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PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

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1977: l'Homme devient acteur du changement climatique...

...mais pas forcément dans le sens du réchauffement!

Des perspectives d'avenir déjà sombres

 

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Le climat actuel va-t-il durer?

 

RECHAUFFEMENT OU GLACIATION

CELA DEPEND PEUT-ETRE DE NOUS

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Le temps qu'il fait! Voilà le sujet de biens des conversations, et celui qu'il fera, l'objet de bien des préoccupations. Que nous n'ayons pas une goutte d'eau de tout un été ou qu'il gèle au mois de mai et nous avons l'impression que tout est changé. On redoute le pire. Pourtant, hivers rigoureux ou étés brûlants, les courbes de la météorologie sont d'une remarquable stabilité et les statistiques font à peine ressortir les différences de quelques dixièmes de degrés entre les moyennes annuelles.

 

Et il semble que cela dure depuis pas mal de temps. 11.000 ans affirment les spécialistes qui apportent comme preuve une "carotte"(1) de glace longue de 960m. prélevée récemment dans l'antarctique, à la station de Vostok. Celle-ci constitue une véritable chronique congelée de l'histoire du climat au cours des 46.000 dernières années.

 

L'étude menée à Léningrad prouve qu'il y a  15.000 ans la température dans l'antartique était inférieure de 5° seulement à celle d'aujourd'hui. Cela correspond pourtant à la dernière époque glaciaire. En Europe le refroidissement semble avoir été moins violent à cette époque. Plus tard, à la fin de cette période, une restructuration rapide est intervenue comme le montre l'étude de la glace fossile de l'antarctique. Les savants pensent que cela peut être dû à des phénomènes cosmiques.

 

Un nouvel âge glaciaire?

 

Pour l'avenir les avis sont partagés. L'Organisation Météorologique Mondiale a publié récemment un long communiqué d'où il ressort qu'un refroidissement est prévu dans les prochains millénaires. Allons-nous vers un nouvel âge glaciaire? Rien n'est moins sûr car il s'agit là de simples spéculations dans lesquelles n'interviennent que la fraction connue des phénomènes naturels.

 

D'autres hypothèses, prenant plus particulièrement en compte, il est vrai les résultats de l'activité humaine, aboutissent à des conclusions diamètralement opposées. C'est ainsi qu'un groupe de scientifiques américains chargés des problèmes de l'énergie et étudiant différents phénomènes de pollution attire l'attention sur les risques catastrophique de l'atmosphère terrestre que fait courir la combustion de produits carbonnés. Cela, disent-ils, promet d'entraîner la fonte des glaces polaires et d'amener une élévation telle du niveau des mers que la plupart des terres habitées seront submergées. D'après eux cela ne serait pas comme on pourrait le penser, la conséquence de la transformation en chaleur de l'énergie stockée sous la forme chimique de combustible depuis des millénaires dans l'écorce terrestre, mais le résultat de la pollution par le gaz carbonique qu'entraîne inévitablement toute combustion de bois, de charbon ou de pétrole.

 

Jusqu'à présent on n'avait guère porté attention à ce gaz présent dans toutes les fumées pour la bonne raison qu'il n'est pas toxique et que nous sommes habitués à vivre en sa compagnie depuis toujours. On pourrait presque dire en effet que c'est un sous-produit de la vie puisque tout être vivant qui respire en rejette des quantités appréciables. D'ailleurs pourquoi s'en préoccuper puisque la nature elle-même s'en charge.

 

L'élimination du gaz carbonique est normalement assurée par les plantes vertes qui fixent le carbone atmosphérique et restituent l'oxygène: c'est la photosynthèse. Malheureusement, avec l'avènement de l'ère industrielle tout a changé. Depuis le début du XIXe siècle l'homme a rejeté 200 milliards de tonnes de CO2 dont la moitié demeure dans l'atmosphère. Et le phénomène ne cesse de s'accroître...

 

Un effet de serre

 

En moins de vingt ans, de 1957 à 1975, la teneur de l'air en gaz carbonique a augmenté de 5%. Si l'on admet que la consommation de combustibles fossiles augmente d'environ 3,5 ou 4% par an, au milieu du XXIe siècle la proportion de CO2 atmosphérique aura doublé. Quelle importance, direz-vous si ce n'est pas dangereux pour l'organisme?

 

Bien sûr, mais cette absence de danger chimique a fait négliger les conséquences physiques que pourraient présenter une trop grande concentration du gaz carbonique dans l'atmosphère. Les chercheurs américains qui ont mené cette étude, se souvenant que le gaz carbonique ne laisse pas passer l'infra-rouge, supposent qu'un trop fort accroissement de sa teneur finirait par produire un effet de serre. Le rayonnement infra-rouge par lequel la terre renvoie une partie de la chaleur qu'elle reçoit du soleil, ne pourrait plus s'échapper, ce qui entraînerait un accroissement sensible des températures moyennes.

 

Le mécanisme de ce phénomène est encore mal connu et difficile à chiffrer, mais les savants pensent que la température des couches inférieures de l'atmosphère pourrait dépasser 2 à 3° celle d'aujourd'hui. Cela peut paraître minime, en fait c'est considérable. Il n'est qu'à se souvenir qu'aux époques glaciaires, lorsque les rennes campaient sur la Côte d'Azur, la température n'était inférieure que de 2à 3° à ce qu'elle est aujourd'hui. On peut donc penser qu'une élévation du même ordre ferait fondre les glaces polaires d'autant que l'effet de serre serait plus sensible aux pôles.

 

Paris submergé!

 

D'après les calculs, la libération de toute l'eau actuellement retenue ferait monter le niveau de la mer de 40 à 80 m. Là, on mesure tout de suite le danger. une grande partie des terres habitées disparaîtraient sous les eaux. Paris serait englouti, sauf Montmartre et Belleville. De la Touraine, il ne resterait pas grand chose non plus. Ce serait un coup terrible pour la civilisation, même si le phénomène était comme on peut le penser très progressif.

 

Les scientifiques américains attirent également l'attention sur un autre risque que ferait courir la présence de CO2 en trop grande quantité. Rappelant que le gaz carbonique est légèrement soluble dans l'eau de mer, ils pensent que les océans deviendraient acides et que les coquilles des mollusques pourraient s'y dissoudre. Voilà une forme de fin du monde à laquelle les auteurs de science-fiction n'avaient pas pensé.

 

Pour éviter de danger, il faudrait arrêter de brûler les combustibles fossiles. On constate au contraire que les États-Unis ont décidé de reprendre l'extraction de charbon. Reste l'énergie nucléaire. Il faudra choisir. Un bon sujet de méditation pour les écologistes.

 

(1) Échantillon cylindrique de terrain retiré du sol à l'aide d'un trépan.

 

Bernard Nicolas

 

La Nouvelle République, Vendredi 23 Décembre 1977.

 

 

France 2, 20H, Carole Gaessler, Mercredi 13 Août 2003.
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