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PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

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TCE etc...

C'était il y a trois ans: le texte Giscard (pour une fois qu'on ne parle pas de lui pour les Seventies...) était rejeté 55%.

 

LE TCE , envoyé à tous les Français, que Groland proposait de recycler comme papier à cheminée, écrase mouche, cale à meuble. Peu nombreux sont ceux qu'ils l'ont lu en entier...

 

Le référendum Chirac sur le TCE a pris du plomb dans l'aile au fur et à mesure que les mois de campagne s'écoulait. Le PS, par référendum interne avait opté pour le OUI à environ 60% des suffrages. Mais les 40% ne se sont pas tus pour autant à l'instar des Mélenchon, Emmanuelli et et et surtout Lolo Fabius, avec notamment son fameux plan B. Hollande, alors élu homme politique de l'année 2004 pour ses victoires électorales successives (régionales, européennes et interne) ne pouvait que constater les dégâts, à l'intérieur d'un parti profondément divisée sur ce texte: avancées, compromis, néolibéral, chaque leader politique avait son adjectif pour qualifier ce texte.
A droite, les souverainistes type Dupont-Aignant y étaient opposés, même si la chute du OUI dans les sondages a étrangement coïncidé avec l'entrée en campagne de JPR avec son fameux:

 


 

Propos pour l'Histoire:
"WIN THE YES, NEED THE NO TO WIN, AGAINST THE NO!"
Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre,16 Avril 2005
 
Et puis la campagne s'est accélérée, les courbes se sont renversées, les tenants du non sentant la victoire se rapprocher: dans les NONISTES, figuraient (pour des raisons différentes bien entendu) l'extrême gauche, les communistes, une part des socialistes, les souverainistes, et l'extrême droite.
Ainsi, le 29 Mai 2005 à 22H sur France 2:
   
A 55%, les Francais rejettent le TCE, les Pays Bas faisant de même 3 jours plus tard: le projet Giscard devait à son tour rejoindre les grands vaincus de l'Histoire, tout étant à recommencer.
Les OUI tiraient la gueule ce soir là, les NON sentaient venir des lendemains qui auraient du chanter, mais quelle chanson: celle du FN ou celle de la LCR???
C'est finalement un fado (oui bon d'accord, mais c'est le Traité de Lisbonne qu'on a eu finalement ), plutôt qu'une musette souverainiste ou qu'un chant révolutionnaire et populaire.


La Une de Libé, le 30 Mai 2005

Pour conclure cet article (le mot post ne passe pas), voici l'analyse intéressante de Serge July, dans l'édito du lendemain du référendum perdu ou gagné selon les points de vue.

 

"Chef-d'oeuvre masochiste
 
    Ce sont des cris de douleur, de peur, d’angoisse et de colère que l’électorat de gauche a poussés dans les urnes, à l’occasion du référendum, face à la course folle du monde et face à l’incurie des hommes qui nous dirigent depuis plus de deux décennies. Comme en pareil cas, il fallait des leaders d’occasion qui nourrissent ce désarroi national. Les uns ont surenchéri dans la maladresse, les autres dans les mensonges éhontés. A l’arrivée, un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage, la construction européenne, l’élargissement, les élites, la régulation du libéralisme, le réformisme, l’internationalisme, même la générosité.
    Tous les référendums emboîtés les uns dans les autres ont été perdus par l’Europe. Référendum sur l’élargissement. Entre le spectre turc qui désignait sans ambages les musulmans, et le malheureux plombier polonais, les étrangers ont été invités à rester chez eux. Le Pen xénophobe, c’est son fonds de commerce, mais que des dirigeants de gauche fassent campagne sur ce terrain comme Chirac en 2002 sur l’insécurité, on croyait cette xénophobie-là impensable...
    Référendum sur les élites. Les élites gouvernementales, les élites bruxelloises, les médias sans exception, et tous ceux qui plaidaient pour un système de décision autorisant l’émergence d’une Europe politique : ce sont tous des partisans de la France d’en haut, que la France d’en bas entend évidemment corriger, sinon raccourcir. La France d’en haut et la France d’en bas, c’est le duo bien connu de toutes les périodes populistes. Référendum sur le libéralisme. Que des dirigeants de gauche, et à peu près toute la classe politique, aient accepté de délayer à longueur d’argumentaires les tracts d’Attac, à la manière de François Mitterrand plaidant pour la rupture avec le capitalisme dans les années 70, on est en plein délire, plus de trente ans après et après les succès que l’on sait.
  Cette année, on ne parlait plus de capitalisme mais d’un mot qui s’en voulait le synonyme absolu : le libéralisme. Cette fois, il fallait se prononcer pour ou contre la concurrence, pour ou contre la mondialisation. Référendum sur la France. La France existe puisqu’elle est capable toute seule de renverser la table européenne ! À genoux les Européens devant notre non ! Ce mensonge sur la renégociation à laquelle toute l’Europe devrait se prêter, il y a eu des responsables politiques pour le faire croire. Ou la France revotera ou l’Europe politique, c’est fini, parce que le risque au renoncement de l’ambition politique européenne est en plein essor. Référendum sur le social. Le socialisme dans un seul pays est pour bientôt ! L’Europe est pourtant le seul espace social de la planète que la charte des droits sociaux devait renforcer. Foutaises ! A en croire certains, c’était en réalité le quartier général de l’ultralibéralisme, et il est démasqué.
    Il fallait pour faire ce chef-d’oeuvre masochiste, outre les habituels souverainistes, une classe politique élevée par des autruches, portée aux mensonges depuis de nombreuses années, des incompétents notoires à la manoeuvre dont un Président en exercice, et des cyniques en acier trempé dont un ancien Premier ministre socialiste.
    Les Français savent d’expérience que notre pays va mal. Malheureusement, il va encore plus mal ce matin."
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