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" Le 14-Juillet de la gauche"
En Une de la Nouvelle République, Lundi 11 Mai 1981.
La Nouvelle République, Lundi 11 Mai 1981.
Le "changement" passait l'autre soir par la fête populaire...
Dans bien des villes dimanche soir, à l'annonce des résultats que l'on sait, c'est toute une foule en liesse qui s'est retrouvée pour célébrer l'évènement. Poitiers, sous sa banière socialiste, n'a pas échappé à la règle et en quelques minutes un véritable concert de cris, de klaxon et de sifflet s'est improvisé place d'Armes. D'abord des automobilistes, ensuite de nombreux motards, venus exprmier leur contentement en réalisat qu'ils échappaient à la fameuse vignette "deux-roues" et enfin tous les autres, investissant progressivement la place.
Les manifestations de joie, d'enthousiasme débordant, se traduisaient un peu plus tard par la mise en place d'un bal populaire tandis que le député-maire Jacques Santrot et quelques-uns des conseillers municipaux étaient félicités chaleureusement.
Etait-ce bien possible? Pour tous ceux qui espéraient un changement, et c'est à l'évidence ce qui réunissait toute une jeunesse dimanche soir, le vent du renouveau commençait à souffler.
"Enfin, la fête promise, jubilait un garçon d'une vingtaine d'année, en jean délavé, nous la tenons et il faut en profiter". Dans un élan unanime, tout le monde se retrouvait au pied de la sono, pour rire, "s'éclater", se rapprocher, sans se connaître. Dans une bonne humeur contagieuse on sautait, on dansait, et certains pleuraient...
Si quelques fois, au milieu d'une cohue, au cours d'un bal, on craint les mauvais coups, il n'était pas question de ça dimanche. Même si deux sympathisants empoignaient une fille ou un garçon, il s'agissait juste de les porter à bout de bras, pour peu qu'ils brandissent le portrait du nouveau président.
Ambiance bon enfant, vent du changement et vent d'une folie somme toute contenue, c'était le climat de rigueur ce soir-là! Derrière toute une jeunesse qui soufflait, chahutait, s'éveillait, les sihouettes habituelles de militants habitués, prenaient alors une autre dimension. Sans forfanterie, l'air juste satisfait, tous ces artisans, à leur mesure, d'un changement, regardaient dans l'arène....
Aux accents d'une musique aigrelette s'ajoutaient le ronron interminable des gros-cubs, les coups de klaxon tombant à chaque instant, pour ponctuer l'évènement. Oui, c'était la fête place d'Amres, toute modeste dans sa tenue, mais toute efficace dans son symbole. Pour une fois, la province se mettait au diapason de la capitale, mais gageons que même au siège du Parti socialiste (10, rue de Solfériono), le bonheur n'était pas plus grand, pas mieux partagé que dans ce petit coin du Poitou gagné lui aussi par cette fièvre du changement.
"On a gagné!..". De 20 heures à l'aube, dimanche, place Leclerc, des centaines et des centaines de Poitevins, surtout des jeunes, rejoints un moment par l'équipe municipale, ont célébré dans la liesse "le 14 juillet de la gauche".
La Nouvelle République, Mardi 12 Mai 1981.