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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 07:05

Que retenir de François Mitterrand? Vaste question...

Libération, Mardi 9 Janvier 1996.

Libération, Mardi 9 Janvier 1996.

Allocution du Président Chirac, qui, sincèrement triste, revient sur l'oeuvre, la personnalité de...son meilleur ennemi

France, 2, 8h30, Lundi 8 Janvier 1996.

L'annonce, au petit matin, de la mort de François Mitterrand

Une époque préhistorique de nos jours avec un internet naissant, peu de téléphone portable et une seule chaîne d'information en continu (LCI)

France 3, Lundi 8 Janvier 1996.

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 19:59

Voeux croisés Reagan/Gorbatchev, l'Europe qui passe à 12 membres, la Belgique en lutte contre le terrorisme, un coup de sang de Khadafi,...

Bernard Rapp sur Antenne 2.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:35
Jean-Marc Bosman. Illustration prise sur OldSchoolPanini.com

Jean-Marc Bosman. Illustration prise sur OldSchoolPanini.com

L'arrêt Bosman, de la libération à l'aliénation

La libre circulation imposée par la Cour européenne le 15 décembre 1995 devait rendre leur liberté aux footballeurs. Mais les clubs ont rapidement contourné la loi pour démultiplier les transferts.

Le 15 décembre 1995, à Luxembourg, la Cour de justice des communautés européennes donne raison au joueur belge Jean-­Marc Bosman dans la bataille judiciaire qui l’oppose à son ancien club, le RCF Liège, et à l’UEFA (Union des associations européennes de football). L’arrêt Bosman permet aux footballeurs d’être libérés à la fin de leur contrat et autorise leur libre circulation en Europe. «Nous avons sorti le champagne, c’était une grosse victoire, se rappelle le Néerlandais Theo Van Seggelen, secrétaire général de la Fifpro, le syndicat mondial des footballeurs. Nous avons pensé: “Maintenant, le monde du football va changer.” Mais vingt ans après, je dois avouer que c’est encore pire qu’avant.» Pourtant, Theo Van Seggelen a d'abord cru à la naissance d’un football où les joueurs seraient rois: «Dans les deux premières années, les salaires ont plus que doublé pour les meilleurs joueurs. Les joueurs, à la fin de leur contrat, pouvaient désormais choisir leur club. Et les clubs, qui craignaient de perdre leurs joueurs, ont signé des contrats de plus long terme. Cela a offert plus de stabilité aux footballeurs.»

Si les salaires grimpent, c’est aussi que, depuis le début des années 1990, les grands championnats ont ouvert les bras à la télévision payante. «La conjonction de deux facteurs, juridique et économique, amène une concentration de talents et des inégalités de plus en plus fortes», analyse Raffaele Poli, responsable du Centre international d’étude du sport (CIES). Les clubs les plus riches profitent de la libéralisation et la part de joueurs étrangers dans les cinq championnats majeurs passe de 14,7 % en 1995 à 35,6 % en 2000. L’arrêt Bosman joue un rôle d’accélérateur de la mondialisation des transferts et de l’explosion des indemnités. «Personne n’a anticipé la spéculation qui allait dénaturer le système des transferts», estime Raffaele Poli.

Le système devient «hyper-spéculatif» et profite surtout à une «petite élite» de joueurs, de dirigeants et d’intermédiaires, note le chercheur. Pour Luc Misson, l’ancien avocat de Jean-­Marc Bosman, les excès de ces dernières années tiennent au fait que la Cour de justice n’a posé aucune règle de concurrence dans son arrêt. «Il aurait fallu veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus de positions dominantes de la part de certains clubs ni des accords qui faussent la concurrence. (…) On ne peut pas laisser les entreprises faire entre elles ce qu’elles veulent. Les clubs ont fait ce qui les arrangeait, et les plus gros sont arrivés à dominer un marché mondialisé à leur profit.»

Pour freiner la spéculation, la Commission européenne, la FIFA et l’UEFA se mettent pourtant d’accord en 2001 sur un certain nombre de règles. Les joueurs de moins de 28 ans bénéficiaires de longs contrats devront effectuer au moins trois saisons consécutives dans le même club avant de le quitter – deux saisons pour les plus de 28 ans. S’ils quittent leur club avant, une indemnité est fixée en fonction de critères objectifs (salaires restant, statut international, etc.). Ces règles seront vite détournées par les clubs. Les footballeurs deviennent de vrais nomades. En 2014, un joueur restait, en moyenne, deux ans et demi dans le même club, une durée qui baisse chaque année. Très peu de joueurs vont au terme de leur contrat, leurs clubs les poussant à les renouveler régulièrement pour s’assurer une indemnité de transfert.

 

Yann BOUCHEZ

 

15 Décembre 2015. Pris sur letemps.ch

Un rappel du contexte. En effet, 1995 marque une césure totale dans le football en Europe créeant une sorte de ligue fermée pour les clubs les plus riches.

 

Il y a 20 ans, l'arrêt Bosman

Le 8 août 2010, le joueur belge Jean-Marc Bosman, en conflit avec son ancien club, saisissait le tribunal de Liège. Le début d'une affaire qui allait bouleverser à jamais le paysage footballistique.

 
D'abord, le rappel des faits. En 90, Jean-Marc Bosman est un anonyme joueur belge évoluant depuis deux saisons au RFC de Liège contre un salaire mensuel de 120 000 Francs belges (3 000 euros). En fin de contrat, le club lui propose une prolongation de 4 ans contre une méchante baisse de salaire. Pas fou, le joueur refuse et entre en contact avec l'US Dunkerque, de l'autre côté de la frontière. Dans un premier temps, les deux clubs s'entendent sur un prêt payant avec option d'achat, mais finalement, Liège se rétracte et refuse le transfert. Bosman, sans club et exclu de toute compétition, saisit alors le tribunal de première instance de Liège, le 8 août. Il demande la suspension du système de transfert de l'époque (qui oblige un joueur en fin de contrat à demander une autorisation de départ, contre indemnité). A cette première demande en justice s'ajoutera plus tard la remise en cause du système de quota existant alors, qui interdisait aux clubs européens de compter dans ses rangs plus de trois joueurs étrangers ressortissants de la Communauté européenne.

Cette plainte aboutira cinq ans plus tard, le 15 décembre 95, à l'Arrêt Bosman, une jurisprudence permettant d'une part aux joueurs en fin de contrat d'être définitivement déliés de leur précédent club, d'autre part aux clubs de compter dans leurs effectifs autant de ressortissants de l'Union Européenne qu'ils le souhaitent. C'est la fin de l'exception sportive : le joueur de football est désormais considéré comme un travailleur et peut librement circuler au sein de l'Europe. La libéralisation du foot pro est en marche. Les conséquences, maintenant. Elles sont énormes, irrémédiables. D'abord, les effectifs des clubs vont être bouleversés. Avec des vainqueurs - les clubs issus des championnats économiquement compétitifs - et des perdants - les autres. La mobilité internationale des joueurs va devenir la règle, de même que l'inflation du montant des transferts et des salaires.

Un exemple flagrant ? Mai 1995, dernière finale de la C1 d'avant l'Arrêt Bosman. C'est le triomphe de l'Ajax, avec une équipe hollandaise presque exclusivement constituée de locaux formés au club. L'Ajax est un modèle de club pour qui l'Arrêt Bosman a fait mal, très mal. Seedorf, Kluivert, les De Boer, Reiziger, Davids and co, tous les cadres et les grands espoirs de l'équipe finiront par partir vers des championnats plus attractifs. Idem pour la génération suivante : Sneijder, Van Der Vaart, Babel, etc. 1995 est un chant du cygne. Pas forcément pour des clubs misant sur la formation - l'actuel FC Barcelone est la preuve que ça fonctionne encore - mais pour les clubs des «  petits  » championnats, incapables financièrement et sportivement de conserver leurs meilleurs éléments. L'Arrêt Bosman a eu le mérite de libérer les joueurs, mais il a surtout accéléré le phénomène d'individualisation en football.
La fin des années 90 et les années 2000 confirmeront ainsi le lent déclin du championnat hollandais, mais également belge et dans une moindre mesure français, sans parler de l'Europe de l'est. Elle est bien loin l'époque où l'Etoile Rouge de Belgrade, le Steaua Bucarest, Bruges ou Malmö disputaient la finale de la C1. En quinze ans, l'élite européenne s'est considérablement resserrée et la compétition reine a perdu en diversité. Une tendance accentuée par la réforme de la Champion's League et qui permet aux championnats les plus forts d'aligner jusqu'à quatre de leurs clubs en compétition.

L'Arrêt Bosman a également eu pour conséquence une internationalisation des effectifs. On peut par exemple citer l'Arsenal de Wenger, qui s'est servi à fond de cette réforme pour se révéler à l'échelle nationale et européenne, grâce notamment à sa forte délégation française et... hollandaise. Quitte à en oublier les joueurs locaux, qui ont quasi disparu de l'effectif. Arsenal est un cas extrême mais qui reflète une tendance générale qu'on retrouve même dans les divisions inférieures, même dans les petits championnats. Il n'est désormais plus rare de retrouver dans d'obscurs clubs grecs ou roumains des joueurs français ou portugais barrés dans leur pays ou tentés par une carrière de baroudeur.

Autre conséquence importante enfin, elle concerne les sélections nationales. Exemple : la grande réussite des Bleus période 98 - 2000 est à mettre en lien direct avec l'exode de ses meilleurs joueurs dans de grands clubs européens, emmagasinant ainsi expérience et culture de la gagne (alors qu'au même moment les clubs français reculaient de la scène européenne). A l'opposé, la sélection anglaise depuis une dizaine d'années, incapable de bien figurer dans de grandes compétitions et devant composer avec des joueurs issus de clubs de seconde zone (West Ham, Aston Villa, Everton, Tottenham), tandis que leurs quatre clubs majeurs, composés majoritairement d'étrangers, trustent les matchs d'honneur de la C1. On pourrait citer d'autres conséquences - perte d'identité des clubs, désamour et fossé se creusant avec les supporters ultras, évolution des mentalités du joueur, importance accrue du rôle de l'agent dans la sphère footballistique... L'Arrêt Bosman n'est bien sûr pas la cause de tous les maux actuels du football moderne, mais il en est à n'en pas douter un facteur déterminant, un catalyseur. Joyeux anniversaire.
 
So Foot, Dimanche 8 Août 2010.

Pour conclure, voici l'arrêt rendu par la Cour de Justice de l'Union Européenne le 15 décembre 1995 qui va tout changer, ce fameux arrêt Bosman tant évoqué par beaucoup que peu ont lu ne serait-ce qu'une fois.

LA COUR

statuant sur les questions à elle soumises par la cour d'appel de Liège, par arrêt du 1er octobre 1993, dit pour droit:

1)
L'article 48 du traité CEE s'oppose à l'application de règles édictées par des associations sportives, selon lesquelles un joueur professionnel de football ressortissant d'un État membre, à l'expiration du contrat qui le lie à un club, ne peut être employé par un club d'un autre État membre que si ce dernier a versé au club d'origine une indemnité de transfert, de formation ou de promotion.

 

2)
L'article 48 du traité CEE s'oppose à l'application de règles édictées par des associations sportives selon lesquelles, lors des matches des compétitions qu'elles organisent, les clubs de football ne peuvent aligner qu'un nombre limité de joueurs professionnels ressortissants d'autres États membres.

 

3)
L'effet direct de l'article 48 du traité CEE ne peut être invoqué à l'appui de revendications relatives à une indemnité de transfert, de formation ou de promotion qui, à la date du présent arrêt, est déjà payée ou est encore due en exécution d'une obligation née avant cette date, exception faite pour les justiciables qui ont, avant cette date, engagé une action en justice ou soulevé une réclamation équivalente selon le droit national applicable.
 
Vous pouvez retrouvez l'intégralité des "considérants" qui ont abouti à ce jugement sur le site europa.eu
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 08:12

FR3 Poitou-Charentes, 11 Décembre 1984.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:26
La laïcité, par Jean Effel.

La laïcité, par Jean Effel.

En cette année trouble, la laïcité a été mise à rude épreuve. Et pourtant, cette loi du 9 décembre 1905 portant sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat demeure un pilier de notre République.

Mais cette laïcité est depuis quelques années récupérée par l'extrême-droite qui cherche à s'en servir non pas pour son projet initial, mais pour s'en prendre aux religions minoritaires: c'est une laïcité d'exclusion qui n'a rien à voir avec le projet initial.

La laïcité à la française est un vecteur de vivre ensemble, elle a pour but le vivre-ensemble en déconnectant la religion de la sphère publique. Honnie par les ennemis de la République, nous devons plus que jamais en être les défenseurs pour qu'elle puisse perdurer.

Pour rappel, l'article 1er de cette loi fondamentale pour les valeurs de la France.

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances."

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 09:00

Une heure de parfaite propagande à la gloire du communisme soviétique, de Lénine...et de Brejnev

Une démonstration de force d'un régime qui n'avait...plus que 15 ans à vivre

Moscou, 58ème anniversaire de la Révolution d'Octobre, 7 Novembre 1975.

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 09:56

ORTF, 4 Novembre 1965.

Le récit d'un témoin : J'ai vu tuer Ben Barka

Une l'Express Janvier 1966.
Une l'Express Janvier 1966.

Par Derogy Jacques et Kahn Jean-François, publié le 10/01/1966

C'est le 29 octobre, à 12 h 30, qu'a eu lieu l'enlèvement de Ben Barka.

 

«C'est le 29 octobre, à 12 h 30, qu'a eu lieu l'enlèvement de Ben Barka. Son taxi était arrivé par la rue du Dragon. Il est descendu, accompagné d'un jeune homme, puis a commencé à regarder les livres à l'étalage de la librairie «La Pochade». Contrairement à ce que l'on a prétendu, ce n'est pas moi qui l'ai désigné, c'est Lopez qui l'a reconnu et a fait un signe aux deux policiers, Souchon et Voitot. Ils se sont alors avancés vers Ben Barka: «Police française, ont-ils dit, on doit vous emmener à un rendez-vous.» 

«Ben Barka n'a pas paru tellement surpris; simplement, il leur a demandé leurs cartes. Ils l'ont alors amené vers un porche; c'est là qu'ils lui ont montré leur macaron; il a alors accepté de les suivre sans résistance.

«La voiture a pris la route d'Orly, une 403 de la Préfecture, équipée d'un téléphone. Les deux policiers voulaient camoufler le numéro minéralogique avec une fausse plaque en plastique. «Pour des poulets, vous n'êtes pas forts, leur avait dit Le Ny, ces plaques n'existent plus depuis deux ans.» Les autres m'ont raconté qu'à ce moment-là Ben Barka croyait visiblement qu'on allait le raccompagner à Orly et le mettre dans un avion en partance pour l'étranger (ce qui arrive parfois aux «indésirables»). Sans manifester d'émotion, d'une voix parfaitement calme et courtoise, Ben Barka a demandé à Souchon et Voitot, si leur intention était bien de l'accompagner à Orly et de l'expulser, de bien avoir l'obligeance d'aller chercher une valise qu'il avait laissée à Paris et de la faire suivre, en son temps. 

«Pendant cette partie du trajet, il y a eu dans la voiture un grand silence. La 403 a dépassé sur l'autoroute l'entrée d'Orly et a continué son chemin. A ce moment, et pour la première fois, Ben Barka a donné des signes d'agitation. «La vérité dans cette histoire, a dit alors l'un des vrais policiers, c'est que le ?patron? veut vous voir.»

«Ben Barka a cru immédiatement que le "patron" en question, c'était un haut fonctionnaire de la police - sans doute le chef de la DST. De nouveau, il s'est calmé. II a dit simplement: «Excusez-moi, mais j'ai la certitude que je n'ai rien fait contre la France.» Il a même rappelé qu'il avait été reçu en audience par le général de Gaulle, il a parlé longuement de la haute estime dans laquelle il tenait le chef de l'Etat. Il a ajouté: «Ma conscience est parfaitement tranquille de ce point de vue-là.» 

 

Du thé.
«Les policiers ont expliqué qu'ils ignoraient, eux, les raisons qui avaient motivé ce rendez-vous, mais que le "patron" avait tenu à accueillir Ben Barka dans une maison de campagne aux environs de Paris pour avoir un entretien tranquille et à l'abri de toute publicité. Visiblement, Ben Barka a accepté cette réponse.

«Aussitôt arrivés à Fontenay-le-Vicomte, à la villa de Jo (Boucheseiche), Souchon et Voitot sont repartis pour Paris avec Lopez. Ils ne sont pas entrés dans la maison. 

«Ben Barka a été conduit dans une chambre au premier étage. Une chambre très confortable. Il était toujours très calme, il a sorti un gros livre de sa serviette et s'est mis à lire; ensuite, il a demandé du thé et c'est Dubail qui a été lui en chercher. Moi, je les avais rejoints en taxi. 

«C'est peu de temps après que Jo est monté pour dire qu'il y avait un léger contretemps et que le "patron" n'arriverait que plus tard. Ben Barka commence à donner quelques légers signes d'impatience, mais il n'est pas du tout inquiet; visiblement, il s'attend à la visite d'un haut fonctionnaire. II répète qu'il ne s'est livré à aucune action répréhensible sur le territoire français. Ce dernier point paraît lui tenir particulièrement à coeur.

 

Une bonne idée.
«Le soir, il se couche et nous en profitons pour téléphoner au Maroc à Dlimi, le chef de la police, et à Oufkir, le ministre de l'Intérieur. Les termes sont brefs, tout le monde est parfaitement au courant de ce dont il s'agit. Les Marocains sont sceptiques; on leur a déjà fait le coup pour obtenir de l'argent. Ironique, Dlimi demande: «Qu'est-ce que ça veut dire, cette fois encore?» C'est Dubail qui prend alors le téléphone:
«Puisqu'on vous dit que le colis est là!
- Quoi, le colis?
- Oui, le colis.
- Emballé?
- Oui, emballé.
- C'est bien, on arrive.»

«On calcule que Dlimi et Oufkir n'arriveront pas avant plusieurs heures; Dubail monte prévenir Ben Barka que le rendez-vous est remis à samedi. On lui fait également monter un repas préparé par la bonne marocaine de Boucheseiche, mais il ne touche presque à rien. Il redemande du thé et il boit sans cesse. Il répète encore à Dubail que, s'il est venu en France, c'est que la France est un pays ami du Maroc, puis il lui dit: «Un jour, je serai peut-être Premier ministre dans mon pays; dans ce cas, il faudra changer beaucoup de choses, surtout la police, car, vous savez, là-bas, la police est complètement pourrie.» 

«Dubail approuve discrètement. Finalement, Ben Barka finit par s'endormir.

C'est le samedi après-midi que Dlimi, accompagné d'un certain Achachi, arrive à Fontenay-le-Vicomte dans la voiture de Lopez. Les précautions sont prises pour que Ben Barka ne le voie pas arriver. Nous accueillons Dlimi dans la grande entrée de la villa, où se trouvent toutes sortes de panoplies marocaines. Dlimi paraît froid et décontracté. Dubail lui rapporte la phrase de Ben Barka sur la police marocaine. Il éclate de rire: «Ah! comme ça, il veut épurer la police! Eh bien! c'est une très bonne idée!» 

«Ce n'est pas tout ça, interrompt alors Jo, mais qu'est-ce que l'on va en faire?» Dlimi n'hésite pas, il est catégorique: «On va le liquider.» «Mais comment?» demande Jo, un peu inquiet. «Eh bien, il n'y a qu'à régler ça ici et ensuite on ira l'enterrer dans un champ.»

«C'est un peu l'affolement. Personne, en fait, n'a envie de liquider Ben Barka; ce n'est pas ce qui avait été convenu au départ. Je prends Le Ny à part et je lui dis: «T'es fou, il ne faut pas les laisser faire, surtout pas ici, chez Jo; dans quinze jours, ils retrouveront le corps à quelques mètres de ta maison; il vaut mieux aller dans la villa de Lopez; il faut mouiller Lopez. Si jamais on le liquide ici, on est marron. Dis-le à Jo.» «De toute façon, intervient alors Palisse, on ne peut pas l'emmener comme ça.» 

Du phénergan
«Dlimi insiste: «Alors, vous vous décidez? Il vaut mieux que ce soit l'un de vous qui aille le voir pour éviter une mauvaise surprise à Mehdi.» Il dit «Mehdi» (c'est le prénom de Ben Barka) avec une pointe d'ironie. Je dis alors à Dlimi: «De toute façon, on ne peut rien faire ici, il faut l'emmener chez Lopez.» Jo approuve. Le Ny, Dubail, Dédé (Palisse) et Jo (Boucheseiche) s'apprêtent à monter. Jo déclare, en se caressant les biceps: «J'ai 53 ans, mais quand même, je ne suis pas complètement pourri. J'ai encore une bonne gauche.» J'interviens alors pour dire qu'il vaudrait mieux mettre un somnifère dans son thé. Jo déclare que, chez lui, il n'y a que du Phenergan.

«Dubail monte donc dans la chambre du premier pour apporter à Ben Barka du thé additionné de Phenergan. Nous attendons un quart d'heure, puis Jo et les trois autres montent. Aussitôt qu'il les voit rentrer en groupe, Ben Barka jette son livre et se lève de son fauteuil: «Qu'est-ce qui se passe?» Jo s'avance, lui lance un coup de poing et le rate. 

Une vraie boucherie.
«Aussitôt, Dubail, Dédé et Le Ny se précipitent. Ils le bourrent de coups de poing, mais le Phenergan a certainement provoqué chez Ben Barka un effet contraire à celui désiré. Il ne sent plus les coups; il se bat sans dire un mot. Lui qui est si petit paraît d'un seul coup doté d'une force extraordinaire. Le Ny, qui pèse 110 kilos et mesure 1,90 mètre, et Dubail, ancien garde du corps de Jo Attia, taillé en athlète, cognent de toutes leurs forces. Dubail, lui, est pris d'une rage terrible et hurle: «Mais il ne va donc jamais descendre, celui-là!» Il tend la main pour saisir un bibelot et lui donner un coup sur la tête, mais les autres l'arrêtent. Ben Barka est en sang, la figure méconnaissable. Il a la tête comme une citrouille.

«D'en bas, on entend un bruit extraordinaire: des meubles brisés, de la vaisselle qui se casse. Petit à petit, les quatre arrivent à coincer Ben Barka sur une chaise, mais il continue à se débattre, une vraie boucherie! 

«C'est alors que Dlimi et Achachi montent au premier étage. Dès qu'il voit Dlimi, Ben Barka paraît saisi de terreur; il arrête de se débattre. On commence à le ficeler avec les cordes qu'est allé chercher Palisse. C'est Dubail qui lui attache les pieds. 

«A ce moment-là, au rez-de-chaussée, arrive Oufkir, coiffé d'un grand chapeau de feutre noir. II ouvre la porte, s'arrête: il a une incroyable tête d'assassin; il se retourne vers moi:
«II est là-haut?
- Oui.
- Ça marche bien?» 

«Je fais une moue significative. Oufkir ne répond rien. Il décroche un petit poignard marocain attaché à une panoplie en bas de l'escalier. Il monte au premier. «Eh! bien, le voici», dit-il simplement.

«En le voyant, Ben Barka commence à se débattre à nouveau. Oufkir s'approche de lui: «Je connais très bien le moyen de le calmer.» Et il commence à lui tailler la gorge et la poitrine avec la pointe du poignard. Il paraît y prendre un plaisir de chirurgien en train d'expliquer une opération à ses internes: «Regardez, maintenant, ça va.» 

«Dlimi lui parle alors en arabe; sans doute lui explique-t-il qu'il faut emmener Ben Barka dans la villa de Lopez, car Oufkir se tourne vers Boucheseiche et lui dit: «Allons-y!» A ce moment, Oufkir propose de faire venir une ambulance pour transporter Ben Barka chez Lopez. Tous poussent de hauts cris. 

«On le bâillonne, on le descend, on le met dans une voiture immatriculée "corps diplomatique", qui l'emmène à Ormoy, chez Lopez. Moi, je fais partie d'un deuxième voyage.

Attaché à la chaudière.
«Aussitôt arrivés chez Lopez, ils descendent Ben Barka inconscient dans la cave. Là, un Marocain qui n'était pas dans la villa de Jo et qui devait sans doute conduire la voiture d'Oufkir l'attache à une chaudière de chauffage central. Il le ficelle de telle façon que Ben Barka est complètement tordu, paralysé, et qu'il ne peut plus respirer. Le Ny intervient: «T'en fais beaucoup, toi, dit-il, laisse-lui au moins de quoi respirer.» 

«C'est bien comme ça», répond simplement le Marocain. Ben Barka est fini. 

«Ensuite, tout le monde se retrouve dans le salon. Oufkir explique d'abord qu'il est arrivé trop vite et qu'il n'a pas d'argent sur lui (il avait promis plus de 100 millions). Il se déclare en outre mécontent que l'opération se soit faite sur le territoire français. Et il nous fait la leçon. Il dit: «Il aurait fallu aussi embarquer l'historien (1). C'est une erreur de l'avoir laissé. Mais ce serait une erreur encore plus grande de ne pas savoir garder le silence. Je sais qu'il y en a parmi vous qui ont la parole facile. Il y en a même qui écrivent.» Et il me regarde et il ajoute: «La moindre erreur de ce genre serait fatale.»

«On lui apporte la serviette qui contient les papiers personnels de Ben Barka. Oufkir la fouille minutieusement. Il en sort même une carte de l'Association France-Algérie. Oufkir, sentant le malaise qui règne autour de lui, commence à s'expliquer: «Pour moi, il ne s'agissait pas seulement de se débarrasser d'un ennemi politique. Ben Barka était aussi un ennemi de la France et de l'humanité.» 

- «On est excédés et fatigués, vous savez, lui dis-je. On s'en fout, de vos salades.
- Je remercie, reprend Oufkir, ceux qui nous ont aidés sincèrement et sans essayer de nous faire chanter (il se retourne vers moi en disant cela). Nous nous reverrons, j'aurai encore l'occasion de vous employer.» 

«Je lui dis alors: «J'espère qu'il vous reste encore beaucoup d'ennemis.» Ensuite, Dubail, Palisse, Le Ny et moi regagnons Paris dans la voiture de Jo.

L'homme qui fait ce récit parle d'une voix saccadée, en argot des prisons: débit rapide, accent de titi parisien. Il s'appelle Georges Figon. II semble circuler librement, bien qu'il soit recherché par toutes les polices. Il sait beaucoup de choses. Il les dit dans un vocabulaire particulier de repris de justice frotté de culture intellectuelle, si bien qu'il nous a fallu «traduire» certains passages de son récit (2). 

Pourquoi parle-t-il? Ceux-là mêmes qui, aujourd'hui, ont intérêt à ce qu'il ne tombe pas entre les mains de la justice, à lui faire passer éventuellement une frontière, peuvent aussi le faire disparaître. Alors, il laisse des traces, il enregistre des déclarations. Et il s'amuse même, si on l'en croit, à monter des mystifications en racontant qu'il a été arrêté, puis relâché. 

 

Un fric-frac
Georges Figon n'est pas un gangster ordinaire. Ce petit homme à lunettes de 39 ans, au visage un peu rond, à la moustache pauvre, aux frisures clairsemées, emploie le langage étrange et symboliste du truand parce qu'il se veut de ce milieu. Il a choisi d'en être par défi à une société dont il est, en fait, la victime. 

Fils d'un inspecteur général de la Santé publique commandeur de la Légion d'honneur, Georges Figon a été un enfant difficile. Jeune homme, il a passé trois ans dans un asile psychiatrique.

Un beau jour, il est mêlé à un fric-frac. Son rôle n'est pas clair, mais il tire sur les policiers venus l'arrêter. Le 27 septembre 1955, la cour d'assises de la Seine le condamne à vingt ans de travaux forcés pour coups et blessures avec intention de donner la mort. II crache à la figure des jurés le mépris que lui inspire leur justice. Il fera moins de scandale en prison, puisqu'une cascade de six remises de peine successives lui fait obtenir sa libération conditionnelle en 1961. Son avocat est Me Jean Hug, dont l'assistant, Me Pierre Lemarchand, devient son ami. 

Le 17 février 1964, Figon est relevé de l'incapacité commerciale. Il devient éditeur, crée rue de la Chaise, dans le VIIe arrondissement, la Société moderne du roman-photo et Les Presses européennes. Interviewé, sans que son nom soit prononcé, par la presse et la télévision, Figon devient également une figure de Saint-Germain-des-Prés. Marguerite Duras le rencontre et publie deux entretiens avec lui. Mais il reste, en même temps, lié au «milieu» et son amitié pour son avocat, Me Lemarchand, lui ouvre des perspectives «d'activités politiques parallèles».

C'est, d'ailleurs, à Me Lemarchand, devenu député UNR de l'Yonne en novembre 1962, qu'il s'ouvrira, dit-il, des préparatifs de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka. Il affirme l'avoir non seulement tenu au courant du déroulement de l'opération, mais encore avoir obtenu, grâce à lui, à la fois une couverture et un feu vert des autorités officielles. 

 

La Carlingue
On peut, évidemment, se demander dans quelle mesure Figon n'a pas affabulé et s'il a été réellement témoin du drame qu'il décrit. Or, plusieurs éléments connus de l'enquête permettent de faire des recoupements qui confirment plusieurs aspects de son récit. 

D'une part, la participation au rapt de Ben Barka de «truands retraités», qui ont, pour la plupart, travaillé pour la Gestapo (qu'ils appellent «la Carlingue») pendant l'Occupation, a été établie par les interrogatoires des policiers de la Brigade mondaine, Souchon et Voitot, et du chef d'escale d'Air France à Orly, Antoine Lopez. Celui-ci était, à la fois, l'indicateur de ceux-ci et agent du SDECE (service de contre-espionnage). 

Lopez a, d'autre part, confirmé que, lors de son retour à sa villa d'Ormoy, il y trouva, avec le général Oufkir et le commandant Dlimi, Georges Figon.

Enfin, un journal de Lausanne a pu affirmer, quinze jours après le crime, que Ben Barka avait été poignardé par Oufkir dans la villa de Boucheseiche à Fontenay-le-Vicomte. La source en était tout simplement la police française, qui avait trouvé, lors de la perquisition, des traces matérielles du meurtre. 

(1) Il s'agit de l'étudiant Azemmouri qui accompagnait Ben Barka et qui a donné l'alerte le lendemain de l'enlèvement.
(2) Par exemple, au moment où Ben Barka se rend compte de ce qui se passe, à l'arrivée des quatre gangsters dans sa chambre, Figon dit textuellement: «Dès qu'il les a vus les quatre ensemble, il se l'est donné», ce qui signifie qu'il a pris peur.

L'Express, 11 Janvier 1966.

 

NdPPP: une semaine après la publication de cet entretien, Georges Figon est retrouvé mort dans son appartement, alors que la police française souhaite l'interpeller. L'enquête conclura au suicide du dit témoin de l'article.

 

 

2000: de nouvelles révélations sur l'affaire Ben Barka

France 3, Elise Lucet, 20 Décembre 2000.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 08:29
Illutsration prise sur Le Figaro Histoire.

Illutsration prise sur Le Figaro Histoire.

Inauguration de la statue de la Liberté

 

Lorsque la statue de la Liberté fut imaginée, tout au début du projet, nous étions en 1865. Edouard de Laboulaye, un républicain américanophile et professeur de droit - c'est lui qui proposa sa construction - supposa que 11 ans étaient suffisant pour sa construction, et qu'elle pourrait être inauguré le jour du centenaire de l'indépendance américaine, le 4 juillet 1876. Ce planning optimiste ne fut pas tenu, et entre les retards de construction, les manques de moyens pour financer les ouvriers et le matériel, et les errements politiques dans les deux pays, le sculpteur Auguste Bartholdi ne put faire mieux de 21 ans pour tout boucler. Si ce retard parait important, il est à mettre en regard d'autres projets similaires, qui mirent tous entre 30 et 60 ans à être réalisés. Parvenir à construire une telle statue aux Etats-Unis, partant de France, tout ça en 20 ans était donc déjà un exploit. Mais malgré tout, le centenaire passa sans que l'on voie l'inauguration de cette statue.

Le socle terminé, les officiels américains purent avancer une date définitive. Le 4 juillet 1886 aurait été parfait, pile 110 ans après l'indépendance, mais malheureusement le socle eu du retard il cette date était impossible à tenir. Il fut choisi le 28 octobre 1886.

28 Octobre 1886 : inauguration de la Statue de la Liberté

Le déroulement de la journée

 

Nous sommes le 28 octobre 1886. C'est un jour triste, fortement nuageux, partiellement venteux, avec un plafond bas. En clair, il ne fait pas beau. La statue se dresse sur son socle, une immense toile tricolore masque son visage. Les officiels sont encore à terre, à Madison Garden. Le président de la cérémonie est le président américain, Cleveland. Sa présence n'était pas évidente car quelques mois plus tôt il avait mis son véto à un financement public du socle, considérant que le peuple américain n'avait pas à payer pour un don français (officiellement), mais espérant par ce geste mettre dans l'embarras ses adversaires politiques, proches de l'association ayant pour but de construire la statue (officieusement). Cleveland n'avait donc pas prévu de venir inaugurer la statue, mais finalement il s'y résolu, comprenant que ce geste aurait un retentissement bien plus grand que ce qu'il croyait initialement. Et c'est grace à sa présence que la statue a obtenu un rayonnement national, car jusqu'à présent ce projet n'était considéré par les américains que local : New-York érigeait une statue offerte par les Français, il n'y avait pour eux pas de rapport entre la statue et les Etats-Unis. La présence du président balaya cette sensation et c'est ainsi que commença le destin national, puis international de Miss Liberty.

La baie de New-York était couverte de bateaux, la plupart à vapeur; une fumée épaisse de déployait dans le ciel. New-York avait décidé que ce jour serait férié pour permettre à la population de participer. Cet appel fut entendu, près d'un million de personnes ont participé à la cérémonie. La journée commença par des parades, des défilés des corps de métier de la ville. La population agitait à tour de bras des drapeaux américains et français, tous étaient dans une grande joie. A Madison Garden les défilés étaient passés en revue. Une fois la parade terminée, le président Cleveland et les officiels montèrent à bord de l'USS Despatch, le navire officiel du président, qui prit immédiatement la direction de Bedloe's island. Avec lui se trouvait les français Auguste Bartholdi, le sculpteur, et Ferdinand de Lesseps, constructeur du canal de Panama. Il y avait aussi Chauncey M. Lepew, le président de l'Union League Club, l'association qui rendit les choses possibles et qui était en contact constant avec l'association des amis des Etats-Unis, présidée par Edouard de Laboulaye. Les discours se succédèrent, et à un moment décidé plus tôt, Bartholdi quitta ses compagnons et grimpa jusqu'au bras de la statue pour lever le voile, ce qu'il fit un peu trop tôt, le président étant encore en plein discours. La surprise fut grande pour les chanceux qui vécurent ce moment et l'on raconte que les vivats durèrent un bon quart d'heure avant que le président ne puisse reprendre la parole.

 

Une tribune revendicative

Dans la joie de la découverte de la statue, un discours polémique vint s'inviter. Il faut dire que la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis ne fut pas aussi calme qu'on pourrait le croire. Symbole de la Liberté, la statue fut aussi largement décriée par trois communautés, ou du moins trois ensembles d'habitants qui trouvaient à redire.

 

Le droit des femmes

La société américaine au XIXe siècle est assez ouverte sur les droits des femmes, mais le fait qu'elles n'aient pas encore le droit de vote les poussèrent à agir ce jour-là pour faire avancer les débats. L'initiative revint à la "Woman Suffrage Association", qui comme son nom l'indique militait pour le droit de vote féminin. Elles avaient constatés que sur les 600 officiels invités à Bedloe's island, on comptait que deux femmes. Un groupe de femmes monta donc à bord d'un navire de faible taille et parvinrent à s'approcher suffisamment près de l'île pour faire entendre leurs voix revendiquant l'aberration qui consiste à ériger une liberté aux traits féminins dans un pays où elles n'ont pas la liberté politique.

Mais concernant le symbole de la Liberté représentée par une femme, chacun eu sa propre interprétation : Certains voyaient un conservatisme typiquement européen qui rabaissait la femme, d'autre au contraire faisait remarquer que désormais c'est une femme qui symboliserait la Liberté et que c'était leur donner un bien grand honneur.

 

Le droit des noirs

Lorsqu'Edouard de Laboulaye proposa la construction d'une statue en l'honneur de la Liberté, l'esclavage n'était toujours pas aboli aux Etats-Unis, il le fut dans l'année (1865). Par contre, la France l'avait déjà aboli depuis 1845. Durant les années 1865-1880, la communauté noire fut rudement touchée à la fois par la population blanche des Etats-Unis, qui ne les traitaient pas à égalité, mais aussi par le législateur, qui multiplia les lois réduisant leurs droits. Entre 1880 et la fin du siècle ce fut pire : De nombreux noirs furent lynchés dans un semblant d'impunité et les lois ségrégationnistes furent réellement appliquées. La communauté noire était donc en marge de la société et ne voyait pas en la statue un symbole quelconque de Liberté, cette notion leur paraissant trop inaccessible. En point d'orgue, le journal Cleveland gazette, dirigé par un afro-américain qui écrivit ceci :

Poussons la statue de Bartholdi, la torche et le reste, dans l'océan jusqu'à ce que la "liberté" dans ce pays soit telle qu'elle permette à un homme de couleur, industrieux et inoffensif, vivant dans le Sud, de gagner correctement sa vie et celle de sa famille, sans être ku-kuxisé [...], peut-être assassiné, sa femme et sa fille outragées, et sa propriété détruite. L'idée de la "liberté" de ce pays "illuminant le monde", ou même la Patagonie, est tout à fait ridicule.

Ce billet n'apparut dans la gazette qu'un mois après son inauguration. Mais la grande majorité des noirs américains ne firent pas de vagues lors de l'inauguration, ils se contentèrent de l'ignorer, se sentant peu concerné par la statue.

 

Le droit des ouvriers

A partir du milieu du siècle les Etats-Unis entrèrent progressivement dans l'époque de l'industrialisation, un peu en avance sur l'Europe. Cette époque, qui fait suite à celle de l'artisanat, demandait une grande quantité de main d'œuvre. Les ouvriers trouvèrent donc du travail en masse, mais ça a eu une conséquence imprévue : Face à la pénurie de main d'œuvre les dirigeants américains firent entrer sur leur sol énormément d'immigrants, venant d'Europe, la plupart des pauvres venant chercher bonne fortune. Ce phénomène ne commença que dans les années 1870 et s'accéléra réellement au début du siècle, mais il était déjà suffisamment important en 1880 pour provoquer une chute des salaires, le nombre de travailleurs étant largement en faveur du patronat. Des piquets de grève se mettaient en place, la lutte syndicale explosa et 1886 fut l'année la pire en terme de nombre de grévistes et de grèves. L'inauguration de la statue de la Liberté ne pouvait être qu'un motif de revendication pour ceux qui se sentaient brimés.

Toutefois le jour de l'inauguration il n'y eu pas de manifestations particulières à ce sujet. La statue était un symbole de la Liberté, les ouvriers s'en sont emparés, mais rien n'a vraiment été revendiqué ce jour-là.

 

Texte et illustration du billet pris sur statue-de-la-liberté.com

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

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Vignette 1983

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