PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!
La Nouvelle République dernière décade de Septembre 1990.
La marche du temps est-elle forcément synonyme de progrès, d’avancée de la pensée, de l'action humaine vers quelque chose de meilleur ? A la fin de l’année 2011, on pouvait, à juste titre croire, en une tendance globale de l’amélioration de la situation du monde, dans une perspective de moyen terme. De nombreux facteurs étaient en place pour que les choses aillent en s’améliorant : recherche de solutions nouvelles face à la crise économique et sociale avec l’espoir d’un retour de la croissance, avancées vers la transition énergétique avec la recherche d’autres solutions que le nucléaire pour fournir à tous de l’électricité après la catastrophe de Fukushima, avènement des révolutions du Maghreb au Moyen-Orient avec la vague folle du « Printemps arabe ».
En se souhaitant, le 1er janvier une bonne année, on se dit tous, du moins on l’espère, que les choses seront mieux qu’avant, bien que souvent, on puisse trouver que « c’était mieux avant ». Ce jour-là, chaque dirigeant d’Etat affirme, généralement dans une brève allocution, chaque jour œuvrer pour le bien et la sécurité de son pays « dans un monde de plus en plus complexe », ce qui veut dire, si l’on prend cette phrase au premier degré, que le monde d’aujourd’hui est bien plus facile à gouverner, à comprendre, qu’il ne le sera dans une vingtaine d’années.
Un peu comme au lendemain de la chute de l’Union soviétique, où, selon l’historien Francis Fukuyama, l’Histoire en était à sa fin. Mais en fait elle n’était au début que d’un nouveau chapitre. Le monde de 2012 illustre parfaitement l’erreur qui fut celle d’il y a 20 ans que les choses en étaient arrivées à leur terme. Alors qu’en 2011, la Terre a franchit le cap des 7 milliards d’habitants, la contestation du monde, quand à elle, bien que n’étant pas quantifiable, atteint elle aussi des niveaux records. Hormis la Corée du Nord évidemment où l’on a le droit de ne rien faire, la planète dans son ensemble gronde.
En Europe, la colère des peuples est multiple : la crise, les vagues d’austérité budgétaire n’ayant pour finalité que l’austérité, plonge davantage les Européens dans le scepticisme est dans le doute quand elle n’ouvre pas une voie royale pour l’extrême-droite. Le nationalisme fait partie des grands gagnants des temps présents : Hongrie, Catalogne, Grèce, Flandres, Hollande. Les dérives sectaires se multiplient (cf la campagne présidentielle en France), ou sont en voie de « normalisation » (cf les agressions d’immigrés et d’homosexuels en Grèce). Sans oublier les poudrières nationalistes qui peuvent exploser à tout moment : les Balkans, le Caucase, avec le regain de tension entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Des poudrières sur le point d’exploser, il en est partout dans le monde actuel. Hélas, le millésime 2012 est en quête de nationalisme, de religion à outrance, et non plus de liberté comme en 2011. La Chine et le Japon se tirent la bourre pour quelques (trop précieux) îlots (Tianwaitian/Kashi et Chunxiao/Shirakaba selon le pays qui souhaite se l'approprier) au beau milieu de la mer de Chine orientale. Le monde musulman d’embrase contre les Etats-Unis (et Israël) face à une insulte à une religion qui est considérée à tort comme la pensée officielle de l’Occident. La Syrie se meurt un peu plus chaque jour dans une guerre civile qui ne dit pas encore son nom tandis qu’Israël semble prêt à se la mettre avec l’Iran. Mais à la fin, dès que la région s’enflamme, c’est le Liban qui paye les pots cassés. Les Etats-Unis sont dans l’attente des résultats des présidentielles, vivant une sorte de période de stand by par contrainte du calendrier électoral. Seule l’Amérique du Sud (bien que le Vénézuela soit plus cripsé du fait des présidentielles, que le Mexique soit toujours plongé dans une certaine instabilité du fait des présidentielles truquées et des carnages des narco-trafiquants) et l’Océanie semblent pour le moment à l’abri des tensions qui agitent le globe.
De sa crise, le capitalisme aveugle s’en est requinqué en pillant les caisses des Etats. Il reprend, lentement mais sûrement sa marche en avant vers plus d’injustices, plus de scandales, et au final, plus d’injustices, qui ne font renforcer le poids des déséquilibres du monde, faisant la part belle à l’incompréhension, l’intolérance, l’obscurantisme politique et religieux. Les questions écologiques voient leurs réponses chaque jour un peu plus repoussées: la lutte contre le réchauffement climatique devra attendre la reprise économique.
De 2012, on retiendra que ce fut l’année du grand doute. Où l’on se rend compte un peu plus chaque jour de la difficulté de cohabiter tous ensemble. Bien que l’on puisse se douter de quoi seront constitués les vœux de fin d’année dans un peu plus de trois mois, il semblerait que le fin de l’histoire se trouve dans la recherche de la fuite du temps présent, pour retrouver une harmonie idéalisée dans un passé qui n’a jamais existé, ou dans le champ des possibles d’un avenir dont on ne peut voir la moindre couleur à l’horizon. C’est toute la problématique de la multipolarisation du monde actuel.