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Spirit of the 1970's

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Articles, Photographies de Ludovic Bonneaud.
Sur une idée originale de Alexandre Lafréchoux.
"Je m'intéresse au passé
car c'est là que j'aurais aimé vivre."
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Le Pourquoipaspédia

Sachez que...

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En Pro A comme en Pro B, PPP soutient eul' PB86!

 

25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:34

"Tourte heureuse": une malencontreuse (et drôle) d'erreur de frappe ou un pari entre journalistes pour placer le mot "tourte"?

fraysse-tourte-heureuse.jpg

La Nouvelle République, 24 Mars 2014.

 

Mais au fait, qu'est-ce qu'une "Tourte"?

Voici ce que nous dit le Larousse:

  • Tarte ronde, garnie de fruits, de légumes, de viande, et recouverte d'une abaisse.
  • Pain de forme ronde.
  • Familier et vieux. Personne balourde, sotte.
  • En métallurgie, synonyme de fromage.
  • En Suisse, gros gâteau ; gâteau d'anniversaire

A priori, sauf énorme surprise de dernière minute, la liste "Osons Poitiers" va maintenir sa liste au second tour, une première depuis 1989, où les Verts avaient alors réalisé le score de 10,98% au premier tour (Liste Bourry).

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La Nouvelle République, Lundi 13 Mars 1989.

La percée des Verts aux municipales de 1989 fut la surprise des deux tours de scrutin. Et à l'époque, Poitiers n'avait pas échappée au mouvement. Au second tour, ils décrochent 12,5% des suffrages au terme d'une triangulaire, et obtiennent 3 élus au Conseil municipal de Poitiers. Et déjà, La Nouvelle République savait manier l'humour déjà sur les Verts, mais ce coup là, Daniel Lhomond était au coeur de la blague.

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La Nouvelle République, Lundi 20 Mars 1989.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Pourquoi Poitiers
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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 08:46

Intro-de-l-interview-de-Santrot-Poitiers-1979.JPG

 

LE DEPUTE-MAIRE : "PEUT-ETRE UN REFERENDUM SUR LE BUDGET, L'AN PROCHAIN"

 

M. Santrot, élu par la population pour administrer la ville, au mieux des intérêts de la collectivité, la municipalité a-t-elle véritablement les moyens et les éléments pour assumer les moyens de sa mission?

Nous avons les moyens et les éléments pour assumer la direction de l'urbanisme de la ville, cependant il y a une somme de choses qui ont fait que tous les éléments entre nos mains sont souvent contredits par d'autres éléments que nous n'avons pas.

"Ainsi, la planification et les décisions de grands équipements et de l'urbanisme sont effectivement du ressort de la municipalité mais, une fois la programmation faite, dans le cadre actuel toute une partie de la réalisation est liée à l'Etat, par le biais des subventions.

"La réalisation ne peut donc se faire que si l'Etat suit les propositions de la Collectivité locale.

"D'autre part, la Collectivité locale a des pouvoirs par l'intermédiaire du Plan d'Occupation des Sols et des règlements administratifs du Secteur Sauvegardé, mais ceux-ci se heurtent aux envies des promoteurs privés.

"Nous n'avons pas, en effet, les moyens financiers de nous mettre en concurrence avec les promoteurs possibles, aussi bien pour l'achat des terrains qu'au niveau de la destination économique des locaux."

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Voyez-vous des solutions politiques ou financières permettant à la collectivité locale de maîtriser efficacement l'urbanisme?

-"Il y a au moins une solution qui pourrait s'envisager pour les achats de terrains, ce serait une loi foncière qui nous donnerait les moyens financiers de faire jouer nos prérogatives.

"En théorie, par l'instauration de Zone d'Intervention Foncière, la Collectivité locale peut disposer d'un droit de préemption lui donnant la priorité sur les promoteurs privés, mais financièrement nous n'avons pas actuellement les moyens de faire jouer ce droit.

"C'est d'ailleurs ce qui nous fait hésiter à mettre en place dans Poitiers, une Zone d'Intervention Foncière, que l'on souhaite pourtant, car compte tenu du nombre de transactions qui s'opèrent actuellement, nous ne pourrions faire face à nos obligations d'achat, même si nous étions intéressés.

"Le Parti Socialiste réclame depuis longtemps, par le terme de "municipalisation des sols" une loi foncière qui permette aux municipalités, dans certains cas, de taxer les plus-values foncières, de sorte que l'on puisse premièrement peser sur le coût des terrains et deuxièmement, avoir les possibilités financières correspondant aux possibilités administratives et juridiques données par les textes.

"Mais ceci n'est pas valable pour les fonds de commerce.

"Vivant en système d'économie libérale, la liberté d'achat et d'ouverture d'un fonds de commerce est totale.

"Nous n'avons aucun moyen légal d'intervenir dans une transaction commerciale, sinon par le biais complexe d'une régie.

"Par exemple, on aurait pu tenter de sauver "La Paix" en agrandissant le Théâtre municipal sur place.

"Il aurait fallu acheter le Café du Théâtre et son fonds, puis le café de la Paix, et son fonds...une opération rigoureusement impensable!

 

Au nom d'une gestion démocratique, la municipalité a déjà suscité la constitution de diverses commissions extra-municipales, mais êtes-vous persuadé de recueillir ainsi l'expression de la base?

- " Les commissions extra-municipales et les comités de quartier nous donnent une image des souhaits de la population. Nous ne prétendons qu'ils sont à eux-seuls représentatifs de toutes les aspirations.

"Beaucoup de choses nous reviennent aussi dans les pages blanches du bulletin municipal, c'est un moyen supplémentaire.

"La formule n'est pas parfaite, mais je pense que l'information passe relativement mieux que par le passé.

"Beaucoup de petites demandes peuvent ainsi être satisfaites toutefois quand elles ne sont pas contraires à l'intérêt général".

 

Envisageriez-vous la possibilité d'un référendum et à quel propos?

-"Je ne suis pas du tout hostile à un référendum; le cas échéant on en fera.

"Mais son usage est délicat car il peut être dévié de son caractère démocratique s'il n'y a pas une participation massive.

"Des problèmes d'urbanisme ou de choix budgétaire peuvent justifier un référendum.

"L'an prochain, nous allons avoir une gestion de budget informalisée où les propositions budgétaires vont rentrer beaucoup plus vite et vont être exploitées beaucoup plus vite que manuellement aujourd'hui.

"Il n'est pas exclu qu'on puisse faire un référendum sur le budget 1980 en disant: avec dix pour cent d'augmentation des impôts, nous faisons ça et ça; avec quinze pour cent nous faisons ça et ça dans telles conditions. Qu'en pensez-vous? Donez-nous une réponse..."

 

Quelles priorités concevez-vous, dans la réforme des collectivités locales?

-"Ce qui est important, et qui n'a pas été fait dans un premier temps, c'est que, en même temps que des prérogatives supplémentaires aux collectivités locales, la réforme prévoit des financements correspondants et surtout des financements supplémentaires.

"C'est ce que demandent les élus locaux, car toutes les villes sont arrivées à des taux d'imposition qui deviennent à la limite, intenables!

"Par exemple, l'an dernier, Poitiers était la ville de la région, et même de nombreuses régions, à avoir le moins augmenté les impôts locaux.

"La réforme, en modifiant le reversement du V.R.T.S. par la dotation globale de fonctionnement, a pénalisé ceux qui, ces trois dernières années, n'ont pas beaucoup augmenté leur impôts.

"En francs constant, c'est-à-dire compte tenu de la dotation de l'an dernier, uniquement majorée de dix pour cent, pour maintenir la réalité des prix, nous perdons cette années 150 millions de centimes.

"La deuxième partie de la réforme, dont je viens d'avoir le projet, est intéressante au niveau de la clarification des situations, entre les responsabilités de l'Etat et des collectivités locales, que ce soit au niveau de la police, la justice, l'enseignement ou l'aide sociale".

"Mais avant de me prononcer, je veux savoir à quoi cela correspond financièrement, il n'est pas évidement que les collectivités y gagnent".

 

La Nouvelle République, Mercredi 24 Janvier 1979.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 09:04

La revanche de 1977 entre Jacques Santrot et Jacques Grandon

Victoire dès le 1er tour de la liste de gauche "Pour Poitiers avec vous" qui obtient 50,37% des suffrages

 

 

FR3 Poitou-Charentes, Mardi 8 Février 1983

 

Une archive de PourquoiPasPoitiers: le contexte national et le nouveau conseil municipal de Poitiers élu en 1983.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 09:05

pLAN-Place-d-Armes-Poitiers-1866.JPG

VIII. VOYAGE AUTOUR DE LA PLACE D'ARMES

 

La Rue Impériale est, enfin percée. Sur ses deux côtés, on construit les murs qui, joignant les pans laissés par les démolisseurs, formeront les façades des maisons. Façades provisoires, dit-on, car des embellissments sont prévus. Nous sommes en 1866.

La Préfecture sort de terre. Pour le gros-oeuvre de la cour d'honneur, la pierre de Lavoux a dû être remplacée par celles des Lourdines: difficultés d'approvisionnement, annonce l'entrepreneur. Pour le corps principal d'habitation, les fondations sont en pierre dure de Chauvigny. Mais quand, sur ces socles d'un matériau indigène, apparaissent les murs de brique imposés par un architecte parisien, Charles de Chergé voit rouge, bien sûr! mais à sa manière.

-Pourquoi, interroge-t-il avec une courtoisie pincée, dans un pays renommé pour la brillante et solide qualité des matériaux de construction qu'il exporte au loin, n'a-t-on trouvé rien de mieux que d'importer des briques?...

Plus tard, il risquera une épigramme, menue fléchette qui ne portera pas davantage que toutes celles décochées par lui et les légitimistes en quinze années d'opposition au régime impérial, ses pompes et ses oeuvres. Les jeux de l'esprit perdent de leur intéret au fur et à mesure que l'Intérêt - avec un I majuscule - accapare les esprits. La grande bourgesoisie poitevine, a noté le Préfet dans un de ses rapports sur l'esprit public du département, a formé un parti bleu qui se détache de l'opposition et manifeste de plus en plus son attachement au gouvernement de Napoléon III. La place d'Armes où, naguère encore, se tenaient des discussions sur des sujets de politique générale, ne connaît plus que des conversations d'affaires: prix des terrains et revenus d'immeubles. Le bâtiment va. Tout va!

 

TECHNIQUE DU BOULITAGE

 

Jeanne Moreau est femme de chambre au service de Mme Marie Bergé, une veuve dont la quarantaine, encore fraîche, s'accomode mal du manque d'idéal de ces temps calculateurs. Maîtresse et servante occupent le premier étage de la maison, portant le n° 20  de la rue de la Place-d'Armes, qui appartient au lithographe Adolphe Pichot. Exposé plein Est, à l'angle de la nouvelle rue Impériale, l'appartement domine le plus beau paysage urbain qui se puisse rêver: soixante ares de terrains, vingt-cinq maisons et cent quatre vingt degrés de vue imprenable. Quand le soleil de fin d'après-midi dore la place, à l'heure où la vie poitevine s'anime, les fenêtres de Marie Bergé sont à l'ombre et la veuve, à travers le tulle des rideaux, peut assouvrir sa passion de boulitage.

Le boulitage est un très ancien jeu poitevin dont les règles ont la pure simplicité de l'antique. Il consiste, dans son principe à voir sans être vu et, dans les cas particuliers, à observer les mouvements et attitudes des passants d'une rue, des promeneurs sur une place publique, subsidiairement des occupants d'une cour intérieure mais jamais - sauf circonstances exceptionnelles qu'il convient d'attribuer au seul hasard-, d'un appartement. Il se pratique assis auprès d'une vitre voilée et comporte un certain nombre de finesses que l'on peut classer comme suit, par ordre croissant de difficulté: scruter les tenus vestimentaires, les physionomies; enregistrer actions et réactions des personnages dans l'absolu et, dans le milieu ambiant; deviner les pensées; subodorer les états d'âme, apercevoir les destinées. Il mobilise l'attention du pratiquant et sa puissance d'imagination, et toutes les ressources de sa logique. Il procède de l'expérience de laboratoire et des mathématiques de probabilités. Il peut à loisir se compliquer de contre-épreuves pour peu qu'on dispose d'un partenaire doué de prompts réflexes d'interrogateur, de quelque intuition et d'une assez grande vitesse de déplacement sur le terrain.

Mme Veuve Marie Bergé pratique ce boulitage distingué car sa femme de chambre Jeanne Moreau possède bon pied, bon oeil, bonne langue, oreille fine et cette conception du monde que donne le long célibat. Au dernier recensement, Jeanne n'a pas caché ses quarante-cinq ans.

 

LA TOURNEE DES CAFES

 

Encore qu'elle n'aime pas se commettre avec la domesticité ordinaire, Jeanne Moreau, quand elle va faire les courses pour sa maîtresse, vers les quatre heures de l'après-midi, dit quelques mots de complaisance à Marie, la souillon du Café Le Castille, qui "since" le bas de la devanture. Paraissent, alors, sur le seuil, ceints de leur blanc tablier, avec leur rondin d'alpaga, le plastron luisant d'amidon et des favoris frisottants, les trois garçons de café François, Gaspard et Alexandre. Ils risquent sur la place un regard et, vite, regagnent la pénombre. Ils sont jeunes, beaux et solennels. Par Marie, certain jour, Jeanne Moreau a su que les deux derniers étaient Suisses. Elle l'a dit à Mme Bergé et, suprême gâterie, elle a pu rapporter leurs noms. Le plus grand, le plus distingué, cet Alexandre au regard noir se nomme Casanova:

-Ah! Casanova! a soupiré la veuve.

Le Castille est dirigé par Hilaire Conte qui, bien que locataire du père Jacométy, a de l'avoir et de l'ambition. Son fils Georges fait son droit. Sa clientèle est la plus huppée de la ville: noblesse d'ancien régime et officiers de chasseurs à cheval, grand bourgeois et hommes de loi, Hilaire Conte sait présenter ses devoirs à chacun, parler de chasse à courre et de placements financiers, de projets d'urbanisme et de saison théâtrale. Sur ces deux sujets, il est documenté par son voision Pichot et par Emile Filhol qui habite au 29, une chambre de célibataire et dirige le Théâtre municipal. Le journaliste Piogeard vient se joindre au trio qui bavarde à l'angle de la place, devant le café, quand l'heure est creuse. Conversation sur des sujets artistiques le plus souvent. S'il est question de la favorite, c'est de celle de Scribe qu'il s'agit et que l'on jouera encore, au Théâtre, sur une musique de Donizetti. Marie Bergé voit la main de Filhol qui dessine, dans l'air bleu, des volutes pour rappeler les triolets de la partition et Piogeard qui oublie un instant, par la vertu des harmonies d'opéra, ses soucis de journaliste gouvernemental.

Calme plat du côté du grand café Kern. Les deux garçons sont, sur le pas de la porte, moins raides que ceux du Castille. Ils attendent les étudiants qui les tutoient et leur empruntent, à l'occasion, quelques écus. A côté, l'horloger Mercier et son apprenti besognent dans l'échoppe.

Par la porte étroite du couloir entreront, samedi soir, les clients du cabaretier Noisette et ceux de Félicité Millet, débitants de vin. Ouvriers et petits employés, amateurs de gros rouges et de goutte de marc qui traverseront la place pour aller au Café du XIXème siècle et du Jet d'Eau se mêler aux artisans et aux boutiquiers quand ils auront l'oreille rouge et la langue déliée.

A petits pas mesurés, les rentiers vont au Cercler Lacroix et saluent M. Martin. Ils iront peut-être achever leurs entretiens paisibles chez cet honorable cafetier, qui sait s'enquérir des nouvelles de la santé de chacun et dont la servante Marie a, dans le sourire, toute la grâce de vingt-deux printemps, disent-ils.

L'officier en retraite Auguste Porcher, sort du 27, répond en touchant le bord de son chapeau au salut de Sosthène Marot, boucher, qui offre au soleil son ventre rebondi sous un tablier ensanglanté, ôte sa coiffure pour dire ses civilités au pharmacien Octave Berland qui surveillait son élève Alexandre Delhomme, un gamin de quinze ans préférant les boules de gomme au beurre de cacao.

Marie Bergé, de sa fenêtre, voit le capitaine lisser sa moustache et tendre le jarret. Elle trouve étrange que cet homme de cinquante quatre ans, encore alerte, décorté, passe le plus clair de son temps à parler d'escopettes chez l'armurier Mérieux, là-bas. Elle aimerait bien l'entendre, ici, raconter ses campagnes...

 

UN JEUNE HOMME PENCHE SUR SON AVENIR

 

Mais voici, qui couple la place en diagonale depuis le coin du Théâtre pour aller vers le n°27 un jeune homme "élancé, distingué, le visage froid" (1). Il demeure dans la maison de Me Hippolyte Hastron, avocat, fils de l'ancien maire de Poitiers, où il occupe une chambre que les livres encombrent: livres de droit parce qu'il est étudiant à la Faculté, livres de poésie parce qu'il aime les vers. Des tableaux qu'il a peints ornent les murs, paysages de la Vendée chère à son coeur et chiens et chats et oiseaux qu'il a portraiturés à Nantes dans la maison de sa mère les élève avec passion. Un soir, la lampe brûle longuement sur la table où il travaille. Penché sur sa feuille, le jeune homme écrit à sa mère, sa seule confidente:

"Je songe que demain soir à pareille heure, ton pauvre fils sera à un moment bien critique de son existence. Je vais au bal, c'est tout dire! Ce sera un premier acte de courage signal de bien d'autres. Néanmoins, j'irai car je suis inflexible: je sens que cela est nécessaire pour acquérir de l'aplomb, non seulement dans le monde mais encore au barreau. Si, pour prendre de l'assurance dans la parole, il fallait me coupais les doigts, je crois que je n'hésiterais guère...(1)"

Au Théâtre, M. Filhol fait renger les fauteuils le long des murs du parterre et prépare la salle de bal pour Carnaval. On dansera, demain, polkas, mazurkas, valses et quadrilles et les filles de la haute société poitevine porteront des robes tirées du "Journal des Demoiselles".

Un jeune homme prend ses résolutions, penché sur son avenir qu'il veut faire à sa taille. De celui-là, Marie Bergé ne sait rien d'autre que la froide résolution, lue par sa femme de chambre sur un visage glabre et pâle et dans le regard dont l'indiscrète Jeanne Moreau a supporté, un jour, l'étrange fixité. Ce jeune homme c'est Pierre, Marie, René Ernest WALDECK ROUSSEAU, futur président du Conseil de la IIIe République.

Si, par quelque crépuscule de l'année 1866, Marie Bergé le voyant passer a murmuré: "Il ira loin...", elle aura gagné la plus belle de toutes les parties de boulitage. Elle aura même prononcé la seule parole historique d'une période où Poitiers prenait la forme et le style qu'elle devait longtemps garder.

 

FIN

 

Alain R. DANY

 

(1) Henry LEYDET: Waldeck-Rousseau et a IIIe Réublique, Fasquelle édit. 1908.

 

Précédemment:

I. LA COURSE DE LENTEUR

II. LES REVES DES NOTABLES

III. UN PREFET DESSINATEUR

IV. UN MATCH DE BILLARD ADMINISTRATIF

V. REPONSE ENTRE LES LIGNES

VI. LA GEOMETRIE SUBTILE

VII. COMMENT ON ECORNA LES AUGUSTINS

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:02

Jeudi 6 Février 2014: avec un retard de deux mois dû aux difficiles conditions climatiques, l'ouvrage est enfin livré au public et délivré de ses barrières qui en interdisait l'accès.

Pour le dernier jour de la précédente, le 22 Janvier 2012, j'y étais. Pour le premier de la nouvelle, je me devais d'y être.

Passerelle-Blum-Poitiers.JPG

 

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L'ouvrage est imposant mais se fond parfaitement dans le décor.

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Premier jour et première gruge avec une voiture qui effectue un passage qui n'est pas prévu. Il y a quand même de fortes probabilités pour que cela devienne une habitude de voir passer des voitures, ou des motos.

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Deux bus à l'arrêt sur passerelle Blum

Pas de mauvaise balgue: la voie est assez large pour que deux bus puissent se croiser sur la passerelle.

Bonhomme-rouge-stop.JPG

Les feux de circulation avec ce bonhomme rouge qui me rappelle vaguement les Ampelmann de Berlin. Vu l'habitude très poitevine de traverser n'importe comment les rues, je ne suis pas certain que cela s'avère très efficace.

Paserelle-de-cote-Poitiers.JPG

Question: la partie nord du pont étant une piste cyclable obligatoire, doit-on considérer que les piétons ne peuvent donc utiliser uniquement le trottoir du côté sud? J'avoue qu'en tant que cyclo du dimanche matin, je traverserai sans doute le pont directement sur la voie centrale...

Perspective-sur-la-passerelle-et-TAP-Poitiers.JPG

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Passerelle-Blum-et-parking-toumai.JPG

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Léon Blum, auquel la Ville de Poitiers ne rendait aucun hommage jusqu'alors, a enfin sa place dans la ville. Reste à voir si les Poitevins s'approprieront ce nom, ou si on parlera encore de la Passerelle des Rocs ou encore du Pont de la Gare...Réponse en 2019 avec un article de Bruno Delion sur le sujet.

Passerelle Blum et parking toumaï

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Pas d'abribus sur passerelle

 

Poitiers, Jeudi 6 Février 2014.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 09:27

 

1ère chaîne, Jeudi 24 Janvier 1974, présentation Bernard Volker.

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 08:50

Portail-des-Augustins-Poitiers.JPG

VII. COMMENT ON ECORNA LES AUGUSTINS

 

ON avait perdu deux ans. Pour mieux dire: si le préft Mercier-Lacombe fût demeuré à Poitiers, il aurait considéré, sans doute, que deux années avaient été perdues. En fait, pour des raisons de principe ou d'intérêts, depuis deux ans, la construction de la Préfecture et de le rue Impériale, celle de la mairie, aussi, marquaient le pas.

Le préfet Alphonse Levert appartenait à l'espèce des conciliateurs. Depuis le 2 décembre 1851 où conseiller de Préfecture à Arras, il avait approuvé le coup d'Etat du Prince-Président, il faisait honorable carrière, passant successivement des sous-préfectures de St-Omer et de Valenciennes aux préfectures de Privas et d'Alger. Bon époux et bon père de famille, il inspirait confiance. Ce qu'il cherchait, dans le département de la Vienne où il espérait bien ne rien brusquer, c'était à faciliter la création d'un parti libéral et d'un parti conservateur. Il n'entendait "laisser en dehors de son action que les opinions extrêles et passionnées" (1).

Grellaud renvoyé, avec tous les égards, à sa chaire de la Faculté, Hastron installé à la mairie de Poitiers, il essaya de fixer l'attention des Poitevins sur la question du rachat du Marché Notre-Dame. C'était une manière adroite de calmer les esprits, tout en montrant au gouvernement qu'il avait, lui, Levert, aussi, des idées personnelles sur l'administration de son département.

Mais il fallut, très vite, revenir au problème essentiel et reconsidérer le dossier Préfecture - Rue Impériale. D'autant plus vite que si Hastron temporisait en guignant du côté de son propre jardin, dévalorisé par l'amputation d'un triangle de terrain, d'autres propriétaires possédant les immeubles dont les locataires quittaient les appartements, désiraient vendre. En particulier le père Chateau qui voulait se défaire de l'ancienne église des Augustins.

 

LA CONTEMPORAINE DE JEAN LE BON

 

Pour les Poitevins de 1965 qui voient rebâtir un grand magasin sur le Place d'Armes, il faut dire ce qui, il y a cent ans et plus, en tenait lieu. Et pour le dire convenablement, il faut citer De Chergé, traitant de l'histoire de l'église des Augustins "..fondée et bâtie en 1345, par Herbert Berland, 11e du nom, chevalier, Seigneur des Halles appartenant à 'une des plus anciennes familles de la ville de Poitiers, dont un grand nombre de membres ont été enterrés dans cette église..." Historien précis, De Chergé nous apprendra que le fondateur légua aux religieux 720 livres pour en achever la construction "par son testament du 18 septembre 1356 (veille de la funèbre bataille de Poitiers) et que le péristyle appliqué sur la façade devant le théâtre - il fut plus tard transporté à l'entrée du Musée de Chièvres où on peut toujours le voir - est sans doute l'oeuvre du Poitevin Girouard, au XVIIème siècle".

Mais ce péristyle, beau morceau de bravoure pour sculpteur, avec ses allures corinthiennes et ses chapiteaux d'acanthe, ne devait pas être à son goût. Non plus d'ailleurs, que l'église elle-même qui, "grande et sombre...n'avait qu'une seule nef et...point de voûte en pierre."

Il fallait, vraiment, que l'édifice fût laid pour que De Chergé le sacrifiât sans regret. Car, de ce monument contemporain de Jean Le Bon, l'archéologue sourcilleux parle avec une froide objectivité et, sans un frémissement de plume, note: "Cette église a été coupée dans sa partie occidentale, et diagonalement, en 1866, à l'époque du percement de la rue ex-Impériale".

 

LE BAZAR DES AUGUSTINS

 

L'Eglise des Augustins, selon De Chergé toujours, avait été, en 1860, métamorphosée en bazar. Elle occupait une superficie de 713.40m² en un rectangle principal de 50.60m de long sur 12m. de largeur environ auquel étaient accolées de petites constructions annexes. Le locataire en était Charles Parant qui l'avait transformée en un bazar où l'on trouvait la menue quincaillerie et les objets de ménage aussi bien que la corde ou la chandelle et qui, une ou deux fois l'an, passait dans le journal une réclame pour les lampes à pétrole. Car, l'éclairage au gaz pénétrait de plus en plus dans les maisons de Poitiers et il fallait bien écouler, fût-ce en soldes, les stocks de ce que Chalres Parant appelait "le nouvel éclairage minéral anglais".

L'affaire, à en juger précisément par ce qui, aujourd'hui, se nomme le budge de publicité n'était pas la plus importante du chef-lieu; mais elle bénéficiait de l'emplacement et Parant, économe, avec sa femme, ses propres enfants et ceux de sa femme car tous deux étaient veufs en premières noces, avec un vieux ménage de serviteurs et un jeune commis faisait prospérer son fonds.

 

LA BISSECTRICE D'UN ANGLE

 

"Le peuple se moralise en s'élevant au rang de propriétaire" avait écrit Piogeard dans "Le Journal de la Vienne" et Thibaudeau, tout en citant le journaliste de stricte obédience bonapartiste, renchérissait: "Aujourd'hui couvrir le pays de chalets, créer le plus possibles de modestes héritages, faire descendre dans les masses la moralité par beaucoup d'aisance et de bonheur, favoriser en un mot, la marche paisible du grand fleuve qui nous porte vers de nouvelles destinées, c'est résoudre sans tempêtes, par l'idée pratique, le grand problème que la théorie ou les applications politiques sont impuissantes à tirer du rêve ou de l'abstraction."

Cette phrase, tirée d'un prospectus publié par la Société Immobilière de l'Ouest, est significative d'un état d'esprit dont les adminisrateurs poitevins devaient tenir compte. Hastron tenta bien de pousser son Conseil municipal à l'abandaon du projet de construction d'une mairie sur la place d'Armes ce qui eût fait avorter celui du percement de la Rue Impériale, mais promptement il lui fallut faire machine arrière. Alors, avec Levert, on se livra à des tractations qui conduisirent j'usqu'à la construction, sur le plan où figuraient les deux axes - celui de Mercier-Lacombe et celui de Grellaud -, de la bissectrice de l'angle de ces deux axes. L'honneur était sauf pour les deux parties en présence, la géométrie, souveraine, et la rue projetée définitivement ne découpait plus de triangle dans le jardin de M. Hastron. Nous étions en 1863. En 1864, la ville de Poitiers achetait à M. Château le bazar des Augustins, en entier, pour 30.000F, gardait, pour la Rue Impériale 240m², et revendait les 470m² 40 qui restaient à Charles Parant moyennant 45000F.

Le bazar des Augustins était écorné, mais le mur refait sur la Rue Impériale: la Ville de Poitiers n'y avait pas perdu: Charles Parant devenait propriétaire. Jean Hippolyte Château se trouvait débarassé d'un immense édifice dont il tirait assez peu de revenus.

Le Préfet Levert, malgré un petit rappel à l'ordre de son Ministre pour cause de lenteur dans la réalisation des projets de construction, obtenait sa nomination pour Arras: avancement flatteur pour ce Picard qui avait, là-haut, commencé sa carrière.

Quant à Hastron, il se débattait dans des affaires personnelles très embrouillées qui allaient le conduire à une banqueroute retentissante et à Guenersey, où Arthur Ranc, cette mauvaise langue, rétendit qu'on l'avait rencontré en 1866 avec Lamirande, le caissier de la Banque de France à Poitiers. Lequel, notons-le en passant avait eporté la caisse...

Mais cela, c'est une autre histoire,  quoi qu'elle soit, elle aussi, de style Second Empire...

Bien entendu, la rue Impérial conduisait de la Place d'Armes à la nouvelle Préfecture: ou de la Préfecture à la Place d'Armes, les querelles de préséances s'étant éteintes, en six années...

 

Alain R. DANY

 

(1) A. PIOGEARD - Journal de la Vienne 21-3-1864

 

(A suivre)

 

Précedemment:

I. LA COURSE DE LENTEUR

II. LES REVES DES NOTABLES

III. UNE PREFET DESSINATEUR

IV. UN MATCH DE BILLARD ADMINISTRATIF

V. REPONSE ENTRE LES LIGNES

VI. LA GEOMETRIE SUBTILE

 

A suivre:

VIII. VOYAGE AUTOUR DE LA PLACE D'ARMES

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Pourquoi Poitiers
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 09:20

 

Logo Centre Presse 1982VI. LA GEOMETRIE SUBTILE

 

MERCIER-LACOMBE pouvait voguer vers l'Algérie, l'âme sereine. Il avait accompli, en un peu plus de trois mois, son devoir de préfet de S.M. l'Empereur Napoléon III. Poitiers, "ville morte", allait sortir d'une torpeur dangereuse pour le régime impérial.

Etaienr assurés, selon les normes politiques du moment: en premier lieu, le travail des ouvriers du bâtiment, pendant une assez longue période, trois ans au moins: au surplus, le prestige de l'administration centrale, puisque le représentant de l'Empereur serait logé dans un palais à la fois commode et somptueux, d'accès facile mais, éventuellement, facile à défendre, à l'extrémité d'une avenue en ligne droite et sur le rebord d'un côteau. Subsidiairement, la salubrité publique y gagnait, la démolition de quelques maisons vétustes permettant l'aération et l'ensoleillement de celles qui seraient conservées. Haussmann n'eur pas fait mieux. Mercier-Lacombe avait pris, aux bons endroits, ses références. C'était un très bon préfet.

 

UN ANGLE DECIDEMENT OBTUS

 

On a vu que, d'autre part, il ne prenait pas de grands ménagements et de quelle officielle façon répondait le Conseil municipal de Poitiers. On a vu, aussi que la réponse ne parvint jamais à Mercier-Lacombe ou que, en tous cas, celui-ci ne lui attribua aucune importance puisqu'elle fut produite en pleine période de mutations préfectorales.

Cependant, revenons quelque peu sur la délibération du Conseil municipal de Poitiers en date du 20 novembre 1860. Elle oppose, en fait, à une ligne droite tracée par le Préfet, une autre ligne droite qui possède entr'autres subtilités, celle d'aboutir dans des terrains dont le Préfet n'a pas prévu l'expropriation pour cause d'utilité publique.

Il s'agit, là, d'un coup fourré très classique qui ne possède d'autre vertu que celle de prouver la dignité des édiles et de rappeler au Préfet qu'il convient d'en tenir compte.

Mais, en même temps que la presse locale rendait compte de la délibération du Conseil municipal, elle produisait un rapport de l'architecte de la ville. Le document montrait, en apparence, tout le bon vouloir du maire Grellaud et respectait les desiderata préfectoraux. Il disait, en termes très administratifs, à peu près ceci: Monsieur le Préfet veut installer sa Préfecture à tel endroit? Parfait! Le maire a des raisons d'asseoir sa Mairie à tel autre? Bravo! Il est opportun, indispensable pour toutes sortes de raisons, de relier ces deux monuments par une voie. Je propose un tracé qui fera un angle de 145°15' et dont le sommet sera situé environ à mi-chemin...

Et l'architecte Boyer ajoutait une phrase délicatement ambiguë: "Cet angle offrira beaucoup plus d'attraits qu'une seule et même igne droite qui indique toujours son point d'arrivée. Lui, au contraire, nous fait rêver sur ce que notre oeil ne peut découvrir."

L'historien ne pourra, sans doute, jamais découvrir si Grellaud et quelques membres du Conseil municipal la soufflèrent au fonctionnaire ou si celui-ci l'écrivit par astuce ou par amour de l'art. En tous cas, elle attaquait le pouvoir central dans ses oeuvres vives et persiflait étrangement.

Le journaliste Piogeard, bonapartiste conséquent, n'y vit point malice mais le nouveau Préfet Alphonse Levert, plus averti des théories géométrico-tactiques de son gouvernement, dut s'en montrer inquiet. Le 9 avril 1861, par lettre très confidentielle, le Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes, avertissait le Préfet de la Vienne que le Recteur de l'Université de Poitiers, l'abbée Juste, était chargé de "faire comprendre à M. Grellaud les inconvénients que (présentaient) le cumul de ses fonctions municipales avec ses fonctions de doyen de la Faculté de Droit et de professeur...

Le doyen Grellaud qui avait, baguère, approuvé l'angle obtus de son architecte possédait un sens suffisamment aigu des euphémismes pour savoir à quoi s'en tenir. Deux semaines plus tard (23 avril 1861), il rédigeait, sur le rebord du bureau préfectoral où il s'était appuyé pendant que le Préfet Levert lui confirmait les volontés ministérielles, une lettre de démission bien sentie: "J'ai apprécié, écrivait-il d'une main quelque peu tremblante - colère ou hâte d'en finir? - les motifs qui ont déterminé ( la mesure prise par le Ministre) et je n'ai pas dû hésiter à me soumettre à me soumettre à sa volonté..."

Ainsi drapé dans sa dignité, M. le Doyen Grellaud revenait, sur ordre, à ses chères études qui ne seraient plus,- le Ministre semblait y tenir beaucoup, - de géométrie.

 

LE TRIANGLE DE HASTRON

 

Le 4 juillet 1861, par décret de Persigny pris au Palais des Tuileries, Hastron devenait maire de Poitiers. Le pouvoir central avait usé de prudence et mis deux mois pour s'assurer de toutes les garanties. Pourtant, le rapport du Préfet Levert ne tarissait pas d'éloges. Charles Paul Hippolyte Hastron était ainsi présenté: "Pendant plusieurs années, maire de Couhé? Dévoué sans réserves à l'Empire. En 1849, au moment de la Législative, venait de refuser les frais de représentations au Président de la République, il écrivit au Prince que sur sa fortune personnelle, il mettrait une somme annuelle de 3000F. à sa disposition. Energique, initié aux affaires, il prendra franchement en main les affaires de la ville". Son revenu annuel était évalué à 30000F. (1)

Charles Paul, dit Hippolyte Hastron, banquier, possédait toutes les qualités pour diriger les affaires municipales. Son dévouement à l'Empire, cautionné par le Préfet, ne fit plus de doute lorsque parut la proclamation signée de lui qui, en grandes lettres noires sur fond blanc, fut affiché sur les murs de la ville et à la porte des églises (26 juillet 1861).

Hastron, cependant, n'approuvait pas le projet Mercier-Lacombe. Partisan convaincu d'un pouvoir fort et d'un politique de prestige qui s'exprimaient par des constructions somptueuses et des percements de rue en ligne droite, il n'en répugnait pas moins au tracé ordonné par l'ancien préfet. Scrupule d'élu du peuple? Avant d'être nommé maire par l'Empereur, il avait été choisi par ses concitoyens au suffrage universel. Mais l'homme, quoiqu'instruit, ne passait pas pour l'intellectuel et les querelles de droit public lui semblaient byzantines.

On se fut, donc, étonné de le voir suivre Grellaud dans la fameuse contre-attaque du 20 novembre 1860 si un document à couverture jaune qui sera publié en 1862 ne faisait état d'un certain triangle qui venait compléter la géométrie poitevine de ce temps-là, en s'ajoutant aux considérations de parallélisme, de symétrie, de ligne droite et d'angle obtus, longuement et subtilement évoquées.

Un triangle de 5m. 50 de base et 2m. 40 de hauteur. Un triangle, enfin que le tracé Mercier-Lacombe, entrant dans "la partie sud du terrain de M. H. Astron, banquier" lui enlevait!

Il n'en fallait pas davantage pour que "la voie du progrès" s'en trouvât infléchie.

 

Alain R. DANY

 

Prochain article:

COMMENT ON ECORNA LES AUGUSTINS

(1) Chapitre V.

(2) 9 millions de nos anciens francs.

 

Précédemment:

I. LA COURSE DE LENTEUR

II. LES REVES DES NOTABLES

III. UN PREFET DESSINATEUR

IV. UN MATCH DE BILLARD ADMINISTRATIF

V. REPONSE ENTRE LES LIGNES

 

Et ensuite:

VII. COMMENT ON ECORNA LES AUGUSTINS

VIII. VOYAGE AUTOUR DE LA PLACE D'ARMES

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