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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 08:50
La Une du Canard Enchaîné, Mercredi 14 Janvier 2015. Pris sur le HuffingtonPost.

La Une du Canard Enchaîné, Mercredi 14 Janvier 2015. Pris sur le HuffingtonPost.

UN POUR TOUS, TOUS CHARLIE!

 

Un fauteuil vide hier à l'heure du bouclage et pas de tranches de pain au levain entre ses porte-plumes, ses crayons et ses flacons d'encre de Chine. Cabu n'était pas là, mais il est excusé. C'était le jour de son anniversaire, mais, voilà exactement une semaine ce mercredi, dans un autre bureau, sur son fauteuil de même style, il a été massacré. Et avec lui, onze de ses (de nos) copains de Charlie. Pourquoi? Pour des dessins! Autrement, et vite dit, pour trois fois rien.

Vite dit, parce que, si, dans la forme, ce constat est vrai, il a été formidablement démenti dans le fond par les faits. Des centaines et des centaines de milliers de personnes descendues dans la rue à Paris, dans toute la France et ailleurs dans le monde, pour les saluer et pour défendre la liberté d'expression au nom de laquelle ils ont été déchiquetés par des islamistes terroristes trépanés, ce n'est pas évidemment rien!

Pas rien non plus cet unanimisme inédit d'une classe politique où seuls les Le Pen ont détonné. Pas rien, cette brochette impensable et iconoclaste de chefs d'Etat dont certains en matière de sens de l'humour et de droit à la satire, défendent dans leurs contrées des conceptions plus proches de celles des assassins que des assassinés.

Pas rien, encore, dans ce mélange de deuil, de colère, de fraternité, d'émotion, de connerie solennelle et de récupérations diverses et variées, que cet indéniable mouvement. Un mouvement solide et puissant qui résiste à tout ce qui, du tocsin à la Légion d'honneur, du pape aux tortionnaires en passant par tous ceux qui en ont profité pour tirer le catafalque à eux, aurait fait bondir en même temps que nous et éclater de rire Cabu et toute la bande de "Charlie". Pas rien, vraiment, que ce bel élan qui nous fait du bien!

Un élan dont sont bien sûr indissociables nos compatriotes juifs abattus dans l'Hyper Cacher par un autre décérébré au nom d'un islamisme barbare et dévoyé qui nourrit aux sources de la même intolérance son antisémitisme forcené. Pas rien, le fait de constater que, jusque-là, cette terreur islamiste ne parvient pas à ses fins. Les attaques n'ont pas envenimé le communautarisme; au lieu de diviser les gens, elles les ont rapprochés.

Notre ami Cabu n'a pas fini de nous manquer. Les commémorations, les hommages, les médailles et la solennité n'étaient pas sa tasse de thé (d'autant qu'avec les gâteaux il préférait le café). Mais dans tout cet inimaginable boulversement avant que tout cet unanimisme, qui commence déjà à se lézarder ne finisse par voler en éclats, il n'aurait pas manqué de se réjouir avec nous des contorsions de Sarko pour se hausser en bonne place sur la photo. Il aurait peut-être eut été un rien embarassé de servivr indirectement Hollande à regagner la popularité qui lui faisait tant défaut. Et à la réconciliation de la police avec la population, elle aussi. Il n'aurait pas manqué non plus de rire fort en constatant que "Charlie" qui souffrait de trop peu d'acheteurs, est, d'un coup, passé à 3 millions. Comme toutes les bonnes résolutions de cette terrible et extraordinaire semaine du 11 janvier, cela ne durera sans doute pas, mais peut être que certains parmi eux retiendront que les journaux, il est toujours mieux de les rire que de les pleurer.

Pour notre part, comme Cabu, comme les rescapés de "Charlie" et comme tous les garants de la liberté d'expression, nous allons continuer de "rire de tout" sauf avec la liberté de pouvoir le faire. Sur ce sujet, il ne faut pas rigoler du tout. Chacun, désormais, le sait bien. Autrement, Cabu et ses copains seraient morts pour rien.

 

Erik Empatz

 

Le Canard Enchaîné, N°4916, Mercredi 14 Janvier 2015.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 10:53

Heure sonne matin
Pleure chagrin
Et repasse le film humide
Du passé dans les yeux

Court bien trop court
Notre amour, et les appels
Au secours savent qu'un sourd
N'entend pas ce qu'il veut

Et pourtant il veut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser tous ceux qui l'aiment
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Mais vivre pour toujours
Sans discours sans velours
Sans les phrases inutiles
D'un vieux roman photo

Fleurs fanées meurent
Noir et blanc
Seules couleurs d'un futur
Qui est déjà le passé pour nous deux

Et pourtant il faut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser ceux qu'on aime

Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Et pourtant il faut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser ceux qui nous aiment
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Mais vivre en silence
En pensant aux souffrances
De la terre et se dire
Qu'on n’est pas les plus malheureux

Quand dans l'amour
Tout s'effondre
Toute la misère du monde
N'est rien à côté d'un adieu

Et pourtant je veux vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser tous ceux que j'aime
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Vivre ou survivre
Seul ou même à deux...

 

Paroles prises sur paroles.net

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 08:57
Loudun, Lundi 11 Janvier 2016. J'en avais repéré dès le 7, mais je n'avais pas mon appareil photo...

Loudun, Lundi 11 Janvier 2016. J'en avais repéré dès le 7, mais je n'avais pas mon appareil photo...

PAQUERETTE (du vx fr. pasquis ou pasquier, pâturage), sf. La petite marguerite blanche ou pâquerette vivace (bellis perennis), qui croît sur les bords de chemin, sur les pelouses, dans les prairies, dans les pâturages, où elle fleurit toute l'année. C'est une plante de la famille des Composées, pubescente et presque sans tige, émettant des feuilles qui paraîssent toutes radicales, disposées en rosette, ovales, un peu épaisses, crénelées, atténuées en pétioles. Les pédoncules ou hampes des capitules dépassent longuement les feuilles. Les capitules, portées par un réceptacle conique, sont entourées d'un involucre de folioles herbacées disposées sur deux rangs. Les fleurons de la circonférence, blancs ou roses, sont ligulés et renferment un pistil fertile; les fleurons du centre sont jaunes, tubuleux et hermaphrodites. Les fruits sont des akènes un peu velus.Les capitules s'ouvrent au soleil et se renferment à l'ombre ou sous influence de l'air humide. L'horticulture a obtenu de la pâquerette plusieurs variétés remarquables: l'une à capitules blancs, doubles; l'autre à capitules roses ou rouges; une troisième à capitules rouges, doubles.On cultive fréquemment, dans nos jardins, une variété prolifère, dans laquelle les folioles de l'involucre donnent naissance à leur aisselle à de petits capitules pédicellés. Les jeunes feuilles de la pâquerette sont un peu astreigentes et peuvent se manger en salade.

 

 

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Le Mot du XIXème siècle
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:40

Johnny, Balladur, Les Guignols,...

France 2, Les 4 vérités, Mardi 28 Décembre 1993.NO

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 08:35
Illustration prise sur rocknrollshaman.blogspot.fr

Illustration prise sur rocknrollshaman.blogspot.fr

L'Amérique, de "Jaws" à "King Kong"

 

Face au manque d'ambition du cinéma français, le cinéma hollywoodien a une nouvelle fois témoigné de sa stupéfiante vitalité, aussi bien dans le domaine de la production commerciale que dans celui de la qualité artistique. Le phénomène causé par Les Dents de la Mer (Jaws), qui avait rapporté à ses producteurs plus de 39 millions de dollars en recettes-salles en moins de six mois, a incité le producteur Dino de Laurentis, émigré aux Etats-Unis, à faire un remake du célèbre King Kong, réalisé en 1933, par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. Bénéficiant d'une publicité sans précédent et d'un budget de 20 millions de dollars, ce nouveau King Kong, mis en scène par John Guillemin dont on n'a pas oublié La Tour Infernale, a rapidement comblé les espérances de son producteur et six semaines après sa sortie, le film avait déjà rapporté plus de 12 millions de dollars rien qu'aux Etats-Unis. Parallèlement à ce genre de films spectaculaires qui symbolisent la pérennité d'une forme de cinéma sans laquelle l'industrie du septième art ne peut pas vivre, Stanley Kubrick, l'auteur prophétique de 2001, l'Odyssée de l'Espace et d'Orange Mécanique, a porté à l'écran Barry Lindon de Thackeray avec une exceptionnelle recherche plastique. Utilisant des techniques révolutionnaires, notamment un nouvel objectif mis au point pour la NASA, Kubrick a fait de Barry Lindon un de ces films fabuleux dont l'histoire du cinéma se souviendra, et à la splendeur de la photographie de John Alcott et à la beauté des décors et des costumes, répond une partition musicale qui réunit Bach, Mozart, Haendel et Vivaldi.

Profondément ancré dans la réalité de la vie américaine, le cinéma hollywoodien continue à être le miroir le plus fidèle de l'Amérique et Les Hommes du Président d'Alan Pakula, avec Robert Redford et Dustin Hoffman, reconstitue sans la moindre compression l'enquête du "Washington Post" sur le scandale de Watergate qui coûta sa place à Richard Nixon. De même Taxi Driver de Martin Scorsese, qui remporta la palme d'or au Festival de Cannes, restitue au spectateur l'image d'un pays complexe dans lequel se mêlent le crime, la politique, les phantasmes individuels. Dans la tradition de l'Exorciste de William Friedkin, La Malédiction de Richard Donner, avec Gregory Peck, décrit l'apparition de l'Antéchrist dissimulé dans la personne du jeune fils de l'ambassadeur des Etats-Unis en Grande Bretagne, et Alfred Hitchcock a retrouvé avec Family Plot (Complot de Familles) le style des "comédies noires" qui firent son succès.

Comment ne pas citer Vol au-dessus d'un Nid de Coucou de l'émigré hongrois Milos Forman avec Jack Nicholson, Un Après-Midi de Chien (Dog Day Afternoon) de Sydney Lumet, avec Al Pacino, consacré à un hold-up commis en 1972 à Brooklyn, et Une Femme sous Influence de John Cassavetes, avec Gena Rowlands et Peter Falk, l'histoire d'une femme mariée qui sombre peu à peu dans sa folie. Hollywood s'est une nouvelle fois penché sur son passé avec That's Entertainment, part II (Hollywood, Holywood), où Gene Kelly et Fred Astaire ont promené le spectateur à travers le monde féérique et splendide de la comédie musicale de la MGM, et Dick Richards a joué aussi la carte "rétro" en réalisant une nouvelle version de Farewell, my lovely de Raymond Chandler. Robert Mitchum succédait à Humphrey Bogart et grâce à lui, le personnage de Sam Spade, le détective privé, retrouvait toute son "aura".

Les "anciens", eux non plus, n'ont pas démérité...Robert Aldrich a réussi avec Hustle (La Cité des Dangers) une peinture aussi fascinante de l'Amérique que l'était vingt ans pus tôt l'un de ses chefs-d'oeuvre, Kiss me deadly, et John Huston est parvenu à réaliser son vieux projet: The Man who would be king, d'après Ruyard Kipling. Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer étaient à ce rendez-vous de l'aventure qui voyait un ancien sergent britannique devenir le roi de la cité sainte de Sikandergul qui l'accueillait comme le descendant d'Alexandre. Film admirable et troublant qui rappelait qu'à plus de soixante-dix ans, John Huston est toujours l'un des plus grands cinéastes du monde...

 

Europe: quelques chefs-d'oeuvre

Si, comme toujours, le cinéma britannique n'est plus représenté que par un auteur unique, Ken Russel, réalisateur cette année de Lisztomania, les cinémas italiens et allemands se sont montrés particulièrement riches. Cadavres exquis de Francesco Rosi, 1900, le film-fleuve de Bernardo Bertolucci, et Salo, l'oeuvre ultime de Pier Paolo Pasolini, ont mélangé dans la grande tradition dans la grande tradition de la production italienne l'Histoire et la politique. Rosi renvoie dos à dos la gauche et la droite au profit d'une pureté qu'il ne trouve plus dans la politique italienne, Bertolucci s'attache aux mouvements sociaux du début du siècle et Pasolini décrit en s'inspirant des 120 jours de Sodome les dépravations de la république fasciste de Salo.

Quant à Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola, c'est l'une des meilleurs comédies de ces dernières années, une oeuvre pleine de tendresse et de chaleur humaine, brillament jouée par Nino Manfredi, Vittorio Gassman et Stefania Sandrelli.

Tournée en langue allemande, La Marquise d'O d'Eric Rohmer, d'après Heinrich Von Kleist, refuse tous les thèmes à la mode du cinéma moderne, mais Rohmer, qui fut l'un des théoriciens de la "nouvelle vague" française, s'est servi d'une technique moderne pour restituer avec la plus grande acuité la sensibilité d'autrefois, s'inspirant plus d'une fois du style et de l'éclairage des grands peintres allemands. Volker Schloendorff a chosi de raconter dans Le Coup de Grâce une passion tourmentée dans le cadre historique de la chute de l'empire des tsars et de la défaite allemande.

Alain Tanner, l'un des plus grands auteurs du cinéma suisse a, au contraire, pris comme décor Genève et sa banlieue. Huit personnages, gens ordinaires et "petits prophètes", sont les héros de Jonas qui aura vingt-cinq ans en l'An 2000, une parabole troublante sur la société moderne et sa folie.

C'est une nouvelle fois grâce à Carlos Saura que le cinéma espagnol échappe à son anonymat et le public a été boulversé par Cria Cuervos dans lequel Ana, une petite fille de huit ans, évoque un univers familial rarement montré au cinéma avec autant de sensibilité. Saura mélange les phantasmes, les flashes-back et les projections dans le futur avec une virtuosité confondante.

Quant à Ingmar Bergman, son dernier film Face à Face est à nouveau une réflexion philosophique et passionelle sur la vie humaine. L'auteur de Cris et Chuchotements, des Fraises sauvages et de la Prison continue sa véritable mission, témoigner dans chaque film et la beauté de la gravité de la vie. Loin des modes et des courants passagers, il incarne, après Sjöstrom et Stiller, la richesse psychologique et émotionnelle du cinéma scandinave.

 

Si commercialement le cinéma traverse une crise qu'il se devra de surmonter pour survivre, artistiquement il continue, en Italie comme en Allemagne, aux Etats-Unis et en Suède, à produire une succession de chefs-d'oeuvre. N'est-ce pas l'essentiel?

 

Patrick Brion, Panorama Mondial 1976, publié en 1977.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 12:20

France Inter, Vendredi 8 Janvier 2016.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 07:05

Que retenir de François Mitterrand? Vaste question...

Libération, Mardi 9 Janvier 1996.

Libération, Mardi 9 Janvier 1996.

Allocution du Président Chirac, qui, sincèrement triste, revient sur l'oeuvre, la personnalité de...son meilleur ennemi

France, 2, 8h30, Lundi 8 Janvier 1996.

L'annonce, au petit matin, de la mort de François Mitterrand

Une époque préhistorique de nos jours avec un internet naissant, peu de téléphone portable et une seule chaîne d'information en continu (LCI)

France 3, Lundi 8 Janvier 1996.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:56
Patrick Pelloux en 2014. Illustration de Radio France prise sur franceculture.fr

Patrick Pelloux en 2014. Illustration de Radio France prise sur franceculture.fr

HISTOIRE D'URGENCES PAR PATRICE PELLOUX

 

Le blasphème sauve des vies

 

C'est l'odeur de la fumée de dizaines de bougies allumées dans la chambre qui a alerté en pleine nuit les infirmières et les aides-soignants. A quelques centimètres près des arrivées d'oxygène, le big bang n'était pas loin. Ils préparaient le dernier souffle de leur proche. Qui, si l'on n'était pas intervenus, aurait conïncidé avec celui de l'explosion...

Ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais, quel que soit le mort, on n'a jamais rien remarqué de spécial après. Désolé. Lorsque le corps se refroidit, qu'on enlève les électrodes, que le son et les couleurs des instruments de contrôle se sont éteints, il ne reste toujours que le silence. Et sur le brancard ou le lit, un cadavre. Avec ou sans croix, croissant, main de Fatima ou autre grigris, c'est le même froid qui les envahit, c'est la même couleur du sang rouge qui devient noir, de la peau qui devient livide. Tout s'arrête de la même façon, pour n'importe quel organisme qui passe de la vie à la mort. Et les larmes des familles, des proches, les douleurs, les peines, la tristesse, le chagrin sont les mêmes, quelles que soient les convictions intimes, qu'on soit croyant ou athée. Pas besoin de croire en Dieu pour aimer un proche et le pleurer.

Nous voyons parfois arriver des croyants ou des intégristes religieux. Il y a ceux qui sont tolérants, respectueux et qui font tout pour ne pas aggraver nos difficultés. Et il y a ceux qui réclament le respect pour leur dogme, mais ne respectent ni le personnel, ni les autres malades. Pourtant, aux urgences, ils semblent parfois moins extrémistes, car il s'agit de les sauver. En fait, les plus difficiles à gérer sont les accompagnants, qui veulent absolument que leurs rites soient appliqués au pied de la lettre, sans tenir compte de notre devoir de soins. Ni du choix du malade lui-même.

 

Priez, mais laissez-nous travailler.

 

Depuis la loi Kouchner sur le droit des malades, on arrive à mieux faire respecter le souhait du malade, tout en le protégeant des dérives religieuses. Le « deal » est simple : on ne les empêche pas de croire, m iq ils ne nous empechent pas de travailler, en nous servant des techniques de la médecone contemporaine en l'état actuel des connaissances scientifiques.

Les problèmes rencontrés en service d'urgences portent le plus souvent sur le consentement aux soins. Le cas d'école étant bien entendu la transfusion sanguine et les Témoins de Jéhovah. Une collègue urgentiste s'est retrouvée un jour seule, dans un hameau de montagne, avec une femme qui devait accoucher à domicile, selon le souhait de son mari. Mais l'hémorragie était telle que seule une transfusion pouvait garantir de sauver la dame. Le mari tournait autour du camion du SAMU en menaçant d'un procès si la transfusion avait lieu. Le procureur de la République a mis tout le monde d'accord. Et la dame n'a jamais porté polainte contre l'équipe qui l'avait sauvée. La discussion entre elle et son mari a dû être intéressante...

La République française a permis le développement du système de santé en le basant sur trois valeurs – liberté, égalité et fraternité – et en écartant l'ancien système, fondé sur la charité et son corollaire, l'hypocrisie religieuse. Depuis, la République poursuit sa quête pour le droit à la santé à travers la reconnaissance de l'avortement, la lutte contre la douleur, le droit des enfants...Voltaire, Hugo, Zola, Jaurès auraient sans aucun doute voté toutes ces lois.

Mais alors, comment se fait-il que la responsable de la Fondation des hopitaux de France et hopitaux de Paris, par ailleurs épouse du président de la République, fasse dire des prières avant les repas pris, aux frais du contribuable, dans le palais de l'Elysée ? La charité revient en courant et, par voie de conséquence, les religions réinvestissent le terrain de la santé. C'est une vieille histoire. Tout au long des siècles, plus la science se développait, plus la religion tentait de la freiner ou de se rattraper aux branches des dieux, afin de ne pas perdre une once de son pouvoir. Blasphème ? Pas du tout. Défense de la laïcité et des valeurs de la République, tout simplement.

 

Patrick Pelloux, Charlie Hebdo, N°712, Mercredi 8 Février 2006.

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
PPP a reçu
depuis sa création
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

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