PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!
En 2008, je me souviens des grands espoirs soulevés par l'élection de Barack Obama. Aux Etats-Unis (les fameuses affiches "HOPE" rouge et bleu, et le slogan "Yes We Can") mais aussi dans le reste du monde: beaucoup souhaitaient que la page noire des années Bush (2001-2008).
L'expérience du pouvoir a prouvé que les choses étaient très complexes: le principe de réalité montre qu'entre les promesses de campagne, les ambitions issues des convictions collectives ou individuelles, et l'exercice des responsabilités, il pouvait y avoir un certain écart. Perçu pour nos petits frenchies comme une trahison. Non le président Obama ne pouvait pas résoudre la crise économique mondiale en 4 ans, sans parvenir à résorber a minima les déséquilibres intérieurs nés de la crise des subprimes. Non le président Obama ne pouvait pas calmer les tensions géopolitiques internationales après 8 ans d'impérialisme américain. Engagé dans plusieurs conflits (Afghanistan, Irak,...), Barack Obama tout comme le reste du monde n'a pas compris pourquoi il a reçu le prix Nobel de la Paix en 2009. Non le président Obama ne pouvait pas mettre en place du jour au lendemain son programme social en un mandat, notamment face à l'opposition acharnée et jusqu'au-boutiste des républicains. Et face à la complexité de l'organisation administrative (rivalités entre les Etats et le pouvoir fédéral, question de la constitutionnalité des lois,...), rien ne fut simple pour lui. D'autant plus qu'il fallait d'abord réparer les dégâts de 8 ans de gouvernance Bush. Et plus de 20 ans de libéralisme financier sans limites qui ont fini par ruiner les Etats-Unis mais pas certains individus, groupes, structures qui ont tiré leur épingle du jeu.
Obama a su cesser la furie des Etats-Unis de la majeure partie des années 2000 dans le monde entier. Toutefois, face à la montée en puissance permanente de la Chine, la partie d'échecs de la géopolitique mondiale s'avère très serrée, sachant que ce même Etat chinois est le principale détenteur de bons du Trésor américain. Sans lui, la boutique américaine cesse de tourner.
Ma véritable déception sur son premier mandat concerne les questions relatives au changement climatique, sacrifiées sur l'autel de la reprise économique. Il y a tellement à faire, et plus encore qu'en 2008, qu'il faudra impérativement qu'au cours de son second mandat, les Etats-Unis s'impliquent à réformer leur modèle économique. Ce ne sont pas les efforts conjugués des membres de l'Union Européenne qui suffiront à rectifier le tir.
Pour les 4 ans à venir, je n'attends pas de miracle de sa part. En France, j'ai l'impression que l'on fait de la couleur de la peau une question primordiale pour le juger comme étant "sympa", "cool". Et d'être d'autant plus déçu sil ne réalise pas quelque chose qui nous semble être normal, logique chez nous (un exemple: les problèmes de port d'armes, qu'il ne faut même pas espérer voir restreindre sans qu'une partie de la population considère un encadrement comme étant liberticide). Je ne connais pas assez les Etats-Unis pour évoquer précisément les challenges qui attendent le président Obama, qui devra cohabiter avec une chambre des représentants à majorité républicaine.
Mais pour le reste du monde, il détient deux clés fondamentales pour notre avenir: si un début de reprise économique se fait ressentir, alors les Etats-Unis pourront jouer le rôle de locomotive mondiale et nous sortir de cette crise qui dure depuis désormais près de 5 ans. Mais surtout, j'insiste sur la question du réchauffement climatique, avec notamment les émissions de gaz à effet de serre, qu'il faudra bien à un moment donné finir par limiter.
L'avantage d'un second mandat, avec l'idée que la réélection ne serait plus en jeu, permettrait d'approfondir ces questions. Mais il est évident que du côté européen, il ne faudra pas attendre du président des Etats-Unis qui aille à l'encontre des intérêts des entreprises de son pays. Je pense aux fonds d'investissement, aux groupes pétroliers, d'armements, aux entreprises comme Monsanto occupant le secteur des OGM,...
De tout coeur en 2008 j'ai souhaité sa victoire. Avec moins de ferveur, j'ai souhaité cette nuit sa réélection. Conscient de la réalité et de la difficulté des temps présents, je sais qu'il ne révolutionnera pas la face du monde. Mais j'espère simplement que les livres d'Histoire retiendront une action globalement positive au cours de ses huit années de mandat. Pour les Etats-Unis. Et le reste du monde.