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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

Sachez que...

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 08:50

Rarement dans toute l'Histoire une bataille aussi acharnée, aussi meurtrière n'aura duré aussi longtemps pour le contrôle d'une ville

Et pourtant au coeur de l'automne 1942, les Soviétiques ne contrôlaient plus que 10% de Stalingrad.

   

 

Les Grandes Batailles, documentaire de l'ORTF réalisé par Daniel Costelle en 1972.

 

Sur la base de documents d'archives des deux camps en présence, et avec des témoignages d'acteurs de la bataille, cet excellent documentaire retrace sur un plan uniquement militaire l'ensemble de cette période qui a changé le cours de la guerre.

Evidemment, tout n'y est pas, et notamment des informations (autocensure, censure ou ignorance) concernant les Soviétiques où des soldats de l'Armée Rouge ont été fusillés parce qu'ils faisaient marche arrière (scène que l'on retrouve de le film de Jean-Jacques Annaud "Stalingrad, Enemy at the Gates"), les commissaires politiques appliquant à la lettre la célèbre consigne de Staline: "Plus un pas en arrière".

Mais pour aller plus loin sur le sujet, je vous recommande l'ouvrage de l'historien britannique Anthony Beevor, Stalingrad (1998) qu'il a proposé en bénéficiant de l'ouverture des archives soviétiques inaccéssibles jusqu'en 1991.

 

Les forces de l'Axe se brisant sur le rocher de Stalingrad. Affiche soviétique de 1943 prise sur affiche.narod.ru

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:57

Deces-Churchill-24-janvier-1965.JPG

La Une de Centre Presse, Lundi 25 Janvier 1965.

 

DEUX MESSAGES de DE GAULLE

à la Reine

 

Madame,

La France ressent profondément le deuil qui frappe l'Angleterre.

Pour tous, dans mon pays, moi-même, Sir Winston Churchill est et restera toujours celui qui, en dirigeant jusqu'à la victoire l'admirable effort de guerre britannique, contribua puissamment au salut du peuple français et de la liberté du monde.

Dans le drame, il fut le plus grand...

Je prie Votre Majesté d'agréer mes hommages très respectueux et très attristés.

GENERAL DE GAULLE

 

à Lady Churchill

 

Chère Madame,

Du fond du coeur, nous prenons part, ma femme et moi, à la peine profonde qui vous atteint et qui atteint les vôtres, en même temps que l'Angeterre et tous les hommes de coeur du monde entier. En France, la mort de Sir Winston Churchill est ressentie partout avec beaucoup de chagrin.

Pour moi, je vois disparaître en la personne de ce très grand homme, mon compagnon de guerre et mon ami.

Veuillez agréer, Chère Madame, mes hommages très respectueux.

GENERAL DE GAULLE

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Centre Presse, Lundi 25 Janvier 1965.

 

Une biographie de Sir Winston Churchill (1874 - 1965)

 

ORTF, 25 Janvier 1965.


PS: retrouvez dans l'article de la veille la longue agonie physique (et médiatique) du Vieux Lion.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 10:01

Giscard-petit-dejeuner-Elysee-eboueurs-Noel-1974.JPG

A la Une de La Nouvelle République, Jeudi 26 Décembre 1974.


EBOUEURS A L'ELYSEE


A la veille de Noël le Président de la République, M. Valéry Giscard d'Estaing, a causé une grosse surprise à l'équipe des éboueurs de l'avenue de Marigny, qui déssert le Palais de l'Elysée: les quatre hommes qui la composent n'avaient pas en effet été prévenus qu'ils seraient ce matin invités à la table du chef de l'Etat pour prendre avec lui leur petit déjeuner.

Alors qu'il était à la hauteur de la seconde porte donnant accès au Palais, sur l'avenue Marigny, près de la place Beauvau, un garde républicain a arrêté le camion et fait savoir au chauffeur, M. Serge Vallade, de nationalité française, et aux trois éboueurs de l'équipe, deux Maliens, MM. Mohammed Trore et Sensi Fafano, et un Sénégalais, M. Sow, que M. Giscard d'Estaing les attendait.

Un proche collaborateur du Président de la République, M. Philippe Sauzay, son chef de cabinet, les a conduits jusqu'à la salle à manger ultra moderne de l'Elysée, au rez-de-chaussée, où les attendait le Président de la République, qui leur a serré la main.

Sept personnes étaient assises autour d'une table ronde et blanche, dans un décor très "design": le chef de l'Etat, en costume gris-bleu, les éboueurs: le chauffeur en veste de cuir et ses trois coéquipiers en tenue de travail - blouson de caoutchouc réfléchissant rouge - et dont deux avaient gardé leur passe-montagne, un photographe de l'A.F.P. prévenu in extremis et M. Sauzay.

Pendant la vingtaine de minutes qu'a duré le petit déjeuner - très classique: café au lait, toasts et croissants - le chef de l'Etat a parlé avec ses invités de leur métier et de ses difficultés, de leur nationalité, de leurs familles et beaucoup de l'Afrique "que j'aime bien", a dit M. Giscard d'Estaing.

Musulman pratiquant, l'un des invités du chef de l'Etat, M. Traoré délaissa toasts et croissants en cette période de célébration de l'Aid El Adha (fête du Mouton) et se contenta de boire un peu de café.

Avant de les quitter, le Président de la République a offert à ses hôtes un cadeau de Noël, un colis contenant la dinde traditionnelle et une bouteille de champagne, puis les a reconduits jusqu'au perron où il leur a souhaité bon courage pour la suite de leur tournée.

 

La C.G.T. pas d'accord

 

L'Union syndicale C.G.T. des services publics C.G.T. proteste, dans une lettre au président de la République contre l'invitation des éboueurs à l'Elysée qu'elle considère comme une opération "destinée à apparaître devant l'opinion publique comme le témoignage d'une grande compréhension et d'un souci humanitaire à l'éard de cette catégorie de travailleurs".

"Votre compréhension, déclare l'Union C.G.T., aurait été beaucoup mieux ressentie en novembre dernier si vous n'aviez pas attendu le neuvième jour pour accorder satsfaction aux revendication posées. Elle le serait aujourd'hui si vous faisiez droit notre demande d'audience afin de satisfaire les revendications particulières qui restent en suspens".

 

La Nouvelle République, Jeudi 26 Décembre 1974.

 

Un plan com' bien rôdé dans la mesure où l'on peut avoir l'information à la télévision dès la mi-journée au journal de 13 heures

 

ORTF, Mardi 24 Décembre 1974.

 

Cette initiative a valu au journal Charlie Hebdo, sous le crayon de Cabu, cette une de Charlie Hebdo du 6 Mai 1981.

CHARLIE HEBDO 1981 CABU GISCARD

Pris sur le-livre.fr

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 10:16

Partie 1 : la contestation

(avec la symbolique terrible de l'image du dictateur qui tremble en direct)

Concernant les cris deux minutes après le début du discours du Condicator, il y a une opinion qui peut expliquer ce qu'il s'est passé: en effet, on entend Elena Ceausescu dire "quelqu'un a tiré". Des coups de feu qui auraient provoqué la panique. Mais pour Monsieur X (archive de 2009), de France Inter, l'explication est à chercher ailleurs. En effet, pour lui, tout n'aurait été...qu'une simple bande passée aux mégaphones qui avait pour but de semer le trouble parmi les dizaines de milliers de personnes rassemblées par le parti pour donner l'impression que le couple dictatorial n'a plus aucune maîtrise de la situation. Une vaste conspiration (mêlant la Securitate, des éléments de l'armée et...l'Union Soviétique) qui aboutira au départ en catimini des Ceausescu le lendemain, en hélicoptère sur le toît du batîment du parti. 

 

Partie 2: la tentative de reprise en main

(avec de nombreuses annonces et des répétitions, mais le mal est fait)


 
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:58

 

Roumanie 1989

A la Une de la Nouvelle République, Mardi 19 Décembre 1989.

Roumanie: l'armée contre l'émeute

 

Les premières émeutes en Roumanie contre le régime de Nicolae Ceauscecu depuis le début de la vague de libéralisation en Europe de l'Est samedi et dimanche  à Arad et Timisoara, ont été particulièrement violentes, selon tous les témoignages de voyageurs et de témoins oculaires.

Des estimations très contradictoires circulaient hier soir sur le nombre des victimes. Le porte-parole à Paris de la Ligue des Droits de l'homme en Roumanie, a déclaré qu'il n'avait pas confirmation pour l'instant d'éventuels décès de manifestants. Selon une source sûre, à Vienne, un témoignage a fait état d'un mort. A Belgrade, l'agence yougoslave Tanjug a indiqué que deux personnes avaient été tuées.

 

Combien de morts?

 

D'autres estimations font quant à elles, état de véritables massacres. L'écrivan germano-roumain William Totok, affirmant citer des témoins, a souligné que les soldats avaient tiré sur la foule, tuant 300 à 400 personnes et en blessant une centaine d'autres.

Deux étudiants en médecine de nationalité syrienne employés dans un hôpital de Timisoara, et qui quittaient hier la Roumanie, ont quant à eux, fait état d'"au moins 1.000 morts".

"Nous avons vu défiler à la morgue de l'hôpital au moins 1.000 corps au cours de la journée de dimanche", a indiqué l'un d'entre eux, en soulignant que les corps portaient tous des traces de balles.

Tous les témoignages soulignent en tout cas la violence des heurts entre la police, les unités secrètes et les soldats roumains d'une part, et environ 5.000 manifestants de l'autre, jeunes étudiants en majorité, à Timisoara, ville de 300.000 habitants, où vivent en majorité des Roumains de souche allemande et hongroise.

Ces manifestants protestaient contre l'arrestation du pasteur protestant Laszlo Tokes, défenseur des droits de la minorité hongroise en Transylvanie qui a été emmené avec sa femme vers une destination inconnue par la police secrète.

"J'ai vu des chars, des vitres brisées et des soldats baïonnette au canon qui chargeaient la foule", a raconté un voyageur, interviewé lundi par Radio-Budapest.

"Les manifestants, a souligné un autre, scandaient des slogans hostiles à Ceausescu, "A bas le dictateur", "Peuple roumain, réveillez-vous" et ont arraché des murs ls portraits du conducator avant de les brûler, ainsi que ses livres".

Selon les informations recueillies par la Ligue de défense des droits de l'homme en Roumanie, à Paris, les forces de police sont arrivées avec des chars, des blindés, des canons à eau, accompagnées de soldats baïonnette au canon, tandis que des hélicoptères survolaient la ville. Des tirs ont alors été entendus, tandis que des ambulances circulaient dans la ville.

Des témoignages recueillis à la frontière avec la Yougoslavie, indiquaient que Timisoara étaient encerclée par les forces de l'ordre. Dans la ville même, patrouillaient des tanks et de nombreuses unités de l'armée et de la police.

Dans la ville d'Arad, près de la frontière hongroise, des chars ont patrouillé dimanche et, selon des témoins oculaires, le couvre-feu a été institué dans la nuit de dimanche à lundi. La situation serait redevenue calme dans la journée de lundi, aussi bien à Timisoara qu'à Arad.

Les autorités roumaines n'ont soufflé mot de ces émeutes, comme déjà lors de celles de Brasov en novembre 1987, où 20.000 personnes avaient protesté violemment contre la pénurie alimentaire.

 

On ne sort pas

 

Pour empêcher des témoins d'aller dans les deux villes concernées, les frontières avec Hongrie et la Yougoslavie ont été pratiquement fermées.

Les autorités roumaines ont également interdit aux Autrichiens de se rendre en Roumanie, à l'exception des personnes voyageant à des fins professionnelles.

Quant à Ceauscecu, il est parti, comme si de rien n'était, hier matin pour un voyage officiel en Iran. Il a toutefois laissé à Bucarest sa femme Elena, véritable numéro deux du régime, qui d'ordinaire l'accompagne dans tous les voyages officiels.

Roumanie 1989
La Nouvelle République, Mardi 19 Décembre 1989.

Roumanie 1989
La Nouvelle République, Mi-Décembre 1989.
Vu de l'Occident: le massacre des forces de "sécurité" roumaine
FR3, Soir3, Mardi 19 Décembre 1989.
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 09:17

premier numero magazine journal 10 685x920 Les premiers numéros de magazines et journaux

Le premier numéro du jounral Le Monde, paru le Lundi 18 Décembre 1944, mais daté du 19. Illustration prise sur laboiteverte.fr

A NOS LECTEURS

 

Un nouveau journal paraît: le Monde.

Sa première ambition est d'assurer au lecteur des informations claires, vraies et, dans toute la mesure du possible, rapides, complètes.

Mais notre époque n'est pas de celles où l'on puisse se contenter d'observer et de décrire. Les peuples sont entraînés dans un flot d'évènement tumultueux et tragiques dont tout homme, qu'il le veuille ou non, est l'acteur autat que le spectateur, le bénéficiaire ou la victime. En acceptant passivement sa défaite, la France eût consommé sa propre perte. Au contraire, l'appel à la résistance lancé par le général de Gaulle au lendemain de la capitulation, et qui eut un si large écho dans le coeur des Français, a rendu au pays toutes les chances qu'il semblait avoir perdues.

Pour que ces possibilités, magnifiquement développées depuis quatre mois, soient demain une incontestable réalité, il faut d'abord vaincre. La bataille de France, perdue en 1940, ne peut être compensée que par le succès total de la bataille d'Allemagne qui vient de s'ouvrir.

Mais cette victoire, condition de tout, ne suffirait à rien. A quoi bon être victorieux si la santé publique et le peuplement français restaient définitivement compromis; si les jeunes, quelle qu soit leur origine, ne recevaient pas l'éductation nécessaire à leur plein épanouissement individuel et social; si l'industrie française cessait d'être productrice et la terre d'être féconde; si le chef d'entreprise et l'ouvrier ne se sentaient enfin réconciliés dans leur commun labeur, le juste partage des responsabilités communes et du commun profit?

Si usé que soir le mot, c'est bien une révolution - une révolution par la loi - qu'il s'agit de faire triompher; celle qui restaurera, par l'union et l'effort créateur de tous les Français dignes de ce nom, la grandeur et la liberté française.

 

Hubert Beuve-Méry, Le Monde, Mardi 19 Décembre 1944.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 09:00

loi-1905-2

Emile Combes rompant les liens entre l'Eglise et la République. Illustration prise sur www.deblog-notes.com


Article 1


La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.


Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. 

[...]


Retrouvez l'intégralité du texte de loi sur legifrance.gouv.fr

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 08:59

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IL Y A 30 ANS, POITIERS VIVAIT SON COUP D'ETAT DU "2 DECEMBRE"

Mais celui-ci fut sans lendemain

 

Les Français connaissent (en principe) leur Histoire et n'ignorent pas le "coup d'Etat du 2 décembre".

Rappelons quand même que ce jour-là de l'année 1851, Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, après avir été élu président de la République le 10 décembre 1848, dissolvait l'Assemblée Nationale et faisait arrêter les personnalités républicaines et royalistes avant de se faire plébisciter empereur.

Poitiers, il y a 30 ans aujourd'hui, eut "son" coup d'Etat du 2 décembre, mais il avaorta.

Faisons donc un peu d'histoire.

Depuis la Libération (5 septembre), les groupes de maquisards vivaient à Poitiers et dans la région avec une certaine autonomie.

Mais depuis plusieurs semaines, la reprise en main par le pouvoir civil légal s'effectuait, doucement, pour ne pas heurter les susceptibilités.

Les maquisards qui n'avaient pas rejoint leur foyer souscrivaient des engagements pour l'armée régulière en choisissant leur unité. Pendant ce temps, d'autres groupes étaient incoporés dans l'armée et bien souvent rejoignaient les fronts de La Rochelle et de Saint-Nazaire, où les Allemands continuaient à résister, assez durement parfois.

A Poitiers, un officier supérieur de l'armée régulière qui s'était illustré dans le maquis, le colonel Fournier, était devenu commandant de la 9ème Région militaire.

Il semblerait que cet officier ait mêlé parfois la plitique à ces fonctions militaires et on l'aurait convié à demander à être affecté dans une "unité coloniale".

Il fut muté.

Le "Front National" éleva alors une véhémente protestation arguant que le passé militaire du colonel Fournier était parfaitement compatible avec une activité "politique et patriote".

Dans le même temps, le général Angenot était nommé commandant de la 9ème Région militaire à Poitiers.

C'en était trop! La commission militaire du "Front National", avec l'aide de plusieurs groupes de maquisards de la région venus par camions, inivtait le soir du 2 décembre 1944, à 18h, à manifester contre M. Schulher, commissaire de la République, qu'ils accusaient d'être à l'origine de la mutation.

"Tataouine", chef de la musique du 125e R.I. qui venait de se reconstituer avec la fusion de plusieurs groupes, marchait en tête avec ses "musiciens-maquisards" au son d'un air célèbre que les vieux Poitevins se rappellent pour l'avoir entendu chaque jour pendant des semaines après la Libération...

Il y avait là beaucoup de monde souvent armé jusqu'aux dents...

La police ne pouvait et ne fit rien...

 

La Préfecture envahie

 

Une délégation demande à rencontrer M. Schulher.

Mais pendant ce temps, les grilles ne furent plus un obstacle et des complicités intérieures aidant, la foule des manifestants envahit le commissariat régional de la République et la prefecture.

Certes on demandait le maitien du colonel Fournier.

Mais aussi on réclamait un ravitaillement meilleur.

Pendant plus d'une heure, les bureaux, les appartements de M. Schulher furent fouillés et saccagés en partie tandis que l'argenterie et des vêtements chageaient de propriétaires!

 

Retour à la légalité

 

A 20h, tout était terminé.

"Cedant, arma, togae", aurait dit Cicéron en défendant la République romaine.

L'autorité civile, désireuse de voir les militaires se soumettre, allait terni fermement. Fallait-il envisager une répression immédiate et catégorique,

On y pouvait songer, mais l'exécution "chirurgicale" des lois ne se fait pas sans risque aux époques de fièvres.

Et puis, les enfants du maquis avaient conquis la gloire par la bravoure avant d'avoir appris la discipline militaire.

Comment ne pas en tenir compte?

On fut patient, c'est-à-dire "politique".

Quarante-huit heures plus tard, le comité départemental de Libération se réunissait. Tout n'alla pas sans heurt, toutefois les dissensions, ô combien marquées, s'aplanirent peu à peu entre les fractions et, à Poitiers comme partut ailleurs, "la légalité républicaine" revint.

Les partis politiques dans notre ville (comme ailleurs) à partir de ce moment de notre histoire locale, recommencèrent à cliver les hommes qui jusqu'alors avaient été unis dans l'espoir qui les avait guidés...

Jean PERICAT

La Nouvelle République, Lundi 2 Décembre 1974.

 


 

 

Une presse "libre" réapparait; en fait elle n'exprime que les opinoons officielles. Le Libre Poitou se présente comme "l'organe régional du Comité Départementale de Libération"; la Nouvelle République du Centre-Ouest (dont le siège est à Tours) écrit pratiquement les mêmes choses. Hebdo-Maquis, organe hebdomadaire officiel des F.F.I., paraît entre le 14 juillet 1944 et le 29 mars 1947, et n'apporte pas une vue différente des évènements. On trouve dans les trois publications de nombreux détails relatifs aux exactions et aux crimes des Allemands ou de leurs complices, la même extrême émotion à l'évocation de la liberté retrouvée et de la France libérée, la même exaltation "anti-boche" qui rappelle les lires outrances de la presse au cours de la Première Guerre mondiale. Les excès sont tes que des juristes universitaires rappellent dès le 23 septembre qu'il faut respecter la justice, garder les formes légales et que le droit est toujours le fondement de la démocratie.

On sent les nouveaux responsables partagés entre le souci de garder une certaine mesure et l'inquiétude née des appels à la répression qui viennent de plusieurs côtés. Le 8 septembre, Max Survylle décrit en les approuvant diverses exécutions sommaires sous le titre: "Les F.F.I. épurent la Vienne". Le 11 septembre Pierre Guillon déclare au Conseil municipal: "L'indulgence serait aujourd'hui une faute". Le 20 octobre le C.D.L. proteste contre la lenteur des incarcérations des fonctionnaires préfectoraux; le 23 novembre, il veut "réprimer tous les sabotages". Néanmoins, en décembre, les accusations se multiplient contre les nouvelles autorités, accusés d'une trop grande complaisance envers les collaborateurs; des manifestants envahissent la préfecture, y compris l'appartement du commissaire de la République; ils appartiennent au Front National (très proche du parti communiste), sont accompagnés de troupes encadrées et armées, et même d'une musique militaire! La condamnation de ces actes figure dans la presse du 5 décembre sous la plume du juriste Daniel Villey.

 

Ce grave incident est l'expression des vives tensions persistant dans un pays qui côtoie l'anarchie depuis près de six mois. En octobre la disparition du baron Reille-Soult, figure régionale connue, était apparue comme le symbole de l'insécurité persistante. De temps à autre un certain groupe "Soleil", venu de la région de Limoges, opérait dans le sud de la Vienne des "raids" de pur banditisme. Encore au mois d'août 1945 Jean Schulher se plaint de ce que trois suspects de collaboration, libérés après un jugement régulier, aient été aussitôt assassinés, dès leur retour en Vendée.

 

"Histoire de Poitiers", sous la direction de Robert Favreau, 1985, p. 405.

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POITIERS

Le 7 Janvier 2015,
PPP a reçu
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Radio Old School

 RADIO OLD SCHOOL

Une rubrique exclusivement consacrée à de la musique "à l'ancienne" type Disco Soul Funk Electro 1990's et autres perles auditives.
Histoire pour les amateurs de découvrir un genre musical de qualité hélas disparu.
A l'écoute:
 

DEODATO
Skyscrappers
Album:
OS CATEDRATICOS/73 
(1972)

 

 
Le prix du pétrole à New York: 108$13

Pétrol Pop, Jean Yanne & Michel Magne, B.O. de Moi Y'en A Vouloir Des Sous (1972)

Vignette 1985

Vignette auto 1985

Vignette 1983

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