Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

Publicité

Assez d'essence pour la relance du moteur de l'économie?

La Nouvelle République, fin Novembre 1983.

C'était il y a 25 ans. Malgré la crise qui touche le monde occidental depuis une décennie, les ventes se portent pas trop mal bien qu'elles soient en baisse pour le constructeur français numéro un de l'Héxagone, alors en phase de renouvellement de gamme moyenne et haute.
Des mauvais choix stratégiques, l'émergence de l'industrie automobile asiatique, une certaine ringardisation aux yeux de la concurrence internationale, erreurs de communications. Bref, ces maux ont commencé à ronger le prestige de Renault, disons même de l'automobile française.
Si bien que dans des pays comme ceux de l'Europe occidentale quand l'automobile cale, l'économie tombe en panne ( des centaines de jeux de mots foireux sont possible avec ces thèmes...). En France, ce secteur représente des centaines de milliers d'emplois, directs et indirects: en effet il faut ajouter tout les sous traitants, ainsi que tout le tissu commerçant qui vit grâce aux retombées des produits de l'automobile.
Jusque là le système ne fonctionnait pas trop mal, bien que le moteur se mette à tousser depuis quelques temps.
Et puis la crise.


Pratique une crise: on peut tout lui mettre sur le dos. Un peu comme les 35 heures. Mais avant la crise, nos industriels de l'automobile de France n'étaient pas au mieux: suicides chez Renault, vagues de suppressions d'emplois chez PSA, pressions,...Alors que dans le même temps, le Losange, le Lion et les Chevrons se mettent à faire du 4X4 au moment où celui-ci devient passé de mode et que tout le monde hurle à l'urgence écologique et aux économies d'énergies. Bref, encore un bide cocorico, qui n'arrange en rien la situation de notre économie, ces erreurs stratégiques ayant généralement des conséquences sur le bas de la hiérarchie qui baigne dans le caniveau à savoir les sous traitants et les travailleurs de base qui se voient au final récompensés de leurs efforts quotidiens par des semaines de repos forcé: le concept est bien étrange, je l'approuve, mais il résume bien le drame industriel qui se joue actuellement sous nos yeux.
Au mois de décembre, le record du plus faible nombre de voitures produites en l'espace d'un mois risque d'être craqué sur ces 50 dernières années: la plupart des groupes ferment leurs usines pour décembre, le temps de réussir à écouler les stocks accumulés un petit peu partout ici et là. La production est pour l'instant bien trop élevée par rapport à la demande de consommation de véhicules.
La prime de 1000 euros? Laissons lui une chance si tout le monde joue le jeu. Mais il est normal d'émettre quelques doutes sur la probabilité que tout ce passe aussi bien.
La crise touche le porte-feuille de tout le monde. La priorité en ces temps est généralement de recourir à l'épargne afin de se protéger et d'attendre des jours meilleurs pour dépenser ses économies. Mais combien de Françaises et de Français, ont les moyens d'acheter un véhicule neuf, bien que coutant 1000€ de moins? Qui veut d'une Clio III à 11500€, prix d'entrée de gamme, remise de l'Etat incluse? L'étudiant basique qui roule dans sa 205 pourrie et qui pollue? Le couple qui se serre la ceinture à chaque fin de mois, et qui reste dans la crainte permanente d'apprendre son licenciement le mois suivant et qui doit par la même occasion rembourser un crédit pour l'achat d'un appartement, vu que le candidat Sarkozy voulait faire de la France un pays de propiétaires?
Il est possible, et celà ne reste qu'une hypothèse, que cette remise profite surtout aux classes aisées, qui pourront tranquillement passer de la 406 à la nouvelle C5 coutant 24000€ TTC. Ce sont des classes qui n'auront pas à avoir recours au crédit ou qui n'auront pas spécialement de problèmes pour en décrocher un, l'une des clés du fonctionnement de l'économie française: le crédit.
Les banques (qui vont bien mais qui demandent de l'aide; autant donner des béquilles à un athlète en forme): elles étaient censées libérer le crédit pour les titulaires d'un CNE-CPE: tout le monde a rigolé. Les différences entre la théorie gouvernementale et les pratiques réelles sont souvent abyssales. Qu'est-ce qui poussera les banques à prêter de l'argent alors qu'elles ne sont pas au mieux et que la situation de l'emploi dans le pays se dégrade de manière catastrophique mois après mois?

Et puis publicitairement parlant, ça revient grosso modo à dire qu'un véhicule devient moisi, périmé au bout de 10 ans, ce qui est très peu pour une auto. Pourquoi pas lancer le concept de l'auto jetable, c'est-à-dire avec péremption garantie au bout de dix ans? Moins chères, elles permettraient ainsi aux pôles indutriels d'assurer leurs financement pour de nombreuses années, ainsi que pour leurs sous traitants. Le client quant à lui pourra s'acheter un véhicule qui rentrera plus facilement dans la case de ces moyens, lui évitant ainsi avec un peu de chance d'avoir recours au crédit. Et puis une fois en fin de vie, la structure des véhicules serait recyclé afin dans produire de nouveau, avec les matériaux les plus écolos possible.
Dans l'ère du tout plastique et du recyclable à volonté, faisons ce rêve...
Si l'essence vient à manquer, espérons juste que les bandes d'arret d'urgence des autoroutes privatisées seront en état d'utilisation rapide...


Mais on n'aura plus la vignette en cadeau. Lolo l'a tué.

Pour info, la vignette auto pour l'année 84 était rose, les chiffres étant imprimés en bleu. Ce fut par ailleurs l'avant-dernière vignette de type héxagonale. Son prix était de 180F, toutes cylindrées et tout départements confondus.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article