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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:48

Colonel-Mengistu-1977.JPG

 

La première partie de cet article sur l'Ethiopie en révolution.

 

Les réformes acquises

 

La révolution ne se résume pas à ces questions et aux assassinats qui les accompagnenent. Il s'en faut de beaucoup. De manière générale on peut admettre qu'il y a de la continuité dans la politique du Derg (Conseil militaire administratif provisoire), et ceci malgré les changements intervenus à sa tête. On trouve les grandes lignes de cette politique dans un discours de Mengistu Hailé Mariam du 26 avril 1976: démocratie populaire, droit à l'autodétermination et poursuite de la réforme agraire. La date de ce discours est importante.

On a voulu croire à une radicalisation du régime avec le remplacement de Tafari Benti par Mengistu Hailé Mariam en 1977. Ce n'est pas tout à fait exact. D'autre part, avant le 26 avril 1976, ces trois points du programme de gouvernement étaient déjà consacrés par des lois: la nationalisation des terres et l'abolition de l'empire datent de mars 1975, les organisations paysannes et la déclaration sur l'Erythrée sont de l'automne de la même année. Et en 1977, le régime n'a rien fait de plus que d'essayer d'appliquer ces réformes.

L'avenir de la révolution éthiopienne était dans la réforme foncière. La loi du 4 mars 1975 l'a réalisée en nationalisant la terre et en donnant à chaque homme capable de la travailler une part à exploiter. C'est un changement extraordinaire dans l'histoire éthiopienne puisque auparavant le régime foncier constituait le fondement de l'organisation politique. Le partage des parcelles par la Couronne visait à payer les services rendus et l'allégeance des militaires, de l'Eglise et des administrateurs. Depuis mars 1975, cela n'a plus cours: la terre est l'objet d'un droit collectif d'appropriation et non plus d'un droit éminent de la Couronne, et elle est attribuée en fonction des capacités de chacun à la travailler effectivement et non plus en fonction d'une position particulière dans la hiérarchie politique.

Cette réforme à celles qui ont pu apparaître ailleurs en Afrique, puisque nulle part un empire comprable à celui d'Ethiopie n'avait pu résister à la présence occidentale et à la conception individualiste de la société qu'elle implique. La réforme de 1975 devait avoir pour conséquence une transformation radicale des institutions politique: bien sûr, la monarchie était abolie, mais, tout en conservant les anciens rouages administratifs, le régime avait mis au point un système d'autogestion pour les zones urbaines comme pour les campagnes. Celles-ci devaient être organisées en association comprenant une centaine d'exploitations, associations ayant une assemblée, un comité élu, une police, un trésorier; elles exercent des compétences limitées en matière judiciaire et économique; enfin elles son fédérées à trois niveaux, jusqu'à l'Etat.

 

Cette construction est très séduisante. Pourtant, elle est difficile à mettre en oeuvre et ses auteurs n'ont pas cherché à la réaliser de la même manière à travers tout le pays. Le Sud fut un champ privilégié pour cette expérience alors que les sociétés paysannes du centre - dans le Godjam notamment - étaient à peine touchées. Par ailleurs une lacune des textes devrait vite apparaître: en effet, les associations, qu'elles soient rurales ou urbaines, ont de nouveaux droits, renforcés encore en 1977 par la détention d'armes, alors que l'ancienne administration n'a rien perdu en principe, de son rôle, non seulement dans la capitale, mais aussi en province. Il en résulte bien évidemment une rivalité de fait entre les anciens cadres du régime, assimilés aux intellectuels, et les nouvelles associations, soutenues par les plus ardents partisans du régime actuel. Le Derg n'a pas pris position sur ce point pourtant important. Est-ce pour donner le maximum de souplesse à la réforme? Ou parce que les hommes au pouvoir sont trop divisés sur le choix à faire?

 

La question des nationalités

 

Dans ce pays qui doit faire face à des revendications autonomistes réelles, en même temps qu'à une agression étrangère orchestrée au départ par l'U.R.S.S., le droit à l'autodétermination est une question essentielle. Pour les dirigeants éthiopiens le territoire national est évidemment indivisible, mais les plus conscients d'entre eux savent aussi que ce territoire est un empire qui a doublé de surface au début du siècle, intégrant entre autres l'Ogaden, et qu'il en résulte une disparité ethnique aggravée par l'histoire coloniale en Erythrée, en Somalie et au Soudan.

Aujourd'hui plusieurs parties de l'Ethiopie sont en état de guerre civile, qu'elles veuillent l'autonomie, qu'elles soient revendiquées par une puissance étrangère, ou encore qu'elles soient  tout simplement hostiles aux militaires d'Addis-Abeba. Il en va ainsi dans ces trois cas: le Begender, l'Ogaden et l'Erythrée.

Le Begembder ne revendique pas son autonomie mais conteste le régime actuel. L'E.D.U. (Ethiopian Democratic Union), mouvement des grands feudataires de l'ancien Empire, a choisi cette province chrétienne pour saboter la révolution marxiste. C'est un échec en raison de l'appui soudanais sur lequel comptait l'E.D.U.: ce qui  pour les chefs du mouvement réfugiés à Londres était une nécessité est vite devenu une aberration pour les paysans, tradionnels ennemis de l'islam.

La situation est plus grave en Erythrée et en Ogaden. Les anciennes colonies anglaise (Somaliland) et italienne (Somalia) ont formé à leur indépendance un nouvel Etat qui a cette chance unique en Afrique d'être uni au triple plan de l'ethnie, de la religion et de la langue. Il manque pourtant aux Somaliens trois parties de leur ancien territoire de nomadisation: le Sud-Est éthiopien, le nord-est du Kénya et Djibouti, et ils les revendiquent clairement. En 1977, le régime de Mogadiscio est alors passé aux actes, envahissant l'Ogaden avec le soutien momentané de l'Union soviétique.

Il y a peu de doute sur la solidarité des Somali organisés au sein du Front de libération de l'Ogaden avec le gouvernement de Mogadiscio. Déjà à l'époque de Hailé Sélassié, l'Ogaden était une région instable et ses habitants avaient plus de relations avec Mogadiscio qu'avec Addis-Abeba. Mais le régime éthiopien était alors assez fort pour que ces Somali acceptent leur nationalité éthiopienne, qui ne les empêchait pas de passer les frontières. Aujourd'hui l'état de crise à Addis-Abeba a incité le gouvernement somalien à soulever les Somali d'Ogaden et à intégrer cette région. L'armée somalienne a pris l'initiative des combats dès juillets 1977 et en a tiré un avantage certain en prenant possession de l'Ogaden pour menacer en octobre  les villes de Dirédaoua et de Harar. Si cette situation est un échec pour l'Ethiopie, pour son armée et ses milices en rivalité, elle est aussi pleine de risques pour la Somalie. En effet, les avantages somaliens, s'ils sont partiellement dus aux luttes qui opposent les Ethiopiens, résultent surtout d'une aide étrangère qui risque de faire défaut  à l'avenir.

L'Ethiopie, après avoir affronté une alliance soviéto-somalienne, dispose maintenant de l'appui soviétique. Surtout, elle reçoit une aide diplomatique de l'Afrique, alors qu'elle n'a pas tout à fait perdu le soutien économique de l'Occident. Ainsi a-t-elle signé avec les Etats-Unis en septembre 1977 un accord de coopération agricole, et l'administration de Washington condamne l'agression somalienne. Enfin la Ligue arabe hésite à donner un soutien total à la Somalie, alors qu'Addis-Abeba est soutenu par la Lybie et se réconcilie avec le Soudan. Ces imbroglios diplomatiques expliquent encore l'impasse de la sécession érythréenne, qui semblait pourtant acquise en août 1977, et déjà une première fois en janvier 1975 quand les autonomistes avaient encerclé Asmara.

L'Erythrée, à l'inverse de l'Ogaden, a une forte tradition d'indépendance, et n'a jamais autant dépendu d'un appui extérieur. Elle a parfois obtenu l'aide du Soudan, mais c'est une aide conditionnelle et souvent éphémère en raison des tendances marxistes d'une partie du mouvement sécessionniste. Par ailleurs, l'Erythrée a perdu l'appui lybien et cubain, aujourd'hui donné à Addis-Abeba. Sur place, les maquisards tiennent la majeure partie de la province d'Erythrée, mais il est peu probable qu'ils puissent jamais obtenir l'indépendance. Au mieux, s'ils acceptent le dialogue, pourront-ils recevoir un statut particulier en Ethiopie, comme le leur a proposé le lieutenant-colonel Mengistu en août 1977.

Ce panorama laisse entrevoir un avenir difficile pour le régime d'Addis-Abeba. Toutefois, un point reste acquis: le gouvernement de Mengistu Hailé Mariam peut passer, comme ceux de ses prédécesseurs, mais la révolution éthiopienne est engagée. Celle-ci ne dépend plus du choix de quelques hommes; du fait de la réforme agraire elle a touché le pays dans ses fondements: le monde paysan.

 

J. BUREAU, ethnologue, laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative de Nanterre, in Encyclopédia Universalis 1978.

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Publié par Ludovic Bonneaud - dans Le reste du monde
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