Plusieurs bilans à tirer de cette élection municipale: la gauche s'impose dès le premier tour, avec une marge confortable, qui constitue un record historique sur Poitiers. En effet, jamais Jacques Santrot n'avait réalisé un score aussi élevé en terme de pourcentage, au cours de ces deux élections au premier tour, en 1983 et en 1995. Alain Claeys reste par ailleurs dans la continuité des scores réalisés par la gauche depuis 1977, avec une fourchette allant de 13.000 à 17.000 voix. La droite...comment dire...Bérézina, Waterloo, naufrage, fantôme! L'UMP Stéphane Braconnier a réalisé (il faudrait remonter jusqu'aux votes de la IIIème République pour en être sûr), l'un des pires scores de la droite au cours d'une élection municipale à Poitiers, tant en pourcentage qu'en nombre de voix. UDR, puis RPR avait toujours atteint les 40%. Peut-on établir un lien de vase communicants entre la liste UMP et la liste Modem de Philippe Mahou? Pour M. Braconnier, les voix du Modem proviendrait de l'électorat de...gauche, ce qui réduit encore plus la valeur de la droite locale. Le Modem, nouvel arrivant dans le jeu politique a réalisé un bon score, sous le coup d'une communication massive (page dans la PQR, panneaux publicitaires): une tête de liste directeur de la com' au CNED, ça aide: est-ce le Modem qui a été bon ou l'UMP qui a été mauvaise? Difficile à dire mais toujours est-il que moins de 5 points séparent les deux listes, soit moins de 1200 suffrages. Les prochaines confrontations électorales (prenons comme repère les régionales de Mars 2010) permettront d'apporter un éclairage nouveau sur l'état réel des forces politiques à Poitiers, car il étonnant de voir une telle extinction de la droite sur la capitale pictave. L'extreme gauche quant à elle opère un transfert de voix: tandis qu'en 2001, la liste Gaillard (LO) réalisait 5% des voix, c'est désormais la liste Desbourdes qui fait le plein de voix, tandis que LO est laissée quasiment sans voix.
Un résultat à l'image du scrutin national?
Non: tout d'abord, il est à regretter une abstention beaucoup trop forte (43%).L'impression que les jeux étaient fait a-t-il contribué à démobiliser l'électorat poitevin? C'est fortement possible. Dans le dernier édito de Jacques Santrot dans Poitiers Magazine, le maire a déploré l'abstention grimpante qui touche Poitiers depuis 1983. Mais cette faible participation peut-elle, aussi bête que cela puisse paraître, être du à la météo? Chacun a son opinion la dessus, même si pour certains, la pluie est censée renforcée la participation. La campagne sur Poitiers s'est globalement déroulé sur des thèmes locaux, même si une part de "votes nationalisés" a pu s'exprimer au cours de ce scrutin. Les résultats se placent part ailleurs dans une continuité, à la différence des municipales de 1977. Toujours est-il que l'équipe Claeys va avoir une obligation de résultats d'ici 2014: un score flatteur est toujours appréciable, mais avoir le bénéfice d'un fort taux de participation a une élection restera toujours comme le signe de la vitalité et du dynamisme de la démocratie locale.
MAIRE SORTANT: JACQUES SANTROT (1977-2008) Scores présidentielles 2007 à Poitiers: