Sur l'île de Ré, Dimanche 17 Aout 2008 vers 10H40. Le titre de cet article n'a rien à voir avec la célèbre tirade de Guizot des années 1830: "Enrichissez-vous". L'économie n'est pas le principal sujet de ce texte, mais elle est présente en toile de fond.
Alors que pour BFM TV le nouveau sport national en France est la séquestration de patrons, celui de Somalie est tout aussi original: la prise d'otages et l'attaque de bateau.
Difficile de ne pas le savoir pour peu que l'on suive l'actualité, même une fois de temps en temps, et même et en lisant la PQR. Mais apparemment, on peut être au courant et narguer les précautions gouvernementales d'usage, à l'instar de nos compatriotes (le patriote en moins) partis se balader au large de la Somalie sur le Tanit, comme si le monde n'était pas assez grand pour se promener en bateau, voire même profoter du Soleil: tout le monde sait qu'il n'y a qu'à proximité de la Somalie que l'on peut bronzer, tout le reste des eaux internationales est l'équivalent de la Bretagne en juillet, à savoir 15° au mieux entre deux averses.
Le plus drôle dans l'affaire, c'est que l'un de ses plaisanciers tombés dans les griffes des prenneurs d'otages expliquait dans une grande théorie géopolitique sur son blog qu'il n'y avait rien à craindre dans se secteur et que tout irait bien au final, si si vous verrez!
T'inquiètes, Bilette! Même Steevy Boulay n'aurait pas fait mieux sur le conflit indo-pakistanais. Manque de pot, quelques prenneurs d'otages ont flairé les pigeons occidentaux: quand on n'hésite pas à s'attaquer à de gros tankers, partir à l'assaut d'un petit bateau qui fait cocorico est un jeu d'enfants où même armés de petites cuillers ils pourraient s'approprier l'embarcation sans le moindre problème.
Les Somaliens en même temps...c'est ça ou la mort. Pas d'Etat, famines et combats permanents, abandonnés de la communauté internationale (quand on a pas de pétrole on n'a finalement pas beaucoup de centres d'interets au niveau mondial du coup...), aucun espoir dans un avenir qui se limite à ce qu'il va se passer au cours de l'heure suivante et une capitale en l'état de ruine totale qui ferait passer le Parthénon athénien pour un batiment en excellent état!
Au large de la Somalie, une seule vision: de l'argent qui circule à flot. Alors forcément, c'est tentant lorsque l'on a rien. Le premier cas français, selon mes souvenirs, ce fut le Ponant, avant Noel 2008. Un avertissement sans frais au final pour les aventuriers de l'Hexagone. Sachant qu'en face, ils ne se préoccupent pas spécialement du drapeau non plus: les américains payent un lourd tribu dans l'affaire. Mais le passage est obligatoire pour le commerce mondiale, ce coin du monde étant un carrefour international, voire même vital, vu sa situation qui permet de rattraper le canal de Suez.
Carte du Soudan provenant de la diplomatie française. Il est normal que les autorités interviennent dans ce cas là. Morin, Hervé de son prénom, propriétaire de chevaux et aussi ministre de la Défense à l'occasion à évoqué l'idée (après coup) de donner une rançon. Ben tiens, pour exciter les prenneurs d'otages, on ne pouvait pas faire mieux. Morin vient indirectement de déclarer la France comme pompe à fric auprès de personnes qui ne veulent que ça, faute d'idéologie. Rien que pour le principe, une telle déclaration me semble maladroite. Ca serait par ailleurs rompre avec la tradition républicaine qui veut qu'aucune rançon ne soit officiellement donnée. Et puis c'est vrai, et ça c'est pour l'aspect contextuel, que l'on roule tellement sur l'or en ce moment que l'on peut se permettre de jeter notre argent par les fenêtres.
FACTURER L'OPERATION DE SECOURS?
Alors du coup, agacé par la pathos suintant des médias sur le sujet, je proposerai, et là je vais faire dans la démagogie de bas étage, mais en même temps, à un moment donné, faut arrêter les conneries: que celles et ceux qui veulent s'amuser à se "promener" dans ce secteur prennent leurs responsabilités, à savoir qu'en cas de capture, ils soient bien évidemment secourus mais qu'en retour, ils remboursent l'INTEGRALITE des frais qui ont été déboursés pour leur sauvetage. Jouer aux aventuriers avec l'argent du contribuable à peut-être ces limites, surtout quand on passe son temps à se plaindre que l'on paye trop d'impot.
Car évidemment, l'intervention est loin d'être gratuite. Et l'Etat met la main à la poche pour sauver ses inconcients méprisables, alors que des domaines comme la culture ou encore l'environnement auraient réellement besoin de cet argent qui va terriblement nous manquer en cette fin de 2009, la France vivant à crédit à partir d'octobre prochain et cela jusqu'au 31 décembre 2009, 23H59 .
Le deal est simple: ils naviguent où ils veulent si tout ce passe bien, ils auront fait un beau voyage, et sinon, en cas de pépin de ce type là (qui marche aussi avec les rivages nord-coréens), il y a un passage à la caisse. Et même s'il a fallut casser des oeufs pour faire l'omelette (bref s'il y a du grabuge), c'est la même chose. Ou autant s'émouvoir sur un d'un torreador en représentation pour jouer au boucher et qui se craquerait: il savait que ça pourrait faire mal...
Voilà les Lemaçon ont compris la leçon: mais pour celà, ils revinrent à 4 alors qu'ils partirent à 5.
Tôt ou tard, l'ignorance et l'arrogance finissent toujours par se payer. Hélas cette fois, ce fut au prix de la vie.
A quand les prochains?