En effet, en tant que simple citoyen, j'aurais été scandalisé si ce déplacement politique avait été organisé par l'usage de deniers publics. Ce qui aurait représenté une terrible erreur de gestion et d'organisation. En plus d'éventuelles suspicions de marchés truqués ou de copinages sur fond de moyens publics.
Il n'en est rien. Car rapidement, la machine médiatique locale s'est mise en marche. Interrogé par la presse locale, Henri Colin, vice-président du CG86 en charge des transports, a ramené le calme en expliquant qu’il n’y a "aucun rapport avec le conseil général" : "Le conseil général n'est pas propriétaire des bus qui circulent sur les lignes régulières de Lignes en Vienne et Véolia Transport utilise ses bus comme bon lui semble en dehors de la délégation de service public"* a-t-il déclaré dimanche après-midi.
Chacun est donc dans son bon droit: l'opposition demande des explications, la majorité apporte des réponses, et le citoyen s'interroge et prend acte des réponses qu'on lui apporte. Toutefois, et c'est là où, à titre personnel, cela me pose problème, c'est l'image qui en ressort de tout ça: la majorité des personnes ayant fait le lien entre ce car et son utilisation (le voyage à Paris) ne sont pas sensées savoir que ce car est le fruit d'une délégation de service public (un contrat entre une personne morale de droit public et un délégataire public ou privé qui se voit déléguer un service public en échange d'une rémunération liée au résultat d'exploitation). Je pense qu'il s'agit là d'un choix malheureux de la part de la société VéoliaTransport Poitou-Charentes qui, et je m'en étonne, aurait du prendre un car aux couleurs de sa propre société (il doit bien y en avoir quand même), et non pas avec celles d'une collectivité territoriale, d'autant plus dans le cadre d'un déplacement politique, risquant ainsi d'associer l'image d'un conseil général (et donc des moyens publics) à un évènement politique qui n'est pas forcément partagé de l'ensemble de la population qui le compose.
Il n'y a plus qu'à espérer à l'avenir que ce genre de choses ne se reproduise. En effet, on ne peut accepter que l'image d'une collectivité territoriale, par le biais tout simplement de son logo, qui dans le cadre de la Vienne est assez explicite, soit utilisé à des fins politiques, quelle qu'en soit l'orientation. Si Véolia est propriétaire de ces cars, elle ne l'est pas pour autant du logo du délégataire, et se doit donc d'être vigilante quant à l'utilisation qui pourrait être faite des véhicules possédant le logo d'une collectivité territoriale.
Une question toutefois avant de clore ce chapitre: est-ce que cette prestation sera prise en compte dans le cadre du résultat d'exploitation au titre de l'année 2013? Car si la réponse est positive cela voudra dire que, et même si cela ne représente qu'un seul euro, la société Véolia sera rémunérée pour avoir transporter des gens et des militants à Paris pour manifester, avec des deniers publics, faisant de nous tous les quelques 400.000 habitants du département de la Vienne, les financeurs de cette expédition, que l'on peut qualifier de punitive. A suivre, donc.