL

MANIFESTATION

 

Samedi, comme un air de monôme

Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin

Les étudiants se sont, samedi matin à Poitiers, rendus au marché Notre-Dame avant de terminer leur manifestation à l'Hôtel Fumé.

 

APRES l'occupation la veille de la cour du rectorat par les étudiants - évacués par les forces de l'ordre - , c'est un tout autre spectacle qu'offraient les anti-CPE, samedi matin à Poitiers. Rieurs et pour certains grimés en PDG de carnaval, une centaine d'entre eux ont défilé de la place du Palais de Justice jusqu'à l'Hôtel Fumé en s'accordant un petit détour par le marché Notre-Dame.

1er avril oblige, les étudiants avaient évidemment changé tous leurs slogans pour l'occasion. Au son de "On l'aime bien Gilles de Robien, sa politique est fantastique" et de "Il était des gauches qui voulaient contester le choix de leur ministre si beau et si bronzé", ce joyeux monôme s'est mis les rieurs de son côté dans une bonne partie de la ville.

Au moment où certains étudiants parlent de radicalisation du mouvement, les anti-CPE avaient décidé de s'offrir une petite pause "fraîcheur" avant la grande manifestation de mardi. Pas sûr que ce jour-là, les slogans soient aussi gracieux à l'oreille des ministres.

Mathias Aggoun

Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin
Samedi 1er Avril 2006 : les étudiants au soutien du CPE et du gouvernement Villepin

Jean-François Macaire:

"Amplifions la mobilisation"

 

DANS un communiqué, Jean-François Macaire, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de la Vienne, appelle à "amplifier la mobilisation". Il indique: "Mardi 4 avril, des millions de Français vont se mobiliser à l'occasion d'une nouvelle journée d'action organisée par les étudiants, les lycéens et les syndicats. Cette fois, au-delà des revendications portées par les journées précédentes, c'est la question de la démocratie et de la République qui est en jeu.

Le Président de la République promulgue une loi qu'il ne souhaite pas voir appliquer! Il passe en force contre tous les syndicats et prétend ouvrir une négociation! C'est ce déni de démocratie et cette mascarade institutionnelle que le peuple français dénoncera mardi.

Le CPE doit être retiré. C'est la seule voie possible pour permettre le retour d'un dialogiue social insidpensable au fonctionnement de notre pays. Les socialistes de la Vienne appellent toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie à manifester massivement et pacifiquement mardi à Poitiers et Châtellerault."

Centre Presse, Lundi 3 Avril 2006.

 

L'édition de la Nouvelle République du Lundi 3 Avril 2006 n'étant pas disponible aux Archives Départementales de la Vienne, il n'y aura pas un autre récit journalistique sur cette journée. Non, ce n'est pas une blague.

 

Par contre je vous propose un bonus avec quelques images du blog de Jules sur ce 1er avril très politique à Poitiers.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 08:08
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Les étudiants s'invitent au conseil

 

Faute de place, bon nombre des étudiants venus manifester hier soir devant le conseil municipal n'ont pas pu entrer. Une manifestation dans le calme - si ce n'est un agité - et qui a ravi la majorité municipale.

Les étudiants auraient voulu interpeller la représentante de l'UMP. En l'occurrence Jacqueline Daigre. Jacques Santrot a répondu qu'elle était ici en tant qu'élue municipale et non comme représentante d'un parti politique.

En fait, le débat sur le CPE a bien eu lieu. Mais au tout début du conseil à 18h. Jean-Jacques Guérin a exprimé le soutien du PC à la lutte des étudiants, son opposition "totale" au CPE comme au CNE, et exigé son retrait "immédiat" avant de demander "que le CDI reste la norme du contrat de travail et que les contrats précaires soient dument réglementés et limités aux cas exceptionnels."

 

Précarité pour les uns, rentes de situation pour les autres

 

Jean-Claude Bonnefon, adjoint au maire et président de la Mission Locale, s'est dit "effaré par la situation de précarité faite aux plus pauvres et les rentes de situation offertes aux plus riches."

Eric Joyaux, puis Robert Rochaud (les Verts) ont critiqué Jacques Chirac "qui casse tout ce qui a été mis en place depuis un demi-siècle dans le domaine de la protection sociale. Et généralise les coups de force permanents."

Pour Catherine Coutelle (PS) la situation actuelle est "ubuesque": "Il existe déjà 21 contrats pour les jeunes. pour un de plus, on met la nation en situation de blocage." Elle a même parlé de "situation révolutionnaire."

"Ce gouvernement cultive l'insécurité", a ajouté Maurice Monange. Et Jacques Santrot a carrément déclaré au sujet du gouvernement: "Si certains de ces gens-là avaient vécu en 1920, ils auraient envoyé les gosses de 14 ans à la mine." Il a réitéré son propos un peu plus tard.

Jacqueline Daigre (opposition) a invité les élus "à ne pas diaboliser le CPE". Michel Bodin (PC) a dénoncé la précarité grandissante: "Poitiers comptait 2.636 allocataires du RMI en 2004, 2.838 en 2005."

Le débat sur la politique gouvernementale a rebondi quand Michel Touchard, adjoint au maire, a évoqué la circulaire Sarkozy sur l'expulsion des étrangers. réaction du maire: "Si ce avait été écrit dans les années trente, celui qui l'a rédigé n'aurait pas été autorisé à entrer en France." Silence dans la salle.

Manifestations et blocus la semaine prochaine

 

Manifestations et présence aux portes ouvertes de l'université ce week-end, grève et blocus annoncés la semaine prochaine: les étudiants ne veulent pas relâcher la pression.

 

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Une manifestation et une action ce week-end, une autre manifestation et un blocus en prévision la semaine prochaine: la coordination d'hier a vu les étudiants déterminés à ne pas relâcher leur pression au moment où la question des examens de fon d'année se pose de façon accrue. Position maintenue, donc, mais le nombre de présents s'est réduit hier: beaucoup ayant préféré le barbecue installé fac de lettres à la réunion. "On a 9 jours pour changer la donne, le temps dont Chirac dispose pour faire un moratoire. Il va falloir taper très fort", résumait Julien Vialard. Action donc. De manière festive aujourd'hui: 1er avril oblige, les étudiants cont manifester en faisant passer leur revendications par le biais de déguisements caricaturaux, de paneaux pro-CPE, etc. Ils comptent également organiser une action lors des portes ouvertes de l'université.

La semaine qui s'annonce sera nettement moins ludique. Lundi, une charte de soutien du mouvement étudiant et lycéen sera signée par six partis de gauche (PS, MCR, LCR, PCF, Verts, Alternatifs). Mardi, un appel national à la grève a été lancé, par les étudiants et par les organisations syndicales et politiques. Tous veulebt que la journée soit d'ampleur aussi importante que celle du 28 mars (Des tracts vont être distribués ce week end).

Et mercredi, la coordination compte bloquer la ville. "Nous souhaitons rendre le blocus national. Nous avons déjà contacté certaines villes".

 

A.N.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Manifestations

Des réactions de colère

 

Des centaines de militants anti-CPE se sont réunis hier soir à Paris et en province pour écouter l'allocution de Jacques Chirac, conspuant le président lorsqu'il a annoncé la promulgation de la loi.

A Paris, plusieurs centaines de personnes, lycéens, étudiants et représentants de divers partis politiques (LCR, PCF) et syndicaux (FSU, CFDT) se sont rassemblées place de la Bastille et ont sifflé l'intervention présidentielle diffusée par un camion sono.

Au moment où le chef de l'Etat annonçait qu'il promulguait la loi égalité des chances, ils se sont mis à scander: "Chirac en prison, Villepin démission" et "retrait du CPE".

Les anti-CPE de Bastille se sont ensuite lancé dans des manifestations sauvages, cherchant à rejoindre la Concorde et à se diriger vers l'Elysée voisin en deux cortèges. Les premiers ont traversé la Sein en face de l'Assemblée nationale, mais en voyant d'importantes forces de l'ordre déployées à la Concorde, ils ont renoncé à leur projet initial.

Ces jeunes, dont certains portaient des drapeaux de la Confédération nationale du travail (CNT, anarchistes) et de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), ont pris la rue de Rivoli pour aller à la rencontre d'un second cortège arrivant de Bastille par cette voie. Ils se sont rejoints au niveau de la rue du Louvre puis se sont dirigés vers la place de la Bourse.

A Lyon, quelque 350 jeunes, selon la police, se sont rassemblées vendredi soir, place Bellecour à Lyon. A Rennes, bastion de la contestation anti-CPE mais où la plupart  des étudiants, venus de tout l'Ouest, rentrent chez eux le week-end, seuls quelque 150 étudiants s'étaient réunis devant la mairie de Rennes où ils ont crié leur déception. A Lille, une centaine de manifestants ont accueilli la promulgation de la loi par des huées et ont ensuite défilé dans les rues. A Strasbourg et Nancy, ils étaient une centaine sur les places Kléber et Stanislas, tandis que 250 manifestants étaient réunis à Grenoble, 500 à Bordeaux.

A Poitiers, une cinquantaine de jeunes ont lancé des poubelles contre le façade de la permanence UMP, certains crachant sur la façade. Très énervés, ils ont ensuite envahi le conseil municipal de Poitiers (PS).

La Nouvelle République, Samedi 1er Avril 2006.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

SOCIAL

POLITIQUE

Les réactions à la suite de l'annonce de Jacques Chirac

 

Le CPE continue, la colère gronde

 

Quelques heures après la décision de Jacques Chirac, leaders politiques et sundicaux du département ont réagi à la promulgation de la loi sur le CPE (Contrat première embauche). Chez les étudiants, le ton monte.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

20 HEURES. Local des Verts à Poitiers. Une trentaine d'étudiants écoutent l'allocution du président Chirac. A l'annonce de la promulgation de la loi sur le CPE, c'est l'incompréhension. Les pouces dirigés vers le sol, tous condamnent le discours. Puis, c'est la prise de parole. "Il reproduit les mêmes erreurs sans comprendre ce que veulent les autres, j'ai l'impression d'être incompris" s'insurge Thomas. "Moi, j'ai surtout le sentiment que l'on se fout de notre gueule!" monte d'un cran Stéphane. "Si le fait de bloquer les universités, les routes et les gares ne suffit pas, on sera obligé d'aller plus loin!" poursuit Jules. 20h30, direction la place du Leclerc. Quelques minutes plus tard, ils sont une cinquantaine à se diriger vers la permanence de l'UMP, rue Carnot. Ils crachant, ils jettent des poubelles contre la façade. Quinze minutes après, ils envahissent le conseil municipal de Poitiers.

22h30, une centaine de jeunes pénètrent dans le rectorat.

 

Les réactions

"La loi est promulguée et le président ment", réagit à chaud Christophe Massé, de la CGT 86. "J'ai ressenti cette intervention comme une provocation et une volonté de semer la confusion sur les aspects techniques de cette loi. La période d'essai est d'un mois. La période probatoire passe donc de deux à un an. Elle peut être interrompue à tout moment, non pas pour faute, mais car il pourrait apparaître que l'emploi n'est plus viable. Donc, il faut qu'on continue. On reçoit des coups de fil d'entreprises qui n'ont jamais fait grève et qui seront dans la rue mardi!"

 

Jean-Yves Chamard, député UMP reste persuadé qu'il fallait négocier avant. "Aujourd'hui on voit la crainte des jeunes devant l'avenir professionnel. Je suis pour une seconde délibération de la loi. Si le président de la République promulgue la loi, il doit ouvrir une négociation globale sur les jeunes en France."

La présidente du Conseil régional, Ségolène Royal interrogée par l'AFP: "Je voudrais appeler [le président] à son sens des responsabilités, lui faire comprendre qu'une crise profonde existe et qu'il y a maintenant un danger de montée des violences et que le rôle d'un chef de l'Etat c'est de faire la paix et d'apaiser les tensions. Ce n'est certainement pas de faire de la provocation pour des raisons d'amour-propre personnel."

Alain Fouché, président du Conseil général (UMP): "Je suis pour une grande concertation avec les partenaires sociaux. Il faut refaire ce texte qui n'est pas applicable. Il faut vraiment une nouvelle discussion."

Alain Claeys, député PS de la Vienne: "Notre pays a besoin d'apaisement. Le présidnet doit donner des signes pour que la démocratie fonctionne. On ne traite pas le chômage des jeunes sans débat et sans démocratie sociale. Et on ne réforme pas à la va-vite, sans la démocratie participative, non plus. Elu par 82% des Français, il doit tenir compte de l'opinion publique. La loi ne se fait pas dans la rue mais au parlement et avec les partenaires sociaux."

Jean-Pierre Abelin, député UDF, rappelle qu'il n'a pas voté le CPE et qu'il conteste depuis le début le fond et la méthode employée par le gouvernement. Sa position se résume en trois mots: "Suspension, dialogue et relecture. Il faut un geste sur le CPE avant toute chose. La promulgation ne sera pas un élément de dialogue social. On attend du président qu'il crée les conditions pour renouer ce dialogue."

 

En plein conseil municipal

L'intervention du président de la République a été suivie pendant le conseil municpal de Poitiers par trois conseillères (Magalie Barc, Laurence Valois-Rouet et Jacqueline Daigre), après un débat d'une heure sur le mouvement étudiant et la fronde anti-CPE. Dès l'intervention de Jacques Chirac terminée, Magalie Barc a interrompu le fil de la séance pour annoncer la promulgation de la loi avec les deux modifications (sur la motivation de la rupture du contrat et le passage de deux à un an sur la période d'essai). "Il n'y a plus de CPE, s'est réjoui Jacques Santrot, le maire de Poitiers." C'est une façon de la dire sans le dire, tout en le disant. On se retrouve face à un CDD ordinaire!"

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

PERMANENCE- Le standard téléphonique joignable à toute heure du jour

 

Et pendant ce temps au QG...

 

 

Ils se dévouent...Pendant que leurs collègues grévistes fréquentent les AG et autres manifestations, trois ou quatre étudiants assurent une permanence.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

JEUDI matin, l'AG bat son plein au stade Rébeilleau. Et pourtant le standard reçoit appel sur appel. Il faut bien quelqu'un pour répondre. Ce matin, ce sont Laurent (Musicologie), Sophie (Droit), Léa et Adrien (Sciences) qui s'y collent. Des permanents? Non point, mais des étudiants assurant une permanence. Nuance de taille.

Cela se passe à l'hôtel Fumé, site de la fac de Lettres à la mode des années soixante. A quelques mètres de la "corpo" de l'Unef en mai 68, siège de toutes les discussions préparatoires aux mouvements. Les étudiants d'aujourd'hui l'ignoraient...Pour eux la fac, c'est le campus et rien que le campus! A peine savent-ils que le lieu où ils officient est obligeamment prêté par "Volumen", l'association des étudiants en histoire de l'art.

 

Et la loi Fillon?

La référence avec mai 68 n'est d'ailleurs pas très judicieuse. La quatuor n'a rien de révolutionnaire, ni par le look ni dans le discours. Ces garçons et ces filles ne sont à l'évidence pas de dangereux anrchogauchistes. "On veut bien sûr le retrait du CPE et l'application du texte sur l'égalité des chances. Mais il faut que ce soit bien clair: nous nous battons aussi contre la loi Fillon et ses dérivés concernant les postes aux concours. Sans retrait de cette loi, le mouvement étudiant se poursuivra...pour autant que la majorité en décide ainsi", assure Laurent.

Ces bons Samaritains son là pour renseigner. Sur le résultat des votes, sur les animations et actions, sur les lieux des manifs. "On reçoit de nombreux appels d'étudiants (1), en principe de 7 heures à 20 heures, mais on se relaie." Sitôt dit sitôt fait, la relève arrive pour que les permanents du matin puissent aller aux nouvelles en espérant arriver à temps pour voter à Rébeilleau.

 

Débat sur débat

Ils justifient le blocage, "seulement un moyen de réaliser toutes nos actions". Par exemple les débat. "En ce moment, nous alertons les enseignants ou les parents des lycéens pour leur demander de nous rejoindre lors du débat que nous organisons la semaine prochaine", indique Léa, aussi motivée que modérée. En Sciences, la lourdeur des programmes va entraîner, après tous ces jours perdus, beaucoup de rattrapage...Ce qui ne fait pas rigoler cette studieuse jeune fille, mais on ne peut pas laisser passer "ça", cette loi votée par le biais du "49-3".

Au QG, la machine à café tourne à fond. Un vieux canapé sert parfois pour un petit somme, le "Canard Enchaîné" est grand ouvert près d'une urne, vestige de la quête pour la manif du 16 mars à Paris. Les murs, tapissés de libelles (slogans, professions de foi), rappellent l'état de crise. Au milieu de ce sympathique capharnaüm, le téléphone n'arrête pas de sonner. Le point névralgique de la constestation est bien ici dans ce vieil hôtel Fumé qu'a fréquenté un certain Rabelais.

René Paillat

(1) Téléphone de permanence: 05 49 45 45 52

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

Centre Presse, Samedi 1er Avril 2006.

POITIERS - La cour du rectorat occupée pendant deux heures vendredi soir après l'allocution du président de la République

 

Fronde étudiante

 

La tension est montée d'un cran, vendredi dans les rues de Poitiers, après l'annonce de Jacques Chirac de promulguer la loi sur le CPE.

Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers
Vendredi 31 Mars 2006 : coup de colère nocturne dans les rues de Poitiers

LA pilule n'est pas passée. Pas du tout. Les heures qui ont suivi, vendredi soir, la décision du président Chirac de promulguer la loi sur le CPE ont fait sauter la soupape du mouvement étudiant.

 

20h30. Après avoir suivi l'intervention présidentielle au local des Vers, le collectif anti-CPE se retrouve sur la place Leclerc. Le conseil municipal qui se tient à deux pas est envahi, après un tour des manifestants en colère vers la permanence de l'UMP. En plein milieu d'une délibération sur la rémunération d'un stage étudiant, une centaine de jeune et quelques adultes interrompent les débats pour sommer les conseillers municipaux de se prononcer sur l'annonce faite par le président. L'intrusion est canalisée par le maire Jacques Santrot. Il explique que le conseil a déjà  débattu du mouvement étudiant pendant une heure auparavant et n'a pas pu écouter l'intervention présidentielle. Il donne la parole aux jeunes. Jacqueline Daigre, chef de file de l'opposition municipale, s'exprimant à titre personnel et non au nom de l'UMP, s'adresse aux étudiants sur un ton quasi maternel, leur souhaitant "bon courage", concluant par un "Et faites attention à vous dans les manifestations!"

22 heures. Après la mairie de Poitiers, la préfecture et la permanence de l'UMP, les étudiants se dirigent en ordre de dispersé rue Aliénor-d'Aquitaine, aux abords d'un accès inédit au rectorat. Se faufilant entre le grillage et le muret, une dizaine de manifestants investissent la cour. Queqlues policiers arrivent sur place, trop tard. Les étudiants infiltrés ouvrent les grilles du rectorat. Une petite centaine réussit à s'insérer avant l'intervention d'un camion de police. Les jeunes barrent la grille grâce un antivol de vélo. "Nous avons deux policiers en otage", lance en rigolant un occupant. Le siège va durer près de deux heures. Marseillaise, chants militants, slogans: "le recteur avec nous", "la bac de dehors".

23h35. Le commissaire Pascaud énonce les trois sommations d'usage avant l'intervention musclée des forces de l'ordre. Jets de canettes et provocations verbales, les esprits s'échauffent. Plusieurs "blocusards" sont traînés sur le sol. Les coups de matraques tombent, les gaz lacrymogènes dispersent la foule.

23h57. Le rectorat est évacué et les portes refermées par la police. Il n'y a pas de blessé, mais un étudiant est resté allongé sur le sol plusieurs minutes sous l'effet des gaz. Dans la rue Aliénor-dAquitaine, un dialogue de sourds s'installe entre étudiants et forces de l'ordre. "La police a montré toute sa détermination, nous allons nous aussi montrer la nôtre dans nos actions. On attendait un signal fort du président, une ouverture vers le dialogue, mais il a fait fi de deux mois de protestations", affirme Julien Vialard, de la coordination étudiante, suivi de Mathieu Chartier: "Si la police se met à taper, c'est les pavés qui vont voler!"

 

Centre Presse, Lundi 3 Avril 2006.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:30
Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Olivier Corsan, Le Parisien.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

RENDEZ-VOUS RATE AVEC LE RECTEUR

 

Etudiants et lycéens ont investi l'IUFM

 

De 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi hier après-midi les locaux de l'IUFM. Ils espéraient s'inviter à un conseil d'administration, présidé par le recteur d'académie, qui n'avait pas lieu.

Photo Patrick Lavaud.

Photo Patrick Lavaud.

Une action d'envahissement chasse l'autre. Mercredi, les étudiants anti-CPE avaient investi le MEDEF. Hier après-midi, ils ont envahi l'IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), espérant bien s'inviter au conseil d'administration de l'établissement et ainsi se retrouver face à face avec le recteur. Si les quelques 500 à 600 manifestants dont une très forte proportion de lycéens, n'ont eu aucune difficulté à pénétrer dans les locaux situés Jules-Ferry à Poitiers, ils ont néanmoins déchanté en trouvant le lieu vide. Pas de CA à l'horizon et donc pas de recteur à la ronde. De quoi désappointer et décevoir une partie des lycéens en mal d'émotion fortes. "Il n'y a personne, ça sert à rien de venir ici" s'énerve une lycéenne approuvée par plusieurs de ses camarades. Gaétan, de la coordination essaye tant bien que mal de retenir les potaches: "On va vous organiser un autre truc. Ne vous cassez pas!" Pas vraiment entendu. Un groupe d'une quarantaine de lycéens emmené par une poignée d'étudiants décide même d'aller occuper la CCI (lire ci-dessous). Initiative immédiatement dénoncée par la coordination. "On ne soutient pas cette action qui est faite à titre personnelle mais pas au nom du mouvement", s'indigne Grégory Hamed. Pour tenter de reprendre la main, la coordination annonce qu'elle va adresser un courrier par fax au ministre Gilles de Robien. C'est chose faite à 16h20. Une heure plus tard, alors que les effectifs lycéens ont fondu, une autre lettre estfaxée: "Nous nous voyons dans l'obligation d'occuper jusqu'à nouvel ordre les locaux de l'IUFM." Un instant plane l'éventualité d'une évacuation policière. A19h30, les derniers étudiants lâchent de leur plein gré l'IUFM.

Jean-Jacques ALLEVI

 

La crainte de l'essoufflement

"On est en train de s'essouffler et c'est ce que attend le gouvernement. Je demande à tous de mobiliser l'ensemble de vos camarades pour venir aux AG. Si on s'essouffle maintenant on perdra tout!"

Au micro de l'AG réunie hier matin dans un stade Rebeilleau vide comme jamais, Julien Vialard, l'un des porte-parole de la coordination étudiante lance un appel au sursaut. Dans les travées, ils sont à peine un millier. Au moment de se prononcer sur le blocus, il y a 912 votants.

Le blocage est reconduit par 612 voix; 97 voix pour un blocus partiel; 194 voix contre et 9 abstentions. Julien Vialard ne cache pas une certaine crainte pour la suite du mouvement: "J'ai peur de la descente après le pic. Ce serait bien que les syndicats prennent le relais". Des syndicats désormais bienvenus.

Hier à 14 heures, les leaders départementaux étaient même au départ de la manifestation place d'Armes. Changement de stratégie de la coordination. "Non!" assure Tanguy Le Bolloc'h. "On a toujours travaillé avec les syndicats sans jamais l'officialiser. Maintenant, on a décodé de s'afficher avec eux."

Photo Dominique Bordier.

Photo Dominique Bordier.

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

La Nouvelle République, Vendredi 31 Mars 2006.

Photo Samy Magnant.

Photo Samy Magnant.

SOCIAL

POITIERS - 500 à 600 étudiants et lycéens ont envahi l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) hier après-midi

 

Un petit mot au ministre

 

 

Les étudiants et les lycéens ont décidé de poursuivre leurs actions sur le terrain. Hier, après une courte manifestation en présence des leaders syndicaux, ils ont envahi l'IUFM et en ont profité pour écrire à Gilles de Robien, ministre de l'Education.

 

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

QU'IL pleuve ou qu'il vente, les étudiants - et les lycéens- sont dans la rue. Hier, les trombes d'eau ont réduit la distance de la manif mais n'ont pas empêché le déroulement d'une nouvelle action coup de poing. Comme toute bonne action qui se respecte la commission action - la bien nommée - a longtemps gardé le secret de la destination finale.

A 14h, tout le monde se dirige vers le lieu de ralliement, la place Leclerc de Poitiers. Aux côtés de 800 étudiants et lycéens, les principaux leaders syndicaux sont là pour apporter leur soutien. Ils en profitent pour glisser un appel à la grève générale (lire ci-contre). Une demie-heure plus tard, le cortège de parapluies bat le pavé.

 

Lettre à de Robien

A 15h15, les "nez rouges" jouent les starters d'un sprint effreiné. Quelle direction? L'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Le gardien a beau s'interposer, les étudiants pénètrent dans le bâtiment. "Nous avons choisi ce lieu public pour rappeler que nous nous battons aussi pour l'éducation. Contre la diminution des postes et la loi Fillon", explique Stéphane de la coordination étudiante. Les "envahisseurs" sont encore 500 environ.

Tranquillement installés, sans véritable actions à mener, les leaders étudiants décident de prendre la plume pour écrire un mot...à Gilles de Robien., le ministre de l'Education. Le fax part à 16h22. Morceaux choisis: "Entendu la surdité effective du gouvernement [...], nous occupons l'IUFM de Poitiers, gravement touché avec 50% de réductions de postes au professorat des écoles, jusqu'à l'obtention de nos revendications.[...] Notre mobilisation ne faiblira pas tant qu'un dialogue ne sera pas instauré et nos revendications entendues." Des étudiants ont exigé: "une entrevue, qu'elle sit privée ou médiatisée".

 

Pas de réponse

Une heure plus tard, Gilles de Robien ne répond toujours pas. "On occupe l'IUFM", hurlent les membres de la coordination qui sortent tables et chaises sous le préau. Une occupation bon enfant. Mais comme toujours, il fallait une fin à cette hsitoire...A 20h, les étudiants décident de quitter les lieux de leur plein gré avant d'être évacués par les forces de l'ordre. Sage décision.

Aujourd'hui, les étudiants n'ont pas prévu d'action particulière à moins que la décision du conseil constitutionnel de valider sans réserve la loi sur le CPE ne les décident à agir...

Samy Magnant

Nouvelles du front étudiant

 

Nouvelle AG:avant la manifestation, les étudiants ont procédé à une nouvelle assemblée générale, hier matin au Stade Rébeilleau. La participation a été assez faible avec un millier d'étudiants présents. A l'issue du vote, le blocus total a été reconduit (914 votant, 612 pour, 97 partiels, 194 contre, 9 absentions). Une assemblée qui a été l'occasion d'un appel à la mobilisation.

Manif samedi: les étudiants ont décidé de mener une nouvelle action symbolique samedi à 11h. Devant le palais de justice, ils afficheront des slogans pro-CPE et pro-Fillon. Samedi, nous serons le 1er avril...

Soutiens: présents à l'Institut, les enseignants du SNESUP, les étudiants et professeurs stagiaires de l'IUFM ont apporté leur soutien eux étudiants et lycéens de Poitiers en lutte.

Monsieur Echo...

 

...a pris connaissance du trajet de la manifestation anti-CPE. Pas moins de 5 kilomètres! Départ du stade Rébeilleau, comme toujours, puis arrivée vers le centre-ville par la Pénétrante avec possibilité de marcher dans les couloirs de bus...Petit tour par la Porte de Paris, puis remontée vers la préfecture en passant par la gare. Peut-on suggérer aux différentes organisations de penser à des ravitaillements, des petits goûters pour les plus jeunes et des coups à boire pour les marcheurs comme dans toute randonnée qui se respecte?

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

POITIERS - Après la déclaration faite mercredi par Gilles de Robien pour "débloquer les lycées"

 

Face au blocus, les proviseurs parlent

 

Après l'annonce de Gilles de Robien, ministre de l'Education, les proviseurs des lycées ont décidé de jouer le dialogue pour éviter le blocus de leur établissement. Et il semble que cela a porté ses fruits...

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

LA déclaration a fait du bruit. Lorsque Gilles de Robien,ministre de l'Education, annonce que "Demain (ndlr: hier jeudi), il faut que les lycéens rentrent vraiment dans leur lycée...", beaucoup se sont inquiétés. Quand ce même ministre donne "consigne orale" aux recteurs que le recours aux forces de l'ordre est possible, beaucoup ont craint que la situation dégénère.

Dans l'académie de Poitiers, Frédéric Cadet, le recteur, a décidé de jouer la carte du dialogue. Une réunion a été organisée à son initiative, mercredi soir, entre les différents proviseurs de la Vienne (principalement ceux concernés par les dégradations), la préfecture et la Direction départementale de la sécurité publique de la Vienne. Plus qu'une réaction aux déclarations ministérielles, une bonne occasion de se rencontrer et de croiser les doléances de chacun. Aucune consigne de "déblocage" n'a été donnée.

 

Paroles de proviseurs

Du côté des proviseurs, confontés depuis un mois par le mouvement de contestation, on s'est également appliqué à ouvrir le dialogue. "Les élèves ont mis en place un blocus partiel en laissant passer les prépas et les BTS. Hier (mercredi), nous avons décidé d'ouvrir le dialogue qui reste la bonne solution. Les élèves sont responsables dans le lycée et ils ont compris comment réagir. Tout est rentré dans l'ordre", expliquait Michel Barricault, le proviseur du lycée Louis-Armand à Poitiers. Dans cet établissement, les parents aussi ont fait savoir leur position sur le blocus...De toute façon plus ou moins virulente malheureusement. Une conseillère d'éducation a d'ailleurs été agressée verbalement par une mère d'élève anti-blocus mercredi matin.

Autre lycée, autre situation. Pour Gilles Adam, proviseur à Aliénor-d'Aquitaine à Poitiers, les mouvements de protestation se sont surtout exprimés par des envahissements de foule. "Nous n'avons pas été confrontés à un véritable blocus. Les seuls problèmes, auxquels nous avons été confrontés, ont été des entrées de manifestants. De toute façon, on privilégie toujours le dialogue", précisait le proviseur. L'établissement a tout de même porté plainte à la suite de dégradations.

Résultat hier matin, pas de blocus dans la Vienne. A une exeption près...

 

Blocus au Bois d'Amour

Les lycéens du Bois-d'Amour à Poiiters ont été les seuls à mettre en place un blocus hier matin devant les portes de leur établissement. "Nous voulons répondre à la provocation gratuite de Gilles de Robien, qui a annoncé que les lycées devaient reprendre le travail", prévenait Antoine Morisse. "A Poitiers, nous avons toujours été pacifistes. Nous avons donc bloqué ce matin pour demander le retrait de la loi Fillon, du CNE et de la loi sur légalité des chances, sans oublier les postes au Capes." Le mouvement s'est déroulé sans l'intervention des forces de l'ordre et sans violence.

Souhaitons maintenant que le dialogue reste l'arme première pour sortir de la crise.

Valérie Bridard et Samy Magnant

Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"
Jeudi 30 Mars 2006 : étudiants et lycéens retournent à l'école...mais font une journée "chou blanc"

Centre Presse, Vendredi 31 Mars 2006.

Article en cours de réalisation.

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

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