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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:06
Carte issue de l’ouvrage de Patrick de Ruffray, "Décoloniser les provinces : conversations régionalistes en Poitou-Charentes". Illustration prise sur projetbabel.org

Carte issue de l’ouvrage de Patrick de Ruffray, "Décoloniser les provinces : conversations régionalistes en Poitou-Charentes". Illustration prise sur projetbabel.org

La Vendée attirée par le Poitou-Charentes

 

"Historiquement, culturellement, tout nous rapproche!" A la veille des élections régionales*, l'Union Poitou-Charentes pour la culture populaire (U.P.C.P) relance une vieille revendication: le rattachement de la Vendée à la région Poitou-Charentes.

"Poitou, Charentes, Vendée, une seule Région!" Pour le dire haut et fort, l'U.P.C.P. qui regroupe quelque 70 associatons locales et 3000 militants a fait réaliser un millier d'affiches qui seront diffusées sur la Région, Vendée incluse.

Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, avouait récemment à la "N.R." que, pour des raisons historiques et de proximité, son département était tourné tout naturellement vers Poitou-Charentes et non vers les Pays de la Loire. Un appui inattendu mais de poids pour l'U.P.C.P., dont le président Jean-Pierre Tissanié enfonce le clou: "Même économiquement, il est plus intéressant pour la Vendée d'être rattaché au Poitou-Charentes, région de villes moyennes, plutôt que de se faire bouffer par Nantes, la mégapole."

Parallèlement, l'U.P.C.P. avance une autre revendication: la reconnaissance des langues régionales, en particulier le poitevin-saintongeais. Un projet de loi, signé par les députés socialistes André Clerc (Deux-Sèvres) et Jacques Santrot (Vienne), dort sur les bureaux de l'Assemblée. "On espère qu'il sera présenté à la session de printemps...Sinon, notre seul espoir est l'Europe. La Belgique a déjà reconnu le Picard et le Wallon".

 

La Nouvelle République, Décembre 1991.

 

*: les élections régionales ont eu lieu en Mars 1992.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:23
Illustration (sauce Warhol) prise sur cycaroon.deviantart.com

Illustration (sauce Warhol) prise sur cycaroon.deviantart.com

Comment l’Ukraine dit Good bye à Lénine ?

(mise à jour : )

Par Philippe de Lara*

Le régime soviétique n’est pas seulement un régime d’oppression, c’est aussi une mauvaise habitude. La terreur stalinienne, puis le totalitarisme routinisé ont façonné en 70 ans un mode de vie, qui est pour ainsi dire gravé dans les mentalités et dans les paysages. C’est pourquoi la quatrième des quatre lois dites de «décommunisation» votées en avril 2015, celle sur la condamnation des régimes totalitaires nazi et communiste, et l’interdiction de la promotion de leurs symboles est bien plus qu’une «loi mémorielle». Elle s’attaque à un monde vécu, au soviétisme du quotidien dans lequel la plupart des Ukrainiens sont nés. La loi prévoit en particulier la destruction ou la modification des monuments soviétiques, et le changement de nom de 943 localités, et des noms de rues liés au communisme. Ce ne sont pas seulement des grandes avenues, mais aussi des places de villages, des stations de métro (à peu près toutes celles du métro de Kharkiv par exemple), etc. qui devraient changer de noms. Des habitudes sont bousculées, des repères vont disparaître. Au-delà, c’est le récit national, la mémoire collective qui sont en train d’être refondés. Mais, précisément parce que l’entreprise est gigantesque et déstabilisante pour une partie de la population, elle se déroule dans un foisonnement d’initiatives, de controverses et parfois de manœuvres. Loin de se réduire à une «politique publique», c’est une vaste anamnèse collective.

Jusqu’au 21 février 2016, les collectivités locales doivent décider des changements de nom dans les cas prévus par la loi, après quoi l’initiative passera au Parlement. Cette échéance suscite une immense conversation civique dans le pays. Tout le paysage urbain, et pas seulement les grandes villes restent saturés de noms de rue et de monuments célébrant l’ère soviétique. 4200 statues de Lénine ont été enlevées, abattues ou transformées depuis l’indépendance, dont 857 depuis le début de la révolution en novembre 2013. Mais il en reste encore 1300 (sans compter les monuments à Lénine et à Staline récemment édifiés dans la partie du Donbass sous le contrôle des milices pro-russes). On trouve partout (sauf dans l’ouest du pays) d’innombrables avenues Lénine, plus de 200 rues Félix Dzerjinski, du nom du fondateur de la Tcheka, l’ancêtre du KGB, dont le buste trône sur le bureau de Vladimir Poutine, mais aussi des rues portant le nom de cadres locaux du parti ou de la police secrète, des noms souvent oubliés, mais qui s’avèrent être ceux d’organisateurs de la Grande famine de 1933 ou d’autres répressions. Comment déterminer les noms à changer dans la zone grise des personnalités diverses compromises avec le régime, mais dont la responsabilité criminelle est incertaine (par exemple, les écrivains qui ont participé à des campagnes contre des confrères dissidents étaient-ils volontaires ou contraints) ? Quel nouveau nom choisir ? Faut-il rétablir les noms d’avant la conquête soviétique lorsqu’ils existent ? Faut-il remplacer chaque monument soviétique par un autre monument ?

L’héroïsation de pacotille de l’espace urbain par des monuments et des plaques commémoratives est caractéristique du monde soviétique. Le mouvement social de «Leninopad» (chute de Lénine, on pourrait aussi traduire en «Good bye Lénine») fait preuve d’une grande imagination. Beaucoup de statues sont abattues mais d’autres habillées aux couleurs de l’Ukraine (bleu et jaune) ou modifiées, comme à Odessa ou un sculpteur a transformé une statue de Lénine en Dark Vador — clin d’œil d’autant plus savoureux que La guerre des étoiles est très présente dans l’imagerie politique de l’après Maidan, jusqu’à des candidatures fantaisistes aux élections. La grande statue érigée devant le célèbre Marché de Bessarabie, au bout du Krechtchatyk, l’artère centrale de Kiev qui fut l’épicentre de la révolution, a été abattue en décembre 2013. Par quoi la remplacer? Le débat est intense depuis deux ans et la proposition la plus intéressante est peut-être celle de ne rien faire pour l’instant, de ne pas céder à la pulsion monumentale et de laisser mûrir un projet urbain pour cette place.

Les élus conservateurs de Kharkiv ne manquent pas d’humour : la rue Dzerjinski gardera son nom, mais en référence au frère de Félix, médecin. Quant à l’avenue Rosa Luxembourg, elle deviendra avenue du Luxembourg ! A Dniepropetrovsk, plus de 300 noms ont été changé, mais l’épineuse question du nom de la ville divise la population entre plusieurs options : «Ekaterinoslav», l’ancien nom impérial, mais ce serait remplacer le nom de Gregori Petrovsk, président du soviet suprême et l’un des principaux responsables du Holodomor, par celui d’un symbole de la domination russe ; «Sitcheslav», allusion au passé cosaque ; ou tout simplement «Dniepr». Aussi le maire Filatov se défausse prudemment sur les décideurs nationaux (1).

A Kiev, la municipalité a pris l’initiative et consulte la population sur le choix des nouveaux noms. Mais certaines personnalités importantes ont été oubliées, comme Wanda Wasilewska, écrivain officiel de l’après-guerre, symbole honni de l’aliénation culturelle en Pologne comme en Ukraine. Une pétition a été lancée par des intellectuels. Les discussions sont également nombreuses sur la valeur artistique ou historique de certains monuments. Volodmymyr Viatrovych, le directeur de l’Institut de la mémoire nationale, principal artisan des lois de décommunisation a bien formulé le problème : «la loi permet que toutes les pièces ayant une valeur artistique soient déplacées et exposées dans des musées ? Nous pouvons montrer notre passé soviétique dans des parcs et des musées spécialisés. Mais nous ne pouvons pas le faire si le passé soviétique vit parmi nous, car il nous défigurerait.» Nul ne regrettera la disparition de la statue de Demian Korotchenko, un ancien Premier ministre soviétique à Kiev, déclare Genia Moliar, en revanche, la sculpture dédiée au Komsomol qui a été vandalisée dans le parc Nyvky était une œuvre exceptionnelle inscrite au patrimoine national.

Genia Moliar, la jeune animatrice du projet «Mosaïques soviétiques en Ukraine» n’a rien d’une nostalgique de l’URSS. Elle se consacre depuis six mois au sauvetage de ces mosaïques : «le paradoxe de cet art monumental est dans son essence même. Il est censé avoir été créé par idéologie, mais il s’avère qu’il est anti-idéologique. Les mosaïques ont déjà perdu toute la charge idéologique qui les imprégnait, et elles révèlent aujourd’hui leur beauté unique.» Comment concilier les exigences de la liberté et celles de la beauté, comment se débarrasser des traces du passé totalitaire sans détruire les œuvres créées au cours de ce passé ? Diversion inutile dans un pays en guerre, où les problèmes vitaux sont légion et où l’édification d’un État de droit avance trop lentement — certains ont même dénoncé le coût des changements de noms ? Je crois qu’il s’agit au contraire de la poursuite de ce qui a commencé sur le Maidan en novembre 2013, de cette sortie ultime et sans faux-semblants du communisme dans laquelle les Ukrainiens se sont engagés.

(1) Boris Filatov est l’homme lige de l’oligarque Kolomoïski, ancien gouverneur de la région aujourd’hui en délicatesse avec le pouvoir, figure ambiguë, symbole de l’ancien régime mais aussi partisan du Maidan qui a financé la défense du Marioupol. Il a battu de peu à l’élection municipale Galyna Boulavka, figure de la révolution, qui avait lancé la décommunisation comme maire intérimaire.

* Philippe de Lara, enseigne la philosophie et la science politiques à l’université Panthéon Assas. Dernier ouvrage paru, Naissances du totalitarisme, Paris, 2011.

 

Philippe DE LARA

Affihe du film de Wolfgang Beck Good Bye Lenin! (2003).

Affihe du film de Wolfgang Beck Good Bye Lenin! (2003).

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 08:53
Une plaque de rue en hommage à Franco, en Espagne, pris sur le twitter du journal El Mundo.

Une plaque de rue en hommage à Franco, en Espagne, pris sur le twitter du journal El Mundo.

L'HISTOIRE DU JOUR

 

Dans les rues de Madrid, Franco n'aura bientôt plus droit de cité

Madrid - correspondance

 

Près du parc de Retiro, à Madrid, un passage porte le nom du général Mola, cerveau du coup d'Etat militaire contre la Seconde République espagnole, en juillet 1936. Dans le quartier de Vallecas, une autre rue est baptisée du nom de l'aviateur Francisco Iglesias, responsable du bombardement de 3000à 5000 réfugiés qui fuyaient Malaga. "Arriba España", le slogan franquiste par execellence durant la guerre civile (1936-1939), a quant à lui donné son nom à une place de la capitale. Le militaire putchiste Juan Yagüe Blanco était surnommé le "boucher de Badajoz" pour le massacre organisé dans la capitale de l'Estrémadure. Les "Tombés de la division Azul" sont ceux qui ont lutté aux côtés de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste contre les Soviétiques durant la seconde guerre mondiale. Tous ont une rue à leur nom à Madrid.

Quarante ans après la mort du dictateur, Franco et les militaires putchistes qui l'ont porté au pouvoir sont omniprésents dans le répertoire des rues de la capitale du royaume. Madrid n'a jamais débaptisé ces axes, ni au retour de la démocratie ni ces vingt quatre dernière années quand le Parti Populaire (PP, droite) dirigeait la ville et répétait à l'envi qu'il "ne faut pas rouvrir les vieilles blessures". En face, les fils et petis-fils de républicains demandaient de "les refermer".

Au second semestre 2016, trente rues qui commèmorent des phalangistes et des putchistes seront finalement débaptisées. la capitale espagnole, administrée de puis juin par une plate-forme citoyenne, Ahora Madrid ("Madrid Maintenant", soutenue par le parti de la gauche anti-austérité Podemos, a approuvé cette mesure avec les voix des socialistes et de Ciudadanoms, le nouveau parti centriste. Le PP s'y st opposé. Sa porte-parole, la présidente de la formation dans la région, Esperanza Aguirre, a critiqué un "revanchisme" qui va à l'encontre de "l'esprit de réconciliation de la transition".

Pour la conseillère à la culture, Celia Mayer, il s'agit au contraire de mettre fin à "une contre-mémoire, un abandon et une impunité" et d'appliquer avec huit ans de retard, la loi de mémoire historique. Voté en 2007 par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, ce texte enjoignait aux autorités compétentes de "retirer les insignes, plaques, mentions commémoratives d'exaltation, personnelle ou collective, de la guerre civile et de la dictature".

A Madrid, la liste des noms à changer a été élaborée à partir de recommandations de la chaire de Mémoire historique du XXè siècle de l'université de Complutense. Elle pourrait être amenée à s'allonger encore. La ville en profitera pour réparer des oublis, en donnant des noms de rue aux "femmes, qui sont absolument invisbles dans le répertoire des rues, et aux personnes qui, sur le terrain, ont contribué à construire Madrid", explique Celia Mayer.

 

Sandrine MOREL

Le Monde, 23 Décembre 2015.

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:50
Soutenez les ouvriers de la SCOP-TI: buvez le thé 1336 !

Symbole de la lutte contre la délocalisation, une partie des ouvriers des thés Eléphant s'est rassemblée pour lancer en 2014 la Société de Coopération Ouvrière Provençale de Thé et Infusion (SCOP-TI) après 1336 jours de lutte sociale contre Unilever qui voulait délocaliser leur usine en Pologne, car jugée pas assez rentable.

Refusant d'être sacrifiés sur l'autel de la rentabilité, 58 de ces employés (sur 182 travaillant dans cette unité de production) ont fait le choix, courageux, de poursuivre la production du thé, préservant ainsi leur savoir-faire ainsi que leur emploi dans la région d'Aubagne.

Ce thé est pour tout dire délicieux. Il a un goût. Un vrai goût d'arômes naturels que l'on ne retrouve pas chez Elephant par exemple (j'ai un gros faible pour la menthe douce).

Mais il a un coût. Le coût véritable du travail. Toutefois, 3€ la boîte de 25 sachets, là où les mastodontes (Lipton, Elephant) ou marque intermédiaire de supermarché, vendent la même boîte 1€ voire 1€50 moins cher. OK c'est vrai. Mais avec des ouvriers d'Europe de l'Est payés au mieux 500€ par mois avec un dumping fiscal ignoble, l'entreprise ne peut que voir ses profits s'envoler.Et au fond, paye-t-on le véritable de prix de ce travail? 3€00 les 25 sachets revient à acheter un sachet à...12 centimes TTC. 12 centimes quoi! Ce même thé que l'on accepterait de payer sans broncher 3€00 à la terrasse d'un café. Un demi paquet de clopes pour soutenir des ouvriers qui travaillent et tentent de proposer un commerce alternatif reposant sur des valeurs humaines! Acheter le thé 1336, c'est accepter de payer un bien à son juste prix, chose que la guerre des prix des chaînes de supermarché et la mondialisation ne nous ont plus habitué. 20 Francs une boîte de thé, c'est pas le bout du monde quand même!

L'essayer, c'est l'adopter. Je reprendrais pour conclure très modestement l'excellente devise de la SCOP-TI: "Eveille les consciences, Réveille les papilles".

 

Vidéo produite par gouvernement.fr (2015)

Soutenez les ouvriers de la SCOP-TI: buvez le thé 1336 !
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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 08:36

LA RUE PIETONNE FAIT SON CHEMIN

La rue piétonne Gambetta à Poitiers. Photo Gérard Proust.

La rue piétonne Gambetta à Poitiers. Photo Gérard Proust.

POITIERS: UNE PLUS-VALUE DES COMMERCES

 

Vieille ville dont les rues furent tracées au temps des chaises à porteurs, Poitiers connaissait, en son centre, depuis fort longtemps, des embarras dont Boileau lui-même n'aurait pu imaginer les conséquences. De la même façon que les régions infertiles sont les plus belles (on préfère généralement les forêts de la Lozère aux champs de betteraves de la Beauce), les villes les plus charmantes, les plus humaines sont celles dont les rues sont étroites et sinueuses. Le cas de Poitiers est exemplaire à ce sujet. C'est une ville intéressante à laquelle l'inévitable Zup n'a pas retiré ce qui faisait son originalité.

Poitiers est probablement le genre de ville où la nécessité d'aménager des rues piétonnes s'imposait le plus. Les édiles pictaves l'ont bien compris qui viennent d'aménager trois rues du centre en rues piétonnes dans le cadre d'un plan plus vaste de réorganisation de ce centre. Rue St-Porchaire, rue Gambetta et rue des Cordeliers, malgré une mise en sens unique déjà ancienne, la circulation automobile était devenue quelque chose comme un gymkhana aventureux pour citadins doués. Les visiteurs et les automobilistes de la campagne évitaient ce chemin douteux. Il fallait faire quelque chose. C'est fait.

Pas d'improvisation. Des élus locaux ont effectué des voyages d'études afin, comme me l'a précisé M. Strawsinzky, adjoint au maire, de "profiter des erreurs des autres". Dossier en mains, ils se sont mis à l'ouvrage. Il s'agissait de mener simultanément deux opérations: effectuer la réfection ou la réorganisation des réseaux souterrains pour le gaz, les égoûts, l'eau et le téléphone puis, immédiatement après organiser la mise en voie piétonne de la rue.

On a donc supprimé les trottoirs et redessiné de la rue destinée cette fois aux seuls piétons et d'une manière ponctuelle aux camions de livraisons et d'une manière occasionnelle aux véhicules de secours.

Ceci est bien fait. Encore que certaines critiques se soient élevées en ce qui concerne le dallage auquel on reproche son manque de finesse.

Selon M. Strawsinsky, il s'agit d'un choix délibéré reposant sur trois critères. Sur un plan esthétique, il convenait d'installer un revêtement de sol "à l'ancienne" de façon à laisser à la rue "son côté rugueux". Pour des raisons techniques, il convenait également d'utiliser un matériau anti-dérapant (pluie et gel). Enfin, ce matériau devait supporter des véhicules lourds (camions de déménagement et de pompiers). Il a donc été contrôlé en laboratoire afin de pouvoir répondre à ces 3 critères. En tout état de cause, on peut penser que l'érosion le rendra moins malaisé à l'approche du retour des talons aiguilles.

 

Un regain de vigueur commerciale

 

Enfin, un mobilier sera testé au fur et à mesure de l'utilisation des trois rues piétonnes. Actuellement, une fontaine et des bacs à fleurs sont installés en un endroit plus large de la rue Saint-Porchaire, afin de ne pas gêner la circulation épisodique des véhicules. On peut craindre, en effet, qu'une fontaine devienne immobilière par destination.

D'ores et déjà, il est permis de dresser un premier bilan. Les réactions sont très positives. On remarque que le centre a trouvé une nouvelle vigueur selon les propres paroles de M. Strawsinzky qui a l'avantage de bien appréhender la situation dans la mesure où il est lui-même commerçant de l'une de ces nouvelles rues piétonnes. Des comptages dans un large périmètre le prouve. D'autre part, on constate un retour des clients de l'extérieur. Enfin, on note une plus-value considérable des commerces concernés. A ce phénomène s'ajoute l'enthousiasme manifesté par les commerçants pour apporter leur pierre à la réhabilitation d'un quartier. Actuellement, de quinze à vingt demandes de permis de construire ont été pour la réfection des magasins et des immeubles es rues piétonnes. Ceci est assez significatif.

Enfin, indiquons que la réalisation de ces trois rues piétonnes s'inscrit dans un projet plus vaste de restructuration du grand centre poitevin, lié à l'ouverture de la rue du Moulin-à-Vent sur la rue de la Regratterie, en doublement de la rue du Palais avec, à l'horizon 80, la mise en rues piétonnes de la rue de la Regratterie et de la rue des Vieilles-Boucheries. Ainsi, pourra-t-on aller en flânant de la place Leclerc, ancienne Place d'Armes à la très belle église Notre-Dame qui retrouvera ainsi sa paix ancestrale.

 

Jean CHEDAILLE

 

La Nouvelle République, Mardi 1er Février 1977.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:01
La ciergerie de Poitiers, Vendredi 30 Octobre 2015.

La ciergerie de Poitiers, Vendredi 30 Octobre 2015.

Fermeture de boutique à Poitiers : adieu la ciergerie de la Grand' Rue
Vienne - Poitiers - Vie de la cité

Le manège aux mille cierges ne tournera plus Grand'rue

La Nouvelle République 22/10/2015 05:41
 

Une vraie page d’histoire locale va se tourner Grand’rue : la ciergerie Guédon, fondée en 1735, fermera définitivement ses portes le 31 janvier prochain.

 

 Au 113 de la Grand'rue résonnerait presque encore le bruit des parties de foot acharnées jouées dans la cour de la ciergerie par les jeunes frères Guédon et leurs copains du quartier, dont un certain Joël Robuchon encore en culottes courtes. Prolongement de cette image à la Doisneau, « la verrière de l'atelier a quelques carreaux cassés, ça date de cette époque », raconte François, le 5e des six enfants Guédon (dont cinq garçons) à qui revient aujourd'hui la lourde tâche de stopper un siècle d'activité familiale. Il n'y était d'ailleurs pas du tout préparé ni vraiment candidat quand en 1979 il reprend le flambeau avec son épouse Evelyne.

 

" On réfléchit pour conserver le manège "

 

« Mon mari avait fait Sciences Po à Paris et nous nous sommes rencontrés à Strasbourg lors d'une formation d'attaché d'intendance universitaire… explique-t-elle. Mais on n'était pas fait pour l'administration et nous avons démissionné deux ans plus tard ! Comme Noël Boutin, l'employé de la maison, partait faire son service militaire, c'est finalement François qui l'a remplacé et puis ma belle-mère cherchait aussi quelqu'un pour la comptabilité… On ne pensait pas rester aussi longtemps ! »
Gérants-locataires - « les locaux et le fonds de commerce appartiennent en indivision à la famille » - François et Evelyne se disent soulagés car le marché était devenu ces dernières années extrêmement concurrentiel « même dans la partie religieuse qui représente 90 % de notre activité ». Mais l'émotion est palpable : « Ça me tord les tripes », lâche François.
Côté atelier, « la dernière tournée de cierges remonte à fin mai ». Trois générations se sont succédé à la manœuvre, de père en fils, côté patron comme côté ouvrier. « Le manège aux mille cierges », comme l'appelle Michel Paget, un peintre qui a réalisé là de nombreux dessins au fusain, ne tournera plus. Depuis près d'un siècle, par trempage dans la paraffine, chaque tournée donnait naissance à 960 cierges avec les mêmes gestes patiemment répétés. « C'est le grand-père de François qui avait fait les plans du manège, toute la famille réfléchit pour le conserver, on a des pistes mais rien n'est décidé », explique Evelyne. La boutique restera ouverte jusqu'au 30 janvier : « On commence à faire des offres sur les bougies parfumées, mais le déstockage ne se fera vraiment qu'en janvier. »

 

un peu d'histoire

 

> Depuis 1735. La date historique est mentionnée sur les étiquettes des bidons d'encaustique de la maison Guédon vendue sous la marque L'Amirale.
 > Joseph Favreau. C'est le grand-père qui ouvre la ciergerie familiale en 1918 sur un site existant depuis des lustres. Des factures de la maison Philiponeau-Martin en attestent.
 >  Denise Guédon. Elle a aujourd'hui 101 ans et bon pied, bon œil. La fille de la maison Favreau épousera François Guédon, l'ouvrier venu à la rescousse de Vendée après l'incendie de l'atelier au milieu des années 30. Elle a eu six enfants (dont François qui a repris la ciergerie en 1979) et elle habite toujours au dessus de la boutique.

Dominique Bordier
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 08:50
La Une du Canard Enchaîné, Mercredi 14 Janvier 2015. Pris sur le HuffingtonPost.

La Une du Canard Enchaîné, Mercredi 14 Janvier 2015. Pris sur le HuffingtonPost.

UN POUR TOUS, TOUS CHARLIE!

 

Un fauteuil vide hier à l'heure du bouclage et pas de tranches de pain au levain entre ses porte-plumes, ses crayons et ses flacons d'encre de Chine. Cabu n'était pas là, mais il est excusé. C'était le jour de son anniversaire, mais, voilà exactement une semaine ce mercredi, dans un autre bureau, sur son fauteuil de même style, il a été massacré. Et avec lui, onze de ses (de nos) copains de Charlie. Pourquoi? Pour des dessins! Autrement, et vite dit, pour trois fois rien.

Vite dit, parce que, si, dans la forme, ce constat est vrai, il a été formidablement démenti dans le fond par les faits. Des centaines et des centaines de milliers de personnes descendues dans la rue à Paris, dans toute la France et ailleurs dans le monde, pour les saluer et pour défendre la liberté d'expression au nom de laquelle ils ont été déchiquetés par des islamistes terroristes trépanés, ce n'est pas évidemment rien!

Pas rien non plus cet unanimisme inédit d'une classe politique où seuls les Le Pen ont détonné. Pas rien, cette brochette impensable et iconoclaste de chefs d'Etat dont certains en matière de sens de l'humour et de droit à la satire, défendent dans leurs contrées des conceptions plus proches de celles des assassins que des assassinés.

Pas rien, encore, dans ce mélange de deuil, de colère, de fraternité, d'émotion, de connerie solennelle et de récupérations diverses et variées, que cet indéniable mouvement. Un mouvement solide et puissant qui résiste à tout ce qui, du tocsin à la Légion d'honneur, du pape aux tortionnaires en passant par tous ceux qui en ont profité pour tirer le catafalque à eux, aurait fait bondir en même temps que nous et éclater de rire Cabu et toute la bande de "Charlie". Pas rien, vraiment, que ce bel élan qui nous fait du bien!

Un élan dont sont bien sûr indissociables nos compatriotes juifs abattus dans l'Hyper Cacher par un autre décérébré au nom d'un islamisme barbare et dévoyé qui nourrit aux sources de la même intolérance son antisémitisme forcené. Pas rien, le fait de constater que, jusque-là, cette terreur islamiste ne parvient pas à ses fins. Les attaques n'ont pas envenimé le communautarisme; au lieu de diviser les gens, elles les ont rapprochés.

Notre ami Cabu n'a pas fini de nous manquer. Les commémorations, les hommages, les médailles et la solennité n'étaient pas sa tasse de thé (d'autant qu'avec les gâteaux il préférait le café). Mais dans tout cet inimaginable boulversement avant que tout cet unanimisme, qui commence déjà à se lézarder ne finisse par voler en éclats, il n'aurait pas manqué de se réjouir avec nous des contorsions de Sarko pour se hausser en bonne place sur la photo. Il aurait peut-être eut été un rien embarassé de servivr indirectement Hollande à regagner la popularité qui lui faisait tant défaut. Et à la réconciliation de la police avec la population, elle aussi. Il n'aurait pas manqué non plus de rire fort en constatant que "Charlie" qui souffrait de trop peu d'acheteurs, est, d'un coup, passé à 3 millions. Comme toutes les bonnes résolutions de cette terrible et extraordinaire semaine du 11 janvier, cela ne durera sans doute pas, mais peut être que certains parmi eux retiendront que les journaux, il est toujours mieux de les rire que de les pleurer.

Pour notre part, comme Cabu, comme les rescapés de "Charlie" et comme tous les garants de la liberté d'expression, nous allons continuer de "rire de tout" sauf avec la liberté de pouvoir le faire. Sur ce sujet, il ne faut pas rigoler du tout. Chacun, désormais, le sait bien. Autrement, Cabu et ses copains seraient morts pour rien.

 

Erik Empatz

 

Le Canard Enchaîné, N°4916, Mercredi 14 Janvier 2015.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 10:53

Heure sonne matin
Pleure chagrin
Et repasse le film humide
Du passé dans les yeux

Court bien trop court
Notre amour, et les appels
Au secours savent qu'un sourd
N'entend pas ce qu'il veut

Et pourtant il veut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser tous ceux qui l'aiment
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Mais vivre pour toujours
Sans discours sans velours
Sans les phrases inutiles
D'un vieux roman photo

Fleurs fanées meurent
Noir et blanc
Seules couleurs d'un futur
Qui est déjà le passé pour nous deux

Et pourtant il faut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser ceux qu'on aime

Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Et pourtant il faut vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser ceux qui nous aiment
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Mais vivre en silence
En pensant aux souffrances
De la terre et se dire
Qu'on n’est pas les plus malheureux

Quand dans l'amour
Tout s'effondre
Toute la misère du monde
N'est rien à côté d'un adieu

Et pourtant je veux vivre
Ou survivre
Sans poème
Sans blesser tous ceux que j'aime
Être heureux
Malheureux
Vivre seul ou même à deux

Vivre ou survivre
Seul ou même à deux...

 

Paroles prises sur paroles.net

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

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