PPP, le blog intégral: tout sur tout et un peu plus que tout, d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain!
Cet article a été publié au début du mois d'avril 2014. Je ne partage pas forcément l'ensemble des points de vue ici proposés, mais il semblait toutefois juste de vous proposer cette analyse qui soulève parfaitement de nombreuses problèmatiques qui se posent actuellement aux pouvoirs exécutif et législatif. Son auteur, dont je tairais le nom, n'a en aucun cas cherché à se prendre pour une Elizabeth Tessier de la politique. Mais force est de reconnaître qu'il est loin d'être dans le faux.
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"La République", tableau de Armand CAMBON, 1848.
Exquisse exécutée pour le concours ouvert à Paris en 1848 et retenue ; le tableau final (refusé) est conservé au musée Ingres : MID.849.1 La République
Inscription concernant la représentation sur le piédestal ; XXII XXIII FEVRIER MDCCCXLVIII
Illustration et informations prises sur www.culture.gouv.fr
Analyse rapide à l’aune du changement de Premier ministre et tout le monde aura beau conjecturer sur le trou dans le macaroni, ces 6 problèmes se poseront tous tôt ou tard, à l’instar de boulets, bombe à retardement ou épées de Damoclès :
1) Constat : F. Hollande a trouvé la meilleure façon de torpiller les ambitions de Valls : le nommer à Matignon : le carriériste ne pourra pas aller plus haut maintenant (forme de plafond de Peters imposé) : aucun 1er ministre depuis 1962 n’a jamais pu être élu Président. Il lui offre un pays dans la pire situation qui soit : chômage, déficit de 4,3%, précarité, colère. Beau cadeau empoisonné, mais vrai challenge potentiel. Il risque malheureusement de polariser et d'accumuler encore le mécontentement car aucune politique nouvelle n'est réellement prévue au delà des hommes.
2) Plus grave : Hollande nomme une personnalité qui est loin de faire l’unanimité (les Verts, l’extrême gauche et une partie de la majorité sont en désaccord avec ses idées) – qui plus est le dernier des primaires socialistes ! Comment veut-il "rassembler" avec une personnalité "clivante" jusque dans son parti ?
Autrement dit, le 1er ministre devant gouverner avec une majorité parlementaire dans laquelle aucune coalition ne sera possible sur les textes importants, on va très vite retomber dans l’immobilisme ou les consensus mous où l’on ne décide rien. Ce n’est évidemment pas le message donné aux municipales par le peuple : le président n’a donc pas encore compris ce message et le mécontentement va encore augmenter. Valls n’étant qu’un fusible en fait majoritaire, c’est Hollande qui sera mis devant ses responsabilités car on sait que c’est le Président qui « aspire » à lui ses fonctions.
3) Un Premier ministre doit « gouverner » or l’on sait que c’est impossible en période de fait majoritaire sous la Vème Rép. : le Président est la clé de voute de tout l’exécutif. C’est le 1er ministre qui devra assumer toute la responsabilité de ses erreurs. C’est donc un fusible pour lequel il ne faut surtout pas une « forte personnalité ». Chaque fois qu’il y a eu un Premier ministre un peu autonome ou à forte personnalité (Rocard/Mitterrand, Pompidou/Chaban ou encore Giscard/Chirac) soit le Président torpillait régulièrement ses initiatives, soit le 1er Ministre, excédé, démissionnait. Je n’exclus donc pas le risque d’une « cohabitation » interne à la gauche comparable à Mitterrand/Rocard qui se détestaient.
4) La seule vraie réaction appréciée du Président aurait été la démission ou la dissolution de l’Assemblée (dans cette hypothèse, c’est le peuple qui arbitrait le problème et désignait sa nouvelle majorité recomposée). Mais le fait majoritaire (domination du Président sur tout l’exécutif) couplé au quinquennat et à l’égo lié aux difficultés d’accéder à une telle fonction rendent ces deux solutions inimaginables aujourd’hui.
5) Changer les têtes ne changera rien. Si le peuple rencontre un problème avec l’exécutif sous la Vème Rép. exprimé à l’issue d’un scrutin (municipal), c’est uniquement auprès du Président qu’il faut en tirer les conséquences. C’est ainsi que le fondateur du régime (De Gaulle) fonctionnait (1969).
6) Enfin, - pour commentaire rapide - le discours du Président place trois objectifs prioritaires à ce nouveau gouvernement : Education – Santé – Pouvoir d’achat.
Et le chômage ? Et la croissance économique ? Et la réindustrialisation du pays ? Et la nécessité IMPERIEUSE d’une réforme des retraites ? (entre autres). La réponse à ces questions préfigure donc nécessairement une issue tragique dans la continuité et l'accroissement du mécontentement entamé. Mes excuses pour la longueur (bien que j'ai résumé) et pour celui à qui ça pourra déplaire même si j'essaie de me montrer objectif.
L'ami de PPP