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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

Sachez que...

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 07:38
Centre Presse, Fin Avril 1978.

Centre Presse, Fin Avril 1978.

Légende:

Dans quelques mois, ou dans quelques années cette photo aura valeur de document. Derrière les Tours de la Cité du Clos Gaultier, les vaches broutent encore l'herbe des prés. La ville est donc encore à la campagne mais pour combien de temps? Peu sans doute, car là où sont paisibles nos vaches passera bientôt le prolongement de l'actuelle rocade est. Voilà donc une image dont il faut profiter avant que le progrès ne prenne possession des lieux expédiant les vaches vers d'autres pâturages...

 

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Archives en tout genres
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 07:08

A cette époque là, il était fréquent de voir le quotidien tirer à plus de 300.000 exemplaires*

Dans la Vienne, Centre Presse (du groupe Hersant) était le grand adversaire local

La Nouvelle République, Mai 1980.

La Nouvelle République, Mai 1980.

*: sur l'ensemble des départements couverts à l'époque par la NR.

En 2014, le tirage en moyenne pondérée atteint 192.104 exmplaires, pour une diffusion totale payée 174.084 exemplaires (souce: OJD)

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 08:10

Octobre 1971

Novembre 1973

Novembre 1984

Juin 1985

Novembre 1986

Novembre 1990

Novembre 1990

1991:

le début de la grande rivalité

entre Chipster et Crackers Belin

Septembre 1991

Septembre 1991

Octobre 1991

Octobre 1991

Décembre 1993

Janvier 1994

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Les pubs vintage
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 08:03

Bienvenue à Naypyidaw, la capitale la plus étrange au monde

Publié le

http://www.newtowninstitute.org/newtowndata/NTimages/Naypyidaw-130515-1_2.jpg

Une illustration de la capitale "fantôme" Naypidaw, prise sur newtowninstitute.org.

Deux reporters du quotidien britannique The Guardian explorent Naypyidaw, construite de toutes pièces en 2005 par l'armée birmane au milieu de la jungle. Une gigantesque ville au cœur du pays, mais dénuée d'habitants.

 

 

Une ville d'une superficie de 4 800 km2 soit six fois la taille de New York, avec des voies de circulation pouvant accueillir jusque 20 files de véhicules, et qui s'étendent à perte de vue. Mais aucun habitant. Ou très peu. C'est ainsi que Matt Kennard et Claire Provost décrivent le paradoxe de la capitale birmane Naypyidaw dans un reportage publié dans The Guardian

 

"Rien ne bouge. Officiellement la population de la ville est d'un million d'habitants, mais nombreux sont ceux qui doutent de ce chiffre. Un dimanche après-midi ensoleillé, les rues sont silencieuses, les restaurants et les hôtels sont vides. Cela ressemble à une image terrifiante d'une banlieue américaine après l'apocalypse, comme un film de David Lynch filmé en Corée du Nord,", écrivent les deux journalistes. 

 

Démesure

 

L'histoire de Naypyidaw commence en novembre 2005, quand la junte birmane annonce la délocalisation de la capitale Rangoon, située au bord du fleuve Irrawaddy et à quelques kilomètres de la mer, vers ce site au milieu de la jungle.

La construction de Naypyidaw, qui signifie "Demeure du Roi", aurait coûté 4 milliards de dollars (3,69 milliards d'euros), dans un pays qui dépense à peine 0,4 % de son PIB pour la santé de ses citoyens, l'un des pourcentages les plus faibles au monde, souligne le Guardian.

Wikileaks

 

Les raisons de cette délocalisation demeurent obscures. Crise mégalomaniaque du chef de la junte Than Shwe, signe de sa démence, comme le suggère un des cables diplomatiques américains révélés par Wikileaks en 2006, ou souhait de la junte de se soustraire de la populeuse Rangoon où des mouvements de contestation sont toujours possibles ? Les reporters ne tranchent pas.

 

En attendant, la capitale offre aux rares visiteurs la possibilité de faire un golf sur l'un des quatre parcours de la ville ou de visiter le zoo où un espace climatisé a été construit pour des pingouins. Dans tous les cas, un séjour à Naypyidaw laissera de la Birmanie une impression aux antipodes de l'image que le monde a du pays. 

Assis sous un parasol à la terrasse d'un café devant un gigantesque mall, deux consultants des Nations unies en mission, interviewés par le Guardian, se disent contents d'avoir été envoyés ici plutôt qu'à Rangoon. “Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre ; on pensait que la Birmanie était sous-développée. On ne s'attendait pas à ces gigantesques routes. Par contre, c'est complètement désert, comme une ville fantôme, à vrai dire, je ne me sens pas à l'aise ici”, résume l'une d'eux.

 

Bonus video: le documentaire "Happy World" consacré à l'absurdité de la dictature en Birmanie.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Le reste du monde
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 07:37

Après 9 ans et 11 mois de vie sur la Place du Marché (je m'y étais installé le 1er Mai 2005), je me retire du coeur de la vie de poitevine: au sens propre du terme, je prends du recul.

J'ai vécu énormément de bon moment sur cette place emblématique de la cité poitevine, et je recommande à toutes celles et touts ceux qui vont devenir étudiant(e)s d'y résider.

C'est avec une certaine émotion que je quitte ces lieux. Je ne dirais pas que j'y ai tout vécu, mais en tout cas, j'y ai traversé pas mal de bons, mais aussi et c'est normal, quelques moins bons moments.

Pendant près d'une décennie, j'ai eu pour voisine une oeuvre qui sera bientôt millénaire: Notre-Dame-la-Grande. Tous les jours, je l'ai vu depuis mes fenêtres, je l'ai entendu, et voyez-vous, cela pourra vous étonner, je ne m'en suis jamais lassée, j'aime toujours autant l'admirer. Ne plus entendre ses cloches au quotidien va me manquer.

Pendant près d'une décennie, j'ai eu les bars de la place pour voisin: des cris, des rires, des verres pétés, des bastons (et depuis quelques temps, c'est surtout les aboiements de chien qui sont à la mode...), mais surtout deux ou trois étages à monter les soirs de beuverie. En termes de sécurité, on ne pouvait faire mieux!

Pendant près d'une décennie, j'ai dans un périmètre de 200 m tout ce qu'il faut comme services: un buraliste, la Poste, la Médiathèque, banque, le marché, les bus, le parking de Gaulle, kebab et autres points de restauration. Que demander de plus!

Qu'on l'appelle Place du Marché, Place Notre-Dame, Place de Gaulle, PdM, Place du Marché Notre-Dame, j'aurais à tout jamais un attachement pour ce lieu qui m'a vu me transformer de simple étudiant à simple fonctionnaire.

C'est une page qui se tourne, mais l'histoire de mon aventure pictavienne se poursuit.

Voici les dernières photos de ma vie sur la Place du Marché.

Mes adieux à la Place du Marché
Mes adieux à la Place du Marché
Poitiers, Mardi 31 Mars 2015.

Poitiers, Mardi 31 Mars 2015.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Et nous dans tout ça !
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:00
Un aspect du Palazzo Vecchio, sur la Piazza della Signora.

Un aspect du Palazzo Vecchio, sur la Piazza della Signora.

Construit entre 1299 et 1314, le Palazzo Vecchio (Vieux Palais) fait désormais office d'Hôtel de Ville et de Musée.

Une réplique de la statue de David, par Michel-Ange (1475-1564).

Une réplique de la statue de David, par Michel-Ange (1475-1564).

Hercule et Cacus, par Bandinelli (1493-1560).

Hercule et Cacus, par Bandinelli (1493-1560).

Un aspect de la Piazza della Signora, vu depuis le Palazzo Vecchio.

Un aspect de la Piazza della Signora, vu depuis le Palazzo Vecchio.

Un portrait sur une fontaine à l'intérieur du Palazzo Vecchio.

Un portrait sur une fontaine à l'intérieur du Palazzo Vecchio.

Sur la Piazza della Signora la statue équestre du duc Cosme 1er de Toscano.

Sur la Piazza della Signora la statue équestre du duc Cosme 1er de Toscano.

Un aspect du Palazzo Vecchio surmonté d'un beffroi: la Torre d'Arnolfo.

Un aspect du Palazzo Vecchio surmonté d'un beffroi: la Torre d'Arnolfo.

Voyage à Firenze: la 1ère partie de la balade.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 07:53
Quelques noms de la droite des années 1980-1990 qui ont crée des ponts vers le FN.

Quelques noms de la droite des années 1980-1990 qui ont crée des ponts vers le FN.

Droite - FN : vingt ans d'affinités électorales

 

Elu par la gauche, Chirac sortira-t-il des législatives avec une majorité bleue-brune? Ce ne serait pas la première fois que la droite pactiserait avec son extrême, dont Pasqua disait: "Nous avons des valeurs communes"

 

La "lepénisation des esprits" ne dat pas d'hier. Elle est antérieure à la formule de Robert Badinter et a précédé le phénomène Le Pen. En 1981, deux mouvements d'inspiration gaulliste se créent pour défendre les valeurs de la droite et faire barrage aux socialo-communistes. Le premier se nomme Solidarités et défense des libertés. Son "parrain" en est Charles Pasqua. A son côté, se trouvent les jeunes Alain Juppé et Jacques Toubon, l'ancien ministre de la Défense Yvon Bourges, le maire de Nice Jacques Médecin, Alice Saunier-Seïté, ancienne secrétaire d'Etat aux Universités de Giscard, ou encore Jacques Dominati, un vieil ami de Le Pen. A la base, se regroupent des anciens du Service d'action civique (SAC), qui, à Marseille, constituent l'ossature du mouvement. Essentiellement composé de militants du parti des Forces Nouvelles (PFN, extrême-droite), Solidarité et défense des libertés a une existence éphémère. Pour défendre les mêmes valeurs lui succède le mouvement Initiative et Liberté (MIL), fondé le 16 décembre 1981, sous le patronage de Jacques Foccart, l'homme des réseaux africains de De Gaulle. Le MIL, défend la liberté d'entreprendre et la liberté de l'enseignement, s'oppose au collectivisme et à la social-démocratie. Son programme affiche ses valeurs: il désigne, déjà, l'immigration comme "une menace mortelle pour l'identité nationale". Dénonce "l'Europe fédérale et supranationale", les lobbies mondialistes, "les multinationales et la Trilatérale", l'antiracisme "instrument de désagrégation de la nation" et le Syndicat de la magistrature. Le MIL, dont Robert Pandraud sera nommé président d'honneur ne fait pas dans la dentelle. Une partie de ses idées, c'es le FN qui les défend alors. Ce qui vaut, dans les années 80, au mouvement de Le Pen de recruter dans les rangs de la droite républicaine. Ou parmi les adhérents du Club de l'Horloge, fondé par des militants du RPR ou les Comités d'action républicaine de Bruno Mégret et Jean-Yves Le Gallou, tous deux issusde la "droite classique". Le FN attire ausi des membres d'un vieux parti de droite, le Centre national des indépendants (CNI). Fondé en 1948, il a eu son heure de gloire avec Antoine Pinay et René Coty. Le Pen en sera un député en 1957. Dans les années 80, Alain Robert, ancien militant d'extrême-droite, et Michel de Rostolan échoueront à la députation sous l'étiquette CNI; l'un rejoindra le RPF de Pasqua, l'autre le FN. Parti croupion, le CNI n'a pas fini d'intéresser la droite de la "droite molle": Charles Millon et Philippe de Villiers essaieront tour à tour d'en prendre le contrôle ou de se l'inféoder.

En 1983, la droite fait moins de chichis avec le FN qui commence à accumuler les succès: Le Pen recueille aux municipales 11,26% des voix dans le XXe arrondissement de Paris. Quelques mois plus tard, c'est l'élection municipale partielle de Dreux. Jean-Pierre Stirbois, secrétaire général du FN, y fait mieux que le chef avec 16,76% des suffrages. Le FN gagne trois sièges au conseil municipal grâce à son alliance avec le RPR et l'UDF, qui soufflent la mairie au Parti socialiste. L'année suivante, le FN réalise 10,95% des voix aux européennes. Le président du groupe RPR à l'Assemblée, Claude Labbé, livre le fond de sa pensée: "Le Pen, c'est une réalité politique, nous devons travailler en commun".

 

L'original FN et les copies RPR

Certains au RPR croient que le succès du FN ne sera qu'un feu de paille. C'est le cas de Jacques Toubon qui, en 1986, assure Chirac que "à la fin de l'année, le FN fera 1%"; d'autres plaident pour des accords. Comme Michel Junot, un ami personnel de Chirac, qui se fend d'une tribune dans le Figaro où il suggère que le RPR fasse des alliances électorales avec le FN. D'autres, enfin, envisagent de rogner les scores du FN qui, grâce au retour à la proportionnelle, dispose, en 1986, d'une vingtaine de députés à l'Assemblée. Bernard Pons et Patrick Devedjian y sont favorables. Pour parvenir à ce but, certains préconisent une double tactique: débaucher des députés lepénistes et susciter des candidats anti-immigrés afin de faire baisser les résultats du FN.

Ainsi naît "l'Association contre le vote des immigrés" qui présente un candidat à Sarcelles. Son président est un ancien élu RPR de Lille passé au FN et qui, élu député frontiste, a rompu avec Le Pen. Une note transmise opar l'Association au ministère de l'Intérieur explique l'intérêt de l'opération: en 1985, le FN a fait 15% des voix à Sarcelles, en 1986, la liste "Contre le vote des immigrés", a obtenu 7,20%, alors que le FN est repassé à moins de 10%. Comme l'écrit l'auteur de la note: "Ce score prouve qu'avec une bonne campagne, on peut capter une grosse partie des voix du FN".

Ce n'est pas la première fois que la droite suscite des "oppositions d'extrême-droite" factices. Elle l'a fait aux législatives de juin 1986 et le fera pour d'autres élections partielles. Comme la mise sur orbite d'une autre association dont l'intitulé est explicite: "Trop d'immigrés - la France aux Français". Dans le canton de Cergy Sud, avec 9,20% des voix, son candidat devant le FN et les écologistes. Euphorique, son président proclame le déclin du Front. A ses yeux, Le Pen est disqualifié. Pis, il "risque d'être un frain à la défense des Français contre le fléau de l'immigration"(sic). De 1986 à 1988, ce genre d'opérations se multiplient. car c'est dans les eaux de la droite "dure" que la droite "républicaine" chasse l'électeur. Jacques Chirac ira même jusqu'à demander à Jean-Marie Le Pen d'appeler à voter pour lui en 1988, comme le confirme Charles Pasqua. Résultat: le FN se mobilise pour faire battre Chirac et François Mitterrand est réélu.

Le feu de paille s'éternise. En novembre 1991, Bruno Mégret livre 50 idées afin de "rendre la France aux Français". L'ancien militant du RPR s'affirme comme l'idéologue du FN. Son catalogue comprend la remise en cause des naturalisations accordées depuis 1974, l'instauration d'une obligation de réserve, la création de caisses de sécurité sociale séparées, d'un label "produit en France avec des Français", l'instauration de centres d'hébergement surveillé et l'affrètement de charters pour le retour des immigrés. Ce programme n'a pas rébuté, en 2002, les élus de droite qui lui ont accordé leur signature, sur ordre de l'Elysée, selon le Canard Enchaîné, mais aussi selon Pasqua.

 

Le Front gagne en respectabilité

1991 est l'année de la célèbre envolée de Chirac sur les "odeurs". Celui qui prétend avoir échappé à la lepénisation des esprits déclame: "Notre problème ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose...Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte d'Or et, avec sa femme, gagne 13.000F, et qui a sur le même palier une famille dont le père, avec trois ou quatre épouses, a une vingtaine d'enfants, gagne 30.000F de prestations sociales sans travailler...Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien, le Français devient fou et il faut le comprendre". L'année suivante, en mars 1992, le sénateur-maire RPR de Périgueux, Yves Guéna, confie au magazine d'extrême-droite le Choc que la vocation assimiliatrice de la France est en panne. Tout spécialement en ce qui concerne les Maghrébins: "Cette assimiliation, vu le nombre qu'atteignent les musulmans, devient impossible". Une opinion que partage plus d'un tiers des sympathisants du RPR tandis qu'un sur deux considère le FN comme un "parti comme les autres" et même un "pari utile".

En 1995, alors qu'il fait campagne pour Chirac, le député Eric Raoult considère que les "accords électoraux avec le FN" sont "inéluctables". D'autant que de nombreux élus gaullistes assument fièrement leurs "valeurs communes" avec le FN. Ernest Chenière, proviseur martiniquais rendu célèbre pour ses prises de position sur le voile islamique, élu député RPR en 1993, remporte l'année suivante une élection cantonale grâce à l'apport des voix du FN. "Les valeurs défendues par Chenière sont proches des nôtres", dit le FN, tandis que Chénière explique que "la plupart des électeurs du Front sont de braves gens qui en ont ras le bol de l'insécurité et de l'immigration". Tout comme Le Pen, il est favorable au dépistage obligatoire du sida auquel cas on se refuserait, selon lui, "pour préserver les intêrets des groupes à risque", dont celui des homosexuels. Si Chirac est élu en 1995, il ne le doit pas à Le Pen qui a appelé à voter Jospin. Deux ans plus tard, le FN fait chuter la majorité présidentielle lors des législatives. Dans certaines circonscriptions, cependant, il apporte son soutien à des élus RPR bien pensants.

 

Rencontres discrètes

Le 16 juin 1997, le chef de la "droite ferme" Jean-Marie Le Pen et le député RPR Robert Pandraud dînent aux chandelles. Pandraud ne doit sa réelection qu'aux voix du Front avec lequel il partage bien des idées: il est hostile à Maastricht, partisan de "chantiers de jeunesse" afin de "rééduquer les délinquants multirécidivistes" ou de "l'expulsion systématique des immigrés délinquants". Certains de ses amis  RPR de Seine-Saint-Denis oeuvrent depuis longtemps en coulisse pour une union discrète avec "le diable". Un autre ancien responsable du RPR, Jean-François Mancel, élu de l'Oise, aurait également participé aux agapes. Ce qu'il dément, tout en confirmant l'existence de discussions "privées" avec le FN, dont l'objectif serait de parvenir à des désistements réciproques. Mancel est finalement exclu du RPR pour ses trop nombreuses (et voyantes) tractations avec le FN. et son image de marque un peu ternie après une succession d'affaires. Son isolement est de courte durée. En juin 1998, il se rapporche de Charles Millon, ancien ministre de la Défense d'Edouard Balladur*. Avec quelques notables RPR de Picardie, Mancel a réanimé un vieux mouvement gaulliste local, le Mouvement départemental de Renouveau, avec lequel il entend rallier la Droite que Millon vient de lancer et qui a reçu l'appui de trois petits partis: le Parti pour la liberté (qui soutient actuellement le FN), ce qui reste du CNI et le Parti national républicain fondé par un ancien lepéniste. Ce conglomérat ne refuse ni accord loval ni alliance ponctuelle avec le FN, et afiche ses valeurs communes avec les pestiférés de l'extrême droite. Il bénéficie du parrainage discret de plusieurs parlementaires de "la droite républicaine": Michel Caldaguès, sénateur RPR de Paris, Alain Griotteray, Jacques Larché, sénateur RPR, Michel Poniatowski, qui a dénoncé dans National Hebdo les lobbies maçonnique et "ethnique", Christine Boutin, Albin Chalandon, RPR, ou encore Xavier de Villepin.

 

Millon, Blanc et Soisson de mouillent

Charles Millon est un homme de convction. Il n'en a pas changé depuis que, dans les années 70, il militait au sein du Club de l'Astrolabe, proche du mouvement d'orginie brésilienne Travail Famille Propriété qui, en 1981, prédisait la bolchévisation de la France après la victoire de la gauche: IVG, anticommuniste, TFP a mené campagne contre des films: Je vous salue Marie de Jean-Luc Godard, Thérèse d'Alain Cavalier et la Dernière tentation du Christ de Martin Scorcèse. Catholique fervent, Charles Millon s'est opposé à la légalisation des couples homosexuels. Un point de vue qu'il partage avec Christine Boutin, favorable à des "négociations transparentes" entre la droite RPR-UDF et le FN.

Alors que le futur chef de la Droite rassemble ses troupes, le 14 juin 1998, Balladur se déclare favorable à une commission qui étudierait l'instauration d'une "préférence nationale" à laquelle, a priori, il n'est pas hostile. Le RPR voulait rogner les ailes du FN, il semble que le Front qui ait rogné "le scole de ses valeurs républicaines". La défaite des législatives en 1997, puis le revers des régionales l'année suivante poussent la "droite molle" à de plus en pus de concession. Le 20 mars 1998, celle-ci n'a conservé plusieurs présidences de région que grâce à des accords passés avec des élus frontistes. C'est le cas en Picardie, en Languedoc-Roussillon, dans le Centre, en Bourgogne et, quelques jours durant, dans la région Rhône-Alpes où l'élection de Charles Millon a été invalidée par le Conseil d'Etat. Après d'innombrables tractations de couloir et d'appareil, finalement, une UDF soutenue par la gauche prendra la présidence de région.

C'est entouré de ces trois présidents élus avec des voix FN (Millon, Blanc et Soisson) que Jacques Chirac a tenu meeting à Lyon, entre les deux tours de la présidentielle. Trois hommes mis au ban de la droite républicaine en 1998.

Alors que, entre les deux tours, Chirac dit tout le mal qu'il faut penser de l'extrême-droite, certains de ses amis pensent déjà aux alliances qu'il faudra réaliser avec le Front National, si la droite veut échapper à une nouvelle cohanitation. Jean-François Probst, ancien directeur de la communication de la Ville de Paris, déclare dans Minute: "Nous avons tous le devoir, du centre à la droite la plus ferme (sic), de nous unir pour battre la gauche". Une gauche qui a pourtant arbitré au second tour entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac.

FREDERIC CHARPIER

 

Le Vrai Papier Journal, N°22, Juin 2002.

 

*: correction. Charles Millon a été ministre de la Défense du président Jacques Chirac (1995-1997), et a succédé à François Léotard, ministre de la Défense sous le gouvernement Balladur (1993-1995).

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Les Gens
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 09:25

La jeune rue à court de crédit

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

Gastronomie, économie durable et investissements immobiliers : le projet Jeune Rue avait tout pour plaire. Son promoteur, Cédric Naudon, reconnaît aujourd’hui avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Certains investisseurs l’abandonnent.

 

Cédric Naudon, entrepreneur de la Jeune Rue, photo de Capucine Granier-Deferre prise sur le New York Times.

Cédric Naudon, entrepreneur de la Jeune Rue, photo de Capucine Granier-Deferre prise sur le New York Times.

Coup de génie ou coup de folie ? Cet été, M avait révélé le parcours tortueux de Cédric Naudon, cet homme d’affaires inconnu qui promettait d’ouvrir, dès cette année, 36 restaurants et commerces dans trois petites rues du Marais. Des lieux dédiés aux meilleurs produits et aménagés par les plus grands designers, un projet à 30 millions d’euros, et une marque destinée à s’exporter dans le monde entier : la Jeune Rue.

Bilan aujourd’hui ? 110 salariés mais deux restaurants seulement dans le quartier, et des factures impayées qui s’accumulent. On ignore encore d’où vient l’argent de Cédric Naudon, et on se demande dorénavant si cet argent existe vraiment.

L’homme d’affaires a subi un coup dur mi-novembre : la Banque publique d’investissement (BPI) lui a annoncé qu’elle ne souhaitait plus participer au financement du projet. Des négociations étaient engagées depuis plusieurs mois pour un apport d’une dizaine de millions d’euros. Sous la forme d’un simple prêt, selon la BPI, ou d’une entrée au capital en bonne et due forme, selon Cédric Naudon. Les deux parties divergent aussi sur la raison de leur divorce.

Pas le « profil financier » nécessaire

Selon une source proche du dossier, la BPI a estimé au terme de son audit approfondi – la « due dilligence », en jargon financier – que le patron de la Jeune Rue n’avait pas « le profil financier » nécessaire. Lui assure, au contraire, avoir de lui-même renoncé à l’offre de la BPI, trop contraignante.

Sans les millions de la BPI, la Jeune Rue est-elle condamnée ? Cédric Naudon annonce l’arrivée d’investisseurs privés d’ici janvier, « des entrepreneurs majeurs français » dont il refuse de révéler l’identité.

Cela suffira-t-il à rassurer les salariés, et à apaiser les prestataires et les artisans dont beaucoup attendent encore d’être payés ? Cet été, devant son équipe gagnée par le doute, Cédric Naudon évoquait d’abord des contacts avec Bernard Arnault ou Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre individuel).

A la rentrée, il promettait cette fois « l’arrivée de la BPI ». La bonne nouvelle avait été annoncée à toutes les équipes le 30 septembre par le directeur financier, dans un e-mail dont M a eu connaissance. Soulagement : « Concernant les salaires, nous indiquons que le mois de septembre sera réglé en date du 12 octobre. Celui d’octobre en date du 10 novembre. Nous pouvons ainsi considérer qu’à partir du mois de novembre tous les salaires seront versés le 30 du mois. » Conclusion du message : « Nous comprenons vos inquiétudes mais assurez-vous de l’excellente santé financière de la société. »

Les nombreux témoignages et documents que nous avons réunis font douter de cette « excellente santé financière ». Tous nos interlocuteurs ont tenu à rester anonymes. « Personne n’a intérêt à parler, résume l’un d’eux. Si le projet s’écroule, on est sûr cette fois de ne jamais être payé. » Les mêmes expressions reviennent : « château de cartes », « politique de la terreur », « cloisonnement »…

Un ancien salarié raconte : « On a systématiquement été payé en retard ou en deux fois. La direction a tout fait pour gagner du temps : on a eu soit des chèques en bois, soit des règlements tardifs. Certains ont été renvoyés brutalement, d’autres ont subi un management militaire. » Même les plus proches collaborateurs de Cédric Naudon semblent travailler à l’aveugle. « C’est très cloisonné, il est le seul à avoir accès aux infos », explique l’un d’eux.

Des départs en cascade

Dans l’encadrement, les départs se sont d’ailleurs multipliés ces derniers mois. En plus de prestataires extérieurs et de salariés, les deux directeurs généraux successifs, le directeur des chantiers et le responsable de la communication ont quitté le projet. « Ces départs, je les ai tous voulus, réplique Cédric Naudon. J’étais sans doute très naïf, très gentil. J’ai été abusé par certaines personnes, et je me suis séparé de tous ces collaborateurs. »

Le créateur de la Jeune Rue avait refusé toutes nos sollicitations cet été, mais il a accepté cette fois de nous accorder un entretien téléphonique. L’occasion d’esquisser un début de mea culpa : « Oui, on a vu trop gros. Mais le projet avait une folie due à l’emballement général qu’il suscitait. Ouvrir un seul restaurant dans la Jeune Rue nous prend une énergie folle. J’apprends tous les jours, c’est beaucoup plus difficile que je ne le pensais. »

Cédric Naudon se plaint aujourd’hui de son « image de millionnaire ». Qu’il entretient pourtant, avec sa Maserati (« de location », persifle un ancien collaborateur), son chauffeur, ses Berluti : « Je ne vais pas changer pour faire plaisir aux gens », se défend-il.

Son histoire était floue mais belle, celle d’un passionné ayant fait fortune dans la finance aux Etats-Unis et au Canada. Sa carrière aux Etats-Unis ? Aucune trace. Son séjour au Canada ? Une seule trace, gênante : un jugement de la Cour suprême du Québec le condamnant à rembourser l’équivalent de plus d’un million d’euros à son beau-frère de l’époque, Bruno Gaccio. L’ancien auteur des « Guignols » de Canal+ avait avancé ces fonds pour un projet de magasins de design, et ne les avait pas revus.

Au lancement de la Jeune Rue, le mythe l’avait emporté sur la réalité. Cédric Naudon avait séduit les professionnels de la gastronomie, les designers, les politiques, et surtout les banquiers : décrit comme « richissime » par les médias, il n’aurait apporté qu’un ou deux millions d’euros et a financé son projet à crédit. C’est bien tout son problème.

Sa vitrine, c’est le Sergent recruteur, un restaurant de l’île Saint-Louis racheté, réaménagé et rouvert en grande partie grâce aux 880 000 euros avancés par le Crédit du Nord et la Caisse d’Epargne. Il a vite obtenu sa première étoile au Michelin grâce à son chef, Antonin Bonnet, et réalisait un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros l’an dernier. Assez pour convaincre des banques de financer le premier restaurant de la Jeune Rue. Parmi elles le CIC (700 000 euros), Oseo (300 000 euros), et dans une moindre mesure la Bred (7000 euros).

Malgré ces fonds, l’ancienne pizzeria est toujours en travaux. C’est quelques numéros plus loin que la Jeune Rue a ouvert, à la rentrée, son premier établissement : Ibaji, un restaurant coréen designé par Paola Navone. Cette fois, c’est la BNP qui a avancé 525 000 euros. Deux concurrentes, le Crédit du Nord et la Banque Palatine (filiale du groupe BPCE), ont de leur côté prêté 690 000 euros à Off, la holding de Cédric Naudon.

Ambition intacte

Au total, son empire compte une trentaine de sociétés, une pour chaque projet. Avec un système de vases communicants : pour assurer le financement de l’ensemble, chaque filiale va prêter ou emprunter à une autre, refacturer des services à la holding ou lui en régler, et parfois tout cela en même temps. La machine s’est grippée avec le retard pris dans les travaux.

La Jeune Rue a continué à recruter et, alors que les restaurants n’ouvraient toujours pas, son patron s’est mis à en racheter d’autres. Il a d’abord repris Anahi, un restaurant argentin réputé. Avant de s’intéresser à des établissements pourtant éloignés du Marais : Pan, dans le Xe arrondissement, et mi-octobre, le restaurant Manger, à Bastille.

« Il ne touche plus terre », diagnostique un ancien de la Jeune Rue. Ceux qui sont restés à bord y croient encore. « Ce projet connaît des aléas, y compris financiers, mais on bosse, défend l’ancien chef Arnaud Daguin, un des consultants ayant imaginé la Jeune Rue. Le plus important pour moi c’est de mettre en valeur les produits. Et je suis payé tous les mois. C’est la plus belle aventure professionnelle de ma vie. »

Cédric Naudon compte sur l’ouverture de la boucherie designée par Michele De Lucci, promise pour le 15 décembre, pour démontrer que la Jeune Rue n’est pas devenue une impasse. Mais il a dû renoncer à son projet le plus fou, une Jeune Rue rive gauche, au rez-de- chaussée d’un immeuble du boulevard Raspail détenu par le promoteur Laurent Dumas et son groupe, Emerige : cette fois, son bagout et ce qu’il décrit lui-même comme son « image de Qatari » n’ont pas suffi. Cédric Naudon a peut-être les ambitions d’un émir, mais il n’en a pas les moyens.

 

Zineb Dryef

 

François Krug

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Le reste du monde
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