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PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!

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Coupe Davis 1991: les Mousquetaires ont trouvé leurs héritiers!

Les héros du week end: Leconte, Forget, Noah, et le public de Gerland!

La Coupe Davis 1991, héritière des Mousquetaires, vainqueur de la compétition de 1927 à 1932

Une-NR-2-Decembre-1991.JPGLa Une de la Nouvelle République, Lundi 2 Décembre 1991.

 

La bande à Noah par Hervé Guéneron

 

C'est à peine si la France du tennis osait y croire. Parvenir en finale d' l'une des plus prestigieuses, des plus belles épreuves du sport international lui paraissait déjà tenir du miracle. Alors, pensez donc, battre ces Américains Agassi et Sampras, monstres sacrés du circuit, cela ressemblait à des "travux d'Hercule" pour notre vaillante paire nationale Forget-Leconte.

Et pourtant! L'exploit de nos deux nouveaux "mousquetaires", cinquante-neuf ans après les glorieux Cochet, Borotra, Brugnon et Lacoste n'est pas seulement à la mesure de la surprise: c'est aussi la victoire d'une "méthode" et d'une rigueur auxquelles le sport français ne nous avait pas habitués depuis bien longtemps. Ce week-end de rêve démontre à quel point deux champions, bien préparés physiquement et mentalement, mis à l'abri pendant des semaines des tentations et des facilités qui ont toujours pollué le milieu du tennis, peuvent se transcender lors de circonstances exceptionnelles faisant appel à la fierté nationale.

Sport individuel entre tous, le tennis devient à chaque coupe Davis une affaire d'équipe où la solidarité du groupe décuple les talents et la rage de vaincre. Le même esprit de corps qui fit autrefois la force de Borotra et des autres - malgré certaines rivalités - se retrouve aujourd'hui dans ce que l'on appelle la "bande à Noah", avec bien évidemment en plus les progrès de la technique, de l'entrainement et de la nutrition.

On connaissait déjà le sérieux, la solidité de Guy Forget; mais comment ne pas être frappé par la réssurection d'Henri Leconte, son panache, son application même, lui que l'on croyait "fini", usé par trop d'inconstance. Jamais leurs qualités respectives n'avaient paru exploser à ce point, portées par le climat d'euphorie de leur entourage et par l'invraisemblable clameur de la foule en délire. Trop chauvin, trop bruyant le public français? Sans doute. Il régnait à Lyon une atmosphère de corrida, sympathique certes, mais qui devrait être insoutenable pour le jeune Sampras, superbe joueur, visiblement atteint par cet incessant tintamarre. Souvenons-nous, il y a quelques années, l'équipe de France de coupe Davis avait perdu en Tchécolslovaquie dans des conditions similaires. A l'époque, toute la presse avait crié à l'injustice et au scandale. Aujourd'hui, reconnaissons que le calme de Wimbledon sied mieux au tennis que les excès de l'arène.

En devenant sport populaire, juste derrière le football, le tennis, il est vrai, n'est plus un simple délassement de gentlemen. Il fait partie du grand spectacle que s'offrent les nations pour montrer leur force et cacher parfois leur désarroi.

Equipe-France-Coupe-Davis-1991.JPG

Article-victoire-coupe-davis-1991.JPG

 

Noah-felicite-Forget.JPG

Guy Forget: le point d'orgue

 

PARIS

Guy Forget s'étend de tout son long sur le court. Le Marseillais vient de donner la coupe Davis à la France, point d'orgue d'une année exceptionnelle.

Arrivé tard à maturité - "depuis la naissance de son fils Mathieu le 31 octobre 1989", affirme son entourage -, Guy Forget a vu son jeu se mettre en place progressivement depuis deux saisons. Mais c'est en 1991 que les résultats et la confiance sont venus. A près de 27 ans (le 4 janvier prochain), Forget actuel numéro sept mondial, tient enfin toutes les promesses entrevues quand il état l'un des meilleurs juniors du monde.

Passé professionnel en 1982 - l'année où Noah et Leconte jouaient et perdaient la finale de la coupe Davis face aux Américains à Grenoble -, ce gaucher longiligne (1,90m, 80kg) n'a remporté son premier tournoi du Circuit masculin qu'en 1986, à Toulouse. Un tournoi gagné vingt ans plus tôt par son père Paul et, quarante ans auparavant par son grand père Pierre...

Cette année-là, il avait surtout brillé en double, terminant la saison comme numéro un de cette spécialité.

Il ne renouait avec le succès qu'à Nancy en 1989, puis à Bordeaux en 1990. Et les détracteurs du gentil Guy de souligner que décidément, Forget était un produit haut de gamme qui ne s'exportait pas.

 

Succès prémonitoire

 

Annoncée par sa victoire dans le Masters de double en décembre 1990 avec le Suisse Jakob Hissek, la riposte claquait cinglante, en 1991. A grands coups de services hyper-violents et millimétrés, Guy Forget écartait les meilleurs joueurs du monde et s'imposait à Sydney, à Bruxelles et à Cincinnati avant de briller sur ses terres en gagnant à Toulouse et à Bordeaux (encore), puis à Paris-Bercy (enfin).

Ce dernier succès, aux dépens de l'Américain Pete Sampras, avait quelque chose de prémonitoire dans la mesure où la grande forme affichée par le vainqueur de l'U.S. Open 1990 en faisait alors un titulaire logique pour Lyon. Et c'est encore ce même Pete Sampras, au jeu bien léché, mais au mental encore friable, que Guy Forget a donné le point de la victoire à la France.

Vendredi, Guy Forget avait perdu son permier simple face à André Agassi. Henri Leconte, le revenant au bras gauche de feu, avait replacé l'équipe sur les rails, lui volant quelque peu la vedette.

L'incontestable chef de file du tennis français a parachevé un triomphe attendu depuis l'époque des Mousquetaires. Ce n'est que justice.

 

La Nouvelle République, Lundi 2 Décembre 1991.

 

Bonus vidéo:

Le jeu de la gagne

 

 

  Le 20H d'Antenne 2 du 1er Décembre 1991, par Henri Sannier

 

La Une du Journal L'Equipe du Lundi 2 Décembre 1991.
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