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PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

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Les années 1970: le retour en force de l'Islam

Logo NR 12 Aout 1961

 

LE RENOUVEAU DE L'ISLAM

 

L'irrésistible ascension de l'Ayatollah Khomeiny en Iran, témoigne de la flambée de l'Islam dans les pays du tiers monde où cette religion s'est transformée en arme politique redoutable.

En Iran, ce levier révolutionnaire a fait no seulement basculer un régime vieux de trente-sept ans, mais reculer une des armées les plus modernes du monde et bouleverser les calculs des deux super-puissances, les Etats-Unis et l'Union Soviétique.

Ce phénomène dépasse largement les frontières de l'Iran. Au Pakistan, le général Zia Ul Haq a décidé de faire appliquer la loi coranique au pied de la lettre et il est probable à cet égard que le sort réservé à M. Ali Bhutto (NdPPP: président du Pakistan de 1971 à 1973, il fut Premier ministre de 1973 à 1977, puis renversé par un coup d'Etat et pendu le 4 Avril 1979), ancien chef du gouvernement pakistanais, pourrait constituer un test tragique de pureté islamique.

En URSS, en Asie, en Afrique, l'Islam gagne du terrain, tandis qu'on assiste dans le monde arabe à une résurgence du rigorisme religieux, même dans les pays réputés progressistes Partout, les préceptes de cette loi, révélée il y a treize siècles, apparaissent comme une solution de rechange à deux "modèles" de société renvoyés dos à dos; le communisme et le capitalisme occidental.

Cette résurgence de l'Islam consacre l'échec dans les nations pauvres des deux principales idéologies qui se partagent le monde. Ce retour aux sources apparaît comme l'unique recours à des peuples déshérités, frappés d'une démographie galopante, et qui sont à la recherche d'une "identité" à la fois conforme à l'âpreté de leur vie quotidienne et ouverte sur le progrès.

Trop souvent, en effet, les "bienfaits de la civilisation occidentale" n'ont que superficiellement pénétré les masses qui voyaient s'accroître l'inégalité et qui ne percevaient, d'une manière caricaturale, que les excès de la société de consommation: alcoolisme, liberté des moeurs, enrichissements d'une poignée de dirigeants "modernisés". A l'opposé, le communisme faisait effet de repoussoir dans des sociétés vivant selon des rites ancestraux et où le collectivisme et l'athéisme étaient autant de bêtes noires.

 

Le saut dans l'inconnu

 

Pour de nombreux analystes, cependant, ce refuge dans la religion signifie le retour à l'obscurantisme. Lapider les adultères, obliger les femmes à porter le voile, couper la main des voleurs, décapiter les assassins en place publique: ce sont essentiellement ces images d'un autre âge qu'évoquent pour l'Occident les appels au retour à la loi coranique.

Pour certains chefs d'Etat musulmans, cette fameuse "République Islamique" prônée par Khomeiny, représente clairement la menace des religieux d'imposer leur volonté à l'Etat. D'avance le président Sadate d'Egypte et le roi Hassan II du Maroc ont mis en garde les docteurs de la foi contre de telles prétentions. Il n'est pas évident que l'on soit plus rassuré en Irak, où la population est en majorité chiite.

Enfin, pour les grandes puissances, c'est le saut dans l'inconnu. Dans vingt ans, il y aura en URSS un musulman pour quatre citoyens (NdPPP: il y avait en 1979 environ 255 millions d'habitants). Si la déstabilisation actuelle de l'Iran, ancien bastion américain, peut pour le moment faciliter les menées soviétiques, il n'est pas évident qu'on s'en réjouisse tellement à Moscou. Là, comme à Washington, plus personne ne songerait, parodiant Staline, à demander: "La Mecque combien de divisions?".

 

La Nouvelle République, Mi-Février 1979.

 

Khomeiny-1979.JPGL'ayatollah Khomeiny, Centre Presse, vers le 10 Novembre 1979. Son arrivée au pouvoir en Iran, est à la fois la conséquence de ce retour à la rigueur religieuse dans l'iran des années 1970, mais aussi la cause des succès de l'Islam en tant que vecteur politique depuis plus de 30 ans. L'opposition frontale aux Etats-Unis (prise d'otage de l'ambassade des USA en 1979) va permettre l'émergence d'un courant, plus encore qu'anti-américain, un courant anti-occidental, pouvant, ici et là, faire de la République Islamique d'Iran un modèle. Le choix de la Libye (retour à la charia), mais aussi d'autres pays, comme peut-être l'Egypte confirme, en 2011, la pertinence de cette analyse de 1979.

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