PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

Georges Soros en Une du Time, dans les années 1990 ou 2000.Cette crise du SME avait été déclenchée par la victoire du non au référendum danois sur le traité de Maastricht, puis par les incertitudes sur l'issue du vote français et son résultat très faiblement positif. La sortie de la livre avait été suivie par celle de la lire italienne, tandis que la peseta espagnole et l'escudo portugais étaient dévalués, suivis par la livre irlandaise.
La France et l'Allemagne avaient néanmoins joint leurs efforts pour intervenir sur le marché des changes. La Banque de France avait massivement emprunté des Deutsche Marks à son homologue pour les vendre contre des francs. Il s'agissait d'empêcher l'éclatement du SME, pour ne pas compromettre la réalisation ultérieure d'une monnaie unique, et de faire preuve de solidarité entre les deux partenaires, alors que l'Allemagne entamait son coûteux processus de réunification.
Mais l'économie française, en pleine récession, avait subi les effets de cette bataille du franc fort, en raison du relèvement des taux d'intérêt pour contrer la spéculation et de la compétitivité gagnée par les partenaires européens en dévaluant leur devise. Le franc continuait d'être attaqué, notamment en janvier 1993, puis surtout au cours de l'été. En août, le "compromis de Bruxelles" décidait d'élargir fortement les bandes de fluctuations autorisées au sein du SME (de plus ou moins 2,25 % à plus ou moins 15 % autour du cours pivot) afin de calmer les tensions, offrant ainsi une demi-victoire aux spéculateurs.
Aujourd'hui, George Soros plaide pour "des régulations de portée internationale" afin d'endiguer la toute-puissance des marchés. "Cela m'aurait enlevé quelques possibilités de faire de l'argent", reconnaissait-il d'ailleurs dans un entretien mardi 9 mars sur la chaîne de radio publique américaine NPR.
Dans La Vérité sur la crise financière (Denoël, septembre 2008, 212 pages, 18 euros), M. Soros écrit aussi : "L'idée que la gestion du risque puisse être laissée aux mains des acteurs eux-mêmes est une aberration. Il existe des risques systémiques qu'il appartient aux autorités de régulation de gérer, et elles doivent disposer, pour ce faire, de l'information adéquate. Les acteurs, y compris les hedge funds, les fonds souverains et les autres entités non régulées, doivent la leur fournir, quoi qu'il leur en coûte en argent et en confort. Ce coût est insignifiant au regard d'un effondrement du système."
Mais les leçons de la crise des subprimes comme de celle du SME peinent à entrer dans les faits. Ne serait-il pas temps que les Etats prennent M. Soros au mot ?