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Charles Millon en 1978 pour sa photo officielle de député, lors de la VIe législature de la Veme République (1978-1981).
Dans un entretien publié sur le site Internet de Paris Match, M. Millon explique : "(...) peu après ma nomination au ministère de la défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions."
"Dans tous les pays du monde, les grands contrats industriels ou commerciaux à l'exportation font appel à des intermédiaires. Ceux-ci sont rémunérés lorsqu'ils effectuent un travail réel et vérifiable, en revanche, il est tout à fait anormal qu'il soit demandé à ces intermédiaires par des officines diverses un pourcentage sur les commissions prévues", précise l'ancien ministre. Selon lui, l'arrêt du versement de ces commissions n'a donné lieu à aucune "menace de représailles" à l'encontre de la France.
La semaine dernière, un rebondissement est intervenu après une rencontre entre des juges antiterroristes et les familles des victimes à Cherbourg. Selon les avocats des familles, l'enquête s'oriente vers une "affaire d'Etat" liée à des commissions en marge de la vente de sous-marins conventionnels français Agosta au Pakistan, et non plus vers la piste Al-Qaida, privilégiée jusqu'ici. Le parquet affirme néanmoins que l'enquête antiterroriste n'a pas apporté à ce jour "d'élément objectif" pour le relier à un contentieux franco-pakistanais sur ce dossier.
Au lendemain des révélations des avocats des familles des victimes, Nicolas Sarkozy avait jugé que ces allégations étaient "grotesques". "C'est ridicule (...) Respectons la douleur des victimes. Qui peut croire une fable pareille ?", avait-il déclaré vendredi 19 juin. Il avait jugé impossible que le scénario, s'il était authentique, soit resté inconnu jusqu'ici, affirmant : "On est dans un monde où la notion de secret d'Etat n'existe plus."