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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 08:07
Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers

DRUON : HALTE AUX "HALLETTES" DU MARCHE NOTRE DAME

Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers
Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers

Pour les membres du gouvernement, si l'on en croit M. Druon, le mois d'août n'est pas synonyme de vacances. En tout cas, arrivant de Niort,, lui venait d'interrompre les siennes. Mais il se préparait, après son passage à Poitiers et, dans la foulée, une visite à Angers, à reprendre un peu de repos. Dans la région de Libourne, cette fois. Du vacancier, l'auteur des "Rois maudits" avait la coiffure. En l'occurence, un chapeau blanc de raphia à larges bords. Accompagné de M. Mazery, conseiller technique, M. Druon a été accueilli à la préfecture par M. Vochel, préfet de région. Le préfet était entouré de MM. Strawzinsky, maire-adjoint de Poitiers - qui allait "guider" la visite ministérielle - et Nicolini, directeur régional des "Antiquités", ainsi que de MM. Gendron, conservateur adjoint des musées, représentant le conservateur Reyrolles et Verney, directeur régional des bâtiments de France. A la préfecture, où il est arrivé vers 10h15, le ministre a pris part à une séance de travail. Au cours de cette réunion, divers problèmes ont été abordés. En particulier les questions relatives à la circulation liées au rôle du coeur de Poitiers, pôle d'attraction et d'animation de la cité.

 

M. Druon: "C'est si beau que je veux payer"

La visite ministérielle a débuté à l'ancienne abbaye de Ste-Croix, où se construit le futur Centre culturel qui regroupera les musées de Poitiers et salles de conférences. M. Druon s'est attardé devant un mur - reconstitué - en arêtes de poisson. Puis, dans le sous-sol, devant un autre mur. Ce vestige datant du premier siècle, sera dégagé en hauteur sur quatre mètres pour qu'il puisse être vu à partir d'une coursive. "Ce chantier est bien parti" a estimé M. Druon. Puis bouleversant le programme prévu, il a tenu à visiter le baptistère St-Jean, où le cortège s'est trouvé mêlé aux touristes. En sortant, M. Maurice Druon a mis la main au gousset et donné 3F: "Ce monument est si beau que je veux payer mon entrée."

En suite, le cortège officiel s'est rendu place du Marché, et a pénétré sur le chantier. La visite s'est déroulée, plans en mains, commentée par M. Nicolini. L'un des problèmes techniques évoqués, celui de la poursuite de fouilles. Les travées de l'église Notre-Dame reposent sur une excavation. Il va falloir couler un mur de béton pour éviter une décompression des sols. "Les fouilles devront être effectuées scientifiquement, par couches" a recommandé le ministre.

 

Lorgnette en main

Les voitures du cortège ont ensuite filé Grand-Rue, où se situe l'ensemble qui, abritant la direction régionale des Affaires culturelles, groupera tous les services de cette administration.

A l'ancienne école des Beaux-Arts, rue Jean-Macé, M. Druon a jugé le bâtiment "pas intéressant". Puis il y a eu un retour place du Marché. Le ministre et sa suite se sont engouffrés dans l'ancienne Faculté de droit. A une fenêtre, lorgnette en main, M. Druon a examiné encore le chantier. Puis il a longé la façade de l'église Notre-Dame qui pose le problème de la désagrégation de la pierre.

C'était ensuite la réception à l'Hôtel de ville. Sur les marches de la mairie, l'écrivain Druon a repris le pas sur le ministre. Deux jeunes Poitevins, Yves Goux et sa soeur, lui ont demandé de dédicacer "Tistou et les Pousses-verts". M. Maurice Druon a paraphé l'ouvrage, avant de se rendre à la réception donnée dans le bureau du maire. Parmi les personnalités  présentes, on notait les maires du district, les élus locaux, M. Villard, directeur des archives départementales et le R.P. Don Coquet qui, l'après-midi à l'abbaye de Ligugé, allait accueillir le ministre en visite dans le secteur.

 

"L'importance de Poitiers"

Dans son propos de bienvenue, M. Strawzinsky, maire adjoint, a remercié le ministre de sa "trop courte visite". Il a confié: "Nous sommes tiraillés entre le désir d'assurer la sauvegarde d'un patrimoine et celui de préparer l'avenir, quelquefois dans des conditions difficiles. Nous nous attachons à ne pas considérer l'intérêt privé, ni la somme des intérêts privés, mais seulement l'intérêt public." Puis M. Strawzinsky remis au ministre la médaille d'honneur de la ville de Poitiers, où figure une tête de Minerve "symbole de la prudence guerrière".

Avant de signer le livre d'or, M. Maurice Druon a pris la parole. Il a assuré que lui aussi avait trouvé trop bref son séjour à Poitiers. Il a dit ensuite que sa visite dans notre ville répondait à l'un de ses soucis primordiaux, "consacrer une partie de son temps aux régions, aux provinces. Aller sur lace, voir ce qui se fait, ce sui doit s'y faire, et la mesure dans laquelle son ministère y est intéressé." Le ministre a souhaité "pouvoir trouver des solutions aux problèmes de Poitiers qui sont d'ordre culturel." Mais, a ajouté M. Druon "il n'y a rien qui ne soit culturel."

Il a insité ensuite sur la nécessité d'harmoniser "les permanences du passé", et les impératifs du progrès. le ministre a conclu: "J'aime beaucoup Poitiers, je sais ses richesses et son importance dans l'ensemble français. Une des vraies forces de la France, c'est cette belle ville."

 

"Poitiers, un coeur qui doit battre fort et bien"

 

C'était ensuite la conférence de presse. Répondant à une question relative à la faiblesse des moyens financiers du secteur culturel, le ministre a répondu: On le dit dans tous les secteurs. Partout, les moyens sont faibles par rapport aux ambitions qui, elles sont immenses. Et puis, on ne regarde que l'immensité à accomplir, mais pas assez la somme de ce qui a été accompli."

Puis, M. Druon a dit ce qu'il pensait des problèmes de Poitiers: "Poitiers est une ville labyrinthique, et pas octogonale. C'est dans les villes labyrinthiques que se développe la civilisation, et toutes, elles ressemblent à un organe du corps humain. Le vieux Poitiers ressemble à un coeur. C'est un coeur qui doit continuer à battre fort et bien, pour irriguer toute cette région. Pour les pulsations c'est aux habitants et aux élus de Poitiers d'en donner le rythme."

Abordant le chapitre de la place du Marché, le ministre a estimé qu'elle offre "une réunion exemplaire de superposition des cultes et des activités humaines. Il y avait vraisemblablement là un sanctuaire, un forum et un marché. Un lieu d'échanges avec l'au-delà, d'échanges entre hommes, et d'échanges de marchandises. Il appartient aux Poitevins de dire s'ils veulent continuer, dans notre temps, ce qui a été fait dans les âges, ou de faire tout autre chose. Mais ce n'est pas le ministre qui choisira à la place de shabitants de Poitiers. Bien sûr, une fois cette décision prise, il appartiendra au ministère de donner son avis, et parfois ses instructions, mais seulement pour que tout soit fait en bonne connaissance de cause."

 

"Le secteur de sauvegarde, une mesure heureuse"

Sur une question précise concernant l'interruption des travaux, et le projet des "hallettes", M. Maurice Druon a encore expliqué:

"J'ai vu le projet, j'ai demandé qu'on le suspende. Ce qui n'implique pas une critique à l'adresse des édiles ou des architectes sur la valeur architecturale intrinsèque. C'est une mesure d'attente sur un projet où il y a un parti général à considérer. D'une manière générale, il faut conserver aux villes et à leurs quartiers anciens leurs unité d'aspect. Dans trop de villes, on voit se dresser un élément qui défigure l'unité monumentale, architecturale. Il n'y a rien de plus mauvais que la carte d'échantillons des siècles."

Le ministre a ajouté que s'il était là, "c'était pour aider à trouver, le plus vite possible, les solutions."

Du secteur de sauvegarde de Poitiers, M. Druon a dit qu'"il mérite d'être sauvegardé. C'est une mesure heureuse." En 1975 ce sera l'année européenne des secteurs sauvegardés, et  - pour le mnistre - celui de Poitiers sera de ceux qui permettront à la France d'avoir un rang honorable.

M. Maurice Druon a, d'autre part, évoqué la sauvegarde des ruines d'Oradour-sur-Glane, bourg martyr limousin de la sauvagerie nazie: "Il s'agit de maintenir une destruction en son état. Nous essayons de résoudre ce problème au mieux."

En fin de compte, on retiendra de la visite à Poitiers de M. Druon deux éléments. Ils concernent le dossier de la place du Marché. Il y a d'abord l'assurance d'une reprise - à une date non déterminée - des travaux; cette reprise s'accompagnant d'une poursuite "scientifique" des fouilles. Et puis, la condamnation - en principe sans appel - des fameuses "hallettes" qui auraient singulièrement tranché dans ce site du vieux Poitiers.

Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers

Chapeau sur l'oeil, le ministre écoute les explications de MM. Strawzynski et Nicolini. Au fond, tout contre les fondations de Notre-Dame (à gauche) il faudra éviter la décompression du terrain, devait dire M. Verney (Photo Guy Meingault)

Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers
Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers
Eté 1973 : Maurice Druon , un ministre en visite à Poitiers

Centre Presse, Juillet ou Août 1973.

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 07:17
Poitiers, le 18 Mai 2011.

Poitiers, le 18 Mai 2011.

Deux écoles : la presse nationale encore sous le choc de l'affaire DSK (avec à l'époque de nombreuses révélations sur le comportement...déplacé, pour rester poli, de feu le favori à la présidentielle de 2012), et puis l'autre école, celle de la PQR.

Mais je me rappelle surtout d'avoir pris cette photo pour la Une étonnante de la Nouvelle République. En effet, le journal pris tout seul n'a ici rien d'exceptionnel, mais poser côte à côté la chute de DSK avec un heureux pour Sarkozy, voilà qui établit une curieuse passerelle entre deux actus apparemment sans lien.

Sans oublier Centre Presse, qui pour le coup joue la carte 100% locale des bisbilles dans la droite du Poitou. Qui pour le coup n'ont aucun lien avec la chute de Strauss et le bonheur des Sarkozy. Enfin a priori...

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 08:22
1980 : la Goule de Poitiers, demeure des abeilles

La quiétude habituelle du dimanche après-midi dans le quartier Saint-Porchaire était pour une fois troublée par l'irruption d'un nuage virevoltant d'abeilles en rupture de ruche provoquant chez les riverains une grande surprise teintée d'appréhension. Finalement, la jeune reine se posait sur la gargouille où elle était rejointe bientôt par ses quelques milliers de bourdonnantes ouvrières.

Les sapeurs-pompiers laissaient le soin à un apiculteur de procéder à la récupération de l'essaim, opération dont ils s'aquittait avec un calme olympien, se limitant pour leur part à chasser les dernières retardataires.

 

La Nouvelle République, Mai 1980.

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 08:18

U.R.S.S. : vivre avec la pénurie

 

La vie quotidienne en URSS au temps de la pénurie

La pénurie en U.R.S.S., on a beau être habitué, cela étonne toujours. Après une journée de chasse dans les magasins soviétiques, on ne rentre jamais bredouille...en anecdotes.

Affolement général au "Monde des enfants", à Moscou. La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre: "Des poussettes pliantes ont été livrées". Moscou n'en avait pas vu depuis six mois!

Pourtant la joie des mères se transforme en colère: les poussettes sont bien pliantes. Il y a en a cent ou deux cents...mais toutes sont prévues pour des jumeaux!

Une autre rumeur enflamme le magasin: on a reçu des manteaux au troisième étage. Chacun s'y précipite, une file se forme qui déborde dans les escaliers. Ils sont des dizaines et des dizaines à attendre, dont seuls les premiers sont servis: on ne déballe la marchandise qu'à petites doses, jour par jour.

Dans un autre quartier, c'est la poudre à lessive qui fait courir les Soviétiques. Interdiction d'emporter plus de cinq paquets par personne, en quelques minutes le rayon est dévalisé et, jusque dans la rue, on vous attrape par la manche: "C'est une bonne marque, où l'avez-vous trouvée?" Mais ici, plus qu'ailleurs, pas question d'échanger votre lessive contre une autre denrée rare.

Tout et n'importe quoi. On achète tout et n'importe quoi au hasard des arrivages et selon la saison. Car il y a en U.R.S.S. des "saisons" pour tout; pas seulement pour les fruits et légumes.

Ainsi la saison des patins à glace c'est l'étét, et celle des patins à roulettes l'hiver. Le comble était cette réflxion d'une Soviétique expliquant à un Occidental: "Ne cherchez plus de table de télévision, ce n'est pas la saison".

L'hebdomadaire soviétique "La Gazette littéraire" vient de défier le diable en demandant à un correspondant en province d'acheter une brosse à dents. Cela a pris une journée entière, et encore n'a-t-il trouvé qu'une brosse pour un enfant, et qui n'a pas résisté au premier lavage.

On pourrait multiplier à l'infini ce genre d'anecdotes tout en se défendant de faire de l'antisoviétisme: à Moscou, c'est la vie de tous les jours.

Mis à part la vodka et le pain, pratiquement tous les articles disparaissent pendant des semaines ou des mois, pour des raisons obscures. Le tout est de s'organiser: le Soviétique est le champion du stockage et du troc, mais aussi du marché noir. Ici, le spéculateur est le sauveur. On sacrifiera un salaire pour un jean, des livres, des diques, des meubles, des couches pour le bébé, des médicaments pour le grand-père et une roue de secours pour la voiture.

Dans cette société de pénurie on se sent forcément infirme un jour ou l'autre, comme ce grand invalide de guerre de Léningrad qui n'a pas pu sortir de chez lui pendant un an, la soupape grillée de sa voiture étant totalement introuvable en U.R.S.S. Certains étrangers de Moscou, possédant un véhicule russe, en arrivent à ce paradoxe: ils commandent en Occident leurs pièces de rechange estampillées "Fabriqué en U.R.S.S.".

Le président Léonid Brejnev ayant reconnu au dernier congrès du parti communiste que l'Etat est incapable de remplir les magasins, les autorités doivent fermer les yeux sur bon nombre de trafics nés de la pénurie. Le journal "Biélorussie soviétique" a déploré, au premier jour du printemps, que la milice elle-même avoue son impuissance face au marché noir. D'ailleurs n'a-t-on ps vu à Moscou des miliciens demander à des étrangers de leur vendre leur landau?

Parce que les magasins d'Etat sont souvent vides, la population s'adresse au spéculateur. Les marchés aux oiseaux tellement populaires en U.R.S.S. sont souvent de véritables marchés aux puces, en contradiction flagrante avec la loi socialiste. Les particuliers y tiennent commerce au grand jour. Certains portent même plusieurs manteaux les uns sur les autres, qu'ils vendent au fur et à mesure. Leur prix est de trois à vingt fois supérieur à ceux des magasins d'Etat, où on ne trouve souvent que l'étiquette. Question de choix.

M. Brejnev a promis que les choses s'amélioreront au cours des cins prochaines années, sans pour autant annoncer l'abondance.

Approvisionner les magasins soviétiques n'est, en effet, pas une petite affaire. Cela implique d'abord une réorientation d'une économie où le consommateur n'a pas bonne presse. Ensuite une refonte complète de la distribution, totalement fantaisiste. La presse officielle nus dit qu'on trouve facilement des manteaux de fourrure sur la mer Nore et des maillots de bain en Sibérie, mais rarement le contraire. Enfin il faudrait changer quelques mentalités.

Une caricature publiée par l'hebdomadaire satirique "Crocodile" a assez bien résumé le problème. On y voit un vendeur annonçant l'arrivée de cent parapluies: "Cinquante ont été mis de côté par la direction, prévient-il. Vingt sont destinés au marché noir, dix-neuf ont été retenus par le personnel et le dernier est en vitrine."

Patrick MENEY

 

La Nouvelle République, Jeudi 16 Avril 1981.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 08:09

Rétrospective

 

Vingt ans de crises récurrentes


 

La révolte contre le CPE s'inscrit dans la litanie des crises qui, depuis un quart de siècle, électrisent l'opinion, tétanisent la France et carbonisent ses gouvernants.


 

Au mois de mars 1984, 800.000 défenseurs de l'école privée manifestent à Versailles contre le projet socialiste de grand service public laïc de l'Education nationale. Le 24 juin à Paris, ils sont plus d'un million et demi sur le pavé, élus de droite en tête, contre la réforme Savary.

François Mitterrand retire le texte, Savary démissionne, suivi par Pierre Mauroy, épuisé après trois ans à Matignon.

Décembre 1986: au lendemain de la mort accidentelle du jeune Malik Oussekine, frappé par des policiers, le Premier ministre Jacques Chirac retire le projet d'Alain Devaquet d'autonomie accrue des universités, après des nuits d'agitation et de manifestations. Le ministre démissionne. La droite s'effondre dans les sondages.

Le gouvernement Chirac doit aussitôt faire face à une crise sociale: la France est paralysée par une grève générale des transports, qui se dénoue par des concessions salariales contraires aux objectifs de rigueur économique.

Après le retour de la gauche, d'autres catégories sociales contraignent le gouvernement à céder à la rue: aux infirmières d'abord qui se mobilisent à l'automne 1989; aux lycéens, un an plus tard, qui obligent Michel Rocard et son ministre Lionel Jospin à improviser une coûteuse "réforme des lycées". Aux agriculteurs enfin, qui défient l'ordre public en septembre 1991 contre la réforme de la politique agricole commune et engrangent de nouvelles subventions. A chaque fois, le déficit budgétaire se creuse.

En janvier 1994, c'est la guerre scolaire à l'envers: le camp laïc fait défiler un million de personnes contre la révision de la loi Falloux sur le financement de l'école privée. Edouard Balladur et son ministre François Bayrou évitent l'humiliation du retrait grâce à la censure du Conseil constitutionnel.

En mars 1994, le Premier ministre doit retirer cette fois une réforme sociale importante, "le contrat d'insertion professionnelle" (CIP), après cinq semaines de manifestations estudiantines qui dénoncent ce "Smic jeunes".

Son successeur Alain Juppé doit faire face à une fronde sociale encore plus puissante un an plus tard avec les grandes manifestations contre les réformes des régimes spéciaux de retraites du secteur public et de la Sécurité sociale. La défaite de la droite, dix-huit mois plus tard aux législatives est largement imputée à cette crise.

Après les années de croissance et d'apaisement social du gouvernement Jospin (1997-2002), dénoncées par la droite comme dispendieuses et perdues par rapport à l'urgence des réformes nécessaires (retraites, sécurité sociale, rigueur budgétaire), la rue gronde de nouveau tout au long du premier semestre 2003 contre les réformes Raffarin-Fillon des retraites.
 

"La hargne, la rogne et la grogne"

Six journées de mobilisation nationale massive n'entament pas le gouvernement qui fait adopter des textes moins ambitieux que les objectifs affichés mais perd toutes les élections intermédiaires (cantonales, régionales et européennes).

En mars 2005, une nouvelle génération de lycéens découvre le frisson de la rue contre la réforme scolaire de François Fillon qui sauve la face en faisant adopter un texte largement vidé de son contenu.

En mars 2006, Dominique de Villepin affronte à son tour "la hargne, la rogne et la grogne" jadis dénoncées par de Gaulle. Et il joue, lui aussi, sa crédibilité et son destin politique dans ce psychodrame à la française.

 

La Nouvelle République, Lundi 20 Mars 2006.

ARCHIVES - Vingt ans de mobilisations étuidantes et lycéennes

 

Ils ont fait plier le gouvernement

 

 

Devaquet en 1986, Baladur en 1994, Fillon en 1995 et Ferry en 2003. En vingt ans, des mobilisations étudiantes et lycéennes ont contrecarré les plans du gouvernement à plusieurs reprises.

1984 - 2006 : l'art français de la guerre sociale

Devaquet 1986. Le gouvernement Chirac entend réformer l'enseignement supérieur pour donner plus d'autonomie aux universités. Trois points de la loi "Devaquet" crispent les étudiants: une plus grande liberté accordée aux universités pour choisir leurs étudiants, un allègement du cadrage des diplômes et la modulation du montant des droits d'inscriptions. Les facultés se rebellent. A Poitiers, le mouvement démarre le 24 novembre avec une grève des cours. Le 27 novembre, première manif à Poitiers avec 6000 jeunes dans les rues. Le 1er décembre bloquent les péages de l'A10. Le lendemain, ils occupent le palais de justice. Le 4 décembre, 5000 manifestants défilent à Poitiers alors que 1200 autres sont partis à Paris pour "la plus grande manif étudiante que la capitale ait jamais connue". Ministre de l'Education nationale, René Monory annonce le retrait de la loi le soir du 5 décembre en direct sur les trois chaînes de télévision. Le lendemain, on apprend la mort d'un jeune étudiant, Malik Oussekine, frappé par la police lors de la grande manif. Les 8 et 10 décembre, à Poitiers et partout en France, des cortèges silencieux rendent un dernier hommage au jeune homme.

Balladur 1994. Fin février, le gouvernement d'Edouard Balladur signe deux décrets qui donnent naissance au CIP (Contrat d'insertion professionnelle), un contrat spécifique aux jeunes de moins de 26 ans, titulaires d'un bac +2, qui pourraient être embauchés moyennant un salaire égal à 80% du Smic. La révolte démarre au quart de tour pour dénoncer "le Smic jeunes". A Poitiers, une première manif rassemble étudiants et synidcats de salariés dès le 4 mars. Ils sont un millier six jours plus tard, puis 2500 le 17 mars et encore 2000 à crier "Balladur retire ton CIP" le 29 mars. Quelques jours plus tard, le gouvernement abroge les décrets en question.

Fillon 1995. François Fillon veut réformer les IUT. A Poitiers, le 8 février, les IUTieens décrètent la grève illimitée et descendent dans la rue à plusieurs reprises les jours qui suivent. Le projet Fillon est retiré.

Ferry 2003. Luc Ferry veut une loi sur l'autonomie des universités. Mais doit aussi gérer la décentralisation des personnels de l'Education nationale et écrire la loi "sur le voile". Trop pour un seul homme. En octobre, les étudiants sont dans la rue. La loi sur l'autonomie des universités part aux oubliettes.

 

Centre Presse, Mercredi 29 Mars 2006.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 08:02

Histoire.

L’étrange cas d’un ancien nazi qui a tué pour le compte du Mossad

Publié le

Pris sur BBC.com , vers 1946/1947.

Pris sur BBC.com , vers 1946/1947.

Ancien officier de la SS, considéré pendant la guerre comme l’un des hommes les plus dangereux d’Europe, Otto Skorzeny s’est retrouvé à collaborer pour Mossad au début des années 1960. Dans une enquête inédite, Ha’Aretz révèle comment cet ancien protégé d’Hitler a fini par traquer les scientifiques et officiers nazis en fuite pour le compte de l’Etat israélien.

 

L’histoire a tous les ingrédients du thriller d’espionnage. Il y a 54 ans, le scientifique allemand Heinz Krug disparaît sans laisser de trace. Très vite, on commence à soupçonner un assassinat. Krug avait collaboré au programme d’armement de l’Egypte, pays ennemi d’Israël. Raison pour laquelle à l’époque, de forts soupçons se portèrent sur le Mossad – les services secrets israéliens – dans la disparition de Krug.

Mais personne n’imaginait alors ce que le quotidien Ha’Aretz vient de révéler sur l’identité de l’assassin. Krug a effectivement été assassiné. Le meurtrier travaillait pour le Mossad. Mais c’est l’identité de l’homme fait sensation : Otto Skorzeny, ancien officier de la SS et un des plus fidèles d’Adolf Hitler, héros de guerre et qualifié par les alliés d’“homme le plus dangereux d’Europe”.  

 

Dans son article publié le 27 mars, le quotidien israélien se réfère à des témoignages d’anciens membres du Mossad et de personnes ayant eu accès aux archives de l’organisation. Voici comment, selon eux, est survenue la mort d’Heinz Krug, le 11 septembre 1962.

Krug, un scientifique qui a travaillé pendant le Troisième Reich pour la conception de roquettes en Allemagne, est approché par l’Egypte pour bâtir le programme d’armement du pays. Israël, en guerre avec Le Caire, mène des opérations secrètes pour enrayer ce programme d’armement, notamment “en intimidant des scientifiques allemands qui y étaient engagés”. Selon Ha’Aretz, le Mossad aurait d’abord eu recours à des menaces proférées par téléphone, puis à des lettres piégées. D’après le journal, le scientifique allemand, inquiet, s’est tourné vers son ancien camarade Skorzeny. 

Danse avec le diable

Sauf que celui-ci avait pris un chemin insoupçonné, et s’était fait débaucher par les services secrets israéliens. L’arrangement entre l’ancien héros nazi et Israël “est l’une des histoires les plus importantes jamais racontées sur le Mossad”, écrit Ha’Aretz. En contrepartie de ses services, Skorzeny cherchait à faire effacer son nom de la liste Simon-Wiesenthal, regroupant les criminels de guerre les plus recherchés. 

Le 11 septembre 1962, c’est donc avec Skorzeny que Krug est monté dans sa Mercedes 300 SE, suivi de trois autres hommes. Des “gardes de corps”, aurait expliqué l’ancien SS. Skorzeny aurait ensuite fusillé Krug dans une forêt près de Munich. Les trois autres hommes, des agents du Mossad eux aussi, auraient versé de l’acide sur le cadavre et enterré les restes.

Ha’Aretz écrit :  

Pour accéder à des situations inattendues au cours de ces missions improbables, le Mossad a parfois fait appel à des partenaires répugnants. Quand certaines alliances à court terme s’avéraient utiles, les Israéliens étaient prêts à danser avec le diable.”

Quant à la promesse faite à l’ancien SS de le retirer de la liste Simon-Wiesenthal, rapporte Ha’Aretz, elle n’a jamais été respectée.

 

Slate.fr

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 09:47

Poitiers, Mars/Avril 2006.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 08:56

Que d'eau, que d'eau...

Vienne

 

Pluie : mars a battu des record

 

Après un démarrage dans la fraîcheur, avec un important épisode neigeux les tout premiers jours (5 à 15 cm de neige très lourde sur le département) le mois de mars a connu des cumuls de pluie très abondants.

Ainsi, selon les relevés effectués par Météo France, les cumuls à l'échelle du mois de mars 2006 sont très importants: avec 151 mm à Poitiers-Biard, il s'agit du mois de mars "le plus pluvieux depuis l'ouverture du centre météorologique à la sortie de la guerre".

A la Ferrière-Airoux, il a été relevé 180 mm.

Habituellement le département de la Vienne recueille 40 à 61 mm au cours d'un mois de mars qui se révèle comme étant le mois le plus sec après es mois estivaux. Ce mois de mars 2006 se distingue au contraire par "ses excès pluviométriques" constate Dominique Simon, délégué départemental de Météo France pour la Vienne, "la moitié recueille 2 à 3 fois la normale alors que les précipitations du Nord de la Vienne représentent environ 2 fois les valeurs habituelles".

Ces précipitatons qualifiées de "complètement atypiques" ont été "extrêmement bénéfiques" permettant la réhydratation des sols après un automne et un début d'hiver déficitaires en précipitations.

Retenues de surface et nappes superficielles ont elles aussi bénéficié de ces pluies abondantes.

 

La Nouvelle République, Lundi 3 Avril 2006.

En 2016, le record de Mars 2006 tient toujours...

En 2016, le record de Mars 2006 tient toujours...

Pris sur MétéoFrance.com, Vendredi 22 Avril 2016.

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
PPP a reçu
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

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