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PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

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Naypyidaw, capitale "témoin" et fantôme de la junte en Birmanie

Bienvenue à Naypyidaw, la capitale la plus étrange au monde

Publié le

http://www.newtowninstitute.org/newtowndata/NTimages/Naypyidaw-130515-1_2.jpg

Une illustration de la capitale "fantôme" Naypidaw, prise sur newtowninstitute.org.

Deux reporters du quotidien britannique The Guardian explorent Naypyidaw, construite de toutes pièces en 2005 par l'armée birmane au milieu de la jungle. Une gigantesque ville au cœur du pays, mais dénuée d'habitants.

 

 

Une ville d'une superficie de 4 800 km2 soit six fois la taille de New York, avec des voies de circulation pouvant accueillir jusque 20 files de véhicules, et qui s'étendent à perte de vue. Mais aucun habitant. Ou très peu. C'est ainsi que Matt Kennard et Claire Provost décrivent le paradoxe de la capitale birmane Naypyidaw dans un reportage publié dans The Guardian

 

"Rien ne bouge. Officiellement la population de la ville est d'un million d'habitants, mais nombreux sont ceux qui doutent de ce chiffre. Un dimanche après-midi ensoleillé, les rues sont silencieuses, les restaurants et les hôtels sont vides. Cela ressemble à une image terrifiante d'une banlieue américaine après l'apocalypse, comme un film de David Lynch filmé en Corée du Nord,", écrivent les deux journalistes. 

 

Démesure

 

L'histoire de Naypyidaw commence en novembre 2005, quand la junte birmane annonce la délocalisation de la capitale Rangoon, située au bord du fleuve Irrawaddy et à quelques kilomètres de la mer, vers ce site au milieu de la jungle.

La construction de Naypyidaw, qui signifie "Demeure du Roi", aurait coûté 4 milliards de dollars (3,69 milliards d'euros), dans un pays qui dépense à peine 0,4 % de son PIB pour la santé de ses citoyens, l'un des pourcentages les plus faibles au monde, souligne le Guardian.

Wikileaks

 

Les raisons de cette délocalisation demeurent obscures. Crise mégalomaniaque du chef de la junte Than Shwe, signe de sa démence, comme le suggère un des cables diplomatiques américains révélés par Wikileaks en 2006, ou souhait de la junte de se soustraire de la populeuse Rangoon où des mouvements de contestation sont toujours possibles ? Les reporters ne tranchent pas.

 

En attendant, la capitale offre aux rares visiteurs la possibilité de faire un golf sur l'un des quatre parcours de la ville ou de visiter le zoo où un espace climatisé a été construit pour des pingouins. Dans tous les cas, un séjour à Naypyidaw laissera de la Birmanie une impression aux antipodes de l'image que le monde a du pays. 

Assis sous un parasol à la terrasse d'un café devant un gigantesque mall, deux consultants des Nations unies en mission, interviewés par le Guardian, se disent contents d'avoir été envoyés ici plutôt qu'à Rangoon. “Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre ; on pensait que la Birmanie était sous-développée. On ne s'attendait pas à ces gigantesques routes. Par contre, c'est complètement désert, comme une ville fantôme, à vrai dire, je ne me sens pas à l'aise ici”, résume l'une d'eux.

 

Bonus video: le documentaire "Happy World" consacré à l'absurdité de la dictature en Birmanie.

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