Les Girondins de Bordeaux lors du sacre place des Quinconces, Bordeaux, Dimanche 31 Mai vers 13H15.
Je me souviens d'un été qui me semble lointain où tout a débuté. Un samedi, jour de match, avec la plus belle des affiches possibles, Bordeaux Lyon, pour le trophée des Champions. J'étrais ce soir là à Bayonne en train de méditer sur la capacité d'un estomac à ingurgiter toute sorte d'alcools. Bordeaux, au terme d'un beau match, s'est imposé face à l'ogre lyonnais, aux tirs aux buts. Un match, un trophée. La saison commençait bien, en espérant secrétement que cette année serait la bonne. Nous étions en aout 2008, jeunes, fous, les cheveux dans le vent,... Et puis une semaine plus tard, le Calcio hexagonal. Malade comme un chien ayant dégusté du Bolino périmé, je suivais les aventures de mes Girondins: victoire 2 - 1, avec un Gourcuff qui marque notre tout premier but de la saison, et réalise ensuite sa première passe décisive. Ca part bien cette saison. De leurs coté, les sardines de Marseille, réalise le match le fou de la saison avec Rennes, 4 à 4. J'en connais quelques uns ce soir là qui ont noyé leurs chagrins dans l'alcool, tandis que je jubilais avec des médocs et des mouchoirs. Les journées passent, les semaines défilent, les Girondins réalisent un départ bof-bof. Défaite contre Paris et Lille (lors de mon retour de l'Univ' d'été du PS à La Rochelle, donc forcément bien crevé). La Ligue des Champions débute par une corrida sauce Blues du coté de Chelsea: 4 à 0 dont un but de Malouda. J'ai besoin d'un coussin pour m'asseoir car ça brule trop. Les 8emes, ça ne sera pas pour cette année. Et puis voici le premier tournant de la saison: Grenoble Bordeaux au Dtadio del Alpi. Invancu dans leur nouvelle demeure, les Grenoblois sont héroîquement vaincu à 9 contre 11 sur le score de 1 à 0. Pas vraiment un march pour les cardiaques. Bordeaux revient dans le peloton de tête. Lyon continue comme chaque année son bonhomme de chemin, et commence à apercevoir lointainement un 8eme titre. Rien sur la preimière partie de saison ne pouvait indiquer que celui-ci leur échapperait. A la fin des match aller, second tournant de la saison girondine: Bordeaux s'impose en terre monégasque 4-3 après avoir été mené 3 à 0 à la 50eme. Il est des matchs où le football renverse toute les logiques préétablis. Je réentends mes cris de joie et je revois mes bonds sur mon fauteuil à la fin de la rencontre, quand Cavénaghi plante le 4eme but synonime de victoire, un dimanche soir de décembre. Joyeux Noel les enfants. Rappelons qu'en février 2008, Bordeaux avait collé un 6-0 à Monanco, le tout en une mi-temps, réalisant sa plus large victoire à l'exterieur de son histoire. 2009 débute bien, avec ce 4-0 infligé à Paris: j'aurai tant aimé y être et voir le but de l'année de Gourcuff. Incontestablement le plus beau match des Gigis! Mais février arrive: le creux. Heureusement, le mois ne compte que 28 jours. Reculer pour mieux sauter concluera-t-on aprés, mais que ce fut dur de voir les espoirs de C1 et de titre commencer à s'envoler. Heureusement devant nous, on nous a attendus. Sympa: on prend un mois de vacances et on reste dans le carré VIP de la L1! Face aux saucisses de Toulouse: le non match. On prend trois pions. Merci, au revoir. La corrida toulousaine nous servira a posteriori. Car en effet, derrière, la plus improbable des choses va se produire: le rouleau compresseur girondin va se mettre en marche et tout écraser, pulveriser sur son passage. Bordeaux lance son sprint final le 13 mars, pour franchir la ligne d'arrivée le 30 mai. Comme ci dans le vélo, un coureur lance son sprint a 3 km de la fin de la course. Mais ça frotte des pare-chocs avec les gros. Bordeaux les remonte un un: Toulouse, Paris, Lyon et Marseille, qui bouffe encore la poussière de la Cadillac girondine. 3eme tournant: Bordeaux Lyon. J'y étais. Un match d'hommes dans une ambiance des grands soirs récompensé d'une victoire qui a été cherché avec les dents. Bordeaux n'a plus vaincu Lyon depuis...1999, l'année du titre. Un signe? Finalement oui. Parce que le dernier tournant, intervient 10 jours plus tard. Bordeaux remporte entre-temps une 3eme coupe de la Ligue contre Vannes, et les Marines et Blancs vont en Bretagne, la nouvelle destination à la mode. Au terme d'un match à renversements de situation permanents, où les cardiaques faibles devaient trépassés. Une nouvelle fois dans mon fauteuil, je me trouvais dans un état euphorique. Et je n'ai pas trenversé ma bière, ce qui tient de l'exploit dans ce genre de soirée. Bordeaux s'impose 3 à 2. Et voilà le joli mois de mai. Long, très long, interminable. Lyon gesticule une dernière fois du côté du Vélodrome et permet à Bordeaux de prendre 3 points d'avance sur Marseille, alors que ces derniers comptaient jusqu'à 5 points d'avance sur les hommes au scapulaire avant le Rennes Bordeaux. Et au final, le 30 mai, Bordeaux décroche sa première victoire en terre caennaise, et surtout son 6 eme titre, qui cotoie ceux de 1950, 1984, 1985, 1987 et 1999. Une 11eme victoire consécutive qui conclue cette saison en beauté, avec un Gouffran dans le role du Feidouno, qui poignarde ses ex-coéquipiers, et reste cependat digne. Ce soir là les Quinconces jouaient aussi à guichets fermés: 80000 personnes devant un écran géant de 50m², pour suivre les dernières aventures des Girondins 2008-2009. Merci aux Girondins de Bordeaux pour toutes ces émotions, belles et intenses. La fête est passée, l'heure est aux vacances et aux négociations. Pourvu que Bordeaux garde son groupe. Cette belle équipe ne mérite pas de s'arreter là. Bravo au public bordelais qui a répondu présent à l'appel de Blanc, mais qui doit être encore plus assidu à Chaban. Une moyenne de 27000 spectateurs cette année: peut mieux faire. Une moyenne à 30000 serait vraiment pas mal, surtout pour un stade de 33000 places. Bravo aux Ultras Marines pour leur formidable boulot cette année, comme tout les ans. Les voici enfin récompensés de tant d'efforts. Merci à Laurent Blanc, Jean Louis Gasset et au père Triaud, bon gestionnaire chiraquien de la boutique girondine. J'espère que le rêve va de nouveau se réaliser l'an prochain. L'un des hymnes des Bordelais étaient une chanson de Patrick Sébastien: "Pourvu que ça dure...". Tout est dit.